La balle est dans le camp francophone

Les éditorialistes des principaux quotidiens flamands estiment ce mardi que c’est désormais aux francophones de venir avec leurs propositions. En partant de la note de Bart De Wever ou en préparant leur propre note commune.

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“Une mini-crise était-elle nécessaire ?”

Et si c’étaient les francophones qui avaient claqué la porte ? Yves Desmet, éditorialiste du Morgen, inverse la perspective et propose d’imaginer ce qui se serait passé si l’ultimatum était venu du Sud du pays. “Pouvez-vous imaginer les réactions de la Flandre et de Bart De Wever en particulier ?” Pour lui, “si une provocation de ce genre peut redonner une dynamique à des négociations au point mort, on doute qu’une mini-crise était nécessaire”. Si l’ultimatum de De Wever a été considéré par les négociateurs du Sud comme une trahison, Yves Desmet estime que les francophones se trompent en espérant que les Flamands vont les suivre dans cette analyse : “Aucun des autres partis flamands n’ose laisser tomber De Wever ou même le critiquer, ce qui rend les choses encore plus compliquées”. L’éditorialiste titre d’ailleurs sur le “fossé” qui sépare les deux communautés du pays.

Pour le Standaard, la véritable question à se poser n’est pas de savoir si Bart de Wever peut ou non arriver à un accord, mais plutôt “Comment va-t-on pouvoir continuer maintenant?”. Pour le quotidien flamand, “la seule chose qui va pouvoir aider est que les partis flamands ont appris à déterminer, via l’expérience de ces derniers mois, les choses qui sont nécessaires et réalistes, mais pas forcément idéales”. Enfin, le Standaard estime que le processus sera long et qu’il faut tabler sur six mois de négociations. “Mais en novembre, il faudra établir le budget pour 2011 et pour cela il faudra plus qu’un gouvernement en affaires courantes”.

C’est aussi ce qu’explique Luc Van Der Kelen dans Het Laatste Nieuws. “Ce n’est pas le rôle d’un gouvernement en affaires courantes de prendre des décisions sensibles sur le socio-économique”, écrit-il. “C’est impensable d’un point de vue démocratique”. Pour lui, “gouverner est la tâche de Di Rupo, De Wever et compagnie. Et s’il est clair que la confiance est partie, des discussions doivent encore être possibles.” L’éditorialiste conclut qu’il appartient désormais à De Wever “de montrer que sa victoire peut se traduire en résultats”.

“Trop is te veel”

“Reservoir Dogs”, titre Bart Sturtewagen, dans un commentaire du Standaard. Pour l’éditorialiste, “le couple à quatre têtes” qui pilote les négociations actuellement – Di Rupo-Flahaut pour le PS; De Wever-Pieters pour la N-VA – se trouve dans la même situation que les “quatre voyous à la fin de Reservoir Dogs : au bout d’un fusil”. Comprenez : ils sont condamnés à s’entendre. “Les cris venus des deux camps jeudi soir enterre l’espoir d’un rétablissement rapide de la confiance”, estime Bart Sturtewagen, pour qui “un système de dissuasion mutuelle ne fonctionne que si chacun pense que l’adversaire a plus peur que lui d’un échec des négociations. Ce qui n’est pas le cas.” L’éditorialiste constate que et Di Rupo et De Wever pourraient tirer profit d’une issue négative aux discussions entamées début juillet.

Pour Walter Pauli, l’éditorialiste du Morgen, après près d’une centaine de jours d’une sorte de formation, la soi-disant “lune de miel” entre les gagnants de l’élection est “terminée”. La N-VA, dans la tradition nationaliste flamande, lance “des mots forts”, faisant référence à l’expression “fédéralisme d’argent de poche”. Et le PS, lui, est “chauffé à blanc par les partenaires qui disent, dans la discrétion de la table des négociations, autre chose que dans les micros de l’opinion publique. Walter Pauli constate apparemment, Bart De Wever doit, après chaque consultation avec le PS, rassurer ses troupes et vendre chaque compromis comme une victoire personnelle. “Il est désormais clair de l’interprétation du mot “compromis” par De Wever: une paix à ses conditions.” “Trop is te veel”, conclut-il.

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La démission de la présidente du Cd&V fait la Une de l’ensemble des quotidiens flamands. Pour le Morgen comme pour le Standaard, le vrai responsable de la débâcle du CD&V est Yves Leterme.  lire la suite

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Revue de presse: “La Belgique survivra-t-elle à Bart De Wever?”

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