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	<title>saga belgica</title>
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		<title>Les précurseurs</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Oct 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[On cause, on cause. Mais on passe à côté des vraies questions. Voici une vraie question : à quoi l’homme ressemblera-t-il dans mille ans ? Se souvenant que l’espèce est en constante mutation (autrefois, nous étions trapus, laids et l’espérance de vie était risible), The Sun a consulté des experts en anatomie humaine pour décrire [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20121013-024PCV --><!-- date=2012-10-13-->
<p>On cause, on cause. Mais on passe à côté des vraies questions.</p>
<p><span id="more-574"></span>
<p> Voici une vraie question : à quoi l’homme ressemblera-t-il dans mille ans ?</p>
<p> Se souvenant que l’espèce est en constante mutation (autrefois, nous étions trapus, laids et l’espérance de vie était risible),<i> The Sun </i>a consulté des experts en anatomie humaine pour décrire l’homme de 3012. Le résultat ? Nous sommes méconnaissables.</p>
<p> Grâce aux progrès de la médecine et à une alimentation plus saine, nous vivrons plus vieux, nous serons plus fins et nous serons plus… hauts (on atteindra les 2 m 10 et tout le monde pourra jouer au basket).</p>
<p> On sera moins velu (la faute à la climatisation et au chauffage central qui rendront le poil inutile – c’est lui, en effet, qui nous réchauffe ou nous ventile). On aura le bras long comme celui d’un député-bourgmestre socialiste. En fait : le bras s’allongera pour nous permettre de moins bouger. Et tel est un fil conducteur de l’évolution de l’espèce : on s’économise, on devient fainéant et le corps, accommodant, s’accommode.</p>
<p> Grave : le cerveau va diminuer de volume. La faute au chauffage central ? La faute à l’ordinateur qui nous permet de penser moins et de mémoriser moins. Appelons un cat un cat : on va devenir plus cons.</p>
<p> Le côté terrifiant de l’affaire, c’est que le processus de transformation décrit par les experts est évidemment… en cours. Que le temps, sans crier gare, grille nos facultés mentales comme l’eau ponce la pierre.</p>
<p> Il y a des précurseurs, aussi.</p>
<p> Des individus qui ont pris de l’avance, comme s’ils avaient anticipé l’inéluctable rétrécissement de nos facultés mentales.</p>
<p> On songe en premier lieu à Freddy Thielemans, le bourgmestre PS de Bruxelles-ville, qui a le bras long (c’est déjà un indice) et qui a bellement montré toute l’épaisseur de sa pensée politique en suggérant de régler la question du logement en limitant les naissances (comme en Chine, oui).</p>
<p> Aujourd’hui, il dit qu’il n’a rien dit de tel mais il y a juste toute une salle qui l’a entendu.</p>
<p> Très en avance sur son temps, aussi : ce candidat CDH du Hainaut, pris à appeler ses électeurs musulmans à ne pas voter pour des femmes candidates.</p>
<p> (On va où, hein ?…)</p>
<p> Aujourd’hui, il dit qu’il n’a rien dit de pareil mais des candidates du coin jurent le contraire.</p>
<p> A l’avant-garde de l’évolution de l’espèce : Annemie Turtelboom, qui a rappelé que celui qui ne va pas voter n’est pas puni. C’est (hélas) vrai. Mais le rôle de la ministre de la Justice est de dire qu’il faut voter, pas de souligner l’impunité de fait dont bénéficie l’absent électoral.</p>
<p> Aujourd’hui, elle dit qu’il faut aller voter mais ce n’est pas ce qu’auront compris les mous du dimanche matin.</p>
<p> Aux fédérales de 2010, sur 7.767.552 électeurs convoqués, 6.929.855 se sont déplacés. Si on ajoute les votes nuls et blancs, on obtient un total de 1.240.185 non-électeurs. Cherchez pas : c’est le 1er parti de Belgique – à la Chambre, il a devancé les 1.135.617 voix de la N-VA.</p>
<p> Grâce à Turtelboom, le parti des inciviques aura encore belle mine, dimanche.</p>
<p> Il y a pas un club de basket qui veut engager cette grande sotte ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Les Jacobins n’avaient pas tort sur tout</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/10/05/les-jacobins-navaient-pas-tort-sur-tout/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Oct 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une semaine et des poussières, la Belgique se fera livrer le verdict des 598 élections du 14 octobre. 598 = 589 scrutins communaux + 10 élections provinciales (ça, en général, tout le monde s’en fiche). Il faut retrancher une commune : une seule liste se présente à Herstappe où il n’y aura donc pas [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20121005-024D0Y --><!-- date=2012-10-06-->
<p>Dans une semaine et des poussières, la Belgique se fera livrer le verdict des 598 élections du 14 octobre.</p>
<p><span id="more-571"></span>
<p> 598 = 589 scrutins communaux + 10 élections provinciales (ça, en général, tout le monde s’en fiche).</p>
<p> Il faut retrancher une commune : une seule liste se présente à Herstappe où il n’y aura donc pas de scrutin. Donc : 598.</p>
<p> Autant de scrutins, et autant de résultats, cela fait des communales le jour de gloire des observateurs, sommés de trouver des « lignes » dans un méli-mélo sans logique générale. Cette fois, tout de même, on s’attend à une relative clarté dans le jeu flamand. C’est plié : la N-VA cartonnera le 14.</p>
<p> Il est donc peut-être temps de songer à ligoter Alexander De Croo pour l’empêcher de commettre l’irréparable. Parce que si Monsieur a réussi à dynamiter un gouvernement sans motif, que fera-t-il s’il en a un ?</p>
<p> Mais on rigole. L’hypothèse d’une chute du gouvernement est improbable.</p>
<p> Elle aurait du bon, certes : Elio Di Rupo aurait enfin un motif légitime pour passer sa vie à Mons et négliger ses devoirs internationaux. Cf. le sommet de la francophonie que Sa Divine Lumière a décidé de snober pour cause de scrutin. Proficiat-chapeau : pas un Premier ministre flamand n’avait osé faire ça…</p>
<p> Non. On croit plutôt à ceci : si le VLD passe sous les 10 %, Biquet valsera et laissera la présidence à un pitbull mandaté pour faire suer les marxistes jour et nuit.</p>
<p> Mais, au fond, nous verrons bien.</p>
<p> En attendant, question de s’occuper, ce scrutin est l’occasion de se poser la question de l’égalité des Belges devant la loi.</p>
<p> L’autonomie communale n’est pas un vain mot. Et la fortune, variable d’une localité à une autre, a fait le reste : les Belges ne sont pas traités de façon égale selon le lieu où le hasard les a portés à vivre.</p>
<p> On songe à la fiscalité communale.</p>
<p> On songe aussi aux offres dans le secteur social. On connaît des CPAS à la porte desquels un panneau prie les nécessiteux et les colporteurs d’aller se faire minimexer ailleurs (on force, mais à peine).</p>
<p> On en connaît d’autres qui se plient en seize pour laver la misère du monde.</p>
<p> Le plus aberrant, c’est que les communes rongées par les problèmes sociaux sont aussi celles qui ont le moins de ressort financier (population à faibles revenus = petit rendement fiscal). Conclusion : question taux, elles tapent plus haut. A l’inverse, les localités à population aisée peuvent s’autoriser une fiscalité modérée – le rendement est meilleur puisque l’imposé a du bien et ces communes, en sus, ne subissent pas le fardeau social qui plombe certaines de leurs voisines.</p>
<p> Exemples au hasard : Chapelle-lez-Herlaimont (Charleroi) est dans le peloton de tête des communes qui taxent le plus sèchement (8,8 % à l’IPP) alors que, à l’inverse, Waterloo, dont le dénuement est légendaire, taxe à 5,7 %.</p>
<p> On savait que, par définition, décentraliser les pouvoirs produit de l’inégalité. En attendant, la commune est bel et bien, et selon les cas, un accélérateur de richesse ou un accélérateur de pauvreté.</p>
<p> C’était notre quart d’heure jacobin.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Impossible</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/09/28/impossible/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Sep 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Et quoi, pour l’avenir, là ? On fait quoi ? Réponse : on ne sait pas. On n’entend plus rien. Voici trois semaines, Charles Picqué avait appelé les francophones à s’inventer un plan B au cas où la Flandre mettrait fin à la belle amitié qui nous rassemble depuis 182 belles années. Benoît Lutgen avait [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120929-0241ZT --><!-- date=2012-09-29-->
<p>Et quoi, pour l’avenir, là ? On fait quoi ? Réponse : on ne sait pas. On n’entend plus rien. Voici trois semaines, Charles Picqué avait appelé les francophones à s’inventer un plan B au cas où la Flandre mettrait fin à la belle amitié qui nous rassemble depuis 182 belles années.</p>
<p><span id="more-569"></span>
<p> Benoît Lutgen avait saisi la balle au bond en priant le président du PS (Thierry Giet, pour mémoire) de lancer les invitations à négocier. Et puis, plus rien. Thierry Giet (le président du PS, pour rappel) n’a rien lancé du tout. Comme toujours : trois ronds dans l’eau et puis plus rien.</p>
<p> Cela dit, on ne peut pas vraiment leur en vouloir. Ni à Giet, ni à Lutgen, ni à personne.</p>
<p> Un plan B est, en effet, impossible à concevoir.</p>
<p> Et voici pourquoi.</p>
<p> Accorder les francophones sur une vision univoque de leur destin institutionnel est illusoire.</p>
<p> Ils ont tenté le coup, il y a deux ans, sous l’égide de deux sages (Antoinette Spaak et Philippe Busquin). On en rit encore. Ils ont parlotté une année, en rameutant le ban et l’arrière-ban (députés wallons, bruxellois, syndicats, patrons, économistes, enseignants, etc.).</p>
<p> Il en est sorti de l’eau claire. Leur rapport se résumait à un slalom pusillanime entre les sujets de fâcherie. La régionalisation de l’école, par exemple (souhaitée au PS, singulièrement). Le sujet fut purement et simplement esquivé alors que, précisément, le point conditionne lourdement le destin (éventuellement commun) des Bruxellois et des Wallons.</p>
<p> Bref : le néant. Un tissu de généralités sédatives ne disant rien de l’avenir, et ne démontrant que ceci : les francophones sont incapables de s’entendre sur un schéma institutionnel.</p>
<p> Il y a deux raisons à cela.</p>
<p> Politiquement, il n’y a pas d’unité de vues – allez donc accorder, par exemple, un socialiste wallon régionaliste jusqu’au trognon (et, dans un sens, pas bien éloigné des petits plans de la N-VA…), et un CDH bruxellois prout ma chère, qui pavoise le 11 novembre, quoi, le 21 juillet aussi, et qui se signe devant le tricolore (re-quoi.)</p>
<p> Deux : qu’on le veuille ou non, un plan B francophone ne sera qu’une réaction. Il ne peut s’imaginer qu’en fonction du projet flamand.</p>
<p> Or, existe-t-il ? Non. On connaît celui du Vlaams Belang (on se sépare et crac). Tout le reste est brumeux. Officiellement, la N-VA destine la Flandre au rang de république. C’est clair – c’est dans son programme. Mais son propos l’est moins. Dans ses plus mauvais jours, Bart De Wever parle d’évaporation naturelle du pays. Pour le reste, il esquive, conscient qu’un discours séparatiste réduirait son électorat à ce qu’il était avant 2007. </p>
<p> Au pire, on perçoit l’idée d’une Belgique plus confédérale. Bien. Et alors ? On passerait à un modèle archi-confédéral que cela ne disloquerait pas pour autant le pays et ses autres pouvoirs (on régionalise à mort mais sans rien faire mourir).</p>
<p> Une fois pour toutes, la Flandre n’a pas de plan. Elle en a cinquante. Il n’y a pas de consensus. Et tant que le jeu flamand ne sera pas clarifié, et univoque, on voit mal pourquoi, comment, et en fonction de quoi, les francophones pourraient établir un plan B.</p>
<p> Sauf à faire semblant, il n’y a rien à faire. Et c’est ce qu’on fait.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Mais où est passée la campagne ?</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/09/21/mais-ou-est-passee-la-campagne/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous n’avons pas attendu que le poil nous file du menton pour saisir les délices de la démocratie, du multipartisme et des scrutins à répétition. C’était à la croisée des années 60/70. Le MR s’appelait encore PLP. A Bruxelles, le FDF avait encore la puissance d’un bœuf. Et Gaston Eyskens était Premier ministre. Et en [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120922-023Q4Z --><!-- date=2012-09-22-->
<p>Nous n’avons pas attendu que le poil nous file du menton pour saisir les délices de la démocratie, du multipartisme et des scrutins à répétition.</p>
<p><span id="more-567"></span>
<p> C’était à la croisée des années 60/70. Le MR s’appelait encore PLP. A Bruxelles, le FDF avait encore la puissance d’un bœuf. Et Gaston Eyskens était Premier ministre.</p>
<p> Et en ce temps-là, les élections avaient un peu de gueule. Pendant les campagnes, des caravanes de voitures arpentaient les quartiers, cornaquées par un mégaphone genre « vieux cuivre/vieux zinc », appelant à soutenir <i>« votre bourgmestre »</i> ou dieu sait qui. Les candidats jetaient aux mômes des ballons, des crayons, des calendriers et cent autres gadgets à l’effigie de types inconnus de nous. On suivait le cortège sur 4 km comme les mouettes collent au train du morutier, avant d’aller en débusquer un autre. En ce temps-là, les scrutins étaient sonores et sautaient aux yeux – l’affichage sauvage était un sport national, pas une faute. Il y avait quelque chose de festif à tout ça. On sait la suite : les sévères prescripteurs de la politique propre sont passés par là. Au fond, dans un sens, c’est bien, évidemment. Mais les campagnes sont devenues invisibles et silencieuses.</p>
<p> Pas partout, cela dit. Si les rues s’ennuient, les politiques arpentent désormais le beau et grand boulevard des réseaux sociaux. Ils y traînent tous (ou quasi) et les plus effrontés y trouvent plus facilement qu’ailleurs le moyen d’échapper à l’anonymat. Tout est bon (façon de parler) et le pompon revient sans débat à cette Miss VLD qui a promis (pour blaguer, qu’elle dit) de se flanquer à poil si elle obtenait 1.000 voix. Ou à ce zèbre posant à côté de soutifs en réclamant le soutien des électeurs (soutif, soutien : dix milliards de candidats avaient vu le lien, un plus vulgaire qu’eux a osé le faire…).</p>
<p> Cette campagne à ras de terre ne fait pas oublier l’enjeu de cette élection 2012 qui pourrait bien, comme on le sait, chahuter tout l’édifice, l’étage fédéral en particulier.</p>
<p> Au fond, on verra bien. Ce que l’on sait, c’est que le scrutin local influence déjà la vie fédérale. Et pas un peu. On vient d’apprendre que la rituelle déclaration gouvernementale du 2e mardi d’octobre à la Chambre est renvoyée après scrutin. Pourquoi? Parce que, contrairement à l’usage, le budget ne sera pas fixé d’ici ce fameux 2e mardi et il n’y aura donc rien à dire aux députés. Et pourquoi il n’y aura pas de budget? Il n’y aura pas de budget car les ministres, tous candidats aux communales (à 2 exceptions près), ont l’esprit ailleurs et battent la campagne (comme du reste, 99% des ministres régionaux).</p>
<p> C’est une double escroquerie.</p>
<p> a. Ces ministres n’occuperont pas les mandats (exécutifs) que l’électeur leur confiera naïvement ;</p>
<p> b. Peu ou amplement (cela dépend des cas), des responsables politiques se livrent actuellement à d’autres occupations que celles pour lesquelles ils sont rémunérés.</p>
<p> Dans le privé, ce serait C4 tout de suite.</p>
<p> Et ce n’est pas parce que c’est vieux comme le monde que c’est acceptable.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Le paradis des uns est l’enfer des autres</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Sep 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était un catéchisme des années 50, sommeillant dans les zones d’ombre d’une bibliothèque de notre enfance. Une page y décrivait aux enfants les destins de l’homme post mortem, à savoir le paradis, le purgatoire et l’enfer. L’image illustrant l’enfer était terrifiante ! On y voyait trois pécheurs brûler vifs (si l’on ose dire) dans les [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120915-023DX8 --><!-- date=2012-09-15-->
<p>C’était un catéchisme des années 50, sommeillant dans les zones d’ombre d’une bibliothèque de notre enfance. Une page y décrivait aux enfants les destins de l’homme <i>post mortem</i>, à savoir le paradis, le purgatoire et l’enfer.</p>
<p><span id="more-565"></span>
<p> L’image illustrant l’enfer était terrifiante ! On y voyait trois pécheurs brûler vifs (si l’on ose dire) dans les flammes du châtiment dû aux fautes graves. Encore ces fautes n’étaient-elles pas décrites. Hélas, car ce silence vouait le lecteur à un questionnement lancinant sur les actes pouvant destiner un individu au paradis, au feu de l’enfer éternel (la peine était incompressible, c’était dit sans le dire) ou au purgatoire, cette situation intermédiaire vaguement basée sur le principe scolaire de la 2e session.</p>
<p> C’était terrifiant – l’image, donc.</p>
<p> Comme il est terrifiant de penser que des catéchistes ont élevé des générations dans la sainte terreur de finir leurs jours (si l’on ose dire) à la rôtissoire.</p>
<p> Le temps a lavé tout ça. Et la maturité nous fait désormais envisager les notions de paradis et d’enfer sous un angle plus clair, plus prosaïque, grâce (notamment…) à ces bergers de la pensée collective que sont les publicitaires.</p>
<p> Un spot, récent, soutenant Dieu sait quelle loterie, montrait un type moche, avec une femme moche, habitant une maison moche et vivant sans amis (ce qui est moche). Il joue. Gagne. Et devient, qui l’eût cru ?, un type toujours moche mais habitant une belle maison, entouré d’amis et de créatures en bikini. Au fait, le message, quand on l’épluche, est celui-ci : avec du pèze, tu peux virer ton lardon, te payer des filles (des professionnelles, c’est dit sans le dire), et les amis te tomberont du ciel comme la grêle blanchit les pelouses de l’été.</p>
<p> On se demande parfois ce que fiche le Jury d’éthique publicitaire.</p>
<p> En attendant, selon le Tout Nouveau Testament, telle est désormais la représentation du paradis : soleil, tof maison, jolies meufs et longues journées à rien fiche.</p>
<p> Si les visions du paradis se serrent toutes dans ce cliché tout en finesse, les visions de l’enfer sont évidemment plus variées. Les Belges ont la leur, écrasés qu’ils sont par un impôt record sur le revenu. C’est l’enfer fiscal !</p>
<p> L’actualité signale que tout est évidemment relatif car ce pays, en même temps qu’il saigne ses salariés, est le paradis des grosses fortunes, comme l’a rappelé l’arrivée chez nous du Français Bernard Arnault.</p>
<p> Cette affaire a secoué le pays. Et le PS, du coup, a annoncé son intention de taxer le grand patrimoine. Il s’est aussitôt pris le VLD dans les molaires : si le PS persiste, ils fera sauter le gouvernement.</p>
<p> Qui est dupe ? Tout ceci relève du cirque préélectoral et l’affaire ne se fera pas. Mais tout le monde est gagnant. Le VLD doit au PS d’avoir eu l’occasion de braire (quand les sondages vous mettent sous 10 %, tout est bon).</p>
<p> Quant au PS, il n’obtiendra pas ce qu’il demande mais a obtenu ce qu’il souhaite – passer pour le parti de l’équité, même si ses plans restent des plans.</p>
<p>  Un win-win, dans un sens. Sauf que le PS a gaffé, tout de même, en parlant de taxer les plus-values ou d’imposer une taxation temporaire de crise (0,5 % sur le grand patrimoine). Toutes choses qui ne figurent pas dans l’accord de majorité.</p>
<p> Comment va-t-il désormais contenir les assauts libéraux/patronaux sur l’indexation des salaires, quand on sait qu’il justifie principalement son refus d’ouvrir le débat là-dessus par le fait que l’index ne figure pas dans le contrat gouvernemental ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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	</item>
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		<title>Il est l’ôôôr, monseignôôôr</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/07/27/il-est-looor-monseignooor/</link>
		<comments>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/07/27/il-est-looor-monseignooor/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jul 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces années-là, les hommes réfléchirent beaucoup. Dépouillé de ses prérogatives, Louis XVI restait là, vif et encombrant. Les révolutionnaires hésitaient à en faire deux morceaux, de peur, quand même, de fâcher pour de bon les cours voisines. Certains songèrent alors à fonder, non une république mais une république monarchique (ou une monarchie républicaine, c’est chou [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120728-021AHY --><!-- date=2012-07-28-->
<p>Ces années-là, les hommes réfléchirent beaucoup. Dépouillé de ses prérogatives, Louis XVI restait là, vif et encombrant. Les révolutionnaires hésitaient à en faire deux morceaux, de peur, quand même, de fâcher pour de bon les cours voisines. Certains songèrent alors à fonder, non une république mais une république monarchique (ou une monarchie républicaine, c’est chou vert). Encore calme, à l’époque, Robespierre était l’un de ceux qui voyaient là un chemin entre le maintien d’un trône et la démocratie parlementaire. On sait la suite. On finit par admettre que, vivant, Louis était le feu entretenant la contre-révolution et qu’il fallait l’occire pour dérouter l’ancien régime. Et couic, donc.</p>
<p><span id="more-563"></span>
<p> Si l’on parle de ça, c’est parce que la France est devenue une république… qui fonctionne bel et bien comme une monarchie. Alors que la Belgique, à l’inverse, est une monarchie qui fonctionne comme une république (vu les non-pouvoirs du Roi).</p>
<p> Et puisque l’on parle de ça, relevons qu’il vient d’être établi que pour le prix d’un roi, les Belges en ont deux.</p>
<p> Qui dit ça ? Vincent de Coorebyter. Il note qu’Elio Di Rupo est plus proche de Laeken que du « 16 », vu son style (discours rares, très pesés, très au-dessus de la mêlée, très mes chers concitoyens/concitoyennes).</p>
<p> Et le patron du Crisp pose l’hypothèse d’un <i>« style royal. »</i></p>
<p> L’intéressé ne le démentira pas (on peut bien se prendre pour le roi, quand on se prend déjà pour dieu). Mais gare. L’aspect circulaire des couronnes doit rappeler à ceux qui les portent que les roues tournent. Et là, il nous semble bien que Sa Divine et Royale Lumière a mangé son pain blanc.</p>
<p> A ce stade, en tout cas, son bilan n’écarte pas le danger d’un raz-de-marée nationaliste aux prochains scrutins. On ne s’inquiète pas, ici, des communales (ça, basta, la N-VA prendra ce qu’elle prendra) mais des fédérales/régionales de 2014 qui se solderont, elles, par une négociation majoritaire Nord-Sud et, donc, un débat sur le sort du pays. Et si une N-VA à 28 % (score 2010) nous a valu une crise de 541jours, à 40 %, ce sera carrément l’horreur.</p>
<p> Il reste deux ans pour contrer ça.</p>
<p> En sachant que la 6e réforme de l’Etat ne devrait pas gêner la N-VA.</p>
<p> La Flandre aime De Wever car il lui parle argent, emploi, sécurité. Pour lui et ses électeurs, l’institutionnel n’est pas une fin en soi. Ce n’est plus le nationalisme romantique d’antan. C’est le nationalisme du pouvoir d’achat et des rues tranquilles. Autant dire que la seule façon de contrer la N-VA, c’est de montrer aux Flamands que les politiques fédérales peuvent répondre à leurs aspirations. Autant dire que, à ce stade, De Wever est sur du velours, vu le bilan plutôt moyen de l’exécutif Di Rupo (visez encore ce plan de relance qui ne relance absolument rien du tout).</p>
<p> Faudrait te remuer, Sire.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Pauvres naufragés</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jul 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Patrick Dewael (VLD) en a. C’est un homme encore capable de bramer tout à trac, de s’agacer sans calcul, de nous griller un câble sans avoir préparé son affaire avec un docteur en communication. Et là, le bonhomme s’en est donc pris à la N-VA, en jugeant que le parti nationaliste « devient une plate-forme [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120720-0210H8 --><!-- date=2012-07-20-->
<p>Patrick Dewael (VLD) en a. C’est un homme encore capable de bramer tout à trac, de s’agacer sans calcul, de nous griller un câble sans avoir préparé son affaire avec un docteur en communication.</p>
<p><span id="more-561"></span>
<p> Et là, le bonhomme s’en est donc pris à la N-VA, en jugeant que le parti nationaliste<i> « devient une plate-forme pour l’extrême droite ».</i></p>
<p> Il fait allusion aux anciens du Vlaams Belang qui ont migré vers la N-VA pour coloniser ses listes communales. Dewael dit : <i>« Si on prend tous ces gens, on prend leurs idées aussi. »</i></p>
<p> Les comptes flottent un peu mais les transfuges seraient entre une trentaine (chiffre N-VA) et une cinquantaine (estimation du patron du <i>Laatste Nieuws).</i></p>
<p> L’argument de la N-VA : si on lâche un petit grain de café dans une soupe aux potirons, ça reste une soupe aux potirons. Dewael dit : si on lâche un gramme d’arsenic dans la soupe aux potirons, ça commence à devenir du poison.</p>
<p> Tel est, en gros, le sens du débat.</p>
<p> Au<i> Soir,</i> Kris Van Dijck, chef du groupe N-VA au parlement flamand, a indiqué que les ex-Belang ont été sévèrement<i> « screenés »,</i> ce que prouve de façon éclatante le ralliement du sénateur Jurgen Ceder, un homme à l’humanisme duquel le Vlaams Blok doit son « programme en 70 points ».</p>
<p> Ce plan est dédié à l’immigration. Où il est proposé d’expulser les immigrés des logements sociaux, de les expulser du pays après trois mois de chômage, de taxer le patron qui emploie des immigrés, de créer un enseignement séparé pour les immigrés… Autant d’idées navrantes si elles n’étaient pas, d’abord, inapplicables (ce que l’extrême droite sait, comme elle sait qu’on n’emballe pas les sots avec de la dentelle). Kris Van Dijck ajoute qu’il n’y a <i>« aucune stratégie derrière cette vague de transfuges ».</i></p>
<p> Il dit vrai, sans doute. Et c’est ce qui est inquiétant. Car s’il y avait une stratégie (faucher les mandataires du Belang comme on suce le sang de l’ennemi), on pourrait encore comprendre. Cela « excuserait » l’affaire.</p>
<p> Mais non : pas de stratégie. Et on croit Van Dijck sur ce coup-là puisque la victime est déjà exsangue. La N-VA recueille donc les naufragés de l’extrême droite sans arrière-pensée tactique, tranquillement, sans haut-le-cœur. Sans ciller.</p>
<p> Comme si c’était normal.</p>
<p> A ceux que cela étonne (ou écœure), Van Dijck signale que les ex-Belang ont rallié la N-VA car ils <i>« ont réalisé que le parti d’extrême droite avait un discours inacceptable ».</i></p>
<p> Non.</p>
<p> Très tranquillement : non.</p>
<p> Ce fameux « discours inacceptable », ces ex-Belang l’ont aimé et nul doute qu’ils l’aiment encore.</p>
<p> La seule chose qu’ils aient réalisée, c’est que leur ancien parti était en train de couler.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Téléréalité</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jul 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’été, la chaîne française TF1 offre le meilleur d’elle-même en diffusant son produit phare : Secret story. Pour ceux qui ne connaissent pas : cette émission, banalement conforme aux canons du mauvais genre, consiste à isoler des individus dans une maison et à les laisser (ne rien) faire. Conçu par des imbéciles, présenté par un [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120707-020FR2 --><!-- date=2012-07-07-->
<p>L’été, la chaîne française TF1 offre le meilleur d’elle-même en diffusant son produit phare : Secret story. Pour ceux qui ne connaissent pas : cette émission, banalement conforme aux canons du mauvais genre, consiste à isoler des individus dans une maison et à les laisser (ne rien) faire. Conçu par des imbéciles, présenté par un crétin des Alpes et impliquant une vingtaine de décérébrés (les participants), ce produit culturel de haute volée captive chaque année quelques millions d’abrutis.</p>
<p><span id="more-559"></span>
<p> Si l’on a bien suivi, l’émission, une fois terminée, se prolonge classiquement par une sorte de 3e mi-temps au cours de laquelle les participants, soudain célèbres, tentent de le rester. Le fait que ça ne marche pas, ou si peu, ou si rarement, est une première bonne raison de garder la foi en l’homme. Le fait que l’audience de l’émission en question s’érode d’année en année en est une seconde.</p>
<p> Si d’autres pays que le nôtre se sont résolument postés à l’avant-garde de la vulgarité, la Belgique n’est pas forcément en reste. On a appris que la chaîne Vier (ex-VT4) va tourner une téléréalité impliquant des politiques flamands. Mollo – il ne s’agira pas de les enfermer 2 mois dans un loft. Non : les participants seront isolés dans un château pendant 24 heures et subiront des interviews, communes ou individuelles.</p>
<p> Fondamentalement, cela reste débile. Mais cela n’a pas empêché cinq (hauts) responsables de parti de s’empresser d’accepter l’invitation de la chaîne – il s’agit d’Alexander De Croo (VLD), Wouter Beke (CD&amp;V), Bruno Tobback (SP.A), Wouter van Besien (Groen) et Bruno Valkeniers (Vlaams Belang).</p>
<p> Bart De Wever (N-VA), lui, a réservé sa réponse. Et c’est évidemment ce qu’il fallait faire.</p>
<p> Maintenant, il a la main.</p>
<p> S’il ne participe pas à l’émission, il fera passer ceux qui y participent pour des politiques aux abois, prêts à n’importe quoi pour se vendre.</p>
<p> S’il y participe, il valide le principe de l’émission mais il est gagnant – ce semblant de téléréalité, c’est du sur-mesure pour lui et il y prendra l’ascendant.</p>
<p> Je joue, je gagne.</p>
<p> Je ne joue pas, je gagne aussi.</p>
<p> La vie n’est pas belle, franchement ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Un usage barbare</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/06/29/un-usage-barbare/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Jun 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Romains étaient des barbares. Quand il arrivait à leurs légions de perdre une bataille, les soldats étaient durement punis. On prélevait dans les rangs un légionnaire sur dix, par tirage au sort. Les victimes étaient battues à mort ou lapidées. On appelait ça la décimation, nom découlant de decimere, verbe latin inspiré de decem [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120630-0205KL --><!-- date=2012-06-30-->
<p>Les Romains étaient des barbares. Quand il arrivait à leurs légions de perdre une bataille, les soldats étaient durement punis. On prélevait dans les rangs un légionnaire sur dix, par tirage au sort. Les victimes étaient battues à mort ou lapidées. On appelait ça la décimation, nom découlant de decimere, verbe latin inspiré de decem (dix).</p>
<p><span id="more-557"></span>
<p> Les historiens signalent que cet usage a connu des engouements variables – le commandement militaire a fini par admettre que la décimation était un moyen assez sûr d’affaiblir ses propres rangs. Il n’empêche : la décimation a bel et bien sévi ; on y voyait un puissant moyen de motiver le soldat.</p>
<p> Les premières évocations historiques de la décimation remontent à – 471 avant J.-C. L’usage resta en vigueur tout au long de la République. Alors qu’il s’essoufflait, il réapparut lors de la troisième guerre servile (de – 73 à – 71), provoquée par la rébellion des gladiateurs de Lentulus Batiatus, dont le fameux Spartacus prit la tête.</p>
<p> On sait l’histoire : ce qui était un incident purement local (comme dirait le FBI) dégénéra en révolte, Spartacus emmenant dans son sillage quelques milliers d’esclaves résolus à vivre libres. Rome tenta à plusieurs reprises de mater ça. Il faudra attendre l’intervention de Marcus Licinius Crassus, lequel, avant de coincer Spartacus dans le sud de la péninsule, subit plusieurs revers qu’il fit payer à ses troupes en faisant sortir du rang un légionnaire sur dix.</p>
<p> L’usage de la décimation s’est perdu dans les plis du temps, mais sans jamais vraiment disparaître au fond. Parmi d’autres exemples, le commandement italien a pratiqué la décimation à l’automne 1917, après la défaite de Caporetto – le général Luigi Cardona châtia ses troupes défaillantes en faisant fusiller un troufion sur dix.</p>
<p> L’usage a aussi été réhabilité par la Communauté française.</p>
<p> Laquelle, sans vergogne, ni compassion, éclaircit méthodiquement nos cohortes scolaires en éliminant, en fin de primaire, un légionnaire sur dix exactement – ainsi que l’établit encore, et comme chaque année d’ailleurs, le résultat du dernier CEB de fin de primaire.</p>
<p> Un taux de réussite de 91 %.</p>
<p> Beaucoup ont estimé que ce taux était très élevé, trop élevé, et qu’il signalait de façon définitive que le CEB était trop facile, que l’école n’apprend plus rien, qu’elle nivelle par le bas et que, en gros, la civilisation est foutue.</p>
<p> C’est un point de vue.</p>
<p> Il y en a un autre. On peut se dire que 91 %, c’est peu. Qu’il est effrayant d’observer qu’après neuf années de scolarité (trois en maternelle, six en primaire), un enfant sur dix n’obtient pas 50 % à un test portant sur les savoirs de base.</p>
<p> Un élève sur dix, c’est interpellant.</p>
<p> C’est deux mioches par classe en moyenne.</p>
<p> C’est beaucoup.</p>
<p> C’est la décimation.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Restons calme, surtout</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/06/15/restons-calme-surtout/</link>
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		<pubDate>Fri, 15 Jun 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[A première vue, Herman De Croo (le vader de Biquet Alexander) carbure aux calmants. Ou il fume des cigarettes interdites par le Code pénal. Les sondages terrassent le VLD. Ils gonflent la N-VA dans la (dé)mesure que l’on sait. Et l’ex-président de la Chambre ne bronche pas. « Ce qui monte très vite peut descendre [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120616-01ZHG3 --><!-- date=2012-06-16-->
<p>A première vue, Herman De Croo (le vader de Biquet Alexander) carbure aux calmants. Ou il fume des cigarettes interdites par le Code pénal.</p>
<p><span id="more-555"></span>
<p> Les sondages terrassent le VLD. Ils gonflent la N-VA dans la (dé)mesure que l’on sait. Et l’ex-président de la Chambre ne bronche pas. <i>« Ce qui monte très vite peut descendre rapidement », </i>a-t-il déclaré cette semaine, très zen attitude, en ajoutant que les scores (présumés) de Bart De Wever au fédéral (36,6 % selon notre dernier sondage) ne se reproduiraient pas au scrutin du 14 octobre.</p>
<p> <i>« Ce sera un miracle si la N-VA atteint 14-15 % aux communes. »</i></p>
<p> Il y a de la méthode Coué, là. Mais pas seulement. Si la N-VA défie les lois de la gravité universelle, il lui manque ce qu’on appelle un « ancrage local ». Les partis traditionnels sont profondément arrimés au terrain municipal, qui leur sert à la fois de réservoir de mandataires et d’électeurs, et de base de repli pour les élus quand les affaires tournent mal sur le front fédéral. Il en va des partis comme des plantes : il leur faut des racines.</p>
<p> C’est ce qui manque à Ecolo, par exemple. Plus ou moins fortiche aux scrutins européen, fédéral et régional, mais chétif au plan communal.</p>
<p> C’est étrange, mais c’est ainsi : les verts, on leur confierait volontiers les clés de la planète mais pas la gestion du club de cartes local. En attendant, la faiblesse de leur ancrage communal les rend instables, irréguliers. Et ce type de fragilité affecte sans doute aussi la N-VA.</p>
<p> A l’inverse, les partis traditionnels, singulièrement le PS et le CD&amp;V, tiennent le terrain local comme l’oyat retient les dunes. C’est le cas aussi du FDF, qui doit à ses piliers locaux (Gosuin, Payfa &amp; Cie) de résister aux bourrasques qui fouettent l’actualité fédérale/régionale.</p>
<p> Revenons à De Croo père.</p>
<p> La N-VA a déclaré que le 14 octobre représenterait un test national.</p>
<p> Oui. Mais ce sera aussi un test pour elle, elle qui affronte ses premières communales (en 2000, elle n’existait pas ; en 2006, elle était chevillée au CD&amp;V). La N-VA a prospéré sur les thèmes fédéraux et régionaux (institutionnel et socio-économique) et son maillage local est nul. Ajoutons qu’elle est portée par son leader et uniquement par lui, ce que signale le Top 30 des politiques flamands où la N-VA aligne cinq noms, ce qui est ridicule pour un parti pointé à 36 %.</p>
<p> Bref (à quatre feuilles) : De Croo père a possiblement raison.</p>
<p> Mais possiblement, seulement.</p>
<p> Un colosse aux pieds d’argile, ça reste un colosse. En tout état de cause, la N-VA secouera des bastions (Anvers, en tête) et, du coup, risque même d’ébranler tout l’édifice fédéral. On l’a assez dit, en effet : un score nationaliste détonant aux communales pourrait pousser les vaincus (le fragile VLD en tête) à larguer le gouvernement pour aller se refaire dans l’opposition.</p>
<p> Un scénario de crise, assez plausible à dire vrai, sauf si, bien sûr, les traditionnels flamands réussissent à conserver leur sang-froid.</p>
<p> Une camomille, Biquet ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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