S’il y a bien un genre qui a pris son envol avec cette génération de console, c’est bien les TPS (jeu de tir à la troisième personne). Depuis le succès du premier Gears of War, ils se sont succédé pour le meilleur mais surtout pour le pire. Alors, voir débarquer un énième représentant du genre n’est pas forcément pour nous rassurer. Pourtant, Spec Ops : The Line réserve son lot de surprises.
Bienvenue à Dubaï, capitale mondiale de l’opulence, de la démesure et de l’aberration. C’est pourtant dans une capitale déchue que vous débarquez accompagné de deux acolytes. A trois, vous formez l’équipe delta. Envahie par le sable, Dubaï n’est plus que l’ombre d’elle-même. Théâtre d’une guerre civile, elle est désormais peuplée par des âmes en peine cherchant désespérément à survivre dans un environnement où les lustres d’antan côtoient la misère la plus noire, bien actuelle celle-là. Votre mission ? Tenter de découvrir ce qui est arrivé aux soldats américains partis secourir les civils et avec lesquels le contact a été perdu il y a plusieurs mois. Bienvenue à Dubaï, préparez-vous à vous faire engloutir par le sable et le sang.
Loin des poncifs que l’on nous sert bien trop souvent dans les jeux d’action, le studio de développement Yager a eu l’intelligence d’avoir centré son jeu sur la narration. On sent que le souci a été d’impliquer émotionnellement le joueur dans l’histoire, poussant même ce dernier à commettre des actes qu’il réfute. Il n’est pas rare qu’on suspende, le temps de quelques secondes, l’action du jeu afin de réfléchir au geste que l’on a commis et à celui qu’on aurait pu commettre. Car oui, Spec Ops : The Line vous permettra de faire des choix à des moments clés de l’aventure. Loin du manichéisme auquel on est habitué, vos choix seront souvent cornéliens car ceux-ci auront souvent une incidence fatale pour l’une ou l’autre personne. Des décisions de plus en plus difficiles à prendre au fur et à mesure de votre avancée à l’image de la descente aux enfers vécue par nos trois héros.
On aurait aimé que l’attention portée par les développeurs sur la narration ait été aussi intense sur le reste du jeu. En effet, le gameplay de Spec Ops se veut un calque parfait de ce qui existe déjà dans standards du genre. Malheureusement, le soft de Yager n’échappe pas la répétitivité inhérente à ce genre de titre. Pourtant, les développeurs ont tenté d’apporter des phases inédites comme des combats en pleine tempête de sable ou encore une interactivité avec certains éléments du décor permettant d’enclencher des séquences spectaculaires. Des séquences que l’on retrouve dans le mode multijoueur mais qui ne suffisent pas à rendre ce dernier intéressant. On notera tout de même, l’intégration, depuis cette semaine, du mode coopératif qui se révèle bien plus pertinent.
Un autre point fort de Spec Ops : The Line est sa bande son. Très rock, elle viendra rythmer les affrontements de la meilleure des manières. Du côté de la technique, le jeu souffre de quelques carences mais rien qui viendra vous gâcher l’aventure. On aura même droit à des panoramas saisissant de Dubaï enseveli.
Loin de l’apologie guerrière à laquelle on nous a habitués, Spec Ops : The Line nous montre la guerre dans ce qu’elle a de plus horrible. Le studio Yager a réussi son pari d’impliquer émotionnellement le joueur sans pour autant faire de son titre un incontournable du genre. La faute à un gameplay éprouvé et à une répétitivité qui risque de lasser certains joueurs. Dommage, car les choix proposés pouvaient laisser entrevoir une rejouabilité intéressante mais l’idée même de revivre cent fois les mêmes affrontements risque d’en freiner plus d’un.
Benjamin Camurani
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Fiche du jeu
Plateformes : Xbox 360, PS3, PC
Editeur : 2K Games
Développeur : Yager
Type : Action
Sortie Belgique: 29 juin 2012