Delete ?

Il était génial. Biquet est devenu sublime. Après avoir flanqué en l’air le gouvernement Leterme (en avril 2010) et envoyé son propre parti dans le fossé (13 élus au scrutin qui a suivi – quel coup de maître), le chef du VLD a plongé le pays dans le chaos que l’on sait en exigeant que le formateur, gaucher de nature, se mette soudain à écrire de la main droite.

On reste songeur. Voilà donc ce pays écartelé entre une vieille génération politique qui a perdu ses repères (cf. les missions inutiles de Dehaene, Martens & Cie) et des apprentis sorciers aux stratégies fumeuses.

On est beau, là, Madame.

Evidemment, la crise était prévisible. Tenu au col par cette N-VA qui lui suce littéralement le sang, le VLD se devait de tout rendre compliqué. On ignore encore s’il engrangera des résultats.

Mais au moins Alexander peut-il désormais faire valoir devant l’opinion flamande qu’il s’est battu. C’était largement son but. A priori, il ne fallait pas chercher plus loin.

A ce stade, du reste, les contraintes du jour (ces « éléphants du marché » qui s’apprêtent à aplatir les souris que nous sommes, comme l’a dit Wouter Beke) semblent remettre tout le monde en rang.

Etonnant ? La raison donnait à penser qu’il eût fallu être fou pour réduire à rien ces 530 jours de palabres et faire subir la touche « delete » à un accord institutionnel beau comme un camion et à un budget 2012 réalisé à 50 %.

Voulez-vous vraiment supprimer « accord institutionnel beau comme un camion » et « budget 2012 » de façon permanente ?

Ben faut voir, laissez-moi réfléchir…

L’épisode de la semaine restera donc ce qu’on appelle une « dramatisation ». On nous dira : on a vraiment frôlé l’abîme, là. Certes oui – pour être efficace et dégripper les têtus, une bonne dramatisation doit convoquer le Roi, ses motards, tout son bataclan et faire VRAIMENT peur.

Une analyse à froid des choses suggérait de ne pas paniquer. Même si Biquet, dans le jardin bien ordonné de nos raisonnements logiques, fait figure de plante exotique non encore répertoriée par la science.

Et on est gentil.

BOUILLON,PIERRE

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