Anne Sinclair et médias troubles

Niviere / SIPA

Magnifique numéro de dressage, ce matin à la grande conférence du cirque Huffington Barnum Post. La seule chose intelligente que j’ai entendue ce matin, c’est cette réflexion du président du « Monde », Louis Dreyfus, devant 200 journalistes armés d’objectifs : « Tout ça pour une start up de 8 employés ! » Le lancement du Huff’Po à la française, c’était un joli concentré de tout ce qui cloche dans le cénacle médiatique français.
D’abord, les sbires à l’entrée, relativement cool pour des spin doctors d’EuroRSCG, la boîte de requins de la comm’ qui se charge de l’image du couple DSK-Sinclair. Puis, le bruit du mitraillage des photographes, tellement énorme qu’il couvrait presque le bruit des intervenants. Anne Sinclair, exterminée au poteau d’exécution des flashes. Ca doit au moins faire un total d’un million de gigas de photos prises ce matin. C’est bien simple, dès qu’elle ajustait sa veste ou parlait à l’oreille d’Arianna Huffington, c’était le feu d’artifice. Elle lève le petit doigt : tatatatatatata. La rafale.

Vinrent ensuite les questions posées. Des questions posées en « vous », mais Anne Sinclair répond en « Tu ». OK, en fait je suis à une réunion entre amis. « Ulysse (Gosset), je reconnais bien là ton intérêt pour le sujet », « Valérie (Nataf), ah on a travaillé des années ensemble à TF1! … » Des journalistes à tu et à toi avec l’ex-vedette des années 80. La femme mondialement humiliée, que la madone Huffington transforme en directrice éditoriale, et donc en leader d’opinion. Il va de soi que sans affaire DSK, il n’y avait pas de Huff’ Po made by Sinclair.

Voilà pourquoi il a fallu attendre la 8è question pour enfin soulever le conflit d’intérêts et la position intenable d’une directrice éditoriale mariée à un poids lourd de l’actualité, même retiré des affaires publiques.
L’icône de la connivence entre la sphère politique et la sphère des médias est de retour. Le conflit d’intérêts de nature politique s’est juste déplacé sur le terrain judiciaire. Et la réponse à « la » question : « comment allez-vous traiter les suites des affaires Sofitel et Carlton », elle y a répondu avec de la pure langue de bois (en écoute ci-dessous.) Mais, heureusement que cette question est arrivée, parce que j’ai vraiment cru que les journalistes avaient été payés pour poser des questions neuneu et éviter le sujet.

Voilà pourquoi, en France, le nouveau boulot de Sinclair passe comme une lettre à la poste : avec autant d’ « amis » dans le métier, l’ex-égérie du pull mohair n’a pas trop de soucis à se faire.

Enfin, alors que la pitié aurait pu doucement me gagner devant cette femme vent debout face aux photographes, j’ai soudain perçu une condescendance fatale à mon empathie. Alors qu’un confrère soulignait que son poste était dû à un mélange de notoriété planétaire et de carnet d’adresses long comme tous les bras de Shiva, Anne Sinclair a répondu avec aplomb : « Mon carnet d’adresses n’est pas plus fourni que le vôtre ! J’espère du moins que vous aussi vous avez un carnet d’adresses? » La salle a ri. Triste révérence confraternelle.

Ecoutez la réponse d’Anne Sinclair : SinclairCUT

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8 réponses à Anne Sinclair et médias troubles

  1. Toutes ces lignes pour nous faire part de votre haine de Mme Sinclair ? Les reproches que vous lui faites ne résistent à aucune analyse dépourvue de cette condescendance que vous avez – est-ce possible ? – “l’élégance” d’assumer, madame. Conflit d’intérêts, dites-vous. Comme si toutes les personnes ayant des affaires judiciaires en cours devraient voir leurs conjoint-e-s quitter le monde des médias, quand bien même ces derniers auraient fait leurs preuves comme des journalistes de talent, respectables et unanimement respectés. Vous condamnez AS au chômage ou l’envoyez vendre des voyages au soleil juste parce que son mari a encore à répondre aux juges. Si votre mauvaise foi n’était pas si évidente, je vous aurais accusée de manquer de respect aux journalistes et contributeurs qui, dans ce nouvel espace, ne feront certainement pas les quatre volontés de la directrice éditoriale. Mais peut-être que vous-même qui vous faites dicter vos papiers par votre patronne au Soir avez tellement souffert de la censure interne à votre journal que vous avez fini par la voir partout, y compris dans des articles qui n’existent pas encore ! Enfin, vous écrivez ceci : “L’icône de la connivence entre la sphère politique et la sphère des médias est de retour.” De quelle connivence nous parlez-vous ? Celle que Mme Sinclair a, motu proprio, décidé de prévenir en quittant une émission politique qui avait encore pignon sur rue quand son mari est entré au gouvernement ? Mais comment fait-on, Madame Vanhoenacker, pour briller par autant de méchanceté gratuite ? Surtout continuez ainsi, vous finirez par l’atteindre à la cheville, cette Anne Sinclair qui vous trouble tant. Bonne soirée à vous!

  2. Georges D. dit :

    Je suis très fatigué ou c’est normal que je ne trouve pas le son annoncé dans le billet ?
    J’aime beaucoup ce blog et le twitter qui va avec. Bravo !

  3. Didier Lagasse dit :

    A lire entre les lignes de l’article de Charline Vanhoenacker, c’est bien moins Anne Sinclair qui est critiquée que les guignols de journalistes venu en grand nombre servir la soupe à l’une des leurs… Le journaliste à tout oublié de l’étique du journaliste qui doit éviter la partisanerie et garder ses distances pour mieux observer et mieux analyser. Mais le scoop l’emporte sur la critique, le buzz sur l’analyse… Les journalistes papiers n’ont pas encore trouvé le juste regard par rapport aux médias informatiques. La presse de qualité n’est pas encore pour tout de suite…

  4. Lenfer du Décor dit :

    C’est très bizarre, nulle part on ne publie le lien vers le site de ce “journal”…

  5. ReOufti dit :

    Je pense qu’il ne faudra plus très longtemps pour que M. Drucker l’invite un dimanche après-midi a Vivement Dimanche.Elle sera pour sûr accompagnée de de Badinter le fidèle parmi les fidèles qui viendra apporter sa touche à la fois de compassion, d’assise morale, etc…De fil en aiguille, la petite soldate qui a soutenu son déplacé de mari contre vents et marée revient sur le devant de le scène aidée par son fameux carnet d’adresse, mais aussi par sa communauté d’origine qui en pareil cas se serre plus que jamais les coudes.Heureusement que certains (comme moi) ne sont pas dupes !

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