D’un coup, je me suis aperçue que je n’avais pas encore traité une question soulevée par cette campagne : qu’est-ce que l’ex-candidate de 2007 au second tour peut encore apporter au candidat de 2012 ? Le baromètre de mon bureau a achevé de me convaincre. Mon baromètre, c’est Ruedi, le correspondant de la Radio suisse alémanique. La DRS traite la France avec beaucoup plus de parcimonie que les médias francophones. Alors le jour où il m’a dit : « Ach ! Bien sûr que je vais à Rennes pour couvrir Ségolène qui soutient Hollande ! », j’ai réservé la dernière chambre du dernier hôtel disponible à Rennes.
Car en effet, au passage, quand il y a « grand meeting » en province, tout le parc hôtelier de la ville rafle la mise. Quoique à Rennes ça a d’abord été la mouise, parce que le meeting devait avoir lieu mi-mars, tous les hôtels étaient complets… jusqu’à ce que survienne le drame de Toulouse ; meeting reporté ; chambres annulées.
Soit. Me voilà donc en route pour Rennes. Et dans le TGV, je me rends compte que me revoilà embarquée sur le Hollande tour. D’ailleurs, merci à mes confrères du wagon 7 pour m’avoir rapporté sans que je le demande le off de Manuel Valls au wagon bar. Ca les a tellement fait marrer qu’il y en avait pour tout le wagon : « Toute l’équipe règle le moindre détail de la photo avec Ségolène mais à part ça ce soir, on parle de politique, rien que de politique, pas de romanesque. »
Et je comprends qu’ils se marrent mes confrères : Valls peut être assez caricatural dans son genre. Autre exemple. Il a pris l’habitude de déambuler en salle de presse pour glisser un petit mot à chacun (« sympa ta nouvelle coupe ! ») et distiller sa bonne (porte) parole à tous les micros.
Cela me ravit, puisque avoir accès à un cadre du parti n’est pas forcément évident lorsque vous êtes porteur d’une carte de presse étrangère. A ma question « Dites-donc ça faisait des semaines que François Hollande n’était pas très audible dans la campagne, ça va mieux là ? » Il répond devant mon micro: « Je crois à l’intelligence des Français, et je suis très serein, très confiant, tout comme François Hollande ». Mais à la fin du meeting, il accorde un off au parterre du Hollande tour, et hors micro, il dit : « Ca y est, depuis ce week-end (le déplacement à La Réunion), on est reparti dans le bon sens. Bon, c’est pas qu’on était dans le mauvais sens hein, mais… il y avait… une inquiétude sourde. »
Donc, j’ai la vraie réponse à ma question, mais je n’ai pas le son. Moi, j’ai un son qui dit le contraire, et donc je l’estime inexploitable, invalidé par le off. Bien, bien, bien… C’est pas grave, j’ai fait parler les militants dans mon reportage, eux au moins ils sont sincères. Là-dessus, mon confrère baromètre de Suisse alémanique me dit : « Il est très gueule de bois ce Valls. » L’occasion d’expliquer à Ruedi qu’on dit « langue de bois », parce qu’il risque de devoir pas mal utiliser l’expression prochainement…
De la sincérité, j’en ai en revanche senti chez François Hollande. Au bout d’un long discours, au-delà de 22 heures, il prend le temps de saluer les sympathisants, de signer des autographes. Au moment où les journalistes ont presque bouclé leurs papiers, plus d’une demi-heure après la fin du meeting, Hollande est toujours là. En montant dans le car qui nous ramène au centre-ville de Rennes, je capte ceci qui émane de la salle aux trois quarts vide : « Vous qui étiez dehors, c’est juste que vous n’étiez pas aussi près que les autres pour m’entendre, mais je vais vous dire… »
Le candidat a fait rentrer tous ceux qui n’ont pas pu accéder à la salle du meeting, et le micro à la main, dans un stand up, il offre un résumé de son discours. Avec la même force dans la voix, cette voix qui se casse pourtant si facilement quand il pousse un ton trop fort.
Quant au discours de Ségolène Royal, elle a fait le service minimum dans la forme, même si le fond recèle quelques bons passages. Et on a pu voir Fabius dépité d’avoir rédigé « les réformes de la première année de présidence » pour Martine Aubry, alors que c’est son meilleur ennemi Hollande qui les débite aujourd’hui. Donc, finalement, j’ai bien fait de venir à Rennes.

Ah chouette un post de ma blogueuse favorite. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris si le off de Valls était off ou non finalement.
Et le collègue suisse fait vraiment “Ach” ?
J’attends toujours les articles de Charline avec impatience. C’est sûr que le ton est très critique et un brin impertinent, mais ça fait bien de ne pas lire des copié/collé de Belga/Reuters. Ce serait bien d’appliquer cette technique “indépendante” à la politique belge !
Ah que j’adore vos chroniques ! bravo pour ces moments décalés, les plus intéressants !!
Je n’ai absolument rien compris à cet article! cela n’a aucun sens.
Chère Charline,
La prochaine fois, appelez moi, je vous hébergerai, je suis de Rennes ! Et attention à la “province” hein, c’est un mot typiquement parisien que nous goûtons assez peu dans nos contrées. La prochaine fois que vous venez, tentez la galette-saucisse, spécialité du coin !
Quant à Hollande il est décrit par Aubry comme roublard et cabotin mais fainéant, méfiez vous de ses effets de manche…
Soutien…royal,de la fille du général!,Ségolène met du Hollande dans son soutien!
Ségolène qui descend dans l’à Rennes=cirque Royal