Amis des plumes à vos portefeuilles ! Pour une modique quarantaine d’euros, l’Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie réalisé par les centaines d’ornithologues amateurs de l’association Aves, est à vous. L’ouvrage se veut “tout public” mais ne manque ni de sérieux, ni de profondeur. Une vraie mine, attendue depuis pas moins de 30 ans dans le milieu. Inutile de dire que le diagnostic ne manque pas d’intérêt.
Avec 160 espèces indigènes au compteur, auxquelles il faut ajouter 13 espèces non
indigènes, l’avifaune wallonne est comparable à celle de régions voisines de taille et de nature comparables. Il faut se plonger dans les plus de 500 pages pour comprendre que les chiffres masquent mal une situation très variable. Globalement en hausse: les oiseaux d’eau, les espèces forestières, celles de milieux urbains. En baisse, parfois grave: les espèces de zones humides et les espèces des campagnes. Mention spéciale pour les rapaces qui profitent d’une protection et d’un reboisement relatif de la Wallonie.
Près d’un tiers des espèces sont menacées. Soit parce que leurs effectifs baissent. Soit parce que, même stable, il est tellement faible qu’il y a de quoi se faire du mouron. De quoi comprendre que la protection et la restauration des habitats est un enjeu essentiel. De quoi alimenter aussi le débat autour de l’agriculture intensive et d’un aménagement du territoire parfois destructeur.
L’ouvrage est sérieux mais captivant. Il apporte un éclairage très cru sur un dossier sensible sur lequel on reviendra bientôt: Natura 2000.