Téléréalité
posté le 6 juillet 2012 |
catégorie les chroniques
L’été, la chaîne française TF1 offre le meilleur d’elle-même en diffusant son produit phare : Secret story. Pour ceux qui ne connaissent pas : cette émission, banalement conforme aux canons du mauvais genre, consiste à isoler des individus dans une maison et à les laisser (ne rien) faire. Conçu par des imbéciles, présenté par un crétin des Alpes et impliquant une vingtaine de décérébrés (les participants), ce produit culturel de haute volée captive chaque année quelques millions d’abrutis.
Si l’on a bien suivi, l’émission, une fois terminée, se prolonge classiquement par une sorte de 3e mi-temps au cours de laquelle les participants, soudain célèbres, tentent de le rester. Le fait que ça ne marche pas, ou si peu, ou si rarement, est une première bonne raison de garder la foi en l’homme. Le fait que l’audience de l’émission en question s’érode d’année en année en est une seconde.
Si d’autres pays que le nôtre se sont résolument postés à l’avant-garde de la vulgarité, la Belgique n’est pas forcément en reste. On a appris que la chaîne Vier (ex-VT4) va tourner une téléréalité impliquant des politiques flamands. Mollo – il ne s’agira pas de les enfermer 2 mois dans un loft. Non : les participants seront isolés dans un château pendant 24 heures et subiront des interviews, communes ou individuelles.
Fondamentalement, cela reste débile. Mais cela n’a pas empêché cinq (hauts) responsables de parti de s’empresser d’accepter l’invitation de la chaîne – il s’agit d’Alexander De Croo (VLD), Wouter Beke (CD&V), Bruno Tobback (SP.A), Wouter van Besien (Groen) et Bruno Valkeniers (Vlaams Belang).
Bart De Wever (N-VA), lui, a réservé sa réponse. Et c’est évidemment ce qu’il fallait faire.
Maintenant, il a la main.
S’il ne participe pas à l’émission, il fera passer ceux qui y participent pour des politiques aux abois, prêts à n’importe quoi pour se vendre.
S’il y participe, il valide le principe de l’émission mais il est gagnant – ce semblant de téléréalité, c’est du sur-mesure pour lui et il y prendra l’ascendant.
Je joue, je gagne.
Je ne joue pas, je gagne aussi.
La vie n’est pas belle, franchement ?
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