Le plan Simonet pour aider les jeunes profs et les vétérans

Tension entre les syndicats et la ministre de l’Education. Les premiers ont annoncé qu’ils quittaient le groupe de travail dédié à la carrière des profs (Le Soir de mercredi). Ce groupe doit fixer les moyens d’aider les jeunes qui démarrent (nombreux sont ceux qui fuient le métier), d’adoucir la vie du vétéran et de donner du relief à une carrière trop plane (les perspectives de promotion sont nulles, sauf le poste de direction pour lequel on ne se bouscule guère). Les syndicats jugent les propositions ministérielles insuffisantes. En fait, que suggère Marie-Dominique Simonet ?
Nous avons pu lire le document qu’elle a remis aux syndicats. C’est un texte de deux pages, sans chair, sans beaucoup de précisions. Un texte de début de négociation, en somme.

Contrainte. En préambule, la ministre écrit : « Ici, plus encore qu’ailleurs, la contrainte budgétaire sera déterminante. » Traduisez : contrairement à la réflexion sur la taille des classes (accompagnée par un budget de 4,6 millions), la Communauté française n’injectera pas 1 euro dans l’entreprise.

Passerelles. Simonet veut lancer des passerelles de l’école vers la Fonction publique de la Communauté «pour permettre aux enseignants des réorientations de carrière ». On ajoute, sans précision à ce stade, que des conditions d’ancienneté seraient requises avant de pouvoir utiliser ces passerelles.

Temporaire. Quand un prof nommé bénéficie d’un congé (détachement, mission…), il est remplacé par un temporaire qui ne peut être nommé. On veut « limiter dans le temps ce blocage de nomination» pour stabiliser le temporaire.

Jeunes. Dans la note ministérielle, on lit : « Il faut consacrer une attention particulière aux jeunes enseignants. Cette attention pourrait être accordée par des enseignants plus chevronnés ayant envie d’assurer cette transmission du flambeau.”
Perce ici l’idée du tutorat. Mais le comment ou les modalités ne sont pas précisés. On songe aussi à promouvoir un véritable accueil du novice – il est parfois jeté devant ses élèves « sans même savoir où se trouve la salle des profs”, dit-on chez Simonet.

Vétérans. «Nombre d’enseignants veulent lever le pied sans quitter la vie professionnelle.» Simonet propose d’étudier des formules où le vétéran épaulerait un jeune ou effectuerait des tâches permettant de soulager la direction. Livré sans précision.

Horaire. La note constate : « Il n’est pas aisé, quand on commence sa carrière, de donner cours 8 heures d’affilée ou d’avoir systématiquement les horaires les plus difficiles.» Simonet propose de sensibiliser les directeurs sur ce point « sans pour autant que les jeunes aient un droit à une composition d’horaire selon leurs seuls desideratas. Mutatis mutandis, il pourrait en être de même pour les enseignants en fin de carrière.»

Classes. On inviterait les directions à ne pas confier aux jeunes et vétérans les « groupes supposés les plus compliqués ».

Tuteur. Pensionnés et prépensionnés (DPPR) ne peuvent plus travailler dans l’enseignement. On ferait sauter ce verrou. Pas pour faire revenir l’ex-prof à l’école mais pour coacher les jeunes via un « tutorat externe ».

Mobilité. Pour élargir les perspectives de carrière, on faciliterait la mobilité entre réseaux (aujourd’hui, le prof perd son ancienneté en changeant de bord).  « On veillera à bloquer, pendant un temps limité, l’emploi quitté pour permettre un stage dans le pouvoir organisateur d’accueil, avant que l’engagement (dans le nouveau PO) soit définitif.

Brochure. On remettrait à jour la brochure réalisée par la législature passée et destinée aux jeunes profs ; elle contient des infos utiles à tout jeune débutant.
Site. On créerait un site «permettant la rencontre entre l’offre et la demande d’emplois ».
Réactions. Si Eugène Ernst (CSC) parlait de « babioles » (Le Soir du 6/12), Pascal Chardome (CGSP) n’est pas en reste :  ” C’est très faible.»

Au cabinet, on admet ceci : “Avec de l’argent, tout serait évidemment plus facile mais il y a le contexte. Cela dit, sans argent, il y a tout de même moyen d’agir…»
Au fait : quel sera le sort de toutes ces propositions étant donné que les syndicats ont décidé de bouder le groupe de travail ? Simonet est désormais libre de ses mouvements. Mais on voit mal quel argument elle pourrait invoquer pour ne pas exécuter ses propres propositions, a fortiori si elles ne sont pas « coûtantes. »

Pierre Bouillon

Les “babioles” de la ministre Simonet agacent les syndicats

Cette entrée a été publiée dans l'actu, Non classé. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

25 réponses à Le plan Simonet pour aider les jeunes profs et les vétérans

  1. Dominique dit :

    Les syndicats auraient dû réagir avant et pas quand c’est trop tard. En acceptant de faire passer les DPPR de 55 à 58 ans sans réagir, ils ont ouvert la boite de Pandore. Tout le monde sait très bien que le métier d’enseignant de 2011 n’a plus rien à voir avec ce qu’il était il y a vingt ou trente ans. Ce n’est pas en gardant de force des gens usés par plusisurs dizaines d’années de carrière ou en maintenant des salaires faibles qu’on va améliorer la qualité de l’enseignement.

  2. Ping : Belgique: Le plan Simonet pour aider les jeunes profs et les vétérans | Salle des profs | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

  3. Thierry Bienfait dit :

    Bonjour,
    Les propositions de Mme Simonet ont au moins le mérite d’exister et sont je pense, négociables. Ce n’était pas le cas dans les années 90 (années des ministres tristes qui ne voyaient en l’enseignement qu’un budget à raboter) pendant lesquelles bon nombre de profs dont je faisais partie ne pensaient par fatigue et dégoût qu’aux moyens d’écourter leurs carrière face à l’incompréhension politique qui ne voyait en nous qu’un ramassis de profiteurs. Cette politique a mené à une désertification de la profession dont nous pouvons “jouir” à présent, mais il est de toutes façons trop tard ; le mal est fait et il faudra plus que ce qui est proposé actuellement pour rendre la fonction attractive aux jeunes candidats auxquels je souhaite beaucoup de courage s’ils désirent rester des simples et loyaux “profs”

  4. jP d'haeyer dit :

    Gadgets et babioles en effet pas un centime à consacrer à ces revendications des enseignants et, chez Simonet, les calculettes s’affolent en voyant l’impact des mesures fédérales annoncées pour les pensions du secteur public; la pension anticipée à 62 ans au lieu de 60, ça veut dire deux années de plus à financer en DPPR ….
    Pendant ce temps là, la multiplicité des réseaux, la concurrence entre réseaux et entre écoles atisée par le système “pousse-au-crime” de la subvention au nombre d’élèves tout ça coûte des dizaines, voire des centaines de millions chaque année, mais il y a sans doute là des tabous et des vaches sacrées auxquels personne n’osera toucher …

  5. Cachou dit :

    Aucune note sur les paiements à retardement alors qu’il avait été dit, après la grève de mai dernier, que les temporaires seraient payés à la fin du mois également. Doit-on comprendre que cette idée, concrète parmi de nombreuses propositions abstraites, est passée à la trappe? Les enseignants débutants devront donc encore attendre parfois jusqu’à trois mois pour être payés, en vivant sur des petites avances qui ne permettent pas de régler toutes les factures?

    De même, apparemment on ne va toujours pas faciliter la vie des articles 20, taillables et corvéables à merci, mais qui n’ont pas le droit à une reconnaissance leur permettant d’avancer dans leur carrière.

    Je suis article 20, j’adore être professeur, mais j’en ai assez de vivre “grâce” aux indemnités de chômage les plus basses (parce que pour les remonter, il faudrait que je travaille un an sans discontinuer, chose impossible quand on est professeur) et de voir tous les jeunes sortant de l’université m’empêcher d’avoir une place alors que j’ai maintenant 3 ans d’ancienneté comme professeur et que j’ai toujours fait mon boulot sérieusement et avec passion.

    Résultat: je ne sais pas si je vais rester professeur longtemps. J’ai besoin d’argent pour vivre, comme tout un chacun, or en décembre, je n’ai toujours pas eu de remplacements à effectuer cette année scolaire. Je me doute qu’on sera très heureux de me trouver pour le petit remplacement de 3 semaines de février à mars, et de me reprendre pour celui allant de la fin des vacances de Pâques jusqu’au 25 juin, histoire que le professeur remplacé puisse revenir à temps pour toucher un salaire plein. Mais je ne sais pas si je serai encore là à attendre docilement qu’on veuille bien me refiler les boulots pour lesquels il n’y a plus de “bons” diplômes sur les marchés, je pense que je vais plutôt aller là où on estimera que mon diplôme est un atout, pas un handicap, et où on prendra aussi en compte mon travail, mon enthousiasme et mon efficacité, en ne faisant pas que tenir compte d’un diplôme qui n’est pas la seule voie pour avoir une connaissance d’une matière et une aptitude à un travail intellectuel…

    • laurent dit :

      “de me reprendre pour celui allant de la fin des vacances de Pâques jusqu’au 25 juin, histoire que le professeur remplacé puisse revenir à temps pour toucher un salaire plein. ”
      De quoi parlez-vous?

  6. van den bergh charles dit :

    En tant qu’instituteur depuis 26 ans et au-delà des plans et contre plans, il y a quelquechose qui n’a jamais existé en communauté française de la part des politiciens, c’est le respect des profs!!!! Je le constate au quotidien depuis des années.

  7. Fabrice Claes dit :

    La Ministre propose : “On inviterait les directions à ne pas confier aux jeunes et vétérans les « groupes supposés les plus compliqués »”. J’en déduis que pour la Ministre, il est normal d’avoir des groupes “plus compliqués”, et que s’ils sont ingérables, c’est parce que les enseignants ne sont pas assez expérimentés pour les gérer. Ne proposerait-elle pas plutôt une législation qui donnerait aux enseignants, jeunes et moins jeunes, les moyens de gérer de manière plus ferme ces “groupes supposés les plus compliqués” ? Avec les nombreuses voies de recours existantes et les règlements laxistes en matière de discipline à l’école, les enseignants et les directions d’écoles sont souvent abandonnés par le monde politique. Si on ne s’attaque pas à ce problème-là en priorité, car c’est un des plus préoccupants, les jeunes enseignants, mais aussi les moins jeunes, continueront à déserter le métier.

  8. André DURAY dit :

    Jeunes ou moins jeunes, là n’est pas la question : force est de reconnaître qu’il est de plus en plus difficile de gérer des classes de 25 élèves en troisième et quatrième professionnelles – au niveau des cours théoriques – avec des élèves qui ont déjà un retard de deux ou trois ans dans leur scolarité. Depuis la mise en place des recours et de la lourde procédure d’exclusion définitive des élèves mise en place par ONKELINX, l’adolescent-roi existe et tout enseignant est ramené au rôle de carpette. Pour l’anecdote, j’ai eu la chance pendant deux ou trois ans de donner cours dans des classes de 6eme et 7eme professionnelles et là, c’était un rêve, voire la préretraite. Malheureusement, cette situation n’a pas duré.
    Concrètement, les difficultés professionnelles varient énormément d’un niveau du secondaire à l’autre et si vous voulez détruire la santé d’un enseignant, donnez-lui des cours théoriques dans classes de 25 élèves en 3eme et 4eme professionnelles. Comme pour les cours pratiques, qu’il soit organisé des groupes de 12 à 14 élèves en fonction des degrés d’indisciplines connus et récurrents au niveau de certaines classes. Maintenant, s’il y avait moins d’individualisme, pour ne dire d’égoïsme dans le chef de nombreux enseignants, les choses iraient nettement mieux dans le cadre d’équipes pédagogiques réellement soudées.

  9. André dit :

    Cachou, article 20 comme un ami, a tellement raison. Il est depuis plusieurs années temporaire “de temps en temps”, donnant des cours d’hôtellerie dans un grande ville quand les titulaires ont besoin de prendre du repos sans trop risquer la place qu’ils ont gagné à la sueur de leur front, souvent rouge d’ailleurs. Mon ami, donnant des cours de cuisine, de salle, … est toujours mis de côté quand arrive une très attendue régente, ménagère celle là, capable de cuire un oeuf et, quelquefois, de préparer un repas familial à qui on pourrait tout aussi bien demander de donner un cours de menuiserie. Mais les décrets sont là, l’enseignement périclite avec la bénédiction des inspecteurs et les premiers à en souffrir sont les élèves et dans quelques années, ce seront leurs clients. Pourquoi encore une fois le demander, les cours de technique aux techniciens confirmés et les savoirs seront bien gardés !

    • André DURAY dit :

      L’enseignement, au travers de ses différents pouvoirs organisateurs, est d’abord fait pour les copains des copains et tous les syndicalistes sont eux-mêmes des copains. Maintenant, sauf pour les préretraités du privé, je ne vois réellement pas ce qu’un bon technicien puisse venir faire dans l’enseignement : les salaires sont nettement plus attractifs dans le privé pour une fonction drôlement plus enthousiasmante. J’en ai connu des techniciens qui avaient le gros cou dans l’enseignement mais avaient-ils la compétence requise pour exercer dans le privé ? Le titre de professeur ne s’improvise pas et les enseignants belges sont particulièrement bien lotis par rapport à leurs collègues français qui doivent passer un tas de concours pour être titularisés.

      • Cachou dit :

        C’est que, aussi bizarre que cela puisse paraître (et je ne dis pas ça ironiquement, parce que je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment), certains ont ENVIE d’enseigner, plus que toute autre chose. J’étais dans le privé avant. Salaire assuré, mais travail peu passionnant et, surtout, qui n’apportait rien, sauf de l’argent à mon patron. Enseigner est plus dur, prend plus de temps et paie moins bien. Mais enseigner apporte tellement de choses qu’on a enfin l’impression de faire la différence, d’apporter un plus aux autres, de ne pas être inutile. Enfin, si on veut bien nous laisser la faire, cette différence…

        Mais il n’y a pas de place pour les vocations tardives en Belgique dans l’enseignement, seul le diplôme compte donc (le pire étant que je ne vois pas en quoi un diplôme de communication, pour lequel j’ai dû suivre des cours d’histoire de la littérature, d’histoire de l’art, d’histoire du cinéma, de philosophie, de genres paralittéraires, d’adaptations cinématographiques, d’analyses, etc., me préparerait moins qu’un diplôme en langues et littératures germaniques à enseigner le français. Et pourtant, les diplômés germanistes ont priorité sur moi et appartiennent à la catégorie “diplôme suffisant”, sésame qui permet d’avoir des remplacements un peu (j’ai dit un peu) plus facilement)(bref).

        Pour ce qui est du titre, même s’ils ne doivent pas passer de concours, les Belges doivent passer leur agrégation pour le secondaire supérieur. Chose que j’ai faite, et je l’ai même eue avec grande distinction. Seulement, il y a une particularité en Belgique qui est moins présente en France et pas en Angleterre ou en Amérique: c’est qu’on ne peut enseigner QUE pour le diplôme obtenu, même si on a d’autres compétences. Par exemple, j’ai un ami français qui a étudié l’histoire a l’université, puis qui a passé un concours pour être enseignant et maintenant il est enseignant de primaire. Et un très bon enseignant, reconnu par ses pairs. Jamais on ne verra ça en Belgique, ce serait sacrilège. Parce qu’on n’a pas encore compris, comme dans les autres pays, qu’un diplôme universitaire, ce n’était pas seulement l’apprentissage d’un savoir spécifique dans une branche précise, mais l’acquisition d’une méthode de travail, d’analyse, d’ouverture d’esprit aussi qui peut permettre aux universitaire de s’intéresser à d’autres choses et de se spécialiser sans pour autant devoir passer absolument par le côté académique. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’on dit souvent qu’on pratique rarement le métier qu’on a étudié à l’université. Parce qu’on n’y a pas étudié un métier, mais une ouverture d’esprit. Enfin, on dit ça souvent, sauf dans l’enseignement donc…

        • alain claeys dit :

          A “cachou”
          Ce que vous affirmez est faux:je ne suis qu’un “petit” régent, je n’ai (sans doute…) pas votre maîtrise d’une matière, qui, dans le secondaire, ne sera que de toute façon très peu enseignée,… mais j’ai une expérience pédagogique que vous n’avez pas et qui, au niveau de la gestion d’une classe, a une importance capitale!!
          Lorsqu’on donnera à l’enseignant un statut qui attire, un salaire attractif, des conditions de travail convenables (oui, je sais, nous avons tellement de vacances mais….), alors, on évitera que des hôtesses de l’air ( bilingues ou trilingues, voire plus, mais incapables de donner cours), des diplômés en communication ( l’enseignement n’est pas le marketing ….) remplacent des profs diplômés introuvables…..pour quelques semaines, parce qu’ils “n’en peuvent plus” de gérer des classes devenus difficiles ( et plus que ça….) L’enseignement est un métier, pas une porte de sortie ou un substitut au chômage. Il serait temps de s’en rendre compte, si l’on veut retrouver un enseignement de qualité(…mais le veut-on vraiment en Belgique???)

          • Cachou dit :

            @Alain:
            Apparemment vous n’avez pas lu tout mon message. J’AI mon agrégation. J’ai étudié un an pour ça, tout en travaillant en même temps. Et d’ailleurs, avant ça, j’ai fait une année de CAP, ce qui fait que j’ai étudié la pédagogie (et uniquement la pédagogie) pendant deux ans, et que j’ai eu divers cours me préparant à donner la matière que je donne, même si c’était dans le cadre d’études de communication, et non de romanes. Je suis tout sauf un amateur qui a décidé d’enseigner parce qu’il était au chômage, j’ai même commencé à prendre mes cours du soir alors que je travaillais encore dans le privé, parce que prof, c’est ce que je voulais faire.
            Sauf que tout ça, ce n’est pas reconnu, parce que les études de communications sont différentes selon l’université où l’on va. En quoi mon agrégation serait moins valable que celle de n’importe quel autre agrégé…?

            Mais merci, vous m’avez lancé en un commentaire à peu près tous les préjugés auxquels j’ai droit depuis que j’ai commencé à enseigner de la part de mes collègues, parce qu’apparemment, les vocations tardives, ça n’existe pas dans l’univers de l’enseignement belge… Et encore moins pour ceux qui ont tout de suite su qu’ils voulaient enseigner!

        • A DURAY dit :

          Je vous ai lu et je ne contesterai en rien la pertinence de vos différents arguments. Votre bagage universitaire me paraît particulièrement bien étoffé – y compris votre agrégation – et je suis étonné que vous n’ayez pu à ce jour construire votre nid au sein de l’enseignement : des cours techniques en sections « ventes » ou « commerciales » devraient pouvoir vous revenir ! Evidemment – en fonction des titres requis ou suffisants – pour dispenser un cours de français, cela doit être différent.

          • Cachou dit :

            @A. Duray:
            Mais je n’ai aucune qualification pour donner des cours technique en section “ventes” ou “commerciales”! Ni aucune passion pour la chose d’ailleurs, je ne suis en aucun cas une commerciale. J’ai étudié la communication, pas le marketing, deux sciences différentes. De plus, je me suis spécialisée dans l’analyse cinématographique, et ai pris quelques cours en romanes pour compléter mon cursus. J’ai eu les cours suffisants pour enseigner la littérature française, qui est la seule matière que j’aspire à enseigner d’ailleurs, aucune autre ne m’intéresse. Mais comme la spécificité de la communication d’offrir différentes lignes générales d’étude n’est pas reconnue (ou tenue en compte) par les personnes qui ont décidé que les agrégés en communication n’avaient pas le bagage nécessaire pour enseigner le français (ceux de l’ULB peut-être, vu que l’université se consacre au versant politique de la chose, mais l’ULg est tournée vers le côté culturel de la communication, et offre le bagage nécessaire et suffisant pour enseigner le français dans le supérieur), je ne peux être recrutée facilement par les écoles qui doivent d’abord prouver qu’il n’y a personne d’autre de disponible pour pouvoir m’engager. J’ai d’ailleurs perdu des jobs parce que quelqu’un avec un diplôme supérieur s’est présenté plusieurs jours après l’apparition de l’annonce, alors que j’ai toujours postulé le plus rapidement possible. A croire que ceux qui traînent à chercher du travail sont quand même favorisés…

  10. claeysa dit :

    uelle autosatisfaction de la part des syndicats…et particulièrement de la CGSP, à laquelle je suis affilié depuis plus de 30 ans. 11000 manifestants en mai à Liège, des paroles, de la part des responsables syndicaux, une volonté de la part des affiliés de continuer la lutte, ….. tout cela pour quoi??? Pour obtenir une diminution de….. 1 élève par classe en moyenne. Rien d’autre, ni pour le début, ni pour les fins de carrière. Quelle belle victoire, messieurs les responsables syndicaux!!! Nous étions prêts à continuer la lutte. Qui a décidé de « temporiser »? VOUS, et uniquement VOUS Maintenant, vous constatez l’échec. 7 mois perdus. Vous croyiez vraiment que la Communauté allait changer d’avis? Allons donc… vous me décevez!!!
    Tous étaient motivés en mai. Le seront-ils encore si VOUS décidez d’une action???
    Je n’en suis vraiment pas sûr
    Dommage. Vous avez raté le coche. Vous n’êtes plus en classe mais dans un bureau. Cela se voit, cela se sent.

    • ld dit :

      Bonjour,
      Premièrement, la plupart des responsable syndicaux sont toujours devant des classes… hormis les permanents.
      Ensuite je voudrais bien savoir qui aurait continué la lutte comme vous le dite… je vous rappelle qu’un sondage a été effectué dans les écoles. On demandais entre autres ce que chacun était prêt à faire : 1 jour de grève ou plus? La grande majorité a répondu 1 seul jour…
      Enfin, je suis moi même déçu, c’est vrai, par le peu d’avancée. Mais il faut reconnaitre qu’il y en a! Et que si les syndicats n’étaient pas là, nous aurions été encore plus mal lotis (rappelez-vous la rentrée 2010. Simonet voulait rajouter 2 heures à tout le monde).
      Il faut aussi se battre au sein de son école. Il arrive que des direction utilise le ntpp pour autre chose que le pédagogique…

  11. Stanislas dit :

    Tant qu’elle y est, si elle commençait par simplifier la paperasse. A chaque nouvel engagement, il faut chaque fois produire – au minimum des copies conformes – des documents officiels qui racontent toujours la même chose: copie du diplôme, acte de naissance, certificat BV, etc. A quand – tant pour les élèves que pour les profs – un dossier unique, comparable à un compte en banque pour lequel l’administration délivre un feu vert, orange ou rouge. Je m’explique: le candidat enseignant ( éventuellement avant même d’avoir le moindre poste ) envoie tous ses papier une fois pour toutes au ministère, qui les examine, les scanne, les encode, délivre un N° d’immatriculation ( qui existe déjà ) et délivre un feu vert. Le P.O. qui veut l’engager, consulte la base de données et déclare simplement ” nous avons engagé un tel “. Elle serait pas belle, la vie ? Par la porte ou par la fenêtre, dans tous les secteurs d’activité du pays, il faut diminuer le besoin en administration et en documents officiels, à fortiori les doublons !!!

    • Fabrice Claes dit :

      Je crois qu’il y a bien plus urgent que ça … c’est l’attitude des classes qui pose problème aux jeunes enseignants, bien plus que la paperasserie ! Même avec une agrégation, beaucoup de jeunes enseignants ne sont pas armés pour “affronter” (le terme est choisi volontairement) une classe d’adolescents souvent désorientés et profitant de la moindre faiblesse (âge, physique ingrat, méforme, …) de l’enseignant pour faire régner l’anarchie en classe. Une nouvelle enseignante dans notre école, pleine de bonnes idées, qui préparait des cours géniaux pour ses classes, a été dégoûtée après deux mois en voyant le travail que demandait son métier, et surtout le retour qu’elle en avait de la part des élèves. Je ne pense pas que les notions de travail et de discipline soient des notions dépassées, et pourtant … les pédagogues de salon, qui confectionnent les programmes et pondent des lois qui nous expliquent comment enseigner, font tout pour que le professeur soit perdu devant des classes qui n’ont plus de véritable autorité à laquelle se référer. C’est extrêmement usant pour les jeunes, et pour les anciens également !

  12. André dit :

    @ Cachou : J’ai bien peur qu’il y en ait encore qui ne savent pas ce qu’est la motivation : “Lorsqu’on donnera à l’enseignant un statut qui attire, un salaire attractif, des conditions de travail convenables (…), alors, on évitera que des hôtesses de l’air ( bilingues ou trilingues, voire plus, mais incapables de donner cours), des diplômés en communication ( l’enseignement n’est pas le marketing ….) remplacent des profs diplômés introuvables….”. Qui ne savent pas, expérience vécue, qu”un “feu sacré” est inné et non provoqué. J’ai bien peur donc que vous continuiez, comme beaucoup de remplaçants, d’article 20 et autres CAP à devoir être la cinquième roue du carrosse, malgré votre motivation. Je crois comprendre que des gens comme vous sont tenus à l’écart par les professionnels, les diplômés, uniquement par réflexe de caste à tous les niveaux de la profession et de son administration. Espérer que quelqu’un soit apprécié pour ses qualités intrinsèques, y compris pédagogiques, tient de l’utopie ! Quant à dire que certains remplaçants le font pour éviter le chômage ou autres stupidités du même genre, cela tient du plus parfait slogan syndical et démontre bien à quel niveau vise son auteur. Pour en finir, il y a beaucoup de triste personnages dans l’enseignement, et ce ne sont pas des élèves !

    • Cachou dit :

      @André:
      Merci, ça fait du bien pour une fois de ne pas lire des propos qui dénigrent ce que je fais (parce que j’y ai droit à peu près à chaque fois que je parle de ma situation à un enseignant… l’esprit de caste, c’est bien ça).
      Je n’ai plus vraiment le courage de continuer à être la cinquième roue du carrosse, ni surtout les moyens en fait. J’ai recommencé des cours du soir (oui, encore, je suis dans ma 8ème année d’études au total, je ne sais pas combien je vais encore devoir en faire pour pouvoir enfin avoir droit à un boulot avec contrat à durée indéterminée, saint Graal introuvable).
      J’ai voulu devenir professeur de français pour transmettre ma passion des livres et de la littérature (je n’ai d’ailleurs jamais rencontré un autre professeur de français lisant autant que moi, soit dit en passant…)(les professeurs de français qui lisent régulièrement ne sont pas vraiment légion…). Mais on ne veut pas me laisser faire. J’ai donc décidé d’opter pour un autre métier, qui m’a toujours fait rêver mais que je n’ai jamais osé tenter parce qu’il n’y a pas de “place” d’après ce qu’on dit (mais il y en a en théorie comme professeur, or je suis au chômage depuis le 28 juin). Je vais tenter de devenir bibliothécaire, avec le bon diplôme cette fois, ce qui me permettra d’encore rencontrer des groupes d’adolescents dans le cadre d’animations pour essayer de leur transmettre mon amour des livres, et de ne plus avoir à subir le stress des remplacements, du manque d’argent et du rejet administratif pour cause de mauvais diplôme. Et ainsi, je vais aller gonfler les statistiques des professeurs qui quittent le métier avant la 5ème année je suppose. Même si je n’en ai pas envie, parce que j’aime enseigner. J’aime vraiment ça. Je pensais que j’allais pouvoir faire ça jusqu’à la retraite. J’ai été bien aveugle de croire que le mérite suffirait. On ne parle pas de méritocratie dans l’enseignement de la Communauté française…

      Oh, et une chose que je n’avais pas relevée mais que j’ai vue dans la citation qu’André a faite d’Alain: la communication, ce n’est PAS le marketing (bel amalgame). A chacun sa spécialisation dans la communication (journalisme, animation sociale, anthropologie, etc.), moi j’en ai prise une en analyse cinématographique, je n’ai jamais appris à vendre quoi que ce soit… Par contre, j’ai appris à décortiquer et analyser diverses œuvres, et pas uniquement cinématographiques d’ailleurs. Voilà pour la petite précision pour la remarque originale d’Alain (jamais entendue non plus…).

      • monalisa200778 dit :

        @ Cachou: j’ai une licence et une AESS en Histoire de l’Art (Ulg comme vous)… et article 20 (comme vous) pour tous les cours autres que l’histoire de l’art. Pourtant, j’ai aussi suivi des cours de littérature, littérature comparée, histoire, philo, etc. Le “comique “de la chose, c’est que le cours d’histoire de l’art est confié aux historiens ou aux professeurs de français (pour compléter l’horaire)… et eux, ne sont pas considérés comme “article 20″ pour enseigner cette matière… Moi aussi j’ai pensé à me reconvertir mais j’essaie de tenir bon (j’ai déjà enseigné le Français, l’Histoire, la Morale aux DI et au DS, les heures qu’on a bien voulu me confier car “on ne trouvait plus qqn qui avait le titre requis). J’ai un emploi, je ne me plains pas. Je vous souhaite beaucoup de courage!

  13. RackamLeRouge dit :

    Ex formateur dans une EFT, c’est pas mieux, je dirais même pire car j’ai fini par faire un AVC. Il faut dire que dans cet environnement, non seulement vous n’êtes pas entouré d’une direction pédagogique mais en plus vous êtes face à des stagiaires qui sont là juste pour ne pas se faire virer du chômage ! Et qui traînent derrière eux un lourd passé d’expérience négative de l’enseignement traditionnel.
    Venant du privé, j’avais déjà proposé à la ministre que des équipes pédagogiques préparent les cours de l’enseignement traditionnel. On pourrait par exemple attribuer ces tâches aux professeurs usés en classe tout en profitant de leur expérience, avec de substantiels réductions de coûts rien qu’en livres publiés par la CF plutôt que des photocopies qui en outre étant en noir et blanc perdent en qualité pédagogique. Réponse de la ministre: les profs sont maître de leur méthode pédagogique et ils peuvent en outre bénéficier d’une plateforme d’échange internet. Pour ce qui est de la maîtrise, j’ai d’ailleurs eu la même réaction d’une élève prof. Pourtant si vous prenez par exemple les cours d’informatique de Microsoft, les supports de cours sont très bien fait et les mêmes dans le monde entier. Le système marche très bien (je suis passé par là) tout en laissant une certaine liberté aux professeurs de ces matières, notamment dans la méthode pédagogique.
    Il faut parfois savoir faire certains sacrifices sur sa liberté pour devenir efficace et aussi se rendre la tâche plus facile. D’ailleurs, l’élève prof étant maintenant en poste le comprend bien quand elle doit maintenant préparer ses cours, inexistants au départ !
    Pour le reste, oui l’indiscipline, la course aux inscriptions pour la facilité, le refus du redoublement sans prise en main du décrochage, l’intégration des personnes n’ayant pas la base minimale pour suivre le cursus, sont maintenant devenus des obstacles pratiquement infranchissables pour le développement correct de la majorité des étudiants. Cela nécessite des mesures politiques courageuses qui ne seront certainement jamais prise par cette ministre !

  14. André dit :

    @ Cachou “Bonne chance”, si j’ose m’exprimer ainsi, dans votre futur métier. Vous y trouverez peut-être autant de plaisir que celui que vous aviez trouvé en enseignant, qui sait ?
    Aux aigris et autres, je rappellerai que leur combat est un bien triste spectacle : ils se battent pour eux-mêmes, pour leurs privilèges, en écrasant les autres sans aucune vergogne.
    L’expérience que j’en retiens est celle d’un garçon, excellent professionnel, bien payé dans l’hôtellerie, aimant son métier mais s’étant aujourd’hui découvert une passion pour la transmission de son savoir-faire. Il se butte maintenant à une corporation à cheval sur ses droits acquis. Tout ce qu’il demande, c’est que quelqu’un, au ministère ou ailleurs se rende enfin compte que pour expliquer la grande cuisine à des élèves, il faut autre chose qu’un régendat en sciences ménagères assorti d’une carte du bon parti.
    Ce brave garçon croit encore à la passion, même “mal payée”, il croit à une forme de compagnonnage qui permettrait enfin à ses élèves de s’épanouir.
    Une petite remarque pour terminer : ses remplacements dans le professionnel, contrairement à ce que j’ai lu par ailleurs, se sont toujours soldés par une réussite totale avec ses élèves. Comme quoi, la passion, c’est contagieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>