Le faux-gras, je trouve ça vraiment dégeulasse…

foiegras

Chers amis militants anti foie-gras,
Nous ne nous connaissons pas, je le regrette car je suis sûr que vos idées sont magnifiques. Je profite des quelques centimètres carrés que je m’offre pour vous écrire une petite lettre. En effet, depuis quelques années, mes oreilles sont saturées, comme le foie d’un palmipède fatigué, par une campagne publicitaire financée par votre association.

« Pas de foie malade à ma table » me gave, et je ne vous parle même pas de la dernière campagne de propagande radiophonique où une hystérique allumée annonce que le foie gras est un foie malade a la manière de madame Jeannine dans mon Delhaize préféré. Je crois en la juste cause de votre combat, je crois que le bien être des animaux, comme celui des humains et des végétaux, est un droit fondamental dans une société évoluée telle que la nôtre, même si parfois un doute raisonnable quand a cette évolution peut-être de mise. Je trouve formidable les actions menées par votre association et vos militants pour que l’on traite vraiment mieux les bêtes. Je me souviens d’un truc à propos du chargement de vaches dans des camions où votre travail à changé fondamentalement les choses, et je trouve ça, je le réécris, exceptionnel. Mais là, je suis un peu étonné, et le mot est léger, face au raccourci que vous prenez. Je sais, si c’est à la radio, même au milieu d’un flot de réclames, c’est que c’est vrai. Et, sans aucun doute, des centaines, peut-être même des milliers de gens, croiront cette histoire de bête malade et se détourneront du produit. Il y a déjà douze pays dans l’union européenne qui ont interdit le gavage. Croyez vous qu’en Hollande, où ce travail est illégal, on ne mange plus de foie-gras ? Non, simplement on l’importe, en le contrôlant un rien moins bien, en paupérisant un peu plus les petits agriculteurs qui se diversifiaient grâce à cette production et en augmentant de manière drastique l’empreinte carbone de ce produit. Je sais, je m’emballe, je fais des raccourcis et en plus on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. Mais bon, reprenons. Le spot, pardon la scénette, met en en évidence un médecin qui parle de stéatose. Il est vrai, qu’un foie plein de graisse au stade de la stéatose n’est pas en top bonne santé. Vous voyez, nous pourrions finir par nous entendre, je ne suis pas rabique. Je n’entrerai pas non plus sur le terrain historique, car au nom des traditions, un tas de choses parfois stupides sont faites. Quoi qu’un bon Gilles de Binche, fraîchement gavé aux huîtres, au champagne et aux oranges, ça n’a pas son pareil, bref, passons. Et même si, en fait les gaveurs n’ont fait, depuis l’époque romaine, que suivre ce que font tous les agriculteurs, c’est à dire, reproduire, amplifier, structurer des mouvements naturels pour augmenter leurs rendements et pourvoir à la nourriture des humains en général, il est possible de dire que les habitudes alimentaires ont changé et que ce qui était bon il a deux milles ans ne l’est plus aujourd’hui. Je n’irai pas jusqu’à dire que ces romains étaient fous, malgré ma ressemblance, surtout de profil, avec un gros gaulois en braies rayées bleue et blanche. Mais je suis interloqué par cette pub parce que d’une part elle me la joue tragique, et que d’autre part elle me dit de remplacer mon plaisir par une chose que je trouve parfaitement immangeable fabriquée Outre-Rhin à base d’huîle de palme, de fécule et de champignons, sans oublier les exhausteurs de goût. Certes, l’huile de palme, lorsqu’il s’agit de sauver les canards et les oies, c’est de circonstance. Bon, ok, je sais, l’humour c’est pas votre truc, j’arrête ici. Une fois encore, je souligne le coût environnemental du transport, mais ce n’est qu’un détail, surtout depuis l’Allemagne voisine. Je suis surpris lorsque j’entends ce qui est sous entendu dans cette réclame, car il ne s’agit en fait que de réclame pas d’information, ce serait même plutôt le contraire, même s’il n’est pas possible, je conviens avec vous, de placer tous les éléments à charge et à décharge de ce dossier sur trente secondes. Je suis surpris, écrivais-je par ce qui est sous entendu ; en fait, il y a une bonne et une mauvaise attitude à table. Celle qui consiste à acheter vos petites boîtes est bonne, celle qui consiste à ne pas le faire et à manger selon son bon plaisir est mauvaise. Comment nomme-t-on ce genre de façon de procéder par un bien vilain mot qui commence par F et se termine par isme ? Ne serait-il pas temps de cesser le harcèlement par la bien pensance ? Un des mes amis, restaurateur doublement étoilé de la bonne ville de Bruxelles, à reçu une véritable lettre d’insulte d’une dame, même pas cliente, ce lundi lui demandant de quel droit il osait encore proposer du foie gras à sa carte. Une autre de mes amies, rédactrice dans un magasine féminin m’a dit qu’a chaque recette proposée avec du foie gras, elle recevait des lettres d’insultes, voire de menace. Mais où va-t-on mes amis ? C’est quoi ce cirque ? Est il utile d’énerver les gens avec ces histoires, qui ne sont pas des problèmes, alors que tout fout le camps ? Et puis, franchement, en matière de cruauté animale, avez vous connaissance, j’espère que oui, de la charte européenne pour la production de palmipèdes gras ? Faites moi le plaisir de la lire, vous verrez qu’il n’est question que de bien être animal, pratiquement de la première à la dernière ligne. Savez-vous aussi que la Belgique est le pays du monde le plus en pointe en matière de protection et de respect des palmipèdes gras ? Qu’un animal blessé vaut au gaveur un avertissement de la part du vétérinaire de l’AFSCA qui le suit et que ces avertissements, s’ils se répètent peuvent valoir une suppression du droit de gaver a l’artisan ? Savez-vous encore que seule la Belgique oblige à une formation de quinze jours les futurs gaveurs pour leur apprendre le respect et le bien être des animaux ? Bref, vous savez ces choses, j’en suis certain. N’oubliez pas, s’il vous plaît, que ces canards et oies, se gavent, certes pas dans la même proportion, dans la nature avant leurs grandes migrations, et que les animaux que nous mangerons, si l’on cesse de les gaver au bout de douze jours, retrouveront un foie tout à fait normal en quelques semaines. Ce n’est donc pas une maladie comme vous le faite croire aux plus faibles d’entre nous, aux moins bien protégés mentalement qui peuvent croire à vos balivernes. Retenez le, ces oiseaux ne sont pas malades, ils maigrissent dés que l’on cesse de les gaver. Alors que pour moi, rien n’est moins sûr…
Sur ce, je vous livre ici quelques arguments en faveur du gavage car je pense que le faux gras, n’est qu’un faux, et que rien ne vaut le vrai. Définitivement. Qu’il s’agisse de sein, de frère ou de gras.
Avant de vous livrer des arguments en faveur du Gavage, car il faut être complet, je m’en voudrai de vous quitter sans vous livrer quelques lettres de plus à propos de cette merveilleuse huile végétale comme l’on nomme pudiquement l’huile de palme durable sur vos étiquettes. Allez donc voir, a cette adresse, a lire in extenso, si vous voulez vraiment avoir une idée de ce que vous mangez parfois. http://vivresanshuiledepalme.blogspot.be/2012/02/rspo-ou-la-mauvaise-blague-du-durable.html. Au cas ou cliquer serait trop compliqué, hein, qui sait, je vous ai mis l’entièreté de la chose en fin de texte, avec tout le bordel histoire de ne louper aucun argument.

Arguments en faveur du gavage (Wallonie et Belgique) :

La Belgique constitue le seul pays du monde possédant une législation spécifique au bien-être des palmipèdes à foie gras (Arrêté Royal du 25/04/1994), avec notamment l’obligation de suivre une formation agréée pour pouvoir procéder au gavage des palmipèdes gras,

Cette législation a été renforcée au 1er janvier 2011 pour interdire la cage individuelle au profit d’un logement collectif en gavage, suite à une Recommandation adoptée par la convention européenne pour la protection des animaux dans les élevages. La Belgique constitue le seul pays européen à avoir respecté les échéances pour la mise en application de cette Recommandation,

La Belgique a signé la charte européenne pour la production de palmipèdes gras émanant de la Fédération européenne du foie gras (Euro Foie Gras) : dans cette charte, le secteur professionnel du foie gras s’engage à respecter les 12 principes relatifs au bien-être des animaux retenus dans le « Welfare Quality Project »,

L’élevage et le gavage offrent une opportunité de diversification dans les exploitations agricoles recherchant un complément de revenu. Cette diversification est soutenue par la Région Wallonne et le Ministre en charge de l’Agriculture : voir le projet d’encadrement zootechnique et vétérinaire des palmipèdes à foie gras financé par la DGARNE (Direction du Développement et de la Vulgarisation) et confié à l’Ulg, Clinique vétérinaire universitaire de la Faculté de Médecine vétérinaire. Voir aussi la présence de la Filière Avicole et Cunicole Wallonne, financée par la Région Wallonne et qui soutient la production de foie gras,

En septembre 2011 , le Ministre Lutgen a signé l’Arrêté ministériel de reconnaissance des critères minimaux de qualité différenciée en volailles, en tenant compte, juste pour info, des recommandations de GAÏA (non, ce n’est pas de la schizophrénie que de participer a l’élaboration d’une réglementation visant à améliorer le sort des animaux à gaver et dans un même temps proclamer Urbi et Orbi tout un tas de contre-vérités, c’est juste un bon business) . Le canard à foie gras en fait partie,

Le gavage des canards constitue une courte période dans la vie de l’animal : maximum 2 semaines sur plus de 13 semaines de durée d’élevage. Par ailleurs, les animaux ont accès à un parcours extérieur au moins la moitié de leur vie. Depuis des années déjà, les professionnels ouvrent leur porte au grand public (fermes ouvertes) pour montrer comment ils travaillent,

Les chercheurs français de l’INRA, dont Jacques Servière, ont démontré que le gavage, en conditions normales, n’apparaît pas comme étant générateur important d’actions irritantes sur le tractus digestif. Ces actions irritantes auraient en effet pour conséquence une inflammation tissulaire. Elles se mesurent par le rythme cardiaque, le taux de corticostérone, la réaction d’extravasion plasmatique neurogène de l’œsophage, ainsi que des mesures au niveau du système nerveux,

Jusqu’à présent, il n’a jamais été démontré la possibilité d’une alternative au gavage pour obtenir du foie gras, mais le secteur est proactif et ouvert aux recherches scientifiques. Il faut savoir que pour être reconnu « foie gras », celui-ci doit peser au moins 300 grammes (exigence issue de la réglementation européenne relative aux normes de commercialisation des volailles)

Si vous voulez exercer votre libre arbitre, et ne pas forcément penser comme les réclames radiophoniques le voudraient, allez donc voir www.facw.be

http://vivresanshuiledepalme.blogspot.be/2012/02/rspo-ou-la-mauvaise-blague-du-durable.html

Huile de palme RSPO
La manière la plus simple de remplacer la palme controversée, c’est de la remplacer par elle-même sans les controverses. Les industriels de la palme, pas fous, ont bien senti le vent tourner. Ils ont alors inventé l’huile de palme « durable », dûment certifiée RSPO. Par qui ? Par eux-mêmes, en instaurant au sein d’une table ronde des règles qui les arrangent. Et ces règles, déjà vides et sans grand intérêt réel, ils ne les respectent même pas forcément ! En réalité, les mêmes problèmes sont observés sur le terrain pour des exploitations durables ou non. Et ce n’est pas moi qui le dit (Amis de la terre, sawit watch, greenpeace). Quelques arguments :

La certification durable interdit-elle la déforestation ?
Les forêts sont classées par niveau de préciosité : certaines parcelles sont donc considérées comme sacrifiables. A Sabah par exemple, seuls 16% de la forêt sont sous « protection ». Voilà qui laisse une bonne marge de manœuvre avec les 84 % restants ! Mais ces critères ne sont même pas respectés[1]. Des relevés sur le terrain ont mis en évidence que les parcelles devant être protégées (PT SSS1) étaient quand même rasées. Les Amis de la Terre ont montré que les entreprises PT Budidaya Agro Lestari et PT Sandika Nata Palma (Sime Darby) avaient rasé des forêts protégées sur plusieurs milliers d’hectares pour planter du palmier à huile.
• Sinar mas a déforesté sans permis à Kapuas Hulu et Danau Sentarum, entre autres.[2]
• Wilmar a déforesté des zones de haute conservation et pratique le brulis dans le Sabah, entre autres[3]
• Sime darby a détruit illégalement des forêts à Hutan Lindung (Ketapang ), entre autres[4]
• Musim mas a déforesté illégalement à Kalimatan Ouest, entre autres[5]
Ces entreprises font parfois l’objet de… blâmes au sein de la table ronde de la RSPO [6]

La certification durable évite-elle la pratique du brulis ?
La technique du brulis est toujours utilisée, même pour les parcelles certifiées.[7]La pollution de l’air est donc un problème majeur dans bon nombre d’endroits.

La certification, favorise-t-elle les entreprises aux bonnes pratiques ?
Une industrie peut très bien avoir une partie de ses plantations certifiés et l’autre pas. De plus, les parcelles de palme ayant provoqué la déforestation avant 2005 sont « certifiables »…

Garanti 100% durable (image Greenpeace)
Au moins la certification évite les expropriations
Les conflits liés aux vols de terres par les entreprises de production de palme sont tout aussi importants pour les parcelles certifiées que les autres. Le problème réside tout simplement dans l’attribution des terres, pour les peuples chasseurs cueilleurs qui utilisent la forêt depuis des millénaires et pour les paysans qui exploitent leur terre depuis bien avant que l’existence du droit de propriété. D’ailleurs les expropriés ont plutôt intérêt à ne rien dire, car demander des compte leur vaut pour certains la prison. Au Libéria (en Afrique) Sime Darby est accusé d’avoir confisqué des terres à des agriculteurs locaux en violation des procédures RSPO[8]. Comme Wilmar[9] en Indonésie… Un exemple parmi tellement d’autres.

La certification, un moindre mal ?
Des plantation établies sur des forêts rasées avant 2005 peuvent prétendre à la certification. En conséquence, les nouvelles plantations industrielles de palme ont tout intérêt à être établies sur d’actuelles terres agricoles, que les paysans locaux n’ont d’autre choix que de déplacer vers les zones boisées[10].

La certification durable est assurée par le WWF ?
Le WWF est un des membre fondateur de cette table ronde. Démarche honorable mais récupérée par les industriels qui verdissent ainsi leurs actions en s’assurant une bonne publicité. Un risque. Ainsi ils peuvent dire de grosses bêtises comme « Le WWF a classé XXX dans la meilleure catégorie de son classement international, accordant à l’entreprise la note maximale de 9 points sur 9 (…). Les objectifs de la RSPO sont de promouvoir la production durable de l’huile de palme et de l’huile de noix de palme et d’empêcher la destruction des forêts tropicales ». Alors que la certification ne garantit en rien la préservation des forêts !!

Qui fait partie du jeu ?
Qui est représenté à la table ronde ? Un membre normal adhère pour la modique somme de 2000 € par année. Il y a 7 groupes de membres (www.rspo.org/page/792?q=categorystat le 01/12) :
1. Les banques et investisseurs : 9, comme Crédit Suisse, Rabobank etc.
2. Les industries utilisant la palme : 192, comme Ferrero, Findus (!), Unilever, Wilmar, Green Earth Fuels LLC et la célèbre Alsacienne de pâtes ménagères.
3. Les producteurs de palme : 98, comme PT SMART Tbk (groupe Sinar Mas) etc.
4. Commerçants et transformateurs de palme : 207, comme Cargill, BASF etc.
5. Les détaillants : 37, comme Carrefour, Metro, Mac Donald’s, Wal Mart, Casino etc.
6. ONG sociales :10, comme Oxfam, Sawit watch etc.
7. ONG environnemenatales :17, comme 4 WWF nationales différentes etc.
Vous remarquerez les proportions de chaque groupe. On retrouve aussi Syngenta, fabricant du toxique paraquat autorisé dans le cahier des charges de la RSPO.
La certification est une caution pour des industriels qui montrent patte blanche en mettant en avant des activités « durables » ; en réalité noyées dans leurs activités classiques. Les certifications sont au rabais, non respectées et sans intérêt écologique ou social, et en plus à la dérive[11]. Une façon de faire comme avant, circulez tout est sous contrôle. Le vrai problème est la demande.[12]

[1/3]

A lire : //www.forestpeoples.org

________________________________________
[1] Greenpeace Netherlands. United Plantations certified despite gross violations of RSPO Standards. November 2008
[2] Greenpeace. La face cache de Sinar Mas – Greenpeace dénonce le double jeu du géant industriel de l’huile de palme, membre de la RSPO et acteur de la déforestation illégale. décembre 2009
[3] Milieudefensie. Policy, practice, pride and prejudice. Review of legal, environmental and social practices of oil palm plantation. plantation panies of the Wilmar Group in Sambas District, West Kalimantan (Indonesia). 2008
[4] Les Amis de la Terre. L’huile de palme « durable » pousse à la déforestation Cultures énergétiques, changement d’affectation des sols indirect, émission de gaz à effet de serre. EXPOSÉ – AOÛT 2010
[5] Les Amis de la Terre. Arnaque à l’huile de palme durable, 12 questions pour comprendre les enjeux Avril 2011
[6] http://www.malaysian-economy.com/2011/04/rspo-suspended-ioi-group-certification.html
[7] Milieudefensie. Policy, practice, pride and prejudice. Review of legal, environmental and social practices of oil palm plantation. plantation panies of the Wilmar Group in Sambas District, West Kalimantan (Indonesia). 2008
[8] Oxfam appelle une entreprise d’huile de palme à remédier aux violations des droits des communautés en Indonésie. http://www.oxfam.org/fr/cultivons/pressroom/pressrelease/2011-10-14/entreprise-sime-darby-huile-palme-violations-droits-communautes
[9] Fruit d’Or et Planta Fin – les margarines sanglantes du groupe Unilever. https://www.sauvonslaforet.org/petitions/750/fruit-d-or-et-planta-fin-les-margarines-sanglantes-du-groupe-unilever
[10] Fitzherbert, E.B. et al. (2008) How will oil palm expansion affect biodiversity? Trends Ecol. Evol. 23, 538–545
[11] http://www.bfm.my/current-affairs-121211-darrel-webber-rspo.html
[12] Greenpeace Netherlands. United Plantations certified despite gross violations of RSPO Standards. November 2008
Publié il y a 10th February par vivresanshuiledepalme
Libellés: Conséquences Recherches

http://www.consoglobe.com/label-rspo_4138.html

Il existe une profusion d’appellations ou de labels de qualité, plus ou moins rigoureux. Comment s’y retrouver parmi tous ces sigles et logos A quoi servent-ils ? Labels, certificats, étiquetages réglementaires … . cet annuaire vous aide à vous y retrouver.
L’annuaire des labels
RSPO

Label RSPO

Afin de favoriser des méthodes de culture plus respectueuses, une «Table ronde sur la production durable d’huile de palme» (RSPO) a été mise en place par différents partenaires (ONG comme le WWF, industriels comme Unilever). Elle a élaboré des directives qui interdisent les procédés les plus néfastes comme la déforestation de forêts primaire. Sur le plan social, la RSPO devrait contribuer à donner des garanties sociales aux exploitants et petits producteurs locaux.

La CHARTRE RSPO est doc le »label » de l’huile de palme responsable mais en fait, RSPO, est une organisation s’engageant à promouvoir l’huile de palme de production durable et à sauvegarder la forêt tropicale

La RSPO est une association créée par des organisations qui pilotent des activités directement ou indirectement liées à la production ou la distribution d’huile de palme et soucieuse de promouvoir la production et l’utilisation durable d’huile de palme par la coopération tout au long de la chaîne de production et de distribution, et par le dialogue entre les acteurs impliqués.

La charte RSPO impose l’application de principes et de critères pour une production durable (replantation des palmiers, non travail des enfants).

La RSPO est décriée par certaines ONG comme les Amis de la terre. Pour Meena Raman, Présidente des Amis de la Terre International et Directrice des Amis de la Terre Malaisie : « Accepter l’huile de palme Malaisienne signifie légitimer la déforestation, accroître les violations des droits humains contre les populations indigènes et conforter un modèle de prise de décision qui interdit la participation des citoyens ».

Par contre, elle est saluée par d’autres organisations comme le WFF et Oxfam. Ainsi Adrie Papma, porte-parole d’Oxfam souhaite que 50 % «du commerce mondial de l’huile de palme puisse être certifié «durable» d’ici 2013. Les gouvernements, les négociants, les investisseurs, les fabricants, les détaillants et les consommateurs doivent à présent soutenir cette initiative pour qu’elle puisse réussir». Elle ajoute que «la RSPO ne réglera jamais les problèmes liés à lhuile de palme (le principal étant la non maîtrise de la demande mondiale) mais les petits exploitants et les ouvriers agricoles devraient toutefois pouvoir en profiter.»
WWF et les entreprises, les liaisons dangereuses
Par Julie de La Brosse, publié le 10/06/2011 à 11:17
En multipliant les partenariats avec les entreprises, l’antenne française de l’ONG mondiale assure faire progresser la cause écolo. Mais cette stratégie suscite de plus en plus de critiques.


Imprimer
1

Serge Orru est le directeur général du WWF depuis 2006.
© J. daniel/myop
Quel est le rapport entre un charmant panda et un vulgaire sac de ciment? A première vue, aucun. Le premier sert d’emblème à la plus puissante association environnementale du monde, tandis que le second est accusé par les militants écologistes de favoriser le dérèglement climatique. En signant un partenariat avec Lafarge, en 2010, le WWF France a fini par accepter d’unir ces deux images a priori antinomiques. Dix ans après sa maison mère, qui, elle, n’avait pas eu les mêmes réticences. Aujourd’hui, l’élève pourrait bien dépasser le maître : l’antenne tricolore de l’ONG environnementale multiplie les partenariats stratégiques avec les entreprises.
Elles sont désormais 14, et non des moindres – Carrefour, Castorama, Crédit agricole, Orange ou encore Pierre & Vacances -, à avoir conclu un accord avec le WWF France. En échange d’une somme d’argent très raisonnable – 400 000 euros par an pour le haut de la fourchette -, ces sociétés bénéficient de l’expertise et des conseils de la fondation pour réaliser les progrès auxquels elles se sont engagées. Surtout, elles profitent de la notoriété du célèbre panda, des 4,8 millions d’adhérents du WWF dans le monde et de l’image de la sympathique Isabelle Autissier, présidente de l’organisation en France. Un bon point marketing.
C’est en 1998 que le WWF France a commencé à prospecter du côté du CAC 40. “La seule façon de faire avancer les choses, c’est de parler avec ceux qui détiennent le pouvoir”, explique Serge Orru, directeur général depuis 2006. Cet ancien pro du tourisme, fils de cheminot et passionné d’écologie, assume parfaitement la démarche. L’année dernière, grâce à ces partenariats, la fondation a engrangé 3 millions d’euros. Auxquels se sont ajoutés 1,6 million au titre des contrats de licences : une quarantaine d’entreprises ont ainsi le droit d’accoler le panda, qui sur un tee-shirt, qui sur un lave-linge, une imprimante ou une poêle ! Tout compris, cette manne représente 29 % du budget de la fondation… laquelle s’est engagée à ne pas dépasser le seuil de 30 % alimentés par les entreprises.
Des accusations de “green-washing”
Les partenariats produisent des résultats : Carrefour a retiré l’huile de palme sur un tiers de ses produits, arrêté la commercialisation du thon rouge et renoncé au bois non certifié pour le mobilier de jardin. Castorama a réduit de moitié son linéaire d’herbicides et Orange propose désormais à tous ses clients la facture dématérialisée et a allongé la durée de vie de ses mobiles…
Mais, depuis quelque temps, l’histoire d’amour entre l’ONG et les multinationales dérange. Surtout dans la sphère écologiste. Certaines associations dénoncent une “indécente proximité” avec les milieux économiques et politiques et accusent le panda de “green-washing”. En clair, il permettrait aux vilains pollueurs de verdir leur image à peu de frais.
Protéger la nature ou la planète?
En 1961, Sir Julian Huxley, un riche chasseur britannique soucieux de pouvoir laisser libre cours à sa passion, crée le World Wildlife Fund (Fonds mondial pour la nature). Son but ? Protéger la biodiversité et les systèmes naturels. Depuis cinquante ans, l’association est contrôlée non pas par des écologistes, mais par des dirigeants d’entreprise ou des personnalités issues de familles royales. Grâce à l’éminence de ses membres, le WWF participe aux réseaux politiques, économiques et internationaux, jusqu’à l’OMC! Mais, à l’heure où certains scientifiques ne donnent pas plus de cent ans à la planète, l’idéologie “conservationniste” se voit contestée. Le WWF est en effet accusé d’avoir pour seul dessein le rachat des forêts à haute diversité biologique, pour y développer des parcs naturels sans se préoccuper du sort des populations locales. Il est aussi suspecté de ne pas partager les principaux combats écologiques, contre les OGM ou le nucléaire, ou encore de vanter les mérites des agrocarburants, pourtant jugés plus néfastes pour le climat que les combustibles fossiles.
J. L. B.
“Une fois qu’elles ont le panda, les entreprises n’ont plus aucun intérêt à faire des efforts pour l’environnement, déplore Sylvain Angerand, des Amis de la Terre. Nous sommes alors complètement bloqués dans nos actions et nos moyens de pression.” Il y a quelques années, l’organisation écologiste avait lancé une campagne “Banques françaises, épargnez le climat”, qui épinglait le Crédit agricole. Réponse de la banque ? Plutôt que de s’efforcer de coller au cahier des charges proposé par l’association, elle signait un partenariat avec le WWF.
Forte de l’emblème du panda, que le WWF assure délivrer avec beaucoup de parcimonie, l’entreprise peut chercher à se protéger contre les risques d’une mauvaise publicité. “Le WWF est un critical friend”, résume Kareen Rispal, responsable du développement durable chez Lafarge. L’ONG alerte et critique, mais jamais en public. Au point de créer quelques tensions parmi les 93 salariés de la fondation, notamment entre les experts scientifiques, chargés des missions environnementales, et les responsables de partenariats, soucieux de préserver le client. “Nous ne sommes pas associés au processus de sélection en amont, explique un ancien expert. Résultat, il nous arrivait parfois de devoir travailler avec des entreprises pour lesquelles l’évolution des pratiques nous semblait impossible.” Le WWF, qui se défend d’avoir jamais sombré dans la complaisance, se réserve le droit d’évincer ses partenaires, comme il l’a fait avec la Caisse d’épargne en 2009 ou GDF quand le gazier s’est rapproché de Suez. Et comme il pourrait bien le faire demain avec Pierre & Vacances.
“Le problème du WWF est qu’il dresse un constat dramatique de la situation sans jamais remettre en question l’origine du mal, c’est-à-dire le modèle des entreprises elles-mêmes”, regrette Fabrice Nicolino, auteur de Qui a tué l’écologie? (éd. LLL), un pamphlet contre l’action des associations écologistes. Depuis qu’il a signé avec l’ONG, le groupe Lafarge a réduit de 21,7 % ses émissions de CO2 par tonne de ciment produite. Mais il a été récemment accusé par le Réseau Action Climat d’Europe de financer des sénateurs américains climato-sceptiques. “Et le WWF ne trouve rien à y redire !” s’offusque le journaliste militant.
Là n’est pas la seule contradiction. Aujourd’hui, l’organisation s’interdit de discuter avec les pétroliers, les nucléocrates et a refusé un partenariat à Air France. Mais elle prête volontiers son panda à Aéroport de Paris, pourtant dans le même secteur. En 2009, alors que le monde traverse une crise historique, elle soutient le premier Salon du luxe et du développement durable. “Dès l’origine, le WWF s’est fondu dans les milieux capitalistes. Il ne s’est jamais opposé au modèle productiviste ou à la société de consommation, car sa mission première a toujours été la conservation de la nature”, explique Denis Chartier, universitaire et auteur d’une thèse sur le sujet (voir l’encadré). Aux Etats-Unis, notamment, l’association siège dans des tables rondes sur le soja “responsable” aux côtés de firmes comme le géant des semences Monsanto.
180 000 donateurs dans l’Hexagone
Heureusement pour le WWF français, les attaques restent relativement circonscrites au cercle des écolos purs et durs. En l’espace de cinq ans, il a même recruté 50 000 donateurs supplémentaires et en compte désormais 180 000 dans l’Hexagone. Récemment, un rapport parlementaire sur la transparence du financement des organisations environ-nementales reprochait à la fondation Hulot ses liens troubles avec les entreprises, mais louait les partenariats du WWF. “Qui irait critiquer une ONG prête à la conciliation permanente ?” conclut Sylvain Angerand. “On ne reproche pas à la CGT de négocier avec le gouvernement”, réplique, courroucé, Serge Orru. Le gentil panda sait aussi sortir ses griffes

Allez, c’est fini, je ne suis plus énervé, la prochaine fois on parlera de pinards faut en profiter tant que c’est politiquement correct, mais je me demande quand même ce que pensent les champignons de tout cela…

1 Comment

  1. “Le faux gras, c’est dégueulasse”: retour sur une polémique | Saturday Wine Fever says:

    [...] dernier, je publiais ici-même un post qui a fait grand bruit. Beaucoup d’internautes l’ont relayé. Je me suis fait traiter de tous les noms (je me [...]