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	<title>saga belgica</title>
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		<title>Yvan-le-Terrible</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela remonte à la Préhistoire. Mais on a encore connu des ministres sans attaché de presse. Nan ? Si. C’était le cas d’Yvan Ylieff, ministre de l’Enseignement entre 1988 et 1992. Pendant longtemps, il s’est débrouillé tout seul comme un grand, sans aide, sans nounou, sans personne. Pas de filtre, pas de négociation de boutiquier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120218-01U4Z9 --><!-- date=2012-02-18-->
<p>Cela remonte à la Préhistoire. Mais on a encore connu des ministres sans attaché de presse.</p>
<p><span id="more-512"></span>
<p> Nan ? Si. C’était le cas d’Yvan Ylieff, ministre de l’Enseignement entre 1988 et 1992. Pendant longtemps, il s’est débrouillé tout seul comme un grand, sans aide, sans nounou, sans personne.</p>
<p> Pas de filtre, pas de négociation de boutiquier avec Dieu sait quel porte-parole. On appelait le cabinet, on demandait la secrétaire et on obtenait le ministre.</p>
<p> Avec des résultats parfois moyens, c’est entendu. En 1990, l’école était en grève. Au lieu de calmer le jeu, le tempérament bouillant du bougre activa assez bien le feu – il était, comme on dit, « un peu direct ». On l’appelait Yvan-le-Terrible. Et il l’était.</p>
<p> La grève scolaire terminée, le Boulevard de l’Empereur somma l’animal de se trouver un porte-parole digne de ce nom. Et tout à coup, tout devint moins piquant.</p>
<p> Quand on appelait le cabinet, et qu’on demandait la secrétaire, on obtenait l’attachée de presse.</p>
<p> Plus d’Ylieff. Et tout ça donnait des papiers plus fades.</p>
<p> Triste. Mais en quelques semaines, Yvan Ylieff, enfin cadré, devint un ministre à peu près normal, ce qui n’était pas vendu au départ.</p>
<p> Aujourd’hui, un ministre sans service de presse, ça ne s’imagine même plus. Les cabinets sont suréquipés sur ce point avec, au niveau fédéral, souvent, un attaché de presse pour les francophones et un persattaché pour les autres.</p>
<p> Les couloirs du 16 pullulent de porte-parole et de conseillers en communication. Lesquels disposent bien sûr de tous les outils que l’on sait (du temps d’Ylieff, le portable était un téléphone intérieur sans fil et le propriétaire d’un fax était un mutant).</p>
<p> Si l’on parle de tout ça, c’est parce que, aujourd’hui, un gouvernement n’a jamais disposé d’autant de moyens, humains et techniques, pour communiquer. Et parce que l’on n’a jamais vu un gouvernement communiquer aussi piteusement.</p>
<p> C’est valable pour tout. Pour tout ce que l’équipe Di Rupo entreprend depuis sa mise en selle. Et c’est spécialement le cas pour la réforme des pensions anticipées. Après trois mois de palabres sur le sujet, les Belges, singulièrement s’ils appartiennent à la Fonction publique, en sont toujours à se demander à quel régime ils seront exactement traités.</p>
<p> Les ministres se contredisent. Les conseillers de cabinets ne racontent pas les mêmes choses. Les attachés de presse, quand ils ont quelque chose à dire, disent souvent n’importe quoi. Et le citoyen bat le beurre sur un sujet aussi accessoire que sa fin de carrière.</p>
<p> Des manches.</p>
<p> On dit ce qu’on veut. Mais du temps de l’autre, on aurait peut-être été fixé plus vite.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Une coïncidence malheureuse</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[L’histoire se passe dans le Gard, dans le sud de la France, dans un bled de 1.200 âmes, qui s’appelle Saint-Florent-Sur-Auzonnet. On a appris cette semaine que monsieur le maire et ses trois adjoints ont renoncé à une partie de leurs émoluments pour pouvoir créer un service d’aide aux personnes âgées. En pratique, ils ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120211-01TU6Z --><!-- date=2012-02-11-->
<p>L’histoire se passe dans le Gard, dans le sud de la France, dans un bled de 1.200 âmes, qui s’appelle Saint-Florent-Sur-Auzonnet. On a appris cette semaine que monsieur le maire et ses trois adjoints ont renoncé à une partie de leurs émoluments pour pouvoir créer un service d’aide aux personnes âgées.</p>
<p><span id="more-511"></span>
<p> En pratique, ils ont embauché un jeune chômeur. Raymond Reboul, adjoint au maire, explique : <i>« Il (le jeune) amène les vieilles personnes chez le docteur, va chercher leurs médicaments à la pharmacie, répare quelques bricoles. Ce poste manquait à la commune. » </i>Le gars l’admet : la municipalité aurait très bien pu recruter elle-même le jeunot. <i>« Mais ça aurait été plus difficile. »</i> Alors, zou : le maire a abandonné 15 % de sa rémunération et les adjoints ont lâché 10 %. Avec ça, ils ont réuni 450/500 euros par mois.</p>
<p> Et voilà.</p>
<p> Beau geste, messieurs !</p>
<p> Curieusement, cette information sur Saint-Florent n’a été révélée que mardi alors que le système existe depuis 2008. Pure coïncidence (et cette coïncidence est malheureuse, on vous le dit tout de suite) : mardi, <i>Le Soir</i> consacrait le 3e numéro de sa série sur les « Tabous des Belges » à la monarchie et traitait singulièrement de la façon, princière, avec laquelle vous, nous, je, les contribuables, les Belges (riches et pauvres) financent le palais, le roi, la reine, le petit prince, leur yacht et leurs très belles automobiles.</p>
<p> Le bouquet du bouquet : la dotation de Fabiola.</p>
<p> La reine touche par an 1,4 million d’euros. Et l’on estime que, depuis 1993, elle a reçu… 25 millions d’euros (un milliard de FB !).</p>
<p> Quel titre, bon dieu, peut-il faire mériter autant d’argent ?</p>
<p> En l’occurrence, à quoi lui sert cet incroyable salaire ?</p>
<p> A quoi l’utilise-t-elle ? Nous n’en savons rien. Outre que le montant alloué est tout simplement monstrueux, son utilisation échappe à toute possibilité de contrôle. Nous ne pouvons pas savoir. On nous dira : tel est le système ; il s’impose à la famille royale et les privilèges lui sont offerts sans qu’elle puisse les esquiver.</p>
<p> Ce n’est pas vrai.</p>
<p> En 1932, alors que la crise économique secouait le monde, Albert Ier, spontanément, par solidarité, a amputé de 10 % le montant de sa liste civile.</p>
<p> Quel beau geste, majesté !</p>
<p> Alors : une petite pièce, madame ?</p>
<p> Oserait-on dire : un peu d’élégance ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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	</item>
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		<title>Crâneur contre crâneur</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2012/02/03/craneur-contre-craneur/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Connaissant notre affection pour les vieux bouquins, des mains amies ont déposé sur notre bureau La Belgique illustrée. Mis en librairie en novembre 1923, ce livre, préfacé par Emile Verhaeren, est dû au journaliste-écrivain Louis Dumont-Wilden (le fondateur de l’hebdo Pourquoi pas ?). Rédigée en 1915, remise à jour huit ans plus tard, cette Belgique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120204-01TG6K --><!-- date=2012-02-04-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/sagabelgica/files/2012/02/t-20120204-01TG6K_1.jpg" /></div>
<p>Connaissant notre affection pour les vieux bouquins, des mains amies ont déposé sur notre bureau <i>La Belgique illustrée.</i></p>
<p><span id="more-510"></span>
<p> Mis en librairie en novembre 1923, ce livre, préfacé par Emile Verhaeren, est dû au journaliste-écrivain Louis Dumont-Wilden (le fondateur de l’hebdo <i>Pourquoi pas ?)</i>.</p>
<p> Rédigée en 1915, remise à jour huit ans plus tard, cette <i>Belgique illustrée</i> pèse 330 pages en grand format et, comme on l’annonce fièrement en préambule, il compte <i>« 601 reproductions photographiques, 19 cartes et plans en noir, 15 planches hors texte en noir et 6 cartes en couleur ».</i></p>
<p> Un fleuron, dans sa catégorie.</p>
<p> On est donc en 1923. Les canons de la Grande Guerre sont en train de refroidir. Le pays vit alors un moment pratiquement unique de son histoire : réunis derrière la figure héroïque d’Albert I, les Belges se sentent tous très… Belges.</p>
<p> Et les écrivains et historiens y mettent beaucoup du leur, pour aider à forger l’« unité nationale ».</p>
<p> C’est le cas de cette <i>Belgique illustrée.</i></p>
<p> A la base, pourtant, tout oppose Wallons et Flamands, écrit l’auteur.</p>
<p> <i>« Au premier abord, tout semble les opposer : la langue, le caractère, la culture intellectuelle, les goûts et les besoins. Et, cependant, il a suffi d’un peu plus de trois quarts de siècle de vie commune pour que les angles des caractères se soient adoucis et pour que le peuple de Gand aussi bien que celui de Liège et de Bruxelles, ait pris la notion d’un sentiment national à qui il n’a manqué que le danger pour devenir ardent. »</i></p>
<p><i> « Certes, il y a de profondes différences »,</i> enchaîne Louis Dumont-Wilden, en évoquant ici les <i>« savantes études »</i> d’un certain Dr Houzé dont les travaux (étudier la forme du crâne humain) ont établi avec solidité que le Flamand type est un <i>« sous-dolichocéphale blond d’origine germanique » </i>(pour résumer : le crâne flamand aurait donc la forme d’un ballon de rugby) tandis que le Wallon serait un <i>« sous-brachycéphale brun d’origine celte » </i>(longueur du crâne = largeur du crâne). Mais l’auteur atténue aussitôt cette froide observation : <i>« Que de dolichos blonds en Wallonie, que de brachycéphales bruns en Flandre et, surtout, que de métis dans les deux contrées ! »</i></p>
<p> Louis Dumont décrète que Wallons et Flamands sont finalement <i>« cousins »</i> et que ce qui les différencie, c’est <i>« la dose plus ou moins forte de sang germanique qui coule dans nos veines »</i>.</p>
<p> Pour le reste, les Belges sont des Occidentaux et, à ce titre, lit-on, ils amalgament <i>« l’esprit romain, le doux entêtement celtique, le tempérament barbare, la solidité mégalithique, l’instinct chevaleresque, le culte de la femme, une sensibilité précieuse, une rudesse polie, la dureté du vouloir et d’autres foutaises du genre » </i>[ non, ça, c’est de nous <img src='http://blog.lesoir.be/sagabelgica/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  ].</p>
<p> Il est un peu tard pour faire observer à M. Dumont que son catalogue charrie des éléments à première vue difficilement conciliables (visez la solidité mégalithique et la sensibilité précieuse), mais soit.</p>
<p> Dans ses récits, l’auteur ne tait pas l’existence du mouvement flamand. Il faut dire que la guerre a offert à quelque « activiste » de tenter d’exploiter la présence de l’occupant pour démembrer le pays. Les Allemands partis, les comptes ont été soldés. Mais Dumont l’admet : le sournois venin du séparatisme circule encore dans nos veines.</p>
<p> Cela posé, l’auteur est confiant.</p>
<p> Pour deux raisons, au fond.</p>
<p> Dont celle-ci : <i>« Ces populations </i>(wallonnes et flamandes, NDLR)<i> n’auraient pas supporté la vie commune si elles avaient été d’humeurs décidément incompatibles. »</i></p>
<p> Et celle-ci : <i>« La Belgique est le pays du bon sens et des solutions moyennes. Flamands et Wallons finiront par trouver un modus vivendi acceptable. »</i></p>
<p> A l’heure d’écrire ces lignes, Monsieur Dumont, on le cherche encore. Avec le doux entêtement des Celtes.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Outrances</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Snobé par la télé, le concours Miss Belgique était voué à faire trois lignes (avec une photo au-dessus, quand même). Et ce fut donc le buzz du début de semaine. Parce que la lauréate a balancé qu’elle était « plus ou moins » favorable au mariage homosexuel. Et parce que le compte Twitter de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120114-01RGN9 --><!-- date=2012-01-14-->
<p>Snobé par la télé, le concours Miss Belgique était voué à faire trois lignes (avec une photo au-dessus, quand même). Et ce fut donc le buzz du début de semaine. Parce que la lauréate a balancé qu’elle était <i>« plus ou moins »</i> favorable au mariage homosexuel. Et parce que le compte Twitter de sa dauphine a fait valoir qu’il n’était plus possible pour une Belge pur coton de coiffer la couronne. Un double buzz, donc. Grâce à lui, ce concoureke a bénéficié d’une audience sans rapport avec son intérêt. Le monde, il tourne comme ça aujourd’hui. Une info, c’est une info. Un dérapage, une bourde, c’est le buzz.</p>
<p><span id="more-508"></span>
<p> Si l’on parle de ça, c’est parce cette semaine médiatique a été colonisée par les débats de haute volée. Outre les Miss, il a été question de la face b d’une présidente d’assemblée. Puis, du député Laurent Louis, lequel s’est aventuré dans une série d’accusations oiseuses visant la vie privée du Premier ministre (accusations reposant sur des rumeurs invalidées depuis longtemps).</p>
<p> Envoyé en 2010 à la Chambre par la grâce de l’apparentement, viré du Parti populaire, mais bien vissé à son siège, Louis a manifestement pris goût à ce métier qui lui est tombé du ciel. Il cherche par tous les moyens à le conserver, ce qui suppose de se faire connaître. Et l’animal, très actif sur les réseaux sociaux, a parfaitement saisi le fonctionnement de ce monde contemporain.</p>
<p> Si l’intérêt des bipèdes pour le scabreux n’a rien de neuf, il y a juste que, désormais, le web nous gave au-delà de toute mesure. Avec ce résultat : le flot croissant d’informations (disons plutôt : de sollicitations) condamne mécaniquement à la surenchère. Si ce n’est pas une règle absolue, c’est déjà une règle générale : il faut désormais déraper pour exister, provoquer pour percer ou, éventuellement… gaffer pour qu’un rai de lumière vous sorte de l’ombre. Que l’honorable (?) député Louis sache quand même que l’on ne se grandit pas en grimpant sur un tas de fumier.</p>
<p> Bien sûr, les cornichonneries évoquées plus haut ont profité d’une actualité assez fade. On attendait avec intérêt le lancement de la présidentielle Ecolo (c’était lundi). On déchante. Sur les six candidats, cinq étaient identifiés depuis longtemps. Ensuite, l’analyse de leurs propos &amp; programmes (terriblement consensuels) annonce une compétition aussi palpitante qu’une course d’escargots.</p>
<p> Merci donc à Paul Magnette d’avoir sauvé la semaine en plantant ses sabots dans cette Commission européenne <i>« ultralibérale et intrusive » </i>qui nous condamne à une <i>« récession de 15 ans ».</i></p>
<p> Ses gros sabots. Au fond, le ministre PS a bêtement tiré sur la ficelle évoquée plus haut. Pour se faire entendre, il faut cogner. Mais sur le fond, la démarche manque de consistance (une fois pour toutes : la Commission exécute les traités).</p>
<p> Politiquement, il y a à dire.</p>
<p> Résumons l’affaire comme on la sent : a. pour ménager son aile flamande, Di Rupo manœuvre au centre-droit ; b. son titre de Premier lui interdit formellement de s’en plaindre ; c. il y a le soldat Magnette, chargé de signaler à l’électorat de gauche que tout le monde n’est pas devenu fou au PS.</p>
<p> Ho ? Mais oui. Qui pense une seconde que le Carolo a parlé sans l’aval du Montois ? On nous dira : Magnette s’est fait crosser, jeudi, à la Chambre, par son Premier ministre. Crosser ? On a trouvé l’admonestation bien douce. C’était bel et bien un numéro de ventriloque. C’est Magnette qui donne de la voix. Mais c’est Elio qui parle.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Ouf</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce n’est pas systématique. Mais entre un billet de Raoul Reyers et une chronique de Kroll ou Dubus, il arrive à l’émission « On n’est pas rentré » (la Première, chaque jour, 16 heures, merci pour la pub, de rien) de faire causette quatre minutes avec un politique par téléphone. Cette semaine, l’animateur a appelé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111224-01QM3M --><!-- date=2011-12-24-->
<p>Ce n’est pas systématique. Mais entre un billet de Raoul Reyers et une chronique de Kroll ou Dubus, il arrive à l’émission « On n’est pas rentré » (la Première, chaque jour, 16 heures, merci pour la pub, de rien) de faire causette quatre minutes avec un politique par téléphone.</p>
<p><span id="more-507"></span>
<p> Cette semaine, l’animateur a appelé Jean-Michel Javaux. Motif ? Coprésident depuis 2003, le Liégeois a levé lundi le suspense (à demi éventé depuis juillet) : il ne sollicitera pas de troisième mandat à la tête des verts. Comme il l’a chanté sur tous les toits depuis le début de la semaine, il souhaite donner du temps à son « amoureuse » (bonjour, Madame) et à sa commune d’Amay (il est bourgmestre depuis 2006 et souhaite manifestement le rester après 2012).</p>
<p> « Vous quittez un parti électoralement en forme », lui a balancé l’animateur de l’émission.</p>
<p> Javaux est élégant. Il a laissé couler.</p>
<p> Le mérite du Liégeois est réel. En 2003, il reprend un parti électoralement effondré et enflammé par ses divisions internes – à l’époque, c’est encore la guerre entre les écologistes civilisés (les réalos-participationnistes) et les va-t-en-guerre de l’écologie sans compromis (et anti-participationnistes, pour la plupart).</p>
<p> Javaux va pacifier tout ça et réconcilier ses frères. C’est d’autant plus commode que le parti est groggy, qu’il vient de se faire éjecter du fédéral et qu’il ne participe plus à aucun gouvernement (ce qui vide spontanément 95 % du contentieux interne vu que la question de la participation se pose avec un peu moins d’acuité). Mais le mérite n’est pas mince quand même. La querelle historique entre les pragmatiques et les non-à-tout semble bel et bien éteinte.</p>
<p> Javaux prend deux autres décisions capitales. Il rompt officiellement les liens avec le PS (ses prédécesseurs avaient fourvoyé le parti dans une association avec le PS – le Pôle des gauches – exactement comme le moucheron tente de faire ami-ami avec une plante carnivore).</p>
<p> Javaux décrète aussi que les assemblées générales sont désormais interdites à la presse (le catch du dimanche est donc terminé et les querelles, quand il y en a encore, se règlent à huis clos).</p>
<p> Javaux a fait des tas d’autres choses très bien (c’est sûr).</p>
<p> Mais bon : what else ?</p>
<p> Pour l’essentiel (les scores électoraux), le parti vit très en dents de scie (succès en 1999, Berezina en 2003, re-Bérézina en 2004, sursaut en 2007, succès en 2009, Berezina en 2010). La vérité est celle-ci : le parti est en méforme. Entre les élections de 2009 et celles de 2010, il a perdu un électeur sur trois, passant de 454.000 à 313.000 voix. Et les sondages ne sont pas riants. La participation aux pouvoirs régionaux explique sans doute cela (en 2009, les verts sont montés à la Région wallonne, à la Région bruxelloise et à la Communauté française). Autant dire : a. que le parti s’abîme au pouvoir et se revalide dans l’opposition ; b. le contexte actuel lui ouvre un boulevard.</p>
<p> Associés au débat institutionnel, les verts (Ecolo et Groen) se sont fait éjecter de la négociation gouvernementale par le VLD et le CD&amp;V, alors que le PS et le CDH tenaient à les impliquer au pouvoir.</p>
<p> Ben tiens.</p>
<p> Grâce à De Croo et Beke, le moucheron, cette fois, s’est barré à temps.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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	</item>
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		<title>Buona fortuna, Elio</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2011/12/09/buona-fortuna-elio/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[les chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était émouvant comme les dix dernières minutes d’un vieux Disney. Un spectacle presque aussi fort que les petits bonds de Neil Armstrong sur la lune le 21 juillet 1969. Suivie en direct par quelques millions de Belges, la prestation de serment des ministres au palais, mardi, restera l’un de ces instants qui forgent ce qu’on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111210-01PX1U --><!-- date=2011-12-10-->
<p>C’était émouvant comme les dix dernières minutes d’un vieux Disney. Un spectacle presque aussi fort que les petits bonds de Neil Armstrong sur la lune le 21 juillet 1969.</p>
<p><span id="more-506"></span>
<p> Suivie en direct par quelques millions de Belges, la prestation de serment des ministres au palais, mardi, restera l’un de ces instants qui forgent ce qu’on appelle une mémoire collective.</p>
<p> On exagère ? A peine.</p>
<p> Cette prestation de serment n’était pas une prestation de serment. C’était une sortie de tunnel. Une fin de coma. C’était la résurrection d’une idée qui s’en allait lentement vers le cimetière.</p>
<p> Belgique – nationalistes : 1- 0</p>
<p> Ce samedi, la Chambre votera la confiance en Di Rupo. Ce vote accordera au gouvernement ses pleins pouvoirs et mettra fin officiellement à la crise. Formellement, la crise (absence d’exécutif aux pleins pouvoirs à dater du scrutin) aura ainsi duré 545 jours.</p>
<p> Un compteur va s’arrêter. Un autre démarre : celui qui mesurera la longévité du gouvernement. D’après certains, celui-là fait tic-tac-tic-tac et EDR devrait gicler façon puzzle à la première occasion.</p>
<p> Certes, les dangers sont là.</p>
<p> 1. L’accord institutionnel n’est qu’une intention qu’il faut encore flanquer sur papier (bonsoir…) et voter au parlement (bonsoir aussi…).</p>
<p> 2. On sait déjà que le gouvernement nous imposera au printemps un nouvel effort de<i> « quelques centaines de millions »</i> (dixit Olivier Chastel) pour maintenir le budget 2012 sur ses rails (bonsoir encore…).</p>
<p> 3. Pour réaliser tout ceci, et tout le reste, le gouvernement dispose de 2 ans 1/2 (on vote en juin 2014). Comptez que les partis arrêteront d’être courageux 6 mois avant le scrutin. Ôtez un très gros mois de campagne pour les communales de 2012, les fériés, les congés, les vacances, Noël, le Doudou, les imprévus, d’autres imprévus et encore d’autres imprévus : Di Rupo disposera d’une fenêtre d’une grosse année et demie, pour exécuter un cahier des charges difficile à en être ignoble.</p>
<p> Et bonsoir…</p>
<p> 4. Quelle sera la capacité de son aile flamande à résister à la pression de la N-VA ? Jeudi, à la Chambre, le CD&amp;V et le VLD (surtout) ont lancé un signal fort à ce sujet. Comme d’autres libéraux flamands avant lui, Patrick Dewael a accusé De Wever de rester au balcon, de refuser le compromis.</p>
<p> Telle est donc la ligne du VLD : faire valoir qu’il se mouille, lui.</p>
<p> Bien. Mais cette ligne, combien de temps tiendra-t-elle ?</p>
<p> On l’a encore vu à la Chambre : la N-VA tient un discours populiste et menteur. En gros, elle est en train de persuader l’opinion qu’elle aurait pu épargner 11,3 milliards sans toucher au <i>« travailleur flamand ».</i></p>
<p> Ce n’est pas crédible. Mais c’est séduisant. Et la Flandre, les mains jointes à l’évocation de saint Bart De Wever, n’entend plus rien d’autre.</p>
<p> Quand le VLD réalisera que son discours « je suis responsable, je gère » ne passe pas, ou plus, gare. Parce que Biquet De Croo a un tempérament de dynamiteur (il l’a montré) et parce que le VLD est exsangue.</p>
<p> Or, tel est le cas de figure le plus dangereux qui soit : au stade électoral où il en est, ce parti n’a plus grand-chose à perdre.</p>
<p> Bonsoir.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Le moineau</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’était à l’été 2010. Les parents entrent en guerre contre la ministre de l’Education, auteur de ce fameux « décret inscriptions » empêchant les gens de librement choisir l’école secondaire de leurs trésors. Ils convoquent une manif devant le Palais de justice de Bruxelles. Le devoir nous porte jusque-là. Ambiance sur place : le climat [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111202-01PJTF --><!-- date=2011-12-03-->
<p>C’était à l’été 2010. Les parents entrent en guerre contre la ministre de l’Education, auteur de ce fameux « décret inscriptions » empêchant les gens de librement choisir l’école secondaire de leurs trésors. Ils convoquent une manif devant le Palais de justice de Bruxelles. Le devoir nous porte jusque-là. Ambiance sur place : le climat est insurrectionnel et le pouvoir est très violemment interpellé – genre<i> « proute (ma chère) à ces politiciens qui briment nos enfants, quoi. »</i></p>
<p><span id="more-492"></span>
<p> Ils avaient juré d’être en force.</p>
<p> Promesse tenue.</p>
<p> En comptant bien, et même un peu large (et sans oublier la marmaille embrigadée dans ce terrible bras de fer avec le pouvoir), ils sont bien… vingt-quatre</p>
<p> Allez : vingt-cinq. Cela n’empêche pas un gars de l’organisation de nous interpeller, l’index tendu, quasi menaçant : <i>« Et dites bien dans votre article qu’on compte maintenir la pression. »</i></p>
<p><i> – …</i></p>
<p> L’on s’est souvenu de cet instant un peu étonnant, vendredi, en regardant ces régiments déferler sur Bruxelles. En songeant qu’ils peuvent être trente ou 100.000, le pouvoir, qu’on se le dise, aime assez peu céder à la rue.</p>
<p> Revoir le budget 2012 ? Personne ne s’en plaindrait. L’épure fait mal. Elle ne manque pas de crétineries (cfr. la suppression de la fiscalité verte, parmi d’autres). Et en rongeant notre pouvoir d’achat, directement ou insidieusement, elle risque même, si l’ose dire, d’accélérer le ralentissement. Mais que l’on soit pendu si le gouvernement y change le degré d’inclinaison du plus petit point-virgule.</p>
<p> Un budget est un accord politique. Et celui-ci est plus délicat que jamais. Le disent assez les deux mois nécessaires à sa rédaction et la folle tension qui a opposé, en finale, le VLD au PS.</p>
<p> Rappelez-vous : c’était la semaine dernière. On s’est ressaisi à temps (dans un sens : merci Standard &amp; Poor’s). Mais pendant quelques jours, on a eu l’impression d’un moineau (nous…) en train de gambader entre les mâchoires d’un caïman (les marchés, les banques, S &amp; P, l’Europe et qui vous voulez).</p>
<p> A l’analyse, cinoche ou non, cette semaine de crise, au plan politique, aurait rendu service à tous ses belligérants.</p>
<p> Côté VLD, et on commence à se fatiguer de l’écrire, il s’agissait juste de signifier à l’opinion flamande qu’il n’était pas le valet du PS wallon – une question de survie, là. Côté PS, on aura dû se féliciter de la charge violente des libéraux flamands. Laquelle offensive aura rappelé de façon implicite, à l’opinion en général, au monde des travailleurs en particulier, et à l’électorat socialiste en particulier du particulier, qu’il y a quand même des partis plus à droite que le PS. Et que, question de protester, les mécontents sont priés de s’adresser au VLD. Ou au MR. Eventuellement au CD&amp;V. Et peut-être même au CDH si ça leur chante. Mais pas chez lui, merci.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Delete ?</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Nov 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il était génial. Biquet est devenu sublime. Après avoir flanqué en l’air le gouvernement Leterme (en avril 2010) et envoyé son propre parti dans le fossé (13 élus au scrutin qui a suivi – quel coup de maître), le chef du VLD a plongé le pays dans le chaos que l’on sait en exigeant que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111126-01P77C --><!-- date=2011-11-26-->
<p>Il était génial. Biquet est devenu sublime. Après avoir flanqué en l’air le gouvernement Leterme (en avril 2010) et envoyé son propre parti dans le fossé (13 élus au scrutin qui a suivi – quel coup de maître), le chef du VLD a plongé le pays dans le chaos que l’on sait en exigeant que le formateur, gaucher de nature, se mette soudain à écrire de la main droite.</p>
<p><span id="more-491"></span>
<p> On reste songeur. Voilà donc ce pays écartelé entre une vieille génération politique qui a perdu ses repères (cf. les missions inutiles de Dehaene, Martens &amp; Cie) et des apprentis sorciers aux stratégies fumeuses.</p>
<p> On est beau, là, Madame.</p>
<p> Evidemment, la crise était prévisible. Tenu au col par cette N-VA qui lui suce littéralement le sang, le VLD se devait de tout rendre compliqué. On ignore encore s’il engrangera des résultats.</p>
<p> Mais au moins Alexander peut-il désormais faire valoir devant l’opinion flamande qu’il s’est battu. C’était largement son but. A priori, il ne fallait pas chercher plus loin.</p>
<p> A ce stade, du reste, les contraintes du jour (ces « éléphants du marché » qui s’apprêtent à aplatir les souris que nous sommes, comme l’a dit Wouter Beke) semblent remettre tout le monde en rang.</p>
<p> Etonnant ? La raison donnait à penser qu’il eût fallu être fou pour réduire à rien ces 530 jours de palabres et faire subir la touche « delete » à un accord institutionnel beau comme un camion et à un budget 2012 réalisé à 50 %.</p>
<p> Voulez-vous vraiment supprimer « accord institutionnel beau comme un camion » et « budget 2012 » de façon permanente ?</p>
<p> Ben faut voir, laissez-moi réfléchir…</p>
<p> L’épisode de la semaine restera donc ce qu’on appelle une « dramatisation ». On nous dira : on a vraiment frôlé l’abîme, là. Certes oui – pour être efficace et dégripper les têtus, une bonne dramatisation doit convoquer le Roi, ses motards, tout son bataclan et faire VRAIMENT peur.</p>
<p> Une analyse à froid des choses suggérait de ne pas paniquer. Même si Biquet, dans le jardin bien ordonné de nos raisonnements logiques, fait figure de plante exotique non encore répertoriée par la science.</p>
<p> Et on est gentil.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Changement d’humeur</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Nov 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il fallait être myope pour ne pas voir le coup venir. Lors de l’armistice institutionnel, la Belgique (et les huit partis signataires de l’accord) ont porté Elio Di Rupo aux nues, tous enflammés par le talent extraordinaire de Sa Sérénissime Intelligence. Quatre semaines plus tard, la Belgique, on sait pas, mais du côté des partis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111119-01NVK2 --><!-- date=2011-11-19-->
<p>Il fallait être myope pour ne pas voir le coup venir. Lors de l’armistice institutionnel, la Belgique (et les huit partis signataires de l’accord) ont porté Elio Di Rupo aux nues, tous enflammés par le talent extraordinaire de Sa Sérénissime Intelligence.</p>
<p><span id="more-490"></span>
<p> Quatre semaines plus tard, la Belgique, on sait pas, mais du côté des partis négociateurs, l’humeur a tourné.</p>
<p> Sa Splendide Habileté ne s’est pas encore fait traiter de « gros nul ».</p>
<p> Mais c’est à un cheveu.</p>
<p> Pêle-mêle : on le trouve<i> « lent », « peu inspiré », « passif » </i>et, surtout, on estime que Sa Haute Clairvoyance n’a pas complètement oublié qu’il était de gauche.</p>
<p> L’offensive est libérale. Mais pas seulement. Même le CDH y est allé de sa vacherie en stigmatisant une <i>« absence de leadership »</i>. Le coup qui tue : <i>« Le PS ne se comporte pas comme un parti qui doit fournir un Premier ministre », </i>a jeté Bruno Tobback, le président du SP.A, le parti (faux) frère.</p>
<p> Si attentive à sa (belle) réputation, Sa Royale Lumière doit frire de bonheur (le plus bisquant étant que son titre de formateur lui interdit de répliquer publiquement.)</p>
<p> Il y a deux explications à ce revirement.</p>
<p> En politique, les couronnes de laurier sèchent vite. Et puis, le patron du PS était en train de s’élever un peu trop haut dans l’estime publique pour ne pas donner envie à ses adversaires de réagir.</p>
<p> Plus fondamentalement, si l’institutionnel est un anesthésiant idéologique, le terrain socio-économique offre aux sensibilités de gauche et de droite de s’exprimer. Et là, on sent bien que les partis, étouffés pendant plus d’un an, aiment à re-croiser le fer et re-défendre leurs prés carrés.</p>
<p> Comme d’habitude, il y a, dans les énervements du jour, une part de sincérité et une part de comédie-communication.</p>
<p> Résumons l’enjeu : la droite veut compresser les dépenses, la gauche veut gonfler les recettes. Du haut de son balcon, la N-VA a exigé la clé 70/30 (70 % de l’effort en dépenses, 30 % en recettes). Tenus à l’œil par BDW, qui fixe donc leur cap, le VLD et le CD&amp;V sont logiquement à cran.</p>
<p> Et Son Impériale Luminescence s’égare en pensant qu’elle va pouvoir convaincre De Croo et Beke de mollir sur l’équilibre recettes/dépenses et de se suicider politiquement juste pour ses beaux yeux.</p>
<p> Il y a une part de comédie, aussi, bien sûr.</p>
<p> Aucun parti à la table n’ignore qu’il va devoir composer, qu’il va devoir s’amputer d’un bras et d’une jambe pour que la Belgique soit gouvernée.</p>
<p> Cela ne doit pas les empêcher d’exiger bien fort, de réclamer à cor et à cri – même l’impossible.</p>
<p> C’est élémentaire, dans ce pays où les gouvernements de coalition sont des broyeurs dont ne s’échappent que des compromis informes, sans caractère, où le chat ne retrouve plus ses jeunes.</p>
<p> En ce pays, ce qui importe, c’est le positionnement politique. Plus que le résultat.</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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		<title>Au triple galop</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/sagabelgica/2011/11/11/au-triple-galop/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Celle-là, elle vaut quinze. Alors que la France est en train de se saigner les quatre veines pour conserver sa note triple AAA (François Fillon vient d’engager un nouveau plan d’austérité de 7 milliards), les maîtres du monde (on veut parler de Standard &#38; Poor’s) ont, jeudi, et par erreur, dégradé la belle note française. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111112-01NJA6 --><!-- date=2011-11-12-->
<p>Celle-là, elle vaut quinze. Alors que la France est en train de se saigner les quatre veines pour conserver sa note triple AAA (François Fillon vient d’engager un nouveau plan d’austérité de 7 milliards), les maîtres du monde (on veut parler de Standard &amp; Poor’s) ont, jeudi, et par erreur, dégradé la belle note française.</p>
<p><span id="more-489"></span>
<p> Triples buses.</p>
<p> Le monde est bien fébrile…</p>
<p> Et la Belgique, s’agissant d’elle, ferait bien de l’être un peu plus.</p>
<p> Jeudi, la Commission européenne a signalé que si le pays ne rédige pas son budget 2012 en triple vitesse (en clair : avant janvier), il subira une sanction équivalant à 0,2 % de son PIB. Soit 708 millions d’euros, à ajouter à l’effort « naturel » (on se comprend…) de 11,3 milliards qui occupe présentement le formateur et les six partis.</p>
<p> Jeudi, à la Chambre, le député N-VA Siegfried Bracke a pris sa tête de gars responsable-et-regardez-comme-je-suis-très-inquiet ; et il a pressé Yves Leterme de rédiger le budget lui-même. Car telle est donc la nouvelle ligne de la N-VA : se plaindre de la lenteur avec laquelle opère le formateur pour faire oublier qu’elle a fait patiner le pays pendant plus d’un an (rappel : il a fallu attendre juillet 2011 pour que le CD&amp;V ronge sa laisse et sorte ainsi la N-VA du jeu).</p>
<p> On le voit bien : sur la touche, les nationalistes se morfondent.</p>
<p> Et ils radotent.</p>
<p> Cette semaine, leur chef a répété les laïus qu’il sert en boucle (sur le néerlandais d’Elio Di Rupo, sur le flamand du formateur ou sur la 2e langue du futur Premier ministre). Un poil neuf : De Wever note que la majorité en voie de constitution sera <i>« légale mais non démocratique ». </i>Traduction : les partis flamands de la coalition (SP.A, CD&amp;V, VLD) ne seront pas majoritaires au sein du groupe linguistique flamand de la Chambre.</p>
<p> Un : c’est vrai.</p>
<p> Deux : tout le monde s’en fout. Pour la gestion ordinaire du pays, le gouvernement doit être soutenu par une majorité d’élus à la Chambre, et c’est tout. Le seul cas où une majorité est requise dans chacun des groupes linguistiques, c’est pour voter les lois spéciales qui décrivent l’architecture institutionnelle du pays. Et là, s’agissant de réformer l’Etat, Groen, bien que dans l’opposition, apportera ses voix à l’entreprise et il y aura donc, là, une majorité dans le groupe linguistique flamand.</p>
<p> Trois : avec ses propos sur cette majorité <i>(« légale mais pas démocratique »), </i>De Wever cherche très clairement à ficher dans le crâne de la population flamande que les francophones, une nouvelle fois, ont pris les commandes du pays au mépris de sa majorité numérique.</p>
<p> C’est fort de café.</p>
<p> Les trois partis flamands de la coalition future auraient eu la majorité dans le groupe linguistique néerlandophone si Groen avait été des leurs. Or, Groen a été éjecté de la négociation gouvernementale.</p>
<p> Et qui a éjecté Groen de la négociation gouvernementale ?</p>
<p> Ça n’est pas Di Rupo. Ça n’est pas Lutgen. Et ça n’est pas Michel.</p>
<p> C’est le VLD et le CD&amp;V, comme tout le monde le sait.</p>
<p> A l’occasion, il serait pas un peu de mauvaise foi, le chef de la N-VA ?</p>
<div class="signature">BOUILLON,PIERRE</div>
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