Les salauds
posté le 27 avril 2012 |
catégorie les chroniques
Encore quelques fois dormir et l’on connaîtra le verdict de ce référendum anti-Sarkozy que certains ont encore la délicatesse d’appeler « présidentielle ».
Jeudi, les acteurs du second tour comparaissaient sur France 2. Amusant : Hollande prend déjà la pose d’un président. Et l’autre, mordant comme un chat enfermé dans une boîte, est l’opposant qui tente de déloger celui qui n’y est pas encore mais qui s’y voit déjà.
C’est plié, sans doute.
Depuis une semaine, vu le score pesant de Marine Le Pen, on entend LA ritournelle post-scrutin : l’extrême droite est haïssable, mais pas ses électeurs.
Ce sont de pauvres petits canards égarés, à-qui-il-faut-tendre-la-main-pour-les-remettre-sur-le-chemin-de-la-démocratie.
Cette hypocrisie est ancienne. Elle vient de l’Hexagone et a germé quand Le Pen père a commencé à affoler les « élites ». C’est une posture politique, stratégique, qui ne nous concerne pas.
L’extrême droite est méchante.
Et là, de deux choses l’une.
– ses électeurs connaissent son programme et ils sont donc aussi méchants que lui ;
– ils ne connaissent pas son programme et ce sont des imbéciles.
Et point à la ligne. « Le Pen est un salaud, ses électeurs sont donc des salauds », avait osé Bernard Tapie, en 1992, très bon sur ce coup-là.
Et très seul aussi.
Et chez nous ? Il fallait s’y attendre : l’actualité nous serrant dans un drôle de sandwich (entre Le Pen et Geert Wilders qui vient de faire chuter la majorité aux Pays-Bas), les Belges en sont venus à se ré-interroger, cette semaine, sur leurs propres menaces ultra-droitières et populistes.
Résumons. Au Nord, l’affaire est claire – Belang et N-VA colonisent le marché. Et au Sud, rien ne germe sérieusement.
Il y a plusieurs explications à cela. Dont celle-ci : au contraire de la Flandre, le sud n’est le socle d’aucun nationalisme, qui est le ressort traditionnel des extrémistes droitiers. Naguère, le FN belge joua la carte belgicaine. Sans succès. Des groupes d’extrême droite tentent d’incarner un nationalisme wallon. En vain. Quant à un nationalisme francophone, ça n’aurait pas beaucoup de sens.
Total : on a une extrême droite faible, absente, éparse. Avec un FN qui, par décision de justice, ne peut plus s’appeler FN. Ce sigle étant son seul atout (avec lui, les voix lui tombaient toutes seules dans le bec), c’est donc mort de ce côté.
Il nous reste quoi ? Côté droite radicale, il nous reste ce Parti populaire de Modrikamen, minuscule et aussi « populaire » que peut l’être le Royal Club de Golf du Zoute. Et il nous reste Laurent Louis.
Que représente-t-il, lui ? Rien.
Si ce monsieur est suivi par quelqu’un, ça ne peut être que par un psychiatre.
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