Laurette Onkelinx PS 69 %
posté le 4 juin 2010 |
catégorie Non classé

Sa vision : 28/40
Son prédécesseur, Rudy Demotte, avait réussi, par sa gestion rigoureuse, à soustraire l’assurance-maladie à la volonté flamande de la régionaliser. Laurette Onkelinx a maintenu le cap, tout en améliorant la couverture des malades chroniques et en établissant un plan national cancer, qui doit encore monter en puissance. En revanche, alors que les écarts se creusent en termes d’espérance de vie, entre les personnes les plus et les moins aisées, les plus et les moins instruites, pas l’ombre d’un plan fédéral de lutte intégré contre les inégalités de santé. Face aux défis qui se présentent (vieillissement de la population, fracture sanitaire, coût des nouvelles technologies…), la ministre a géré sans innover. L’Etat continue à favoriser fiscalement les systèmes de protection complémentaires, sans que Laurette Onkelinx mette l’entrain qu’on attendait d’une ministre socialiste à consolider la protection sociale de base (en améliorant la couverture des frais hospitaliers, en revalorisant davantage les soins de première ligne, en diminuant le prix des médicaments, en augmentant les indemnités d’invalidité, en liant intégralement les allocations sociales au bien-être…).
Son action : 27/40
Quand elle lance une initiative, Laurette Onkelinx s’y tient. Elle l’a démontré avec son plan cancer. En revanche, il est des silences ou des absences qui interpellent, notamment quand la ministre cède à la volte-face de son parti face à l’interdiction totale du tabac dans l’horeca (privilégiant les intérêts particuliers à l’intérêt collectif de santé public, le PS a préféré s’en tenir à une interdiction partielle après avoir prôné le bannissement intégral). Autre renoncement : le coup d’arrêt au modèle Kiwi, qui aurait permis d’obtenir de sérieuses diminutions de prix des médicaments, en recourant à des appels d’offres ciblés. Peu d’avancées réelles, aussi, en termes de lutte contre l’obésité ou la consommation abusive d’alcool. Et rien, ou quasi rien, sur le terrain fondamental de la lutte contre les inégalités de santé (qui augmentent, en Belgique).
Dans la crise de la grippe, elle a marqué des points, en ne dramatisant pas la situation, en ne faisant pas un « show pandémique ». Mais elle a aussi fauté sur la transparence de l’attribution du marché du vaccin à GSK ou sur le déclenchement légal d’un « état d’urgence », manifestement surdimensionné.
En tant que chef de file des socialistes, Laurette Onkelinx, en revanche, cartonne : pugnace, elle est assurément l’un des meilleurs vice-Premiers du gouvernement.
Sa communication : 14/20
Laurette Onkelinx a une incontestable force de conviction. Au point, parfois, de ne pas savoir prêter l’oreille à la contradiction. Saluons, en revanche, le professionnalisme, l’efficacité et l’honnêteté de son équipe de com.
Sa vision : 24/40
On ne va pas lui demander d’avoir une vision ! Steven Vanackere n’est ministre des Affaires étrangères que depuis le retour d’Yves Leterme au Seize, fin novembre 2009. Mais il s’est appliqué à apprendre son nouveau métier. Congo, Proche-Orient, Union européenne, etc. : il s’y est mis avec modestie et curiosité, à la manière d’un honnête homme.
Son action : 28/40
Au cours de ces six mois, Steven Vanackere a été un ministre des Affaires étrangères très diplomate. Cette attitude tranchait particulièrement avec celle de Karel De Gucht (Open VLD), qui avait dirigé notre diplomatie entre juillet 2004 et juillet 2009, et qui avait le sens de la formule et aimait mettre les pieds dans le plat. Jusqu’ici, cette « touche Vanackere » a fait globalement bonne impression. Il reste néanmoins qu’un bon ministre des Affaires étrangères ne doit pas forcément être diplomate, et que le parler vrai est une valeur à préserver.
En tant que vice-Premier ministre, le CD&V de service a manqué de temps pour se révéler. Débarquant dans la fonction, il a dû prendre ses marques. Ce qu’il a fait à sa façon, diplomate une fois de plus.
Sa communication : 13/20
Steven Vanackere est une sorte de gendre idéal. Il communique bien, avec de forts accents de sincérité. Mais, comme on l’a dit ci-dessus, il peut parler bien, mais pour dire rien… Il est, au demeurant, bien servi par les services d’information du ministère des Affaires étrangères lui-même, qui sont très professionnels et très rodés.
Sa vision : 27/40
En pleine crise économique, où il s’agit surtout de sauver les meubles, pas facile d’avoir une vision de long terme. Aussi ne peut-on faire grief à Joëlle Milquet de ne pas avoir émis de lignes directrices sur la politique de l’emploi en Belgique pour les années à venir. En revanche, son action pour sauver l’emploi, notamment des plus âgés, aura des effets positifs à long terme puisqu’une personne licenciée après 50 retrouve généralement très difficilement du travail.
Son action : 35/40
Les chiffres sont là : la Belgique fait partie des pays d’Europe qui ont le mieux résisté à la crise de l’emploi. Personne, avant la crise, n’aurait osé le parier. Entre 2007 et 2010, le chômage a crû de 0,6 % en Belgique (normes Eurostat), alors que la moyenne européenne est de 2,5 %. Dans son dernier rapport, le Bureau du Plan a reconnu qu’une des raisons de cette limitation des dégâts était la présence d’un système de chômage temporaire en Belgique. On le doit en partie à la ministre : suite aux désaccords des patrons et syndicats, c’est à son initiative qu’un système de chômage économique a été introduit pour les employés. Lorsque le plus gros de la crise est passé, elle a lancé le plan win-win, destiné à remettre un maximum de travailleurs jeunes et âgés à l’emploi. Malgré quelques failles, ce système démontre son efficacité. Côté « égalité des chances », ce fut moins heureux. Plusieurs arrêtés d’application en rade, une grand-messe « interculturalité », beaucoup d’intentions et peu de réalisations concrètes. En revanche, Joëlle Milquet a trouvé sa place au kern, défendant les points de vue humanistes avec détermination et conviction ; ses adversaires lui reprochent de se montrer excessivement pointilleuse et, parfois, de revenir sur une parole donnée.
Sa communication : 10/20
C’est le point faible de Milquet. Sa communication est excessive et désordonnée. Excessive parce que la ministre a communiqué en permanence sur les dossiers de l’emploi, même lorsqu’ils n’étaient pas mûrs. Elle combattait également avec force tout propos, même autorisé (le Bureau du Plan, par exemple) n’allant pas dans le sens de sa communication. Ses prises de paroles présentaient aussi des aspects désordonnés, irritant journalistes et parlementaires. Ainsi Camille Dieu (PS), en pleine séance de la Chambre, a fait remarquer à la ministre que ses propos étaient incompréhensibles.
Sa vision : 19/40
Difficile de percevoir une vision dans le parcours ministériel de Guy Vanhengel au Budget. Il a pourtant fait une arrivée en fanfare : juste après sa nomination, il avait déclaré que la Belgique était en « faillite virtuelle ». On pouvait donc s’attendre à ce que cette déclaration soit suivie des constats et remèdes de long terme que cette situation imposait. Mais on n’a rien vu venir. Dans ce domaine, on a plus entendu Herman Van Rompuy, puis Yves Leterme, et surtout Melchior Wathelet, secrétaire d’Etat au Budget.
Son action : 20/40
Guy Vanhengel ne s’est pas davantage distingué par son action. Après ses propos fracassants sur la faillite virtuelle du pays, il ne semblait pas vraiment maître du dossier budgétaire, et donnait l’impression, par moments de s’en désintéresser. Cette situation est d’autant plus étrange que Guy Vanhengel avait occupé les mêmes fonctions à la Région bruxelloise, et qu’il ne s’y était guère attiré de critiques fondamentales. Un élément d’explication, sans doute : Melchior Wathelet avait déjà le dossier en main au moment de l’arrivée de Guy Vanhengel, et ses équipes étaient au fait du dossier. Il eût peut-être même été contre-productif de briser cet élan. Il nous revient du reste que les contacts entre les cabinets Vanhengel et Wathelet étaient excellents.
En revanche, en tant que vice-Premier, Guy Vanhengel récolte bien des louanges. Il est vrai qu’il succédait à des profils plus râpeux tels que Karel De Gucht ou Patrick Dewael. Le Bruxellois, lui, s’est d’emblée montrée plus diplomate, ouvert et constructif.
Sa communication : 9/20
La communication de Guy Vanhengel traduit un peu son désintérêt apparent pour le dossier. Après avoir demandé un remède de cheval pour le pays, il n’a quasiment plus jamais communiqué sur le dossier. Aux conférences de presse, il se contentait de quelques vagues propos introductifs, laissant le soin à Melchior Wathelet d’expliquer la situation. Par boutade, il disait même qu’il laissait les choses compliquées au Secrétaire d’Etat. A la Chambre, ses réponses étaient pour le moins évasives.
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