S’il y a bien un style de jeu qui occupe le devant de la scène en cette fin de vie de la Wii, c’est bien le jeu de rôle. Dernière pépite en date, Pandora’s Tower compte bien dépoussiérer le genre en proposant un gameplay novateur mâtiné d’une ambiance glauque à souhait.
Une course pour la survie
Victime d’une malédiction, Elena est contrainte de fuir son village escortée de son compagnon, Aeron, et de l’énigmatique Mavda. Poursuivi par l’armée d’Elyria, notre trio trouve refuge sur les terres interdites d’Okanis. Une contrée meurtrie par un gouffre béant au milieu duquel se tiennent treize tours reliées à la terre ferme par des chaînes gigantesques. Le mal qui atteint Elena la ronge littéralement de l’intérieur, petit à petit l’évanescente jeune femme se transforme en monstre. Afin de ralentir cette malédiction, Aeron doit s’introduire dans chacune des tours, affronter les créatures qui les peuplent et ramener leurs chairs à Elena pour que celle-ci s’en sustente…
Un Zelda-like ?
Avant de pénétrer dans la forteresse, nos héros prennent leurs quartiers à l’observatoire, un ancien avant-poste de l’armée. C’est de cet endroit que l’histoire prendra corps et où la relation entre les deux tourtereaux évoluera. De là qu’Aeron fourbira ses armes avant de se lancer à la conquête des treize tours qui constituent autant de donjons. On ne peut s’empêcher de penser à Zelda quand on songe à Pandora’s Tower. Chacune des tours est une énigme géante dont la résolution vous demandera de parfaitement maîtriser les aptitudes du héros et de son arme principale, la chaîne d’Oraclos. Mais contrairement aux aventures du lutin vert, dès le début du jeu, vous avez accès à l’ensemble des capacités d’Aeron. Seules les situations modifieront votre façon de jouer. Quel que soit l’endroit visité, le but reste le même : résoudre les énigmes afin de briser les chaînes qui bloquent l’entrée de la salle du gardien de la tour. Le seul moyen de sauver définitivement Elena de sa malédiction étant de lui ramener le cœur encore palpitant des gardiens des treize tours.
Un couteau suisse entre les mains
La chaîne s’utilise en maniant la wiimote qui, en cinq ans de vie, n’a sans doute jamais connu une utilisation aussi intuitive et intelligente. Afin de lancer la chaîne d’And… d’Oraclos, il vous suffit de pointer un ennemi avec le curseur de la Wiimote. Vous avez alors la possibilité de l’immobiliser avant de l’achever à l’épée, de l’enchaîner à un autre ennemi ou à une partie du décor, de lui arracher un membre, de le projeter au loin ou contre le décor, etc. Les possibilités sont énormes pour qui laisse libre court à son imagination. Des subtilités qui n’ont rien d’anecdotique puisque, par exemple, arracher un membre plutôt qu’un autre aura pour effet de récupérer des objets différents qui pourront ensuite servir à l’élaboration de potions. Les combats contre les gardiens vous demanderont de parfaitement maîtriser votre chaîne tant il faudra faire preuve d’ingéniosité pour en venir à bout.
Un seul être vous manque…
Si manier la chaîne et l’épée semble bien vite grisant, il vaut mieux ne pas trop s’attarder dans les donjons au risque de voir la maladie d’Elena empirer. L’état d’avancement de sa malédiction est illustré à l’écran par une jauge qui se vide peu à peu. Lorsque la jauge est presque vide, il vous faut impérativement revenir à l’observatoire afin de rapporter la chair des bêtes à Elena au risque de la voir passer de vie à trépas. La morphologie d’Elena se modifie également en fonction de l’état d’avancement de la malédiction. Laissez Elena trop longtemps seule et vous la trouverez déformée par des excroissances visqueuses. Une vision qui ne manquera pas de vous tordre le cœur. Une idée qui aurait pu se révéler frustrante du fait des incessants allers-retours que cela implique mais qui a le don de mettre le joueur sous une pression constante renforçant du même coup l’immersion. La relation entre les deux tourtereaux est un élément capital de Pandora’s Tower. Désespérément mièvre au début de la partie, leur liaison se transformera en une complicité forte faite de sentiments contradictoires. Des petites attentions, comme des cadeaux ou des mots doux augmenteront la jauge d’affection de notre belle qui n’hésitera pas à garnir l’observatoire des breloques que vous lui aurez ramenées. Un aspect du jeu qu’il ne faut pas négliger puisque l’affection qu’Elena vous porte modifiera l’épilogue de l’aventure
Un bijou ?
Graphiquement Pandora’s Tower n’a pas à rougir de la comparaison avec les dernières productions de la Wii. La direction artistique confère au titre une ambiance mélancolique qui lui sied à merveille. L’ensemble est soutenu par une musique orchestrale de toute beauté dans laquelle on retrouve le célèbre Dies Irae qui s’intègre parfaitement dans l’univers sombre d’Okanis.
Décidément, cette fin de vie de la Wii nous réserve bien des surprises. Après les excellents jeux de rôle que sont Xenoblade et The Last Story, c’est au tour de Pandora’s Tower de venir s’incruster sur une couronne déjà bien sertie en diamants. Le titre de Ganbarion parvient à nous faire ressentir avec émotion toute la subtilité des sentiments qui peuvent lier deux êtres entre eux. Pandora’s Tower est indéniablement doté d’une identité forte et réussi le pari de renouveler par petites touches un genre qui a souvent tendance à se reposer sur des poncifs maintes fois éculés.
Benjamin Camurani
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Fiche technique de Pandora’s Tower
Support: Wii
Développeur: Ganbarion
Éditeur: Nintendo
Genre: Action/jeu de rôle
Classification: Déconseillé aux moins de 12 ans