posté le 6 octobre 2010 |
catégorie revue de presse
Et si c’étaient les francophones qui avaient claqué la porte ? Yves Desmet, éditorialiste du Morgen, inverse la perspective et propose d’imaginer ce qui se serait passé si l’ultimatum était venu du Sud du pays. “Pouvez-vous imaginer les réactions de la Flandre et de Bart De Wever en particulier ?” Pour lui, “si une provocation de ce genre peut redonner une dynamique à des négociations au point mort, on doute qu’une mini-crise était nécessaire”. Si l’ultimatum de De Wever a été considéré par les négociateurs du Sud comme une trahison, Yves Desmet estime que les francophones se trompent en espérant que les Flamands vont les suivre dans cette analyse : “Aucun des autres partis flamands n’ose laisser tomber De Wever ou même le critiquer, ce qui rend les choses encore plus compliquées”. L’éditorialiste titre d’ailleurs sur le “fossé” qui sépare les deux communautés du pays.
Pour le Standaard, la véritable question à se poser n’est pas de savoir si Bart de Wever peut ou non arriver à un accord, mais plutôt “Comment va-t-on pouvoir continuer maintenant?”. Pour le quotidien flamand, “la seule chose qui va pouvoir aider est que les partis flamands ont appris à déterminer, via l’expérience de ces derniers mois, les choses qui sont nécessaires et réalistes, mais pas forcément idéales”. Enfin, le Standaard estime que le processus sera long et qu’il faut tabler sur six mois de négociations. “Mais en novembre, il faudra établir le budget pour 2011 et pour cela il faudra plus qu’un gouvernement en affaires courantes”.
C’est aussi ce qu’explique Luc Van Der Kelen dans Het Laatste Nieuws. “Ce n’est pas le rôle d’un gouvernement en affaires courantes de prendre des décisions sensibles sur le socio-économique”, écrit-il. “C’est impensable d’un point de vue démocratique”. Pour lui, “gouverner est la tâche de Di Rupo, De Wever et compagnie. Et s’il est clair que la confiance est partie, des discussions doivent encore être possibles.” L’éditorialiste conclut qu’il appartient désormais à De Wever “de montrer que sa victoire peut se traduire en résultats”.