“De Wever, le nouveau messie”

« A deux semaines et demie des élections, la campagne s’avère prospère pour la NVA », analyse le Standaard en contrepoint de son analyse qui donne des sondages très favorables au parti de Bart De Wever (26%). Pour Yves Desmet, du Morgen, si “les sondages politiques belges sont parmi les pires du monde”, “ils provoquent un effet d’entraînement sur la campagne” et peuvent influencer le choix de l’électeur.

La campagne a commencé à point nommé pour le parti nationaliste flamand avec le fait qu’ « elle a débuté sur le fait que le gouvernement a chuté sur la patate chaude BHV », note Bart Sturtewagen, dans le Standaard. « Un inconvénient pourrait être que la chute a été provoquée par Alexander De Croo, qui s’est ainsi positionné comme un new kid in town, qui pourrait attirer de jeunes électeurs », poursuit l’éditorialiste. « Le pas de côté de Leterme qui cède le flamabeau à Thyssen pourrait apparaître comme une manœuvre intelligente des  démocrates-chrétiens, mais seulement afin de limiter les dégâts. »

En réalité c’est un boulevard qui s’ouvre à De Wever, malgré le retour de Vandenbroucke chez les socialistes flamands « qui visent clairement un électorat différent », note Surtewagen. En outre, à droite de l’échiquier, le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker se sont assez tiré dans les pattes pour ne pas faire trembler la NVA, poursuit-il. « En bref: une splendide position », conclut l’analyste politique. « La perspective que De Wever ne soit pas seulement le leader de la plus grande famille politique flamande, mais aussi du plus grand parti en Belgique pourrait changer la dynamique de la campagne », note-t-il.

Mais Bart Surtewagen met en garde contre ce qui pourrait arriver après le triomphe et rappelle la débâcle de Leterme. « Les jours de campagne qui restent, De Wever va demeurer confronté à la question de ce qu’il veut vraiment comme nouvelle position », avertit Sturtewagen qui compare De Wever à un nouveau messie, rapport aux attentes qu’il a suscitées. Mais, conclut-il, « le connaisseur de la Rome antique qu’il est, sait ce qui peut advenir avec de tels enfants-dieux ».

Pour Yves Desmet, du Morgen, “les sondages politiques belges sont parmi les pires du monde”. L’éditorialiste rappelle que, “ces dernières années, ils n’ont jamais réussi à prédire la surprise que chaque scrutin réserve, même quand ils ont été réalisés dans les heures le précédant.” Et Yves Desmet de constater que, malgré cela, “ils continuent d’être publiés par les médias et commandés par les politiciens.” Et de remarquer que, néanmoins, ces sondages ne sont pas si anodins : “Ils provoquent un effet d’entraînement sur la campagne”, en dictent “l’ordre du jour”. En l’occurence, ce sondage donnant la NV-A en tête avec 26% a pour effet que “tous les partis vont se positionner par rapport à la NV-A”. Ils peuvent aussi, pour l’électeur devenir un point de référence au moment de déposer le bulletin dans l’urne  : vouloir être dans le camp des gagnants pour certains ou, à l’inverse, “culpabiliser celui qui voulait se faire faux-bond au parti pour lequel il vote d’habitude, par crainte d’une raclée, et faire machine arrière”.

 

Commentaires

8 réponses à ““De Wever, le nouveau messie””

  1. Observateur BXL, le 27 mai 2010 14 h 24 min

    Région Métropolitaine du Brabant : Pour Remettre la Belgique sur ses Rails ! La crise ultra-libérale crée les conditions extérieures favorables pour mettre sous pression les institutions démocratiques et donner le prétexte aux partis extrémistes à mettre en oeuvre leurs solutions radicales et discriminatoires : ne laissez pas passer l’occasion d’agir à votre niveau pour résister à cette offensive sans précédent contre nos institutions démocratiques par le mépris de la Constitution, le déni du “Droit égal pour tous” ! Signez la pétition : http://7182.lapetition.be/ Levez-vous pour résister et ajouter votre action à celle de vos voisins et compatriotes qui n’admettent pas que ce gâchis extrémiste continue à pourrir leur existence quotidienne et l’espace démocratique qui assure le respect des uns et des autres pour un avenir commun dans l’Union (UNION) Européenne.

  2. Marcel Sel, le 27 mai 2010 15 h 01 min

    On se trompe de sens. Plutôt que de juger de l’avenir de la N-VA selon la logique d’élections législatives, il faut l’examiner sous l’angle de la logique interne au parti. Pour De Wever, les législatives sont des élections accessoires. Le seul intérêt d’être premier ministre serait — éventuellement — de guider la dissolution du pays. Jan Jambon l’a répété : l’objectif est l’indépendance, la confédération n’est qu’une étape transitoire. De Wever n’a donc aucun intérêt à négocier un gouvernement. Il a au contraire tout intérêt à faire capoter discrètement toute avancée, en faisant tout pour que la responsabilité retombe, en Flandre, sur les Francophones. Cette constante sera poursuivie s’il “gagne” les élections. Tout pourrissement, tout immobilisme fédéral lui est favorable ! Il ne va pas se priver de les provoquer.

  3. durieu, le 27 mai 2010 15 h 36 min

    Les résultats des élections du 13 juin 2010 vont monter en Flandre que les partis séparatistes (NVA,VB,LDD) représentent entre 40 et 45 %,que la NVA est le premier parti et que Bart
    De Wever est l’homme politique le plus populaire. La Flandre exigera le conféderalisme et la scission de BHV sans l’élargissement de Bruxelles.Les Francophones devront choisir entre une Belgique de façade,une petite Belgique (Wallo-Brux)ou rejoindre la grande FRANCE par l’apport de 2 regions autonomes.Il faut voir la réalité en face.

  4. Sebastien de Bordeaux, le 27 mai 2010 16 h 20 min

    Bonjour,

    Vu de France, je ne comprends pas pourquoi les francophones de Belgique se laissent faire. Les Flamands veulent plus d’autonomie, voire d’indépendance, allez dans leur sens, mais le rubicon à ne pas franchir est le droit des citoyens à disposer de leur avenir.

    Donc, sur la base du minimum de légalité internationale, agissez en conséquence.

    Quand un maire n’est pas nommé malgré son élection, ayez le courage d’organiser une election referendaire dans la commune en question afin de demander aux habitants à quelle entité ils souhaitent être rattaché, Bruxelles, Wallonie, ou Flandre, la situation sera tranchée sur la base de la démocratie sur le territoire de la commune/quartier concerné.

    Idem pour la question de la perception des impots à Bruxelles, sur la question de l’obligation de maitriser le flamand pour être acquéreur d’un bien ( hallucinant…).

    Un peu de courage politique voyons!

    L’avenir vous appartient si vous le prenez en main.

    Une Belgique francophone (Wallonie Région métropolitaine de Bruxelles Francophone) est fiable ! du travail à effectuer, mais fiable!

    Si les micro états de l’Europe de l’est y arrivent ( moins peuplés, moins riches, moins centraux, etc…) pourquoi pas la Belgique Francophone?

  5. Lipitor80, le 27 mai 2010 20 h 31 min

    A tous les Belges, si vous ne voulez plus de ce pays, entamons un processus de séparation pour que la Flandre ainsi que les nationalistes & séparatistes de tout poil ne nous prennent plus rien. Nous ne voulons plus de cette Flandre là !
    Que ces Flamands foutent le camp, comme dit, Philippe Geluck dans Télémoustique
    Mais, vous aurez votre indépendance a condition de renoncer à être Belge, de n’avoir plus aucune appartenance à ce Pays. Cherchez vos propres références en Flandre.
    La Belgique qui se composera de la région Bruxelloise avec les communes à facilités en fonction de la décision d’un référendum linguistique des Citoyens, ainsi que de la Wallonie.
    Les Flamands démocrates seront toujours les bienvenus et accueillis dans la langue de leur choix dans ce Pays qui restera Démocratique.
    Mais avant de partir, payez vos dettes de ce Pays!
    Voilà Monsieur Bart De Wever, le prix à payer pour votre indépendance.

  6. sarah, le 28 mai 2010 1 h 32 min

    c’est une minorité des bruxellois qui parle encore le neerlandais, et les flamands se sentent marginalisés – malgré le fait que bruxelles est en faite la capitale flamande…
    moi je suis flamande (mais pas séparatiste), mais je crains que ça va etre presque impossible de conserver la belgique comme pays fédérale.
    les flamands en ont mar qu’ils doivent payer pour le chomage des wallons pendant qu’il y a pas de respect pour notre langue
    (de nouveau, pas mon opinion! mais celle du flamand moyen)

    het is een minderheid van de brusselaars die nog nederlands spreekt, en de vlamingen voelen zich vermarginaliseerd – ook al is brussel in feite nog steeds de vlaamse hoofdstad.
    ik ben zelf vlaamse (maar niet separatistisch), maar ik vrees dat het bijna onmogelijk zal zijn om belgië als federale staat te behouden.
    de vlamingen zijn het beu dat ze moeten betalen voor de werkloosheid van de walen terwijl er helemaal geen respect is voor onze taal.
    (opnieuw, niet mijn mening! maar die van de gemiddelde vlaming)

  7. oiges, le 1 juin 2010 10 h 13 min

    Les francophones se sont installes en flandre mais veulent rester unilingue francophone. Les facilitees devraient faciliter d’apprendre le neerlandais en tempo lente. Maintenant ils pensent que c’etait un accord pour coloniser la flandre. En brussel on refusent de respecter la langue original, on preferent chercher tout le moyens pour eviter qu’il doivent apprendre la langue de 60 pour cent des belges.

    Les mairs (3 mairs, pas les 3 autres mairs francophones) n’appliquent pas les lois. Pourquoi c’est mentalitie colonistatrice? Parler une autre langue de plus, ca ne detruit rien. Ils est temps d’appliquer des lois comme en quebec au meme maniere en flandre.

  8. durieu, le 2 juin 2010 0 h 48 min

    De WEMMEL à MENTON sans frontiére!

répondre