Elle quitte l’école, en gardant le sourire

Marie-Laurence Jadot est institutrice maternelle. Ou plutôt : elle était. Elle quitte l’enseignement après 23 années de service. Elle explique les raisons de son départ, dans une lettre ouverte envoyée à la ministre de l’Education.

Lettre ouverte à Mme Marie Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement.

Mme la Ministre,
Après 23 ans d’enseignement, en tant qu’institutrice maternelle, j’ai décidé de reprendre mon cartable et ma boîte à outils, mes marqueurs et mes crayons, mes pinceaux et mes seaux de latex, mon escabeau et mon sac à dos, ma marionnette et mes plantes vertes, mes bottes de jardin, les vêtements de rechange et les jeux de mon fils, ma flûte et mon xylophone, ma télévision et son lecteur vidéo, mes cd et dvd, mes lavettes et mes torchons, mes albums et mes livres pédagogiques, mon terrarium et mon aquarium, mes étagères et ma bibliothèque, ma lampe de sel et mes huiles essentielles, mes déguisements, mon armoire à cartable, ma raclette à carreaux et mes panneaux, mon produit de vaisselle, mes cartouches d’encre, mon miroir et les œuvres d’art, mes piles et mes ampoules, ma chaufferette et ma brouette.
Et je laisse ma fatigue, mes maux de dos, mes gerçures au doigts, mes microbes, mes heures non payées à nettoyer, poncer, peindre, cuisiner, carreler, jardiner, forer, clouer, creuser, les bancs et tables à soulever, les lits à installer et à rempiler, la classe surpeuplée, les affronts de certains parents, le manque d’encadrement, les heures de table où manger nuit gravement à la digestion, les surveillances sous le mauvais temps, voire même très mauvais temps, le bruit, le stress, les achats à prix réduits à 120 kilomètres de chez vous, mon maillot de piscine, mon tablier de cuisine, mes roulettes sous les armoires,  mes tentures, mon balai, mes tableau Velléda, la bêtise, l’incompréhension, le manque de civisme et de respect.
Je garde à jamais, et très jalousement, les milliers de sourires de ces petits êtres chers à mon cœur de femme et d’institutrice.
Je garde à jamais l’amitié, le soutien, l’écoute et le professionnalisme de mes collègues.
Je garde à jamais  le contact avec ces personnes si importantes pour moi, qui m’ont éclairé le chemin à poursuivre, lorsque j’y voyais moins bien.
Je garde à jamais le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même, et d’y avoir cru jusqu’à aujourd’hui.
Je garde à jamais enfin, pour effacer le pire, mon plus beau sourire…

Marie-Laurence Jadot

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20 réponses à Elle quitte l’école, en gardant le sourire

  1. LORENT dit :

    Mes félicitations sincères Madame, vous êtes quelqu’un de bien.
    La satisfaction du devoir accompli doit contribuer à votre bonheur futur.

  2. Gonivar dit :

    Mais non, elle ne s’en va pas “le devoir accompli”… elle s’en va écoeurée et je la comprends. Relisez bien ce qu’elle écrit. Elle ne part pas à la retraite, 23 années ne font pas une carrière complète. Et elle explique à la ministre “les raisons de son départ”… Relisez lentement. Ce qu’on demande aujourd’hui aux enseignants, qu’ils soient en maternelle, en primaire ou dans le secondaire, est excessif, insultant, épuisant et frustrant. Je mets au défi quiconque envie ces métiers (si différents au demeurant) de faire un stage, fût-ce d’un mois, dans l’enseignement. Bravo Madame Jadot. Les Tartuffe diront “ce sont les meilleurs qui s’en vont” sans comprendre ceux qui s’accrochent, parfois 23 années durant.

  3. François dit :

    Eh oui! C’est bien triste de voir des personnes compétentes quitter le métier! Que de jeunes professeurs s’en vont parfois après quelques années de métier! La passion s’est envolée. Sans pouvoir, privé d’autorité et de crédit, infantilisés, passeurs de savoirs et de compétences auprès de jeunes dont une partie importante préfère s’adonner au glandage, subissant des affronts sans nombre de parents irresponsables préférant tancer l’école plutôt que de mettre bon ordre chez eux, des enseignants s’en vont… Très très inquiétant!

  4. rikket dit :

    Effectivement, je pense qu’il faut prendre ce message au second degré et savoir “lire entre les lignes”. Etant enseignant également, je pense que les enseignants et quelques “initiés” (parents, éducateurs, puéricultrices,paramédicaux,..) peuvent réellement comprendre cette lettre… nos politiques le peuvent-ils? J’en doute! Bon nouveau départ à Mdme Jadot.

    • vandenhove dit :

      sacré monsieur, et les avantages secondaires à ce metier;qu’en faites vous? biensur ça n’arrange pas tout mais bon..repos fréquent(150 jours d’ecole par an plus ou moins),meme horaire que progéniture…

      • gijsen dit :

        Madame Sophie , vous n’avez absolument rien compris au métier d’enseignant(e).

      • Nicole Lascar dit :

        Allez-y ce qui pense que les enseignants n’ont que des vacances, terminé à 16 heures, essayez donc le métier!!! Il en manque des enseignants. Il faut en avoir du courage pour encore faire ce métier aujourd’hui!!! je l’ai exercé pendant 34 ans!!! je ne le referais pas.

    • vandenhove dit :

      mwé…évidemment que je souhaite à cette dame un bon nouveau départ ou ds son nouveau milieu de travail elle serait entourée de gens agreables,ou les moyens financiers ne manqueraient pas la majeure partie du temps et ou les efts auraient une discipline déjà aquise pour une bonne partie ds le milieu familial…

  5. Betty dit :

    En vieillissant, on a tous et toutes de moments où on se dit qu’on aurait préféré faire un autre métier. Cela nous arrive tous d’être fatigués. Soit on change de boulot, soit on continue. Moi je suis indépendante, j’ai une semaine de congé par an et je pense que vu l’état de mon compte mon compte en banque et la pension que l’on me promet, je vais devoir travailler jusqu’à mes 70 ans. J’espère simplement que Mme Jadot trouvera un autre job qui correspondra mieux à ses attentes et qu’elle ne viendra pas gonfler les rangs des gens en “congé maladie de longue durée ” qui finissent par ruiner notre système de sécurité sociale…

  6. Tardis dit :

    Quand une personne quitte le terrain, c’est une perte évidente, une sensibilité, une connaissance et une expérience qui prennent de la distance, toutes ces choses qui sont tellement éloignées des théorèmes de ces politiques qui nous font la leçon….

  7. Véronique dit :

    Je crois que cette lettre devrait aussi être adressée à tous les parents. C’est facile de mettre les torts sur le dos des politiciens (si ils ne vous plaisent pas, vous pouvez vous aussi sacrifier votre vie privée et vous lancer dans la politique pour défendre vos valeurs..). Le manque de respect vécu quotidiennement est ce qui mine le plus.

    • vandenhove dit :

      oui,bcp d’enfants roi actuellement et des parents qui n’ont pas vraiment conscience des dégats causés par leur attitude ni envers leurs bambins ni envers personnel enseignant …

  8. Bernard dit :

    Madame Jadot, vous partez parce que vous êtes écoeurée, et donc je pense que vous faites le bon choix. Cela dit, j’espère que vous avez trouvé quelque chose qui remplit vos attentes et que celles-ci ne sont pas trop élevées, parce que si bien sûr vous faites tout ce que vous dites, vous prestez des heures non comptées, vous vous donnez pour votre travail, si vous êtes dévouée et aimez le contact avec les enfants, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, et vous vous rendrez compte que dans beaucoup d’autres métiers, on ne compte pas non plus toutes les heures, on ne bénéficie pas de l’assurance d’emploi d’un fonctionnaire, on ne bénéficie pas d’une pension deux fois plus élevée que les autres, on ne considère pas que 24 heures/semaine constitue un horaire temps plein, on n’a pas la chance de faire des bricolages toute la journée avec des enfants, ce qui est très fatigant, mais également enthousiasmant en comparant ça avec un balayeur, un ouvrier à la chaîne ou un intérimaire du bâtiment. Bon courage pour la suite, Mme Jadot.

    • gijsen dit :

      Encore un qui n’a rien compris…

      • michelle dit :

        Bonjour,
        Quelques échos, dans le désordre…

        Pourquoi parle-t-on si souvent de dévouement ou de patience pour le métier d’ institutrice maternelle comme s’ il s’ agissait de mission ou de sacerdoce?
        C’ est un métier qui requiert des compétences pédagogiques et méthodologiques (et infirmière, artiste, psychologue, éboueuse etc etc…)

        Madame, bien sûr qu’ il y a pire que le métier d’ institutrice maternelle!
        Mais je crois que vous n’ entendez pas le message de cette institutrice maternelle…
        Avec le temps et quand on a de la bouteille, on peut très bien s’ accommoder de…25 élèves par classe, du bruit, des angoisses, rouspétances ou critiques des parents, d’ une cour de récré dangereuse pour la sécurité des enfants, des réformettes successives, des dépenses personnelles pour sa classe, de réinventer chaque jour le fil à couper le beurre pour palier au manque de moyens, de vendre des photos, des billets de tombola, des revues débiles, des pasticcios, des badges ou de la confiture…De réunions animées par des personnes incompétentes, de directives contradictoires, de désirs éphémères d’ une nouvelle direction, de repeindre sa classe, amener des meubles de chez soi, de porter les poubelles, de répondre à des exigences de pouvoirs organisateurs fluctuant avec les humeurs, de faire semblant de trouver géniale la dernière marotte d’ une animatrice pédagogiques, de devoir reloqueter car innondations régulières dans des toilettes insalubres, de prendre sur soi un stress important pour que les enfants ne se blessent pas car une barrière, une armoire, un jeu extérieur, une dalle, un appui de fenêtre sont défectueux…On peut s’ accommoder des enfants qui sont déjà en échec dans la vie à 4 ans, des enfants qui ont de gros soucis affectifs, sociaux, mentaux…On peut s’ accommoder de faire un métier que l’ on sait infructueux pour une partie des enfants car il manque de moyens financiers, matériels et surtout, humains…
        On peut s’ accommoder de ne pouvoir mener un travail à bien…
        On peut s’ accomoder de faire des formation sur ses deniers propres durant l’ été, surtout en début de carrière pour tenter d’ apprendre un peu plus que dans sa formation initiale basique…On peut s’ accommoder de voir des enfants malades perpétuels, souffrants affectivement, socialement, psychologiquement…
        On peut faire avec un espace exigu, un couloir transformé en classe, une claase transformée en réfectoire, un réfectoire transformé en salle de fête…
        On peut s’ accommoder de laetitia qui pleure toute l’ année car elle ne sait se détacher de sa maman fusionnelle, de luc qui vient à l école 2 jours par mois et qui est paumé en claase, de françoise qui distribue des poux durant des mois car une nouvelle directive empêche la mise à l écart de l’ enfant, de juliette qui ne peut pas manger des produits avec gluten, de tino qui ne peut manger que du halal, de grégory qui ne peut manger les choses qu en bouillie et de ahmed qui est allergique au chocolat…
        On peut faire avec un journal de classe qui devrait être digne d’ un docteur en pédagogie avec des impévus, impondérables quotidiens et moyens de misère…
        On peut faire avec du matériel méthodologique que l on invente, bricole et rebricole tous les 2 ans car pas de moyens pour en acheter du solide…
        On peut faire avec un métier qui devrait donner à tous les enfants une base fondamentale pour apprendre bien…Mais qui laisse déjà sur le carreau un nombre élevé d’ enfants!
        Ce que peut-être vous n avez pas compris,Madame, c’ est que dans ce métier, il ne s’ agit pas de boucler un contrat d’ assurance ou vendre du pain de bonne qualité…
        Cette institutrice vous raconte qu’ il est impossible de faire son métier correctement…
        Cette institutrice vous explique qu’ elle a atteint les limites de l’ incompétence et de l’ inappropriation d un système scolaire…
        Il reste le sourire des enfants, les moments de joie et apprentissage partagé…Il reste plein de choses…
        Mais l’ essentiel n’ y est pas…
        Une société qui donne aussi peu de moyens au secteur de la petite enfance… Alors que le petit enfant consommateur roi est sans cesse mis à l’ honneur…
        Une telle société ne doit pas se mentir…
        Les bébés, petits enfants et enfants d’ aujourd hui ne pourront rendre à la société que ce qu’ ils ont reçu…C’ est à dire si peu!
        Trop peu d’ éducation, socialisation, citoyenneté, bagage intellectuel, culturel et mental!
        Si mal!
        Ils le rendront dans de plus en plus de souffrance, violence, irrespect d’ eux-mêmes et des autres, mépris des valeurs humanistes…
        Ils le rendront en devenant des loups ou louves dominants et écrasants…Ou de pauvres insectes écrasés sous un pied ou tuant l’ adversaire pour un maigre butin…

  9. Wilmotte Christiane dit :

    Tout à fait d’accord,Michèle!Mais nous sommes tellement habitués à ne pas voir plus loin que le bout de notre nez!Dans nos sociétés,seuls comptent l’économie,le pouvoir d’achat,ce qui est rentable!Voilà le grand mot:rentabilité et si possible,immédiate.L’Ecole ne l’est pas:elle travaille avec des humains.Elle intéresse donc peu de monde.Sauf,comme le signalait Michèle,lorsque l’enfant est utilisé comme petit consommateur à qui on ne peut rien refuser!
    L’Ecole est le reflet de la société,elle peut dénoncer les problèmes,les incohérences.Mais elle ne peut rien faire sans une prise de conscience et une volonté de changement de tous.Si nous nous nous préoccupons de l’avenir de notre planète,si nous voulons laisser à nos enfants et petits-enfants et suivants
    une chance d’y vivre et si possible d’y être heureux,nous devons commencer à changer nos consciences,nos comportements à la base,c’est-à-dire à l’école! Question:Les politiques,les financiers,les gens “importants” ont-ils envie et intérêt à encourager une Ecole qui serait un lieu où on apprend à “être” avec les autres,où on encouragerait à penser? Et pour cela,il faut des moyens !Et non,ça ne rapportera rien(ou presque)dans l’immédiat!Il faut savoir ce que l’on veut! Je suis moi-même enseignante depuis 34 ans.J’ai vu les mentalités,les enfants changer.Et je ne pense pas que ce soit pour un mieux,malheureusement.Pour toutes les raisons que vous évoquez,Michèle et Marie-Laurence,beaucoup d’enseignants(et moi-même) sont souvent découragés et en colère contre un système qui laisse pourrir des situations ,qui petit à petit s’autodétruit.J’espère que l’on se réveillera à temps! Christiane

  10. Devamacy dit :

    Ensiegnante aussi j’ai beaucoup apprécié votre lettre et je me reconnais très bien dans ce que je lis mais il y a un mais … nous connaissons tous les inconvénients liés à notre passion, notre métier mais voyons aussi le bon côté des choses … prenons la vie avec le sourire. J’ai trimé des années, avec une maison, des enfants, des factures à payer, j’ai pleuré chaque rentrée lorsque tous partaient cartable sur le dos tandis que le mien attendait dans le bureau et puis est enfin venu le jour d’un emploi stable … oui je suis instit “24h/24″ comme beaucoup d’autres mais j’adore ce que je fais je ne suis pas assise devant un pc toute une journée je ne vois pas défilé d’éternels clients insatisfaits, je ne ramasse pas les déchets des autres, je ne cherche pas à tout prix des garderies des stages pour les congés pour caser mes enfants,je partage, je récolte de nombreux sourire, dessins, mots gentils de mes élèves et de certains parents, d’autres plus tard se souviendront de leur passage au sein de ma classe comme je me souviens de mes moments sur les bancs d’école et de cette passion transmise par mes enseignants alors oui je suis enseignante et ça me plaît j’ai pris l’arbre je prends les branches et j’assume.

  11. LECRY Peter dit :

    Outre le phénomène de démission des parents, on doit ici surtout relever l’aspect démissionnaire l’état et ses institutions face à un enseignement en crise. Quand il y aura plus de Mme Jadot que d’autres dans l’enseignement, que les classes se déserteront de leurs maîtres, un réel problème bien plus important qu’aujourd’hui adviendra (passage d’une pénurie à un grand soucis institutionnel) alors à ce moment, les “gestionnaires” de l’état daigneront-il relever la tête et accorder l’attention nécessaire… en attendant, nous assistons aujourd’hui avec ce cas de Mme Jadot à un “hara-kiri” professionnel… Mais cessons de faire semblant de trouver normal tout cet investissement personnel de certains enseignants, qui n’hésitent pas à mettre de leur poche pour acquérir le matériel nécessaire à faire l’éducation de nos/vos enfants, ou encore repeindre un local, acheter une chaufferette, nous sommes tous conscients de cela, mais c’est trop embarrassant d’en parler… bref nous sommes tous des fourbes et entretenons le système… Du courage, il en a fallu à Mme Jadot pour prendre cette décision grave et lourde, mais c’est seulement à ce prix qu’un jour peut-être les choses changeront.

  12. Cheyrels dit :

    Il y a des madames Jadot qui quittent leur boulot parce qu’elles en sont dégoûtées pour diverses raisons et il y a des madames Devamacy qui savent que leur travail d’enseignante est plein de moments riches et aussi plein de difficultés mais pour qui la passion est prioritaire. Ces enseignant(e)s passionné(e)s, ils sont nombreux et surtout, ils sont conscients que chaque boulot a son lot d’inconvénients et d’avantages. Chacun, dans son travail, a de multiples raisons de se plaindre et de vouloir le quitter. Chacun a aussi la liberté de chercher un emploi qui lui convient mieux en se disant que l’herbe est toujours plus verte ailleurs même s’il est vrai que cette liberté ne signifie pas facilité étant donné la pénurie d’emplois.
    Est-ce que le fait d’avoir une vision négative du métier d’enseignant vous donne le droit de dire à ceux qui ne pensent pas comme vous “encore une qui n’a rien compris”? C’est la plus grande preuve d’intolérance exprimée à quelqu’un qui ose avoir un autre avis que le vôtre. Vous avez compris les difficultés de l’enseignement selon votre sensibilité, d’autres les comprennent avec une sensibilité différente, ont-ils tort simplement parce que leur point de vue n’est pas le vôtre? Est-ce nécessaire de déformer leurs paroles pour justifier vos propres propos?
    Gardez votre opinion mais laissez la liberté aux autres d’en avoir une qui soit différente.

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