SP.A, confiance aux anciens
posté le 6 mai 2010 |
catégorie la campagne
Pour ce scrutin qualifié d’« historique » par Caroline Gennez, présidente du SP.A, les socialistes flamands ont désigné mercredi, leurs meilleures pointures. Leur figure de proue ? L’ex-vice-Premier et ministre du Budget sous les gouvernements Verhofstadt. Johan Vande Lanotte y livrera donc, pour le Sénat, la guerre des chefs contre Marianne Thyssen, Alexander De Croo et Bart De Wever, chefs de file du CD&V, du VLD et de la N-VA.
Caroline Gennez sera tête de liste pour la Chambre à Anvers, Hans Bonte dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (liste poussée par Pascal Smet), Bruno Tobback à Louvain, Ingrid Lieten au Limbourg, Dirk Van Der Maelen en Flandre-Orientale et Renaat Landuyt en Flandre-Occidentale. Peu de surprises si l’on excepte le retour (annoncé) de leur stratège et maître à penser Vande Lanotte et, surtout de l’autre intellectuel incontesté du parti, Frank Vandenbroucke qui ne cache pas ses ambitions fédérales (lire ci contre).
Le SP.A peut-il profiter de ces trois années passées dans l’opposition ? Caroline Gennez a bien l’intention de profiler son parti comme l’alternative à « l’immobilisme des derniers acteurs de la rue de la Loi ». « Les citoyens ont perdu toute confiance en la politique. Il faut tourner la page du cynisme de la rue de la Loi et y réinstaller la rue du village. »
Johan Vande Lanotte insiste, sur le carrefour institutionnel et socio-économique à hauts risques que le pays s’apprête à traverser. « L’enjeu n’est pas de savoir s’il faut voter pour un parti qui veut la scission de BHV. Il est de savoir ce que ce parti veut faire du futur paysage institutionnel. Nous voulons assurer la prospérité et augmenter le bien-être des gens, en combattant les inégalités sociales. » Comme tous les partis flamands, le SP.A plaide pour la scission de BHV. « Mais il y a deux manières de le scinder » explique Gennez : « Dans le dialogue avec les francophones ou dans le conflit, comme le prônent les nationalistes N-VA. »
Les bourgmestres hypocrites
La tête de liste SP.A dans l’arrondissement qui fâche, Hans Bonte a, au passage, traité d’« hypocrites » les bourgmestres flamands de la périphérie qui, tout en contestant la validité des élections se présentent en même temps au scrutin. Un gros doigt tendu notamment vers Michel Doomst, bourgmestre de Gooik et candidat sur les listes CD&V dans l’arrondissement de BHV.
Les socialistes flamands jouent la carte de l’unité sous le slogan « Samen » (ensemble) et du sérieux, en appelant au retour de la crédibilité en politique. A cet égard, Johan Vande Lanotte qualifie de « honte » l’appel de citoyens à ne pas aller voter le 13 juin. Fin renard, la figure de proue des socialistes flamands relève qu’en matière institutionnelle, aucune réforme de l’Etat n’a été réalisée sans l’apport des socialistes : « Quand nous n’y sommes pas, le blocage institutionnel est complet. » Un appel à faire partie du futur gouvernement à enregistrer avec prudence : le SP.A, en 2007, n’avait recueilli que 16,3 % des voix. Et 15,3 % aux élections régionales de l’été dernier.
Frank Vandenbroucke,
le retour
Moins d’un an après avoir été, à la surprise générale, dépouillé de son portefeuille ministériel au sein du nouveau gouvernement flamand, le penseur du SP.A, ex-vice-Premier ministre, signe son « come-back » sur l’avant-scène politique.
Frank Vandenbroucke poussera, au Sénat, la liste SP.A emmenée par Johan Vande Lanotte. Freya Van den Bossche, ministre flamande de l’Energie, figurera aussi en bas de la liste du sénat. Quant à Bert Anciaux, l’ex-enfant terrible de la politique flamande, il occupera la troisième place.
Mais tous les micros se tendaient mercredi vers un Vandenbroucke radieux, affirmant qu’il souhaitait jouer un rôle fédéral pour « aider à extraire notre pays de l’impasse ». Et la querelle avec Caroline Gennez ? : « Face aux enjeux actuels, on ne pouvait laisser personne dans le coin. Moi non plus », souligne-t-il.
DIRK VANOVERBEKE
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