Orval, ô Désespoir…

orval

Ô vieillesse ennemie… On pourrait aussi ajouter : Sic Transit Gloria Mundi. Ce qui pour le sujet du jour ressemble à une langue locale. Ou presque. En deux mots, c’est presque le récit d’une catastrophe annoncée.

La crise des vocations touche le monde de la chrétienté de façon brutale, genre de plein fouet depuis pas mal d’années déjà. Ce n’est pas un fait nouveau. Mais ce qui est nouveau, c’est que la catastrophe risque d’atteindre les rives d’un de nos fleurons gastronomiques, un des trésors nationaux, un mythe, une exception, une histoire. Oui, les moines trappistes d’Orval, déjà plutôt âgés en moyenne, sont en voie de raréfaction, voire d’extinction à moyen terme. C’est le magazine économique américain Forbes qui l’annonçait il y a quelques jours.

Il y a trop peu de novices, les moines en place se font vieux, fatiguent et ne voient pas de relève massive au bout du chemin qui poudroie. A terme la bière pourrait ne pas disparaître, mais perdre son label Trappiste pour commencer.

Ce qui serait, bien entendu une catastrophe, d’une part pour la communauté religieuse locale, mais surtout pour le monde de l’hédonisme. Orval est une des rares bières qui vieillissent, grâce à la combinaison des levures et d’une bactérie de type brettanomyces, mais c’est aussi bien plus que cela. C’est une bière sans compromis, qui n’a jamais cédé aux sirènes du marché, la production est volontairement limitée, le flaconnage est unique, toujours la même forme, la même étiquette, c’est à ce prix là que se battissent les légendes.

Même si le bruit urbain parle de pénurie, on en est loin, ne rions pas. Certes, il est parfois surprenant de trouver facilement des “Orvaux” à Pékin, mais ce n’est pas là que se trouve la majorité de la production, c’est bel et bien chez nous.

Contrairement à d’autres trappistes, entre autres élue meilleure bière du monde aux Etats-Unis, l’Orval n’existe que dans une qualité, sans sucrosité, sans aucune concession au goûts à la mode, bref, c’est un produit d’exception qui pourrait disparaître.

Pour moi, c’est un peu tard, mais si vous avez quelques jeunes à portée de la main, qui sont prêts à s’engager dans la carrière et à embrasser la vie monastique, c’est le moment de les envoyer en retraite à Orval pour qu’ils découvrent les joies de ce qu’ils pourraient perdre s’ils persistaient à se détourner des devoirs de la foi.

10 Comments

  1. jean-michel says:

    Faut se renseigner avant d'écrire. On ne trouve plus d'Orval à profusion en Gaume, par contre oui, au Leclerc de Apt dans le Lubéron, on trouve. Ils sont en train de tromper les gens qui les ont fait vivre à Orval. Allez sans un bac vide à Sainte Marie sur Semois auprès du brasseur local, et demander un bac d'Orval, vous verrez la réponse.
    De plus ils ont changé les levures il y a quelques années (chimique au lieu de naturelle) et le vieillissement n'est plus pareil.
    C'est une bière unique mais avant l'export, il faudrait penser à ceux qui ont financé la création de cette bière et du fromage qui va avec.

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    • Eric Boschman says:

      Cher Jean-Michel, je me demande si je ne serai pas mieux renseigné que vous...allez donc voir ceci et lisez ce que dit la dame, on dirait qu'elle a l'air de savoir de quoi elle parle. Et, ce soir, a Chimay, à l'hôtel Villa Adélaïde, en ouvrant la porte du frigo à bières, en plus de la super des Fagnes, de quelques Chimay, de la Super Noël de l'abbaye d'Aulne, il y avait trois rangs d'Orvaux bien rangés. Venez ici avec votre bac vide ;-)

      http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130930_00368136

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      • !!! says:

        Cher Eric,nous connaissons tous la grande qualité des articles du site de "L'Avenir", cependant si on lit attentivement l'article que vous partagez, on peut y lire tout et son contraire.
        La maître brasseur nous dit qu'il n'y a pas pénurie et commence la phrase suivante par ces mots "le problème" donc il y a effectivement un souci pour s'approvisionner dans certaines conditions. Et effectivement, même si la production a légèrement augmenté comme elle nous le dit, je pense que l'exportation a elle fortement augmenté (cf commentaire de Jean-Michel) et il est dans les faits parfois plus facile de trouver notre précieux produit en France dans des grandes surfaces que chez nous.
        Donc pour conclure, c'est très bien d'être mieux renseigné que les autres, encore faut-il pouvoir déchiffrer ces précieux renseignement et les analyser correctement. Bonne journée.

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  2. Fablemoine says:

    Très cher,
    Ne craignez pas l'avenir! la communauté trappiste, au niveau mondial se porte assez bien, et de nombreux couvents abondent de moines. Ceux-ci pourront le cas échéant suppléer nos moines gaumais, comme les prêtres polonais ou congolais le font déjà dans nos paroisses désafectées.
    Quant à la bière elle même, je me permettrai quelques commentaires :
    Bretta est une levure et non une bactérie. C'est une peu une cousine éloignée de la levure de brasserie.
    Le goût? je trouve l'Orval moins vert qu'auparavant; la dureté de l'amertume a disparu pour laisser place à un produit certes trèèèèèèès bon, mais plus accessible, malgré tout.
    Pour le vieillissement, oui, en effet, il change bien au cours du temps, mais pour avoir goûté du 12 ans, je dois malgré tout reconnaître que 3/5 ans me semblent ses meilleures années. Mais de la Chimay bleue aussi vieillit très bien, mais de la Rochefort 10 aussi...

    Je reste optimiste quant à Orval; pareil site ne disparaîtra pas, mais vivra peut-être une nouvelle jeunesse, comme le vit actuellement Val-Dieu.

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    • Eric Boschman says:

      C'est vrai, je me roule à vos pieds, a force de détester la brett dans les vins, j'ai tendance à ma la considérer. C'est bien une levure une fois pour toutes...

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  3. Didier Eggerickx says:

    Une manoeuvre des calotins? Du chantage? De toute façon, je n'aime pas l'Orval... Mais plus quand même, que la tête de Boschmann, ses bajoues et son snobisme, Beurrkkk, je vomis où???

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    • Eric Boschman says:

      Avant de vomir cher Didier, pourquoi n'iriez vous pas chercher votre zapette afin de changer de chaîne. Moi quand quelqu'un me rend malade, je vais m'en vais voir ailleurs, vous devriez y penser, si cela vous est possible...

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  4. jo says:

    Tout ce qui est belge a de toute façon vocation (c'est le cas de le dire) à disparaître. Première mise en bière du Belgium : le 25 mai 2014.

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  5. Eric Pierrard says:

    Bonjour à chacun,
    Quelque soit l'avis de chacun, il est à reconnaître "amèrement" que notre ORVAL disparaît trop rapidement des rayons de nos supermarchés... A tel point qu'il faille parfois réaliser un tour de région pour en trouver quatre demeurant dans le seul bac orange disponible à côté d'une efflorescence en surnombre d'autres trappistes et bières d'abbaye... Que se passe-t-il vraiment? exportation prioritaire, organisation stratégique de la rareté, ... Demandons-le directement à l'abbaye? En cet endroit, bien que recherché, le silence n'est pas toujours de rigueur...
    Pour celui qui "travaille" son palais "abbatial", l' ORVAL est une surdouée de la caudalie es amertume. Elle développe ce gaz très particulier qui nous vient de Celui qui a permis le brassage de ce nectar d'exception... Son trouble, son dépôt, sa couleur est l'oeuvre d'Un très Grand...
    Qu'il me soit à jamais donné la chance d'en boire une quotidiennement en toute humilité, simplicité et communion avec nos cénobites cisterciens de la stricte observance... (SIC)

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  6. craiout says:

    Curieux, vos dires quant à la rareté.
    Habitant en Gaume, je ne manque jamais d'Orval. Quand bien même les caisses oranges se font parfois plus rares, l'Orval ne fait jamais défaut, en 6-packs, au Co....t de Virton et d'ailleurs, par palettes entières.
    Et rien à dire, sauf du bien, de la dernière "2006" que j'ai sirotée hier...

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