Valérie Trierweiler, la “première journaliste de France”

La normalité commence sérieusement à m’enquiquiner et à m’inquiéter. Parce que, non, je ne trouve pas « normal » que Valérie Trierweiler demeure journaliste pendant le mandat de François Hollande, avec la complicité d’un magazine à grand tirage tel que « Paris-Match. » Je trouve même cela inacceptable, et je m’étonne que nous soyons si peu nombreux à en faire un flan. Sans doute parce qu’en France, ce type de position radicale sur le métier passe pour de l’intégrisme professionnel. Les esprits indépendants trouvent cette situation tout au plus « surréaliste », ce qui a doublement le don de m’énerver, en tant que Belge, pour l’emploi inapproprié d’un terme qui nous est cher.
Je reconnais volontiers le déchirement que peut représenter l’empêchement de se livrer à sa vocation. Et je suis lassée de constater que c’est systématiquement la femme qui doit remettre en cause sa carrière, pour ne pas faire ombrage à son compagnon. Mais que la « première dame » , ou « first girlfriend » , soit toujours caractérisée « journaliste », je trouve cela contraire aux valeurs de ma profession.
Car voici donc une journaliste, embarquée dans l’intimité du pouvoir (ses rouages, ses voyages et dîners officiels, ses confidences, etc.), mais qui n’en dira mot. En quelque sorte, la journaliste la mieux informée de France sur la magistrature suprême pratiquera la rétention d’information permanente. Comment dès lors conserver le titre de « journaliste » , qui s’obtient en exerçant, en livrant l’info, en éclairant les points d’ombre ? Il existe donc en France une journaliste, dont tout le monde accepterait qu’elle taise l’information, qu’elle la retienne à tout prix ?
Ah pardon, elle n’est plus une journaliste « politique » mais « culturelle ». L’absolution ? Je trouverais contraire aux valeurs de mon métier qu’une journaliste « culturelle » soit en possession d’une information politique, et sous prétexte de sa case culturelle, ne dévoile pas cette information politique. J’ai été formée au journalisme en France, et l’on m’a appris qu’ « un journaliste doit s’intéresser à tout ». (Et en tant qu’étudiante belge en France, ça m’a coûté de m’intéresser au rugby.)
Alors, pour qu’elle reste dans l’activité, « Paris-Match » continue à salarier Valérie Trierweiler, pour deux ou trois critiques par mois. Imaginez la renommée nationale, voire internationale, d’un artiste pour lequel Valérie Trierweiler aura eu un « coup de cœur. » Car qu’il s’agisse d’une exagération de notre société ou pas, Valérie Trierweiler vient d’acquérir une identité nouvelle qui éclipse son patronyme : « Première dame de France » (locution qu’elle réprouve mais dont personne n’a encore trouvé de palliatif.) Bref, ce « Coup de cœur » aura le pouvoir de transformer le plomb en or (et l’artiste en « artiste de la cour. »)
Il est sans doute très dommage que la profession doive se séparer de l’un de ses talents le temps d’un mandat (ou plus). Il est encore plus dommageable que la profession se rende complice par son absence de réaction. Mais après tout, en France, la liste des entorses à l’indépendance du journalisme ne fait que s’allonger dans une relative indifférence qui confine à la normalité.
Les sommets ont été atteints lorsque Christine Ockrent a accédé à la tête de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), alors que son compagnon Bernard Kouchner occupait le ministère des Affaires étrangères. Le pouvoir de l’époque avait tenté de nous faire avaler que ce serait Matignon qui chapeauterait le holding.
Valérie Trierweiler doit avoir beaucoup d’amis dans la profession pour bénéficier d’un tel paravent contre l’indignation. D’ailleurs, c’est sans doute pour cela que la France a tardé à savoir qui était la compagne de François Hollande. En réalité, je me ficherais de savoir qui est la « Première dame », si elle n’était pas « journaliste ».
Elle craint que son statut (si toutefois c’en est un) lui donne un air « potiche. » Lorsqu’on la voit visiter le potager de Michèle Obama avec les épouses des leaders du G8, on se dit que c’est raté : elle a fait courge. Il y a pourtant d’autres activités en dehors du journalisme qui développent des valeurs similaires. Pour ne pas faire potiche, si Valérie Trierweiler mettait sa notoriété nouvelle au service d’une cause, ou exerçait un autre métier ? J’adorerais voir une « first girlfriend » travailler et gagner un salaire ! Son bagage de journaliste lui permettrait de prendre le contre-pied des épouses de présidents, qui prétendent aider l’Afrique en séjournant deux nuits dans un 4 étoiles de Ouagadougou.
Bref, s’il est déjà difficile pour François Hollande d’être un Président « normal », je pense qu’il est impossible que Valérie Trierweiler demeure journaliste.

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33 réponses à Valérie Trierweiler, la “première journaliste de France”

  1. Claeys Jacqueline dit :

    Bravo pour votre article ! En effet ce n’est pas normal ni correct qu’un magazine tel que PM garde Mme Trierwerler étant donné son nouveau statut. Dommage pour elle j’en conviens, le métier est passionnant et offre beaucoup d’avantages. Ce qui me choque aussi, c’est que cette dame porte encore le nom de son mari alors qu’elle est divorcée. Ce ne serait que normal d’utiliser son nom de jeune fille :
    “Massonneau” et cela couperait le lien entre sa période journalistique où elle a oeuvré sous son nom d’épouse et sa nouvelle vie. Evidemment se mettre en veilleuse pendant 5 ans ce n’est pas très drôle. Mais on ne peut pas tout avoir !

    • lesmariannes dit :

      Non Madame Trierveller n’est pas divorcée,son mari est rédacteur (en chef?) à Paris Match. Elle vit avec Normal 1er. Donc elle cesse de travailler à PM et fait autre chose,apprendre l’anglais etc.
      Nous avons demandé à B Schonberg à Christine Ockrent etc de quitter leur JOB ou de le mettre entre parenthèses? donc c’est comme cela. De toutes façons nous avons décidé de ne plus prendre ce journal.

  2. Solisiter dit :

    Je n’ai pas d’avis tranché, mais pour aller dans ton sens je dirais qu’elle est très bien placée pour faire avancer la cause de la liberté de la presse dans les pays qui en sont dépourvus (la France ? :) )

  3. Daix dit :

    Il est tout à fait INADMISSIBLE que la COMPAGNE du président soit d’abord tolérée en tant que telle et qu’ensuite elle se permet de continuer à exercer sa profession de journaliste !

  4. Atom dit :

    Moi aussi je suis partagé,
    je trouve que ça n’est pas comparable avec Christine Ockrent déja.
    Ensuite, ou est le problème si c’est clairement défini ? ça va être dur pour elle d’écrire un article sans être jugé, elle est marqué au fer blanc la.

    Mais ce qui m’énerve c’est que l’on fait semblant d’être géné (je dis pas ça pour Charline, je suis sur de son honneteté) pour des femmes journalistes, alors que ça fait longtemps que c’est comme ça même si ça n’est pas une raison j’en conviens
    Est t’on choqué quand on voit des gens qui se disent expert a la télévision et qui font parti de lobby économique ? une personne a la télé qui parle de politique économique qui fait parti du cercle de l’entreprise, ça donc ça restera admis ?
    Je suis pour que leur conflits d’intérêts soit clairement affichés, a la télévision avec un bandeau pour savoir QUI parle, et dans les journaux a la signature de l’article : article de machin, qui fait partie du cercle des décideurs de …

  5. gwendoline dit :

    Je ne vois pas pourquoi on interdirait à Valérie Trierweiler de pouvoir exercer son métier tout simplement parce qu’elle est la compagne du Président ! Il est tout à fait infamant de préjuger que, parce qu’une femme partage la vie d’un homme, elle en perd toute indépendance d’esprit. Et c’est à PM de décider s’il veulent ou non la conserver dans la rédaction et non pas la bien-pensente opinion publique.
    D’ailleurs, existe-t’il des journalistes totalement indépendants ? : indépendant de qui de quoi d’ailleurs : de leur éducation ? de leurs propres préjugés et opinions politiques ou philosophiques, de leurs religion, de leur nationalité ? des lobbies, des partis politiques ? du pouvoir ?

    En l’ocrurence, quoiqu’en pense Mme Claeys, je ne vois pas en quoi la France aurait à envier à la Belgique en matière d’indépendance de la presse, car ce qui est pertinent n’est pas l’indépendance du journaliste mais la pluralité des opinions assurés par la pluralité et la diversité des médias. Or en France, il y a plus de variété entre Libération et le Figaro par exemple qu’entre la Libre Belgique et le Soir, qui, coalitions obligent, adoptent en tooute occasion une bienveillante neutralité !
    Quand au nom que porte mme Trierweiler, sachez qu’elle n’a le droit de le faire que si son précédent mari l’y autorise (d’ailleurs, je ne suis pas sûre qu’elle soit officiellement divorcée). De toutes façons, c’est un problème d’ordre privé qui ne nous regarde absolument pas.

    • roland dit :

      si la liberté de la femme que vous abordez est importante, justement le conflit d’intérêt et donc le déni de liberté sont les risques majeurs de ce genre de situation. Le ‘problème de liberté de professer’ de V Trierweiler ne représente pas la perte de liberté de professer de toutes les femmes. A l’instar de Bill Clinton qui reste neutre en fonction de la situation d’Hilary, il faut admettre que la “charge de la fonction présidentielle” (car c’est ainsi qu’on la nomme, passe avant les intérêts personnels de ceux qui la représente. Donc, bien que non mariée à Hollande, son choix évident de faire campagne comme compagne la charge des mêmes avantages et limites qu’une épouse officielle.

    • Hermine dit :

      Il ne s’agit pas de s’attaquer à l’indépendance cérébrale de la compagne d’un politique. Elle peut en effet penser par elle-même. Mais jamais vous ne ferez croire que la présence de V.Trierweiler à Paris Match n’influe en rien la liberté politique de ce magazine. Forcément cela va influer. Berlusconi a été condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme parce qu’il était juge et partie dans les médias. Ici c’est pareil. Dans ce cas, la cour considère qu’il y a une menace pour la liberté politique. Autant j’ai défendu A.Pulvar quand elle a été mise à l’écart de Itélé parce que son compagnon se présentait aux primaires, autant je n’admets pas que le compagnon journaliste d’un(e) politique au pouvoir, et dans les plus hautes sphères d’influence, exerce avec des privilèges et priorités octroyés, même indirectement, par ce pouvoir.

  6. Andre dit :

    Votre commentaire est utile au moment où personne ne semble se poser de question à ce propos sauf peut-être D. Schneiderman sur rue89. http://www.rue89.com/2012/06/05/ma-solution-au-probleme-trierweiler-232740
    qui semble plus s’interroger sur le staff dont disposera la “première dame” à l’Elysée.
    Le danger, pour François Hollande est que sa compagne lui fasse trop d’ombre, comme cela est déjà “guignolisé”. D’un autre côté cela pourrait être un avantage. Reste à savoir comment l’équipe qu’il a formée gouvernera la France pour le bien du plus grand nombre. Le reste est quand même sans grande importance.
    Entendu ans l’émission de Taddéi: Et si le président était un jour homo, parlerait-on du “premeier homme” à propos de son éventuel compagnon? C’est vrai que de nos jours, il faut s’attendre à tout.

    • roland dit :

      je suis d’accord avec vous et si V Trierweiler est un peu trop présente, c’est aussi un avantage pour F Hollande qui se met petit à petit dans le costume de Président. L’avenir de VT semble assez “composé” car elle semble vouloir avoir deux pied dans la fonction de ‘Madame’ et deux pied comme ‘madame’ … elle (il) devra choisir le ‘M’ ou le ‘m’ quitte à avoir un mariage ou une séparation. Mais à ce moment là il faudra voir qui (re)portera la culotte?

  7. eili dit :

    “Car voici donc une journaliste, embarquée dans l’intimité du pouvoir (ses rouages, ses voyages et dîners officiels, ses confidences, etc.), mais qui n’en dira mot. En quelque sorte, la journaliste la mieux informée de France sur la magistrature suprême pratiquera la rétention d’information permanente. ”

    on appelle ca déontologie, vous savez, ce cours chiant qui vous êtes censé avoir eu ???
    si vous ne comprenez pas, ne vous étonnez pas de faire partie des journaleux sur qui l’ont crache dessus, ceux là même qui sont majoritaires en belgique et en france,
    vous n’etes pas la démocratie, vous etes juste des vampires accros aux buzz.

  8. Jerome dit :

    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous.
    Un(e) journaliste n’est en aucune manière obligé(e) de relater tout ce qu’il(elle) voit ou entend. Je ne vois que rarement des critiques littéraires parler politique (et je les en remercie).
    Elle ne veut pas faire de journalisme politique et on le (et la) comprend. Que vous lui refusiez le droit de faire du journalisme culturel n’a aucun sens. Si on suit votre raisonnement, aucune personne ayant un lien avec un membre d’un gouvernement (et on peut élargir le cercle au milieu des affaires avant d’aller toujours plus loin) ne devrait pouvoir exercer votre métier.
    Paris Match a tout intérêt a la conserver dans son équipe mais c’est le cas de toutes les “plumes” connues. Elle fera plus vendre que moi (à mon grand désarroi).
    Vous avez une haute opinion de votre métier, et vous avez raison. Voir des conflits d’intérêt partout ne le sert pas.

  9. Veronique dit :

    Où est le problème ?? Il faudrait qu’elle perde son indépendance parce que son compagnon a un nouveau poste ? Ou qu’elle aille bosser au MacDo du coin pour nourrir ses enfants ? La profession est moins vitale pour l’épanouissement pour une femme que pour un homme ?
    Mauvaise nouvelle pour les mysogines : les femmes aussi ont une cervelle et savent sans servir. Elles peuvent aussi avoir du recul et faire “proprement” leur métier en séparant vie privée et profession. Et, VT aussi. Et, en plus, elle a le courage d’assumer au grand jour son envie d’indépendance. Bravo !

  10. Je suis d’accord. A une époque où on ne cesse d’entendre que les journalistes ne sont plus assez indépendants et où ceux-ci se prennent chaque jours des critiques dans la tête par rapport à leur soi-disant partialité, j’estime que ce genre de nouvelles ne peut qu’empirer la situation. Et d’un point de vue éthique, comme l’a dit Charline, une journaliste qui est au plus près du pouvoir obtient forcément des informations. Informations qui, personne n’en doute, ne seront pas communiquées. C’est de la rétention d’informations, certes, mais c’est en plus un nouvel exemple pour les gens qui ont déjà une mauvaise image des journalistes…

  11. tebruc dit :

    Je ne suis absolument pas d’accord avec vous. La “normalité” c’est justement de casser les codes et usages hérités de cette “monarchie constitutionnelle” mis en place par De Gaulle et dévoyée par Sarkozy. A commencer par ce terme stupide de “Première dame”, copié des US et créé pour Carla. Valérie Trierweiler va travailler normalement et à la prochaine présidence on n’en parlera plus. De même l’admirable portrait de Depardon va empêcher les futurs de se faire photographier en “majesté” (tout le monde rigolerait) et on pourra peut-être faire sauter ce portrait des mairies françaises, comme on en a fait sauter les crucifix.
    Quant à la déontologie journalistique, elle est beaucoup plus mise à mal par les relations privées entre hommes politiques et journalistes, sans qu’elles soient sexuelles. Je ne la trouve pas non plus dans les “ménages” faits par ces journalistes, français et belges, qui sont payés pour animer des débats “bidons” dans des conventions d’entreprises, des séminaires d’institut non moins bidons, voire même des meetings de partis politiques

  12. Gilles dit :

    Le problème Valérie Trierweiler ou la première maitresse de France

    Valérie Trierweiler est la compagne de notre nouveau président de la République François Hollande, ex-compagnon de l’ex-candidate à la présidence de la République Ségolène Royal.

    C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un président arrive à l’Élysée avec sa compagne. Quel est donc son statut officiel, peut-elle être aux frais de la République ? Elle vient d’engager un chef de cabinet lequel devrait s’entourer de quatre à six personnes. Ce ne sont pas des fonctionnaires mis à disposition mais des personnes sous contrat. Au nom de quoi la République devrait payer un cabinet à la première compagne de France ?

    Valérie Trierweiler veut d’ailleurs continuer à travailler pour Paris-Match à la rubrique Culture pour faire un ou deux articles par mois sur « ses coups de cœur ». On la comprend car si elle met sa carrière entre parenthèses pendant les cinq ans de mandat de son compagnon de président, comment vivra-t-elle, avec quel salaire, sans compter les cotisations retraite ? Elle se doit donc de travailler pour assurer son avenir puisque sa liaison avec François Hollande n’est pas assurée de durer – demandez à Ségolène Royal -.

    Dans ce cas, pour la République, elle ne peut être que la maitresse ou la compagne du moment de notre président et par conséquent, ne peut jouir des privilèges de la position d’épouse de président. Elle ne peut donc certainement pas obtenir un cabinet et le personnel qui va avec aux frais du contribuable.

    Ne renouvelons pas les errements de l’époque Mitterrand où la République a offert le gite et le couvert à Mazarine Pingeot et à sa mère Anne, la fille cachée et la maitresse de François Mitterrand !

  13. anselme dit :

    Est-on vraiment journaliste à Paris-Match ?

  14. yaya dit :

    L’article me donne l’impression qu’il a été écrit par une personne jalouse :-)

    Là où la profession devrait réagir c’est plutôt face aux très nombreux articles et soit disant scoop dont la véracité de l’info n’a pas été verifiée et le seul but recherché et d’être le premier a annoncer l’info, tant pis si par la suite il faut publier un petit réctificatif.

  15. Olivier dit :

    C’est sympa le rugby!

  16. wiwilourson dit :

    voilà une belle leçon de démocratie à la belge ! “on” se gausse… “on” est plutôt jalouse aussi, on dirait… mais finalement pourquoi un président ? et pourquoi donc un gouvernement ?? la Belgique s’en est bien passé pendant plus d’un an !!! vous ne vous en souvenez même plus !

  17. comi dit :

    Il est normal qu’elle souhaite son indépendance financière. Il est normal dans cette mesure qu’elle puisse continuer à travailler. Il est normal… Mais ce qui n’est pas normal, c’est l’enchaînement d’exigences: le choix de rester journaliste, de travailler, de continuer à faire son métier. Car son métier n’est pas, en lui-même, “normal”: non, journaliste n’est pas un métier “normal”… elle serait médecin, caissière à Auchan, directeur marketing à la SNCF, pilote de ligne à Air France, hôtesse d’accueil chez Renault, il n’y aurait aucun souci. Mais journaliste, non – et secrétaire de rédaction a fortiori: comme expliquer d’ailleurs que cette analyse se soit imposée pendant la campagne, mais ne s’impose pas ensuite. Parce qu’elle est elle-même – et son entourage proche – sujet de l’information. Parce qu’elle traitera elle-même, son équipe, son journal, de sujets qui la touche, elle, son entourage et qu’ils ont inéluctablement sur certains de ces sujets une approche qui ne sera pas neutre par nature et qu’il y aura toujours le doute de savoir s’ils auront pu se départir de cette approche. Parce qu’en deux mots, la femme de César ne peut être suspectée, mais aussi que le simple soupçon est indigne de la journaliste et de son journal et qu’il sera … normal, ce soupçon, un jour ou l’autre au moins, ou diffus.

  18. François dit :

    L’article me donne aussi l’impression qu’il a été écrit par une personne jalouse et l’usage récurent du terme « first girlfriend » est plat, déplacé et rétrograde …(Pourquoi se cacher derrière l’anglais, pas le culot d’écrire “petite amie” ou plus simplement “compagne” ?). Comme si un duo devait absolument être entériné par un mariage ? Pour preuve de l’inutilité de la chose dans le contexte où vous la placez, Sarko a été marié, puis a divorcé et ensuite s’est remarié. Les mariages ne sont pas de béton et les “unions libres” ne méritent plus qu’on fasse les méchants yeux : nous sommes au 21è siècle !

    • Charline Vanhoenacker dit :

      Bonjour,
      J’ai employé le terme “first girlfriend” pour faire référence à la manière dont les Américains ont baptisé Valérie Trierweiler. Il s’agissait de sa première sortie “officielle” de “première dame” (Camp David et Chicago). Et puisqu’elle récuse le terme “première dame” (elle a raison, ce statut n’existe pas), les médias français ont abondamment relayé ce “first girlfriend”.
      Par ailleurs, je suis à l’abri de la jalousie, pour deux raisons. D’abord, je suis bien trop passionnée par mon métier pour envier la situation de madame Trierweiler. Je n’ose imaginer le choix cornélien que cela représente, et à ce titre, j’ai plutôt de l’empathie pour elle. Ensuite, François Hollande, c’est pas mon type ;-)

  19. gabrielle dit :

    L’indépendance à laquelle tient et aspire Mme Trierweiler est compréhensible et respectable. Continuer à porter le nom de son mari ébranle néanmoins ladite “indépendance”… :-)

  20. zo6 dit :

    Il suffirait que le statut de conjoint du président soit reconnu et rémunéré officiellement.

    Dans ce cas, ledit conjoint garderait son indépendance financière et on le statut de conjoint pourrait officiellement stipuler l’incompatibilité avec d’autres fonctions.

    Le conjoint pourrait choisir de renoncer à ce statut pour se consacrer à une autre fonction, mais ne pourrait alors jamais apparaître officiellement avec le président.

  21. Joyeux Spaak dit :

    Etonnant de trouver un article aussi engagé dans un blog apparenté au journal Le Soir. S’il avait fallu appliquer ce principe absolu dans la rédaction du Soir, quelques plumes bien connues et compétentes auraient dû renoncer au métier, et pas seulement dans le service politique. Heureusement pour elles, elles bénéficient de la présomption d’innocence et d’intégrité professionnelle qui me semble plus adaptée que l’interdiction absolue et de pur principe qu’on aurait pu leur imposer. Tant qu’il n’y a pas d’entorse flagrante à l’indépendance d’esprit, il n’y a pas de raison de faire de procès d’intention. Ce serait la négation même du métier de journaliste. L’indépendance d’esprit et sa mise en pratique sont des critères d’appréciation essentiels d’un rédacteur en chef par rapport aux journalistes qui exercent sous son autorité. Personne, pas même lui, n’a à s’immiscer dans les liens conjugaux, extra-conjugaux, familiaux ou sociaux que les journalistes pourraient avoir dans leur vie privée, ni à en déduire d’éventuelles intentions subjectives. Car si on commence par le conjoint ou la conjointe, où s’arrêtera-t-on?
    Ceci dit, la première dame de France présente un cas assez unique en son genre puisque sa liaison avec le Président lui confère de facto un statut public. Alors oui, dans ce cas, abstinence pour elle pendant cinq ans. D’accord aussi qu’Audrey Pulvar s’abstienne d’interviews de politique intérieure française sur une chaîne généraliste, supposée neutre. Mais au-delà de ces cas-limites, un journaliste doit pouvoir exercer son métier quelle que soit la personne avec qui il vit. Si le fait de vivre avec quelqu’un influence son activité professionnelle et se traduit concrètement par un manque d’objectivité, c’est qu’il s’est trompé de métier et se montre incapable de déontologie personnelle. On peut alors le lui faire remarquer et l’inciter à se reconvertir. Mais considérer qu’une relation conjugale particulière interdit a priori l’exercice d’une profession, cela me paraît contraire au principe de liberté.

  22. juju dit :

    Je crois qu’il faut d’abord attendre le premier article de la première dame de france avant tout préjugé sur son indèpendance d’esprit. ce n’est pas parcequ’elle trouvera qu’un artiste est bon que les gens du metier auront le meme avis qu’elle. il tient aux personnes a se faire leur propre avissur cet artiste. Attendons de voir avant de juger…

  23. hippo dit :

    Et bien, ça tire à vue. Évidemment qu’elle peut rester journaliste, il suffit qu’elle assure le service minimum de “première dame”.

    Quant au couplet “elle a des infos donc elle doit les donner”, il est incompréhensible car cela voudrait dire :
    1. Que tout journaliste ne dévoilant pas un off doit être sacrifié (ça couvre à peu près toute la profession).
    2. Que tout journaliste apprenant quelque chose d’intéressant sur la vie professionnelle de son (sa) conjoint(e) (capitaine d’industrie, avocat, juge, médecin, diplomate, haut fonctionnaire, trafiquant de drogue, fraudeur du fisc…) est sommé de le dévoiler sur le champ ou doit lui aussi être sacrifié.

    Vous resterez la dernière journaliste sur cette terre avec des principes pareils.

  24. BEYON Sylvia dit :

    Un journaliste peut-il encore être partial lorsqu’il est très proche du pouvoir ?
    Aurait-on admis à gauche, la même situation à droite ?
    la presse aurait elle était aussi complaisante ?
    Pour l’instant, le constat est plutôt déplorable, les traqueurs, les matraqueurs, les dénonciateurs, le calomniateurs d’hier, sont devenus des cireurs de pompes, des serveurs de soupe, des bénis oui, oui !
    Pensée et parole uniques semblent avoir pris définitivement le pouvoir, de nos ondes, nos médias, nos rues, nos bistrots, nos maisons,nos écoles, nos universités… Le conditionnement est en route…
    Oyé oyé Braves gens, dormez tranquilles, y ‘a plus rien à voir et à dire, tout va bien dans le meilleur des mondes !

  25. POJ dit :

    Je partage les critiques soulevées dans cet article et m’interroge sur le sens critique des personnes qui s’en étonnent ou, pire, s’en offusquent.
    Serai-je Belge ?

  26. Vulcain dit :

    Il ne serait pas normal qu’elle change de métier car c’est le seul métier qui lui est attribué officiellement, le reste c’est de l’usurpation, elle n’a droit à aucun autre titre que “journaliste”. Ce n’est d’ailleurs pas la première journaliste qui aurait ses informations sur l’oreiller, elle ne doit surtout pas la mettre en veilleuse, maintenant qu’il y a une taupe dans l’appareil politique. Mais voilà le problème, Madame est tout les bords, et de nul part. Sa situation en dit long sur sa personnalité, elle porte le nom d’un autre, travaille à l’en-contre de sa profession, occupe un poste qui n’est pas le sien, et couche dans le lit d’une autre, elle doit être du signe du caméléon, gouverné par la planète sa tourne.

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