Les syndicats veulent moins de mômes en maternelle

Pour beaucoup de gens, s’occuper des tout-petits = petit travail. C’est une erreur. Enseigner en maternelle est complexe et exige un grand savoir-faire – c’est le niveau où l’on coule les fondations de la scolarité. C’est aussi un travail éreintant, ce qu’illustre le taux important de départs à la prépension (la fameuse DPPR). « C’est le fondamental qui “consomme” le plus de DPPR, note Pascal Chardome (CGSP). Et singulièrement les maternelles. C’est un travail physique – il faut prendre les enfants, les soulever, les changer, les consoler. Alors, il y a une usure qu’on ne ressent pas ailleurs. A un certain âge, les institutrices sont fatiguées. »

Eugène Ernst (CSC) l’a déjà annoncé dans nos colonnes (Le Soir du 9 juillet). Pascal Chardome, de la CGSP, confirme : le sort des maternelles sera « l’un des points majeurs » des négociations de l’automne, quand les syndicats, le gouvernement de la Communauté française et les pouvoirs organisateurs (PO) négocieront l’accord social 2013-2014.

Mais pour faire quoi ?

Les institutrices maternelles trinquent surtout en 1re année.

C’est dû à l’extrême jeunesse du public – un enfant peut entrer à l’école maternelle dès 2 ans 1/2. Et, comme le note Eugène Ernst, les jeux de concurrence entre écoles font que « certaines exigences communément admises auparavant sont devenues obsolètes » et « que beaucoup d’enfants arrivent à l’école maternelle alors que certains comportements restent problématiques » (au niveau de la propreté, du langage).

Aussi, à la différence des autres niveaux d’enseignement, les enfants peuvent débarquer à l’école maternelle à tout moment de l’année – en fait, dès leur anniversaire de 2 ans 1/2.

Scénario classique : de taille à peu près raisonnable en début d’année, la classe de 1re maternelle enfle au gré des mois.

Bien sûr, l’encadrement est ajusté en cours d’année et ce, à quatre moments bien précis (aux congés de Toussaint, de Noël, de Carnaval et Pâques).

Le problème, c’est que, pour être pris en compte, les enfants doivent avoir été présents un certain nombre de jours, ce qui n’est pas toujours le cas (la présence en classe n’est pas obligatoire et, au début de la scolarité maternelle, les parents n’envoient pas l’enfant à l’école tous les jours).

L’autre problème, on l’aura compris, c’est qu’il faut attendre les quatre moments de recomptage des élèves et que, avant de pouvoir ajuster l’encadrement, les institutrices trinquent. « Elles ont 30 enfants en classe, parfois plus parce que l’adaptation est trop lente », dit Eugène Ernst.

Alors, que faire ?

Pascal Chardome avance l’idée d’un ajustement de l’encadrement plus rapide : « Au lieu de ces quatre moments dans l’année, l’ajustement pourrait avoir lieu à tout moment, dès que la classe dépasse un nombre d’enfants x. »

A la CSC, on préconise un schéma en deux points.

a. l’encadrement de la classe maternelle, en début d’année, serait fondé, non pas sur le nombre d’enfants inscrits à ce moment-là, mais sur le nombre d’enfants inscrits au printemps de l’année précédente, c’est-à-dire à un moment où, en principe, l’effectif des classes est plus élevé. « C’est un système préventif, dit Ernst. En quelque sorte, on anticipe. »

b. il ne serait plus permis aux enfants d’arriver à l’école à tout moment de l’année ; on fixerait quelques dates précises. Ernst : « Ce qui tue les institutrices de 1re année, c’est qu’il leur arrive des nouveaux élèves tout le temps, avec qui il faut à chaque fois tout démarrer à zéro. Avec les mesures que l’on propose, le système serait un peu plus stable. »

Enfin, et ceci vaut pour tout le maternel, la CSC souhaite fixer une taille maximum de 20 élèves par classe. Et si la Communauté fait la grimace, les syndicats feront valoir que ce plafond de 20 a été retenu pour les 1re et 2e primaires. Et que ce qu’on a jugé utile de faire ici, il conviendrait de le faire là.

Pierre Bouillon
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6 réponses à Les syndicats veulent moins de mômes en maternelle

  1. behbehr dit :

    Un petit mot pour encourager les instituteurs et institutrices maternelles qui font un travail formidable, sans jamais se revendiquer de rien. Hélas, ce forum ne semble pas intéresser grand monde, certains enseignant préférant s’ auto-congratuler et contempler leur nombril dans un forum voisin, n’arrivant pas à se départir de leur déformation professionnelle de décerner une évaluation à leurs interlocuteurs.Courage, les choses bougent, lentement mais sûrement et nos “chers” élus commencent enfin à se rendre compte de ce que c’est que d’ avoir 30 bambins dans une classe. Bravo, les maternelles, vous êtes le vrai avenir de l’ enseignement.

  2. gijsen dit :

    La tâche des institutrices maternelles serait plus efficace , rentable et surtout épanouissante si les parents assumaient leur devoir d’éducation au départ de la vie de leurs bambins. Au lieu de les parquer en maternelle , qu’ils les éduquent sérieusement , puis ensuite les confient aux institutrices. Mais ” Voyez-vous , monsieur , il faut payer les voitures , la TV , les ordis , les … , les sorties… Donc nous devons travailler à deux… Donc on met les enfants à la maternelle… D’autant que la Mémé doit s’occuper des enfants de mes deux frères qui sont divorcés…” Clichés sans doute , mais de la réalité… Voilà pourquoi cela foire en maternelles…

    • gijsen dit :

      J’ai oublié aussi de signaler les glandeurs qui se déchargent de leurs enfants sur le dos des institutrices…

    • TECHER dit :

      Sans parler des gens qui travaillent à 2 pour payer des plus (ordi tv etc)
      La majorité travaille à 2 pour payer le minimum et j’insiste le minimum (loyer assurance mutuelle impots et le reste vetements pr les enfants (2 salaires au smic aujourd’hui ne permet de payer que le minimum).

      Donc vous ne devez pas être payer au smic pour parler de la sorte.

  3. behbehr dit :

    Et c’est reparti comme sur d’autres forums avec les parents indignes et bla bla…Ah! comme l’enseignement serait merveilleux si on pouvait le débarrasser des parents et, peut-être, même des élèves ..on peut rêver…Tout cela ne fait encore qu’ augmenter le mérite des maternelles…Niveau de l’enseignemenr où il impossible d’oeuvrer sans réel amour des enfants.

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