Le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt a divulgué mardi les résultats d’une étude sur la qualité de la formation en école normale (instituteurs et régents). Menée par les Facultés Saint-Louis, cette étude suggère de réformer cette formation. En filigrane est posée la question de l’opportunité d’allonger celle-ci de 3 à 5 ans. Est-ce souhaitable ? Le passage à cinq ans ne va-t-il pas dissuader beaucoup de jeunes de s’engager dans la profession d’instituteur ?
L’école normale ne prépare pas bien à enseigner
Elle a été présentée mardi, à Gembloux, par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). Il détaillera prochainement cette étude au gouvernement et demandera que les chercheurs qui en ont eu la charge viennent exposer leur travail au parlement de la Communauté française.
Nous révélions les principaux éléments de cette étude dans Le Soir du 26 janvier. Cette enquête a été lancée lors de la mise en route du gouvernement Olivier (PS-CDH-Ecolo) à l’été 2009. Elle doit permettre de mieux connaître les forces et les faiblesses de la formation initiale, à travers les témoignages des enseignants et des étudiants.
Si l’étude n’a pas pour finalité de trancher entre les partisans et les adversaires du passage de 3 à 5 ans de la formation initiale des normaliens, la question de l’allongement des études pour les enseignants au maternel, instituteurs et régents se pose forcément en filigrane.
Pénurie et pénibilité
Sans que les auteurs, sur la base des témoignages, ne la considèrent comme la panacée, cette hypothèse, avancent-ils, pourrait se justifier à divers égards. Et notamment parce qu’elle s’inscrit dans un contexte connu de pénurie, dans certaines matières (mathématiques, langues…) et de pénibilité accrue.
Depuis les dernières réformes de l’école normale (2001) en effet, et avec elles la création de nouveaux cours, les normaliens se plaignent de devoir avaler un programme bien trop lourd. Côté profs, ce n’est guère mieux : certains évoquent carrément une augmentation de 40 % de la charge de travail. Allonger les études se justifierait, ici, d’autant plus que, selon le ministre Marcourt, « certaines matières importantes mériteraient d’être renforcées, voire ajoutées ». Pour ce qui est de la pénurie, il n’est pas sot d’imaginer que, là aussi, l’allongement des études puisse contribuer à l’enrayer. Car si « l’état actuel de la formation initiale n’est pas la cause directe du manque d’enseignants, la réforme de la formation peut, dans l’hypothèse d’un allongement de trois à cinq ans, contribuer à restaurer la profession et son image » et donc son attractivité. A l’inverse, certains, dont la Fédération des étudiants francophones (FEF, lire ci-dessous), craignent que le passage à cinq ans n’exclue de l’école normale le public qui n’a pas les moyens de payer 5 ans d’études.
Enfin, sans qu’il faille nécessairement l’ériger en dogme, la logique d’harmonisation initiée par la déclaration de Bologne, qui vise à construire un « espace européen de l’enseignement supérieur », plaide, elle aussi, pour la mastérisation des études. « Au vu de tous les arguments mobilisés par les acteurs institutionnels et associatifs », elle semble même « inéluctable », si l’on en croit les auteurs de l’étude.
La déclaration de politique communautaire, qui stipule que « le gouvernement entreprendra une refonte de la formation initiale », laquelle « implique à terme un allongement de la durée des études à cinq ans » n’en donne-t-elle pas les meilleures garanties ? Oui. Sauf que Marcourt, prudent, parle de « mise en œuvre graduelle des propositions », sans préciser à quelles propositions il songe.
Mais si l’une d’elles s’avère être, comme l’imagine Luc Van Campenhoudt, promoteur de l’évaluation, « une année préparatoire ou un examen d’entrée », la quasi-unanimité pourrait, très vite, s’étioler.
La position du Segec: Tester l’étudiant ?
Le Segec plaide-t-il donc pour un test d’entrée au seuil de l’école normale ? Appelé à préciser ses vues, il signale qu’il émet une « orientation générale » dont les modalités restent à fixer. Pour le reste, le Segec évoque le passage de l’école normale à 5 ans. Pour dire qu’il aurait un coût (40 millions par an pour organiser les deux nouvelles années de cours + 428 millions pour redresser le salaire des profs désormais formés en 5 ans).
Et pour juger que ce projet, s’il se réalise, ne peut se faire au détriment d’autres priorités, comme la « systématisation des politiques de remédiation » et le « développement du tutorat. »
Pascal Chardome: « De 3 à 5 ans ? Oui ! »
Pascal Chardome, vous présidez la CGSP-enseignement. L’école normale doit-elle passer à cinq ans ?
Oui. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut plus de stages, qu’il faut de nouveaux cours – comment gérer un groupe, comment gérer les conflits, comment détecter les difficultés précoces… En 3 ans, ce n’est plus possible.
Si on passe à 5 ans, l’école normale, pendant deux ans, ne « sortira » plus de profs. En ces temps de pénurie…
Mais elle est déjà là, la pénurie ! Alors, c’est vrai, on aurait des difficultés pendant 2 ou 3 ans. Mais c’est ça ou on ne fait rien. Et puis, passer à 5 ans sera, en soi, une revalorisation du métier qui attirera des jeunes – je signale qu’en Finlande, qui est à 5 ans, il y a un examen d’entrée aux études d’enseignants. J’ajoute que passer à 5 ans sera aussi l’occasion de revaloriser les enseignants désormais en master. On dit : ça coûtera. Mais aligner l’instituteur sur le salaire du régent, ça aussi, on a dit que ça coûterait et on l’a fait.
Ne va-t-on pas décourager celui qui n’a pas les moyens de faire de longues études ?
Propose-t-on de ramener les études de médecine à 3 ans sous prétexte que les études actuelles seraient réservées aux gosses de riches ? Deux : la plupart des normaliens, avant l’école normale, ont essayé l’université. L’école normale est le 2e ou 3e choix. De plus longues études ne les dissuadent donc pas.
Marie Schmit: « Réorganiser l’école normale, au lieu de rallonger »
Pendant trois ans, Marie Schmit s’est formée au métier d’institutrice primaire à la Haute école de Bruxelles. Son diplôme en poche, elle a rejoint la Fédération des étudiants francophones (FEF) dont elle est secrétaire générale.
Les étudiants d’école normale disent que la charge de travail est épouvantable. C’est le cas ?
Oui. Cela peut un peu varier d’une école normale à l’autre mais c’est une ligne générale. J’avais cours chaque jour de 8 à 18 h. On a beaucoup de stages – deux semaines en 1re année, 4 semaines en 2e, deux mois et demi en 3e. En comptant les examens, on souffle peu. En soi, ces études ne sont pas les plus difficiles mais le rythme est insoutenable. Et c’est comme ça pendant trois ans. Il y a les abandons classiques, surtout après les premiers stages. Mais il y a aussi des abandons plus tard, en 2e. Des gens qui disent : « Je n’en peux plus. Je n’y arrive plus. »
C’est une épreuve physique, dirait-on.
Il y a une surcharge de cours avec, parfois, des incohérences. J’ai eu des cours de bio, physique, chimie. Quel intérêt ? On voit ça au secondaire ! J’ai eu un vrai cours d’histoire alors que le cours de géo, donné par un autre enseignant, nous apprenait la didactique de ce cours, ce qui était plus logique. Avant de débattre du passage à cinq ans, il faudrait repenser la formation, la réorganiser. On a aussi des cours de psychomotricité alors qu’on ne donnera jamais cours de gym. On a des cours de piscine et de sauvetage alors qu’on ne donne pas cours de natation…
Est-ce que l’école normale prépare valablement au métier ?
On y passe énormément de temps à préparer les leçons – des préparations de 10 à 15 pages. Qui peut faire ça sur le terrain ? L’école normale ne prépare pas aux contraintes du terrain, comme lire le programme, agencer ses cours sur l’année. Autre décalage : on n’apprend pas à gérer une classe avec ses complexités, ses hétérogénéités. Comment gérer une classe dans une école en discriminations positives ? Une classe où des élèves ne parlent pas français ? Comment repérer un enfant dyslexique ? Comment l’aider ? Là, l’école normale propose un cours ultra-théorique. Que faire avec ça, une fois sur le terrain ? A l’école normale, on dit : « C’est du cas par cas ; vous apprendrez sur le tas. » Anticiper toutes les difficultés de la vie professionnelle, c’est impossible mais il faudrait au moins une formation spécifique au travail en écoles en discriminations positives.
Vous êtes implicitement en train de plaider pour un allongement de la formation, l’air de rien…
Je ne crois pas le passage à cinq ans nécessaire. Marcourt invoque notamment la nécessité de créer un cours de maîtrise du français. Là, c’est clair, il y a les problèmes avec les étudiants en école normale. Mais c’est un problème qui touche toute la génération SMS. Il y a un travail à mener, mais c’est gérable en trois ans.
Quels autres arguments opposez-vous à la formation en cinq ans ?
Il faut savoir que ces études coûtent cher – à cause des stages, qui supposent matériel, photocopies, que l’étudiant paie souvent lui-même. Si on passe à cinq ans, des gens qui n’ont pas les moyens, feront autre chose. Ce n’est pas ainsi que l’on va combattre la pénurie de profs.
Elisa Groppi: « Une formation entamée, pas accomplie »
Que pensez-vous de l’idée de faire passer l’école normale à cinq ans ?
La Communauté française n’en a pas les moyens. Elle n’a pas les moyens de financer deux ans de formation supplémentaires, ni de payer des enseignants au barème 501 (salaire dû aux profs qui ont effectué un master en 5 ans, NDLR). Elle ne peut pas se permettre de ne diplômer personne pendant 2 ans. Toutes les études le montrent : l’université est moins accessible aux personnes de condition défavorisée. Passer à 5 ans signifierait limiter l’accès. Le minerval universitaire est plus cher. Il faut compter aussi les coûts liés aux études, qui seraient prolongés de 2 ans. Et c’est aussi 2 ans de salaire perdus.
Il n’y a donc rien à faire ?
Il faut revoir la formation, sans l’allonger. Il y a plusieurs voies possibles. A l’école normale, des profs de discipline nous disaient : révisez la matière, seuls, et nous, à l’école normale, on vous apprend comment l’enseigner. On peut épargner du temps ainsi.
Que faire d’autre ?
Il faut notamment revoir la fonction du maître de stage. Il est un acteur très important de la formation du jeune enseignant. Or, pour être maître de stage, il faut juste avoir enseigné 5 ans ; il n’y a pas de formation complémentaire. On oublie qu’il est un formateur, lui aussi.
L’école normale prépare valablement au métier ?
Quand j’ai été diplômée, j’ai postulé et on m’a prise tout de suite. Un contrat d’an an. La chance. Je n’ai pas dormi pendant deux semaines. Puis j’ai appelé la commune pour dire que je refusais. Je ne me sentais pas prête à assumer une classe pendant un an. Je me suis inscrite à l’ULB pour aller plus loin. J’avais besoin de pouvoir répondre à des questions sur le fonctionnement du système scolaire, l’origine de l’échec, etc. Au fond, au sortir de l’école normale, ma formation était entamée, pas accomplie. Autre chose : les stages sont des expériences très riches mais on ne vit que des tranches de vie de l’école. Quand on commence un 1er septembre, dans une école, on n’a pas les clés pour entamer un an d’enseignement et de gestion de classe. Dans certaines écoles normales, l’étudiant va en stage une matinée par semaine, comme ça, il voit une école évoluer pendant l’année.
Tout le monde le dit : l’école normale, c’est éreintant…
Oui. Ma stratégie était de ne pas aller au cours et d’emprunter les notes. Ce n’est pas idéal pour se former.
On dit souvent : le métier d’enseignant, ça s’apprend sur le tas.
Effectivement – j’apprends beaucoup en travaillant. Mais ça n’est pas normal. C’est le reflet d’une formation imparfaite.

J’ai plusieurs commentaires à faire:
1) Si on rallonge les études pour alléger, le résultat sera … nul. La ou les deux années qu’on ajouterait seront très vite remplies car on trouvera toujours quelque chose qui manque dans cette formation fourre-tout au lieu de faire des choix et d’éventuellement réserver certains apprentissages pour la formation continuée.
De plus, ça accentue un problème actuel, il y a trop peu et trop tard des stages. L’universitarisation, si elle n’améliore pas la confrontation au métier qui doit avoir lieu très tôt ne diminuera pas les abandons en cours d’étude ou en début de profession. Pire, elle risque même d’augmenter le gaspillage puisqu’on aura dépensé plus avant l’abandon. Or, la limitation des abandons doit être une priorité. Tant en charge de travail pendant et après les études qu’en confrontation avec le “réel”.
2) Beaucoup choisissent la HE parce que ce sont des études abordables financièrement pour leurs parents, qu’elles leur permette de ne pas trop attendre avant d’arriver sur le marché du travail, qu’elles sont organisées de manière humaine et qu’elles sont concrètes. Universitariser reviendrait à aller en arrière sur tous ces points. On ne combats donc pas la pénurie qui est LE problème majeur (car si on améliore la qualité de quelques uns mais que pour tous les autres, il y aura des enseignants sans formations, on aura pas gagné au change …), on l’augmente. Je ne parle même pas des cohortes qui ne sortiront pas pendant un ou deux ans.
3) En faire des études de types long ne nécessite pas de passer à cinq ans. Bien que beaucoup de journalistes ne connaissent pas Bologne (influencés par les universités elles-mêmes qui veulent faire passer ça en état de fait), des études de type long existent également en quatre ans et sont tout aussi valables et reconnues.
4) L’organisation devrait rester dans les mains des Hautes Ecoles. Sinon on prend le risque de psychopédagoguer nos étudiants et de les éloigner encore plus de la réalité de terrain. Le deuxième risque est d’avoir une hécatombe du au système en vigueur à l’université qui ne regarde pas les compétences utiles pour l’enseignant mais uniquement la capacité de l’étudiant à étudier et restituer par coeur des syllabus.
5) Du type court existe en quatre ans. C’est le cas des accoucheurs par exemple. Mais ça n’arrange personne. Pourquoi ? Parce que les unifs lorgnent sur ce marché et parce que les syndicats ne s’intéresse pas à la charge de travail de l’enseignant ou à sa qualité mais uniquement à un moyen de pression pour augmenter les salaires.
6) et dernier … il existe un autre moyen d’augmenter les salaires, mais là je fais dans la provocation, diminuer les vacances scolaires, créer des plages scolaires “non obligatoires” durant ces vacances qui soient gratuites pour les parents mais rémunérées pour les enseignants volontaires. On résout le problème des congés pour les parents, les enfants ne sont pas livrés à eux-mêmes pendant les vacances, voire peuvent se remettre à jour pour ceux qui en auraient besoin (diminution du redoublement), les enseignants reçoivent une augmentation de salaire.
6bis) vrai dernier. Puisque le problème de l’allongement d’étude n’est qu’un problème de barème, prévoyons la possibilité pour ceux qui le désire de faire un an de plus en cours du soir et de voir valoriser ce diplôme directement dans leur salaire.
27 commentaires pour la question relative aux inscriptions et – ce mardi 28 à 2000 – un commentaire à propos de la formation initiale des enseignants. interpellant, n’est-il pas ?
Ce silence retentissant pose question. Nombreux sont ceux qui sont sans illusions. On passera à 5 ans, comme on a semestrialisé dans le supérieur court. Personne ne sait à quoi ça sert, mais le politique pourra invoquer Bologne, les exigences de l’OCDE ou n’importe quelle excuse facile. Mais ceux qui sont plongés dans le bain peuvent aussi prédire ce qui risque de se passer : une dilution de la formation actuelle (ce qu’on a constaté lors du passage de 2 à 3 ans) ou l’arrivée de cours inutiles donnés par des enseignants qui n’ont plus aucun contact avec la réalité du terrain.
le débat sur l’allongement des études ne fait pas sens dans sa forme actuelle. Il esquive des questions essentielles: le financement (les hautes écoles sont asphyxiées par l’enveloppe fermée et ne se finance que par les étudiants de première dont la majorité ne réussiraient pas un examen d’entrée un peu sérieux); l’alignement des barêmes (cinq années d’études = barême 501, non ?); le manque de maîtres de formation pratique et de maîtres de stages compétents (on n’insistera jamais assez sur l’erreur qu’a représenté la disparition des ‘écoles d’application’ et des ‘maîtres d’application’ – pire qu’un crime, une faute !).
Arrêtons-nous là. La profession va mal, très mal. on voit heureusement encore arriver dans nos écoles de jeunes enseignants enthousiastes. Si leur bonne volonté ne peut être mise en cause, force est pourtant de s’interroger sur leurs compétences. Etre instituteur, ce n’est pas uniquement ‘aimer les enfants’, ce n’est pas non plus être animateur d’un ‘club med pour mômes’. C’est entretenir un rapport étroit avec la culture qui vous protège de la tentation de télécharger vos leçons sur Internet, qui vous permette de prendre vos distance avec le ‘prêt à penser’ que nous fourguent les médias. C’est, pour faire court, se comporter en intellectuel, même quand on est institutrice maternelle. il y a 40 ans ces dernières savaient jouer du piano (un peu), aujourd’hui la plupart savent passer un CD de la danse des canards. l’aurea mediocritas qui domine la profession m’inquiète et rallonger la sauce de la médiocrité ne la rendra pas plus comestible.
Je me permets de réagir à la dernière partie de votre commentaire. Je suis étudiante en deuxième année à HEB Defré pour devenir institutrice maternelle. J’ai choisi ces études, ce métier, sur le tard (j’ai 28 ans) et non pas parce-que “j’aime les enfants”, mais parce que je crois profondémment aux bienfaits de l’éducation, et d’un point de vue pour le moins utopique je l’accorde, je pense que seule l’éducation peut avoir un réel impact sur notre société et sur ses dérives.
Je crois et je me bats pour stimuler les enfants, pour qu’ils ne soient pas stigmatisés dès la maternelle. Pour qu’ils soient curieux, pour qu’ils ne soient pas traumatisés par les adultes et leur sacro sainte autorité, et j’en passe.
Voilà les idéaux avec lesquels j’ai commencé ces études.
Un an et demi plus tard, malgré que je sois 1ère de classe, tout s’écroule. Les cours sont d’une mièvrerie consternante, amas de banalités et de facile à penser, le dépassement des limites, les remises en questions fondamentales, l’intellectualisation sont rejetés à coups de “on fait pas une maîtrise de psycho ici, ne réfléchis pas si loin” !!! Les stages interviennent effectivement trop loin dans la formation. Les maîtres de stages sont majoritairement d’une médiocrité effrayante et par conséquent dangereuse. Le rythme que l’on nous demande de tenir nous empêche de fournir un travail de qualité.
Cette formation est la raison de la mauvaise réputation de ce métier. Celles et ceux qui arrivent à terminer leurs études en gardant leurs idéaux (autres qu’aimer les enfants) seront vite rattrapés par la réalité du terrain. Et je ne parle pas nécessairement de budget, mais plutôt des inspecteurs/trices qui talonnent les etablissements en imposant règles et autres comptes rendus tous aussi handicapants les uns que les autres. Ils obligent en effet les rares “motivés” à faire des travaux sur papiers, de “laisser des marques” pour chaque activité, allant même jusqu’à imposer la police d’écriture à utiliser!
La formation est à revoir à sa source. Pas seulement sur la durée. Le fond, les maîtres formateurs, les maîtres de stages, la VISION que l’on a de ce métier doit changer. Il en va des générations futures.
Il me semble, LD, que tu oublies un des problèmes fondamentaux: les enfants. Car, oui, si les enfants étaient moins difficiles, mieux éduqués et si les parents soutenaient les enseignants, on peut parier qu’il y aurait moins d’abandons et ça c’est pas un allongement des études qui va y changer quoi que ce soit.
@BisouNours. Je ne pense, au contraire, qu’aux enfants. Et précisemment à ceux qui ne sont pas “aidés” à la maison, qui ne sont pas stimulés, dont les parents ne s’inquiètent ou ne s’intéressent même pas à leur scolarité. (du moment qu’ils sont à l’école tous les jours, c’est ce qui importe selon bcp de parents, surtout en maternelle). Je pense que c’est là que le rôle de l’instituteur(trice) prend toute son importance. Et la formation des instituteurs par la même occasion, cela va de soi.
Pourtant, quand je parle avec des profs, anciens ou nouveaux, beaucoup déplorent le manque de soutien des parents (par rapport au prof) et l’éducation des enfants comme un problème fondamental. Cela ne vous pose apparemment pas de problèmes et tant mieux à la limite. C’est que c’est peut-être moins généralisé.
quelle connerie de dire que les HE se finançent sur les premières années car elles sont composées d’une majorité qui ne réussiraient pas sans examen d’entrée. Je ne compte pas refaire le procès de l’examen d’entrée mais simplement rappeler que la majorité des échecs autant à l’unif qu’en HE sont des abandons avant le terme de l’année. On ne peut donc pas juger que ces personnes n’avaient pas les capacités mais seulement un manque de confiance en elle.
Connerie ? Bisounours, j’ai été membre du PO d’une HE pendant 8 ans. Et tout le monde sait que c’est le fait d’avoir beaucoup d’étudiants en première qui finance le reste des enseignements. la deuxième chose que chacun sait (sauf vous
?), c’est que les catégories pédagogiques des HE sont celles qui comptent le plus d’étudiants sortis du professionnel. Il est clair que si on instaurait un examen d’entrée un peu sérieux, ces élèves là seraient moins nombreux.
J’ai été membre du CA d’une HE pendant des années donc je sais très bien également comment ça se passe et c’est loin d’être aussi simpliste que vous ne le présentez. Par exemple, les étudiants de troisième année ont un semestre quasi complet de stage et TFE là où les premières ont des cours toute l’année avec juste quelques semaines de stage. Enfin soit.
Par contre, je le redis, les élèves venant de professionnels ne sont pas ceux qui ratent le plus, ce sont ceux qui abandonnent le plus. Donc ceux qui manque de confiance en eux: beaucoup abandonnent peu échouent. Avec de la motivation, du courage et de la confiance en soit, ils sont tout à fait capables de réussir.
Le problème étant que des gens comme vous leur donne l’impression qu’ils n’en sont pas capables, leur entourage proche également. Ceux qui passe ces barrières symboliques n’en sont pas pour autant tirés d’affaires, cela peut rester malgré tout gravé en eux. Sans compter l’effet pygmalion.
Les politiques de lutte contre l’échec en école et de libre accès au supérieur devrait un peu plus s’intéresser à ça.
Et pour les chiffres, chaque année, la professeure de socio étudiaient les échecs en fonction de différents facteurs et en affinant assez bien (tous les élèves étant obligés de participer). Un de ses enseignements était que, statistiquement, le diplôme de la mère était important. C’était aussi intéressant car elle donnait cours dans différentes catégories et les analyses en tenaient compte notamment justement pour comparer les différences de parcours et d’origine.
Augmenter de deux ans la durée des études reviendra à définancer fameusement tout le reste de l’enseignement. Les acteurs des Hautes Ecoles doivent en avoir conscience et lutter. Pour rappel, les pédas ont le coefficient le plus élevé (1.5 ?). Passer de trois à quatre (le plus vraisemblable, surtout si on veut rester en type court) ou même à cinq ans aura donc, dans le contexte de l’enveloppe fermée, un fort impact sur toutes les autres études.
on peut faire passer la formation de 3 à 5 ans. Au menu, self défense, plasticine, bac à sable pour occuper les élèves incultes et n’ayant que peu à foutre des cours. Enfin, je vous vois déjà venir. Je ne mets pas tous les élèves dans le même panier (juste la grosse moitié). Quant à me dire que l’allongement pourrait servir à l’amélioration de la formation … Foutaise. Depuis quand la plupart des gens savent-ils communiquer ??? Encore une fois, on cherche la solution du côté du corps enseignant et non pas du côté de ces chers étudiants.