Le Conseil de l’éducation et de la formation (CEF), réunissant l’ensemble des partenaires scolaires, vient de rendre un avis sur la fonction de directeur d’école fondamentale. Il estime que la fonction de chef d’école doit être revalorisée et soutenue. Mollo, dit la CGSP-enseignement…
Autrefois, c’était une fonction prisée. Le bel aboutissement d’une carrière. Ce n’est plus le cas. Diriger une école est devenu un calvaire – la gestion administrative s’est alourdie, les écoles ne sont plus les havres de paix d’antan, les publics scolaires de plus en plus divers sont de plus en plus difficiles à gérer, etc. Total : les candidats à la fonction ne se bousculent plus. Les pouvoirs organisateurs (PO) peinent à en dénicher. Et bien des chefs d’école craquent, et s’en retournent sur l’estrade.
C’est surtout vrai au fondamental. Au secondaire, le chef d’école est épaulé par une équipe. Au primaire, il est souvent seul. Une aide administrative est accordée par lot de 1.000 élèves. C’est dérisoire. Soutenus par le Secrétariat de l’enseignement catholique (Segec), les directeurs réclament un geste de la Communauté française. En vain. Mais le Conseil de l’éducation de la formation (CEF) vient de rendre un avis qui confortera leur combat.
Le CEF est cet organe de réflexion qui réunit une trentaine d’acteurs scolaires (PO, syndicats, parents…) et de la formation (patrons, Forem, Actiris…).
Son avis est clair et unanime : la fonction de directeur du primaire doit être revalorisée.
Le CEF rappelle que la Communauté s’y est engagée en début de législature (certes : « en fonction des disponibilités budgétaires »). Il note que l’OCDE a signalé que « le recrutement des chefs d’école est devenu difficile » (on évoque « des difficultés de recrutement dans 15 pays sur 22 » (dont le nôtre). Le CEF cite une étude menée par les PO où il est dit, notamment : vis-à-vis des enseignants, « l’autorité du directeur ne va plus de soi ». Les PO avaient aussi noté que les directeurs doivent de plus en plus travailler avec des intervenants sociaux et judiciaires (« Ils sont au cœur d’un réseau d’intervenants multiples qui le sollicitent dans le cadre de conflits familiaux, de problème de maltraitance ou d’exercice de l’autorité parentale »). On évoquait encore une « inflation administrative et bureaucratique qui empêche les directions de se consacrer à l’essentiel : le leadership pédagogique de leur équipe ».
Le CEF engage le politique à considérer le directeur comme le « pivot indispensable de l’amélioration de la qualité de l’enseignement » et à mettre les moyens pour cela. Sur l’aide administrative : « Les chefs d’établissements doivent être mis en état d’exercer un véritable leadership pédagogique, ce qui nécessite qu’ils puissent bénéficier d’un encadrement pour déléguer les fonctions sociales, éducatives et administratives à du personnel organique spécifique, comme c’est le cas au secondaire » – le CEF, ici, suggère un leadership pédagogique « partagé » avec les profs expérimentés. Enfin, il est dit que la fonction « doit être rendue plus attractive » sur le plan salarial et qu’un écart suffisant doit être conservé entre directeur et enseignant.
A priori, on voit mal le politique esquiver un avis aussi tranchant. Et le Segec a déjà annoncé que le prochain accord social devra évoquer le sort du directeur (Le Soir de mardi). Mais l’unanimité est de façade.
La CGSP-enseignement signale qu’elle n’a pas collaboré à cet avis du CEF. Et si les syndicats admettent que le directeur doit être épaulé, ils jugent qu’il y a d’autres priorités. « Le Segec veut utiliser une partie de l’encadrement au soutien du directeur, note Pascal Chardome. C’est non ! L’encadrement doit servir aux élèves, en classe. »
Chardome évoque ce fameux écart salarial entre directeur et instituteur. « C’est vrai que des instituteurs gagnent plus que leur directeur parce qu’ils ont fait un master en sciences de l’éducation. Cela fait râler le Segec qui dit que le directeur, lui, n’a pas le temps de suivre cette formation car sa charge est trop lourde. Allez ! La charge de l’instituteur ne serait pas trop lourde, elle ? » Dans cet avis du CEF, la CGSP dit y renifler une manœuvre du Segec – « Il lui arrive de se servir du CEF pour que celui-ci exprime des avis qui vont dans son sens. Et comme le Segec est devenu le syndicat des directeurs… »
la CGSP enseignement n’a pas encore dépassé le stade de la guerre scolaire en trouvant que tout ce qui est proposé par l’ enseignement catholique est mauvais…Pour rappel, il n’est pas rare qu’un directeur d’ école fondamentale doive gérer seul plus de 400 enfants et plus de 30 enseignants (suite aux temps partiel…) ne parlons pas du wc bouché, de la petite Nadine qui a perdu sa gomme,sans oublier de comptabiliser les paiements des garderies, et de répondre au téléphone à un parent balbutiant le français…tout cela pour un supplément mensuel net de moins de 250€…Ce qui explique aussi qu’il est de plus en plus difficile de trouver des candidat(e)s à ce poste…
Je rappelle quand même que les directions ont un salaire majoré en fonction du nombre d’élèves, ce n’est pas le cas des enseignants! Moi, mon défi, c’est plus de 30 élèves chaque année dans ma classe!Et tout le monde s’en f…., même ma direction!
Dans mon cas j’essaye d’écouter le mieux que je peux mes enseignants… Mais je n’entends pas tout malheureusement. J’ai 5 écoles, 35O élèves et 40 personnes sous ma responsabilité…. Ce n’est pas évident tous les jours mais je ne me plains pas. A tous les enseignants qui pensent mieux faire que leur chef, la formation des chefs d’école est ouverte à tous!!!! Bienvenue à vous et vous verrez si vous savez faire mieux !
Tous les postes de direction dans les écoles devraient être revalorisés (le complément de 250 à 450 euros / mois est vraiment dérisoire pour les responsabilités à endosser).
La CGSP … ne parle pas des moyens pris sur l’encadrement des enfants pour organiser les syndicats de l’enseignement … ce qu’il doit sûrement trouver très légitime, bizarrement … pourtant sur le terrain, on voit plus de direction que de syndicat …
“La CGSP … ne parle pas des moyens pris sur l’encadrement des enfants pour organiser les syndicats de l’enseignement … ce qu’il doit sûrement trouver très légitime, bizarrement … pourtant sur le terrain, on voit plus de direction que de syndicat …”
Tout à fait d’accord avec vous.
Toujours la même chose… Et on fera évidemment payer aux enseignants de base : augmentation du nombre d’élèves, des heures de présence. Ces gens veulent obtenir le barème d’un AESS…
Dans ma carrière, j’en ai connu un qui bossait très sérieusement… à étudier les cours de la bourse pour ses actions.
Un dirlo qui étudiait les cours de bourse, dites-vous? Quant à moi, j’ai connu pas mal d’instituteurs qui lisaient la gazette la première demi-heure de cours. Si on prend en compte les cas particuliers, on n’en sortira pas.
Il est bien évident que le métier de directeur fondamental a évolué de façon exponentielle et que pour l’exercer, plus personne ne nie qu’il faille le seconder.
Bonjour, Vous n’en avez peut-être connu qu’un…!! Que les directions doivent être aidées et n’avoir principalement que des préoccupations pédagogiques est une évidence…mais bien sûr pas en surchargeant les instits dans leur classe.Je disais cela il y a 30 ans!!!C’est comme le problème dans les prisons…
Bàv
Il n’est pas tout à fait trop tard, mais il est vraiment temps …
Monsieur Chardome oublie de dire qu’il est membre du CEF ainsi que d’autres de son syndicat, que l’instruction du dossier a pris près de 2 ans, qu’elle a fait l’objet du travail d’un groupe de travail présidé par un membre du SEL (SETCA) reconnu par la CGSP comme porte-parole. Il a reçu tous les rapports, a été invité à participer avec 450 directeurs d’établissement fondamental de tous les réseaux à un colloque qui a fait l’objet d’actes. Il a reçu les drafts du dossier d’instruction et du projet d’Avis. Il n’a jamais réagi ni par courrier ni en participant aux réunions. son silence a été interprété comme un acquiescement. Les Avis du CEF sont pris en consensus de ses 27 membres et toutes les remarques ou propositions de modification ont été prises en compte jusqu’au 22 juin où l’Avis a été pris.
L’Avis et le dossier d’instruction complet sont téléchargeables sur le site du CEF http://www.cef.cfwb.be
Je savais que ce ne serait pas facile et lourd à porter … mais à ce point-là ! Heureusement que mes enfants sont grands et mon épouse indulgente mais il y a des limites à ne pas dépasser. Je gagnais autant l’année dernière en faisant 4 heures d’études déclarées par semaine que maintenant n’ayant plus de vie de famille et au bord de tomber. Il faut à tout prix que j’essaie de me préserver et de prendre du recul vis-à-vis de l’école pour ne pas m’effondrer et retourner devant ma classe. J’en suis arrivé à devoir prendre des médicaments pour essayer de dormir. Vivement le moment où je pourrai quitter le bureau dans lequel je suis pour le moment pour faire une réelle coupure avant dy replonger le 16 août prochain. Heureusement encore qu’il y a les mille mercis d’enfants, de parents et de collègues contents de l’année pour oublier les dizaines de méchancetés, de râleries, de mécontents parceque, seul, décider et choisir, c’est aussi renoncer à beaucoup de choses. Bien à vous,
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