Bientôt possible : la 2e session dès le mois de juin

Didier Leturcq, directeur général adjoint au ministère francophone, dirige le Service général qui gère les écoles organisées par la Communauté française (ce qu’on appelle parfois les écoles ex-Etat). Naguère administratif, ce service est de plus en plus actif sur le terrain pédagogique. Une cellule ad hoc a même été créée. Pour l’heure, elle cogite ferme. Elle propose notamment d’organiser la 2e session… dès le mois de juin.Le Service général vient de consulter l’ensemble des directeurs du secondaire du réseau sur une série de thèmes comme les examens, la 2e session, etc.

Des suggestions de réformes ont été déduites de cette consultation. Elles seront soumises à la rentrée à Marie-Dominique Simonet (comme ministre de l’Education, elle est pouvoir organisateur du réseau de la Communauté). Si elle approuve ces pistes, elles entreront en vigueur à partir de septembre 2013.

Rappelons que ces réformes ne visent qu’un réseau. Mais si elles sont probantes, il n’est pas exclu, pourquoi pas ?, qu’elles fassent contagion et se propagent aux libre, communal et provincial.

Examens. Aux directeurs, il a été demandé : faut-il maintenir la 2e session ? Dans les autres réseaux, des écoles y ont renoncé, estimant qu’elle pénalise l’élève défavorisé, livré à lui-même pendant l’été, et qu’il favorise au contraire celui qui peut s’offrir des cours particuliers.

Dans le réseau de la Communauté, la 2e session est restée l’usage, ainsi que le prévoit le règlement général des études. Et les directeurs, « très majoritairement », dit Didier Leturcq, veulent son maintien. « Nous avons parfois des élèves défavorisés qui ont besoin de cette 2e session. Et les directeurs font aussi le rapprochement avec le supérieur où existe la 2e session – pourquoi alors la supprimer au secondaire ? »

On maintient, donc. Mais on pourrait assouplir le système. Aujourd’hui, la 1re session a lieu en juin, la seconde après l’été. Le Service général suggère de permettre aux écoles qui le veulent d’organiser la 2e session en… juin, immédiatement après la première.

Arguments : « Je prends l’exemple des sections techniques et professionnelles. Un jeune est en échec en menuiserie. Il n’a pas accès à l’atelier pendant l’été et ne peut donc pas progresser. L’idée, ce serait donc d’organiser la 1re session plus tôt. On la ferait suivre, après délibération, d’une semaine de remédiation. Et on organiserait les examens de passage à la fin de juin. C’est une possibilité que l’on voudrait offrir aux écoles qui le souhaitent. »

Et que, sans doute, on pratiquera plus volontiers en technique/professionnelle, vu l’argument des ateliers évoqué plus haut. Au secondaire général, on se dira sans doute que récupérer une matière en échec est impossible en si peu de jours. A voir à l’usage. En tout état de cause, la possibilité de deux sessions en juin existera dans le règlement.

Noël en… janvier. Autre proposition du Service général, permettre aux écoles qui le souhaitent d’organiser les examens de Noël au moins de janvier.

Arguments : « La première période de cours se termine à la Toussaint, dit Didier Leturcq. Et puis, on reprend les cours vers le 5,6, 7 novembre. Et un mois plus tard, on est en révision pour l’examen de Noël. La 2e période est trop courte. Donc, on voudrait offrir la possibilité pour les écoles qui le souhaitent – et plusieurs disent être prêtes à tenter l’expérience – de modifier le calendrier : on reprend les cours après la Toussaint, on va jusqu’au congé de Noël avec de la matière. On reprend en janvier par une semaine de révision. Et on organise les examens la 2e quinzaine de janvier par exemple. »

Rééquilibrer l’année. Cette réflexion est liée à la précédente et touche au nombre de bulletins par an. On garderait 4 bulletins au fondamental, 3 au secondaire. Mais les périodes seraient revues. « L’année scolaire est mal balancée – on le sait tous depuis longtemps. » Le problème : cette fameuse 2e période entre Toussaient et Noël, trop courte. On reverrait tout ça pour avoir une 1re période de septembre à la mi-novembre, une 2e période allant jusqu’au début mars et une 3e allant jusqu’en juin.

Evaluations. Des aménagements sont proposés en matière d’évaluations. Notamment : on souhaite revoir le régime des cotations au 2e degré du professionnel. « Maintenant, aux cours généraux, l’élève de 3 ou 4e professionnelle qui a 20/20 en religion/morale, 20/20 en gym, 20 /20 en géo, il peut avoir 0/20 en maths et 0/20 en français et passer quand même. Ça ne va pas. »

Redoublement. Outre ces réformes, le Service général a ouvert le débat sur d’autres thématiques, comme le redoublement, la remédiation, etc. Un plan sur 5 ans a été établi. Il démarre cet automne. Au départ, le ministère propose aux écoles de tester des formules. Didier Leturcq : « Les appels à projets, c’est pour trouver des alternatives au redoublement. » On les généralisera ensuite, le cas échéant. « Une des grandes solutions sera sans doute de faire comme au fondamental et de travailler par degrés, de ne plus arrêter les élèves en fin de 3e ou de 5e année. »

Pierre Bouillon

Cette entrée a été publiée dans Non classé. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

10 réponses à Bientôt possible : la 2e session dès le mois de juin

  1. Pournosenfants dit :

    Cette décision de mettre les examens en janvier aura pour conséquence d’obliger les élèves à étudier pendant les vacances de Noël qui se transformeront ainsi immanquablement en période de « blocus » déjà durant l’enseignement obligatoire. Les élèves perdront ainsi une quinzaine de jours de repos bien mérités après quatre mois d’école. Il est certain que, pendant les vacances, les enfants feront des exercices avec les parents qui ont les capacités de les aider ou si, les parents ont les moyens, suivront le « blocus assisté » de cogito, tandis que les autres étudieront seuls ou fréquenteront éventuellement une école de devoir. Il y a fort à parier que les congés de Nouvel An ne seront plus des congés de détente et que nous enfants pourront dire adieu aux vacances d’hiver. Pour certains parents de primaire, la longue liste des « matières à revoir » début décembre, deviendra leur cadeau de Nouvel An. Les parents divorcés devront se répartir les matières à travailler plutôt que de se détendre avec leurs enfants. Après les examens, les enfants auront-ils du repos ou devront-ils reprendre tout de suite les cours ? La décision de repasser les examens qu’on a échoués début juin et qui se referont fin juin est tout aussi surprenante, car comment imaginer une remédiation-minute pour progresser, alors que des élèves ont, fréquemment, en C.F., 4 à 5 examens à devoir représenter. Bref, pour avoir deux mois de vacances, nos enfants devront sacrifier leurs vacances de Noël, bachoteront durant le congé de Nouvel An et repasseront deux fois leurs examens de juin, durant le même mois !! On assiste donc ici à un allongement des grandes vacances et une diminution des vacances et temps de repos des élèves durant l’année. Une aberration !!

  2. RIDICULE ! Cet argument des cours techniques ne tient pas: on s’aperçoit dès janvier quand ça ne va pas et il reste 5 mois pour se remuer le popotin ! Il faut quand même garder quelques épouvantails ! Et si c’est “limite”, il y a la délibé !
    Par contre, terminer les examens de Noël le 23/12, résultats vers le 15 janvier et diluer un peu certains examens ( comme dissert’ ,gym, natation, langues oral, histoire, géo, ) en Mai, pourrait permettre de commencer les examens plus tard et d’allonger l’année pédagogique et donc de faire rentrer plus de matière dans les ciboulots indolents de nos chères têtes blondes. Utile de leur rappeler que leur DEVOIR de citoyen et de se défoncer comme des dingues pour avoir un diplôme et ne pas se retrouver à la charge de la communauté !

    • Pournosenfants dit :

      Cette mesure est-elle prise en faveur de l’élève, servira-t-elle l’élève ? On nous dit qu’elle devrait permettre de ne pas pénaliser l’élève défavorisé qui ne peut se payer des cours particuliers. Qu’en sera-t-il du blocus de Noël ? Lorsqu’on sait que Cogito et Educadomo offrent déjà des « blocus assistés » aux étudiants pendant ces périodes, les profs particuliers changeront d’horaire et s’adapteront, c’est tout. Pour les enseignants ayant une 2° activité de coach extrascolaire, ils auront davantage de temps à consacrer à celle-ci. Tout bénéfice pour leur portefeuille !! L’article parle d’ailleurs, pour les élèves de section professionnelle, moins bons en math ou en français, de passage de classe plus limité et donc de plus de redoublements !

  3. Jack Beauregard dit :

    Ducoup, les professeurs auront des grandes vacances complètes (sans à devoir organiser d’horaire d’examen, des délibération, devoir préparer les examens de seconde session,…) et des vacances de Noël libre aussi de toutes obligations scolaires… Tout benef quoi… Par contre les élèves moins de temps pour revoir des examens ratés au mois de juin et des vacances de Noël de m***** :p

    • Pournosenfants dit :

      Vous avez raison, c’est exactement ce qui va se passer. Qui a-t-on consulté pour décider pareille mesure ? Les directions d’école. Que vont-elles gagner ? De plus longues vacances et l’organisation d’une session d’examens en moins. A-t-on consulté les principaux intéressés, les élèves et leurs parents ? Leur a-t-on promis qu’au moins globalement, il n’y aurait pas plus d’échecs scolaires qu’actuellement? La réponse est non. Mais avec pareille décision, nos enfants auront, tant que notre enseignement permettra la sélection, à défaut d’une véritable politique de réussite scolaire, perdus une chance de plus de réussite en septembre.

    • Pournosenfants dit :

      Force est de constater que dans notre enseignement, les décisions sont toujours prises sans demander aux parents ou aux jeunes leur avis. L’école est une institution qui sait ce qui est « bon » pour nos enfants et qui n’entend pas tenir compte de l’avis de parents et faire participer les enfants aux décisions qui les concernent. Le résultat est connu : les conseils de classe prennent des décisions de redoublement et d’orientation de manière autoritaire se plaignant des recours que des parents ou de jeunes majeurs introduisent, du droit à copie des examens qu’ils exigent, oubliant qu’il s’agit d’un droit légitime de tout citoyen devant toute décision administrative.

  4. Pournosenfants dit :

    Cette mesure entrainera-t-elle une diminution des échecs scolaires ? Depuis que beaucoup d’écoles de l’enseignement libre ont supprimé la 2° session, aucune diminution de ceux-ci n’a été constatée puisque, partout en secondaire, l’échec augmente dramatiquement et il y aura fort à parier que ce sera le cas ici aussi. On voit mal comment des enseignants habitués à mettre en échec une quantité importante d’élèves changeraient d’attitude et décideraient de faire réussir massivement les élèves dès le mois de juin. Beaucoup de parents et d’élèves estiment que supprimer la seconde session est injuste, car c’est, pour eux, c’est enlever encore une chance aux jeunes de pouvoir réussir.

  5. Pournosenfants dit :

    Cette mesure entrainera-t-elle une diminution des échecs scolaires ?
    Encore une fois, on voit que les décideurs considèrent que la cause de l’échec scolaire est extérieure à l’école, qu’elle se situe au niveau de l’élève (qui ne travaillerait pas assez, n’aurait pas la maturité suffisante..), ou qu’elle se situe aussi au niveau des parents (qui n’offriraient pas un soutien suffisant ou seraient démissionnaires…), jamais elle ne se situerait au niveau même du fonctionnement scolaire et de l’évaluation telle qu’elle est pratiquée par les enseignants. De toute évidence, l’école et son administration se refusent à faire une analyse critique sur le fonctionnement sélectif de l’école et sur la manière d’évaluer des enseignants, ceci pour mieux soutenir que l’échec scolaire serait inéluctable. Or, sans cette analyse critique des pratiques d’enseignement et d’évaluation des élèves, il est impossible de lutter efficacement et durablement contre l’échec scolaire afin de l’éradiquer des pratiques d’enseignement, car il faut bien le reconnaitre, l’échec scolaire dépend essentiellement des exigences de ceux qui évaluent. Ensuite, une fois cette nécessaire réflexion effectuée, il conviendra de responsabiliser les enseignants par rapport à leurs pratiques. C’est ainsi que les pays du Nord ont pratiqué pour éradiquer l’échec scolaire.

  6. Pournosenfants dit :

    En absence de réflexion globale concernant l’échec scolaire, les parents craignent que les décisions de modification du calendrier scolaire ne rencontrent pas l’intérêt de leurs enfants et leur réussite scolaire. Les parents tiennent ici à rappeler que la CHARTE DES DROITS FONDAMENTAUX des CITOYENS de L’UNION EUROPÉENNE, à la base de notre constitution, consacre dans son Article 24 sur les Droits de l’Enfant que ceux-ci ont droit à la protection et aux soins nécessaires à leur bien-être, qu’ils ont le droit d’exprimer leur opinion librement que celle-ci doit être prise en considération pour les sujets qui les concernent, en fonction de leur âge et de leur maturité. Cette Charte stipule aussi dans ce même article que dans tous les actes relatifs aux enfants, qu’ils soient accomplis par des autorités publiques ou des institutions privées, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.

  7. Pournosenfants dit :

    En conséquence, ce projet sert surtout les enseignants, absolument pas les élèves, car risque de retirer un repos bien nécessaire à nos enfants, creusera encore les inégalités alors qu’il est sensé y remédier, les parents de milieux aisés trouveront toujours un moyen de contourner les obstacles. C’est pourquoi, nous demandons que le droit à l’éducation de nos enfants soit le droit de décider de présenter librement leurs examens, nous demandons que les décisions en matière d’éducation soient prises dans l’intérêt de nos enfants et qu’ils soient consultés dans tous les aspects qui concernent leur avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>