La question du mercredi : la 2e session en juin et l’examen de Noël en janvier ?

A l’été, le Soir a annoncé que les écoles du réseau de la Communauté française s’apprêtent à connaître quelques réformes. Didier Leturcq, directeur général adjoint au ministère de la Communauté, propose de repousser l’examen de Noël au moins de janvier. Et il suggère d’organiser la 2e session dès le mois de juin. Didier Leturcq nous explique ses projets.

Didier Leturcq est le directeur général adjoint au ministère de la Communauté, où il dirige le Service général qui gère les écoles organisées par la Communauté (écoles ex-Etat).

Vous proposez donc d’organiser les évaluations de décembre en janvier. Quand « Le Soir » a annoncé cela, en juillet, cela a provoqué pas mal de réactions…

Il faut préciser un certain nombre de points parce que j’ai vu des réactions un peu caricaturales, par exemple de la Fapeo. Je les rencontrerai, donc – pour faire tomber leurs réserves…

Reprenons votre idée des examens de Noël en janvier. Pourquoi vous proposez cela ?

Ce ne sera pas une imposition. Ce à quoi nous réfléchissons, c’est ouvrir des « possibles ». J’ai vu des réactions du genre : c’est honteux, on va encore imposer des choses. Non. Je veux seulement proposer aux écoles du réseau de pouvoir revoir leur calendrier scolaire annuel. On sait que la première période est longue et difficile – elle démarre en septembre et finit à la Toussaint. Suit une période mal balancée puisque, dans notre réseau, elle commence au 7 ou 8 novembre, s’interrompt avec les examens de décembre, pour reprendre en janvier et se terminer par un bulletin qui arrive en mars, au Carnaval. Ce balancement n’est pas judicieux. Donc, si les écoles le souhaitent, et si le Conseil de participation de l’école est d’accord, les écoles pourraient tenter l’expérience d’organiser les examens en janvier – des écoles catholiques le font.

Mais cela ne va-t-il pas gâcher les vacances de Noël ?

C’est ce que dit la Fapeo. Mais le projet dit bien qu’on recommence le mois de janvier par une semaine de révision ! Le risque de gâcher les vacances, à cause d’études intensives, n’existe pas.

L’autre volet de votre projet, c’est d’organiser la 2e session dès le mois de juin.

Encore une fois, on ne compte rien imposer. Mais quand la nécessité pédagogique est là, on pourrait permettre une 2e session dès juin, oui.

Mais organiser une 2e session si vite après la 1re session, qu’est-ce que ça va résoudre ?

On sait qu’il y a des accidents, parfois, aux examens – un élève stressé peut échouer alors que l’année était correcte. Dans ce cas-là, c’est un peu dommage de dire à l’élève : on va vous imposer deux mois d’étude. Ce qui est derrière ça, c’est aussi un problème déontologique par rapport aux parents. Dans trop de cas, on dit aux élèves : « Vous avez une 2e session, débrouillez-vous. » Et on accentue la fracture sociale car des parents ont les moyens de se payer des remédiations pendant les vacances et d’autres pas. J’ai vu que le responsable d’Echec à l’échec (qui organise des cours particuliers, NDLR) a déclaré qu’il fallait leur laisser deux mois de vacances pour qu’ils puissent étudier – ben oui, comme ça, Echec à l’échec a des sous, des clients… Mais les parents qui n’ont pas les moyens ? C’est débrouille-toi et on verra bien ce qui arrive. Autre problème : pendant l’été, les élèves du qualifiant n’ont pas accès aux ateliers. L’idée est donc : après la délibération, qui pourrait se tenir début juin, on aurait une semaine, voire dix jours de remédiations intensives, à chaud. Et on repasserait l’examen au mois de juin.

En tout état de cause, rien ne serait imposé ?

Bien sûr.

Peut-on imaginer que, dans une même école, il y ait un système à la carte ? Avec des élèves qui repasseraient leur 2e session en juin, d’autres en septembre ?

Oui ! On parle d’individualisation de l’enseignement, de pédagogie différenciée.

Jusqu’à imaginer que deux élèves d’une même classe auraient deux traitements différents – l’un, légèrement en difficulté, repasserait la 2e session en juin ; l’autre, plus en retard, repasserait en septembre ?

On peut imaginer cela, oui.

Pierre Bouillon

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23 réponses à La question du mercredi : la 2e session en juin et l’examen de Noël en janvier ?

  1. pournosenfants dit :

    Cette décision de mettre les examens en janvier aura pour conséquence d’obliger les élèves à étudier pendant les vacances de Noël qui se transformeront ainsi immanquablement en période de « blocus » déjà durant l’enseignement obligatoire. Les élèves perdront ainsi une quinzaine de jours de repos bien mérités après quatre mois d’école. Il est certain que, pendant les vacances, les enfants feront des exercices avec les parents qui ont les capacités de les aider ou si, les parents ont les moyens, suivront le « blocus assisté » de cogito, tandis que les autres étudieront seuls ou fréquenteront éventuellement une école de devoir. Il y a fort à parier que les congés de Nouvel An ne seront plus des congés de détente et que nous enfants pourront dire adieu aux vacances d’hiver. Pour certains parents de primaire, la longue liste des « matières à revoir » début décembre, deviendra leur cadeau de Nouvel An. Les parents divorcés devront se répartir les matières à travailler plutôt que de se détendre avec leurs enfants. Après les examens, les enfants auront-ils du repos ou devront-ils reprendre tout de suite les cours ? La décision de repasser les examens qu’on a échoués début juin et qui se referont fin juin est tout aussi surprenante, car comment imaginer une remédiation-minute pour progresser, alors que des élèves ont, fréquemment, en C.F., 4 à 5 examens à devoir représenter. Bref, pour avoir deux mois de vacances, nos enfants devront sacrifier leurs vacances de Noël, bachoteront durant le congé de Nouvel An et repasseront deux fois leurs examens de juin, durant le même mois !! On assiste donc ici à un allongement des grandes vacances et une diminution des vacances et temps de repos des élèves durant l’année. Une aberration !!

    • Julie28 dit :

      Oui je suis d’accord avec “pournosenfants”! Les vacances de Noël serviront uniquement à étudier ! N’oublions quand même pas qu’il s’agit souvent de congés qu’ils passent avec leurs parents et que donc ça sera des congés “foutus” pour tout le monde!
      Et les secondes sessions en juin c’est n’importe quoi aussi! Comment peuvent-ils étudier en quelques jours des matières qu’ils n’ont pas pu assimiler pendant 10 mois ??????? Revenez sur terre! Supprimez le décret “Inscriptions” et tentez plutôt de trouver une solution pour que nos enfants se trouvent dans la “bonne” école dès la 1ère secondaire!!!! Ce que je veux dire par là c’est que c’est dès les primaires qu’il faut tenter de leur trouver leur orientation, prenons exemple sur les Pays-Bas!!!!!!!!

  2. gijsen dit :

    Cela vous dérange vraiment que vos enfants doivent travailler pour arriver à quelque chose dans la vie et pour s’épanouir ???

    • Pournosenfants dit :

      oui, nos enfants ne sont pas corvéables à merci. Ils ont droit à l’épanouissement. Avez vous des enfants ?

      • gijsen dit :

        1) Oui , j’ai des enfants …(Et …vous…? )
        2) Connaissez-vous le sens de l’expression “corvéable à merci ” ?
        3) L’épanouissement… vous savez cz que ce mot signifie ????

        Et puis ce genre de débat avec des associations telles que les vôtres ( rugissez de rage ) ne mène à rien.

        Bonne nuit.

        Un prof.

        • Pournosenfants dit :

          Ah la la,…. avoir du pouvoir sur le destin des enfants des autres, tous les dictateurs en ont rêvé…..Avoir des citoyens dociles et maléables…
          Décréter que quoi que disent et pensent les parents de la manière dont vous vous en occupez serait un sacrilège (voire un blasphème ?..) et ne serait ni bienvenu, ni même inoportun, quitte à faire passer TOUS ces parents pour des timorés et des incapables, pour le justifier, n’est plus de mise actuellement!!!!. Abandonnez cette nostalgie, elle vous rend un peu (comment dire ?) ….”ridicule”. Oui, c’est cela, ridicule!!!
          Nous connaissons bien entendu l’expression “corvéable à merci”, puisque toute les familles concernées seront sous pression et feront tout pour satisfaire aux exigences de l’enseignant.
          Nous connaissons aussi le mot ” épanouissement”, pour l’avoir lu dans différents textes législatifs qui concernent nos enfants. Nous savons que c’est un DROIT de l’enfant que d’avoir un enseignement épanouissement, droit consacré par la Convention des Droits de l’Enfant, que nous avons ratifiée et qui se trouve donc dans notre législation, droit consacré par les droits des citoyens européens dans notre constitution européenne. Mon Dieu, des droits!!!
          Et oui, mon cher, nos enfants sont des citoyens qui ont des droits que vous devez leur reconnaitre, même si cela vous chagrine et que vous avez la nostalgie d’un pouvoir moyen-âgeux autoritaire. Faut évoluer!!!! C’est difficile quand on n’a jamais voulu reconnaître que les autres avaient des DROITS. Quand nos enfants grandiront, ils auront le DEVOIR de reconnaitre ce DROIT aux autres. .
          Ce sera plus facile, s’ils l’ont vécu enfants…..

  3. gijsen dit :

    Ne cherchez plus trop loin les raisons de la décadence de nos civilisations pour nos enfants…

    • Pournosenfants dit :

      Civilisation décadente, dites vous..?..
      Nous disons Education autoritaire …!!….

    • Pournosenfants dit :

      Petit ou grand provocateur ?
      Pourquoi provoquez-vous ?
      Aimez vous vos enfants?
      Etes vous capable d’empathie pour les nôtres?
      Connaissez-vous ce terme ?

      • gijsen dit :

        Après les bêtises, les injures…

        • Pournosenfants dit :

          Où sont les injures ? Franchement, nous ne les voyons pas !! Les bétises non plus. S’il y en avait, elles seraient heureusement censurées. Avons nous le droit de vous demander pourquoi vous dites, en bafouillant, vouloir nous provoquer ? Parce que nous travaillerions “pour nos enfants” . Nous espérons que vous le fassiez aussi, sinon quel soutient auraient-ils ?

      • Elèveépanoui dit :

        “L’enseignant et l’adolescente britanniques en fuite depuis le 20 septembre ont été retrouvés vendredi à Bordeaux. Le professeur a été placé en garde à vue.”
        Pour une fois qu’un prof est en empathie avec un élève, on le met en prison.” Assocde parents”, au secours! C’est trop injuste.

  4. behbehr dit :

    ces discussions à propos des examens et de la réussite scolaire me rappellent un dessin humoristique montrant un élève quittant l’ université après avoir entendu que les études étaient sanctionnées par un examen et déclarant : “Alors, je m’ en vais car je déteste que l’ on ne me fasse pas confiance…”

  5. Annah dit :

    Personnellement, dans l’endroit où je vis (sud de la province de Liège) plus aucune école secondaire ne pratique les “seconde sessions”, si je voulais que mes enfants bénéficient de ce système , je devrais parcourir plus de 80 km par jour (aller-retour)… pour eux il s’agit de “période de remédiation” pendant l’année scolaire, et si redoublement il y a, de “seconde année spécialisée”. Mon aîné a du avoir recours à ces mécanismes, et cela lui a très bien réussi. Il s’est “réveillé” lors de sa “seconde seconde spécialisée” et depuis suit un cursus scolaire sans faute. Mais je suis consciente qu’un enfant n’en est pas un autre. Juste pour dire, il existe diverse solutions, aux parents (et enfants) de se renseigner et voir ce qui correspond le mieux pour résoudre les problèmes rencontrés.

    • assoc de parents dit :

      Plein de gens ne se sentent pas concernés par la douleurs des autres. Le manque d’empathie et l’indifférence ne devraient pas être des valeurs véhiculées par les” humains”. Ils le sont par des “indifférents” qui se disent “suis-je concerné ? Non, alors je ne m’en occupe pas”;;Un jour ils souffrent et se rendent compte que les autres sont comme ils ont eux même été : indiférents.

  6. ouestlerreur dit :

    Expliquez moi comment on veut diminuer l’échec scolaire en faisant travailler nos enfants durant les vacances de Noël, alors que les petits finlandais, suédois, norvégiens, danois, coréens ne sont pas en échec et ont droit à des vacances durant ces périodes. Monsieur Leturcq songe sans doute que cravacher nos enfants sera productif, alors que les pays qui ont aboli la fessée et les échecs ont prouvé le contraire. Expliquez nous ce qui se passe dans la tête de Leturcq, nous voulons comprendre son admiration pour une éducation punitive. .

  7. pelotondexecution dit :

    Monsieur Leturcq nous dit : “rien ne sera imposé”, mais à qui n’imposera-t-on rien ? Aux directions et aux enseignants majoritaires et dominateurs dans le conseils de participation où pour être admis, il faut faire partie du cercle autorisé par le directeur, sinon, on est dissuadé d’y être.
    Qui sera lésé? L’élève à qui la parole n’est pas autorisée.
    A lui, l’élève on lui imposera la décision prise par l’école et le conseil de participation, (alibi pour avaliser les sales décisions). . C’est son avenir qui se joue à l’école comme une roulette russe, il en est la principale victime.

  8. mamanseule dit :

    Je suis séparée de mon compagnon, après de années de désaccord sur l’éducation des enfants. Cela risque pour moi d’être un véritable casse-tête que d’organiser les vacances et les sessions d’examens à préparer avec un conjoint qui désire se détendre avec ses enfants et ne désire pas assumer sa part de tâche aux devoirs et examens des enfants, où, il faut reconnaître, il n’a jamais très à l’aise, et désire oublier les souffrances qu’il a vécu comme élève humilié.

  9. verite dit :

    Et si on laisait nos enfantsdécider aux mêmes s’ils passent ou non leurs examens, plutôt que de décider pour eux. Après tout dans le secondaire supérieur, ils sont une moitié à être majeurs. Ils peuvent voter, sont responsables de leurs actes, mais on décide qu’ils sont trop timorés pour décider de passer les examens.
    Soyons moins hypocrites et reconnaissons que cela soulagera les enseignants qui auront de plus longues vacances.

  10. ASSEZ dit :

    Marre que l’on prenne des décisions qui concernent nos enfants, sans que nous puissions donner notre avis et exposer le point de vue de nos enfants que nous connaissons, parce que nous voyons quels effets l’école autoritaire a sur eux. Marre de n’être JAMAIS écouté et notre avis pris en considération !!!!

    Comment est-il possible que des décideurs qui cotoient nos enfants, qui sont censés travailler pour eux, qui devraient le faire dans leur intérêt et pour leur épanouissement ne réalisent pas que cette mesure est absure?

    Les parents qui croient que la FAPEO suffira à arrêter ce concepteur d’idées saugrenues (qui veut juste montrer qu’il est passé par là), se font des illusions. Les autoritaires renoncent rarement à leur pouvoir!!!!

    Si la mesure envisagée ne se fera que sur projet volontaire, elle ne le sera que pour les directions d’école qui, bien entendu l’IMPOSERONT à nos enfants, car ceux-ci (et leurs parents) n’auront RIEN à dire !!!!
    Dans le conseils de participation, la voie des parents, (comme celle des élèves), n’est en effet que consultative!!! Alors l’avis de parents et des élèves, oui, on l’écoute, mais on n’en tient JAMAIS compte!!!
    On se rassure en disant que ce ne sont que des parents-roi d’enfants-roi qui n’acceptent pas docilement le verdictet les décisions que les profs édictent pour eux, qui ne seraient de toute façon que des incapables !!!

    MARRE QUE L’ON NOUS MEPRISE ET QUE L’ON DECIDE POUR NOUS NOUS CONSULTER!!!!

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