Que boire avec une galette des Rois quand il fait vraiment immonde dehors

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C’est le temps de l’amour…

Le temps des beaux jours et de la froidure, c’est surtout le temps des Rois. Et, comme chaque année, le 6 janvier, quelqu’un va tricher comme un cochon pour piquer la fève aux autres, l’un ou l’autre enfant pleurera parce qu’il ou elle n’est pas l’heureux élu du jour, on oubliera de laisser une part en plus que le nombre de convives, au cas ou quelqu’un dans le besoin se présenterait à la porte. Mais surtout, on va se gaver de mauvais Cavas* ou de bulles médiocres pour faire fête mais pas trop parce que bon, on sort du tunnel des fêtes de fin d’année et que l’on est fauché comme un champ de blé à la fin de l’été. L’essentiel est là, ou presque, que boire pour atterrir en douceur après toutes ces fêtes ? A l’heure ou les télévisions vomissent des heures et des heures de programmes gastronomico-énervants, qui nous fera le dîner en accord avec les vins plus ou moins parfait ? Vous aussi vous l’avez remarqué ? Nulle part dans ces émissions à effet de serfs il n’est fait mention de l’accompagnement liquide. Soit parce que c’est inutile, soit parce que jamais ou presque on évoque le plaisir, l’émotion pure et réelle, soit parce que ce n’est pas politiquement correct. Pourtant, moi, une galette des rois avec du mousseux, ça m’étouffe et ça me ballonne. Ça pourrait même, par grand vent, me gâcher mon plaisir. Non que je n’aime ni ne souffre les bulles, loin s’en faut, je suis fan absolu de tout ce que font Dom Pérignon et ses amis, mais, franchement là, sur la frangipane ou sur la version chocolat un peu riche de l’un ou l’autre de mes camarades pâtissiers, ça me fait un peu mal. Et si on changeait un peu nos habitudes ? Et si on partait en voyage pour des saveurs oubliées : la myrrhe, et l’encens? Et si on se faisait simplement plaisir ? Suivez moi.

*Pour les trolls et autres maniaques des commentaires pénibles: si, si, il existe de bons cavas, j’ai des noms…

Le vin du jour

Pour accompagner une galette des rois au chocolat, pour changer un peu du Porto ou des Banyuls, j’ai un truc qui va vous en boucher un coin. Et pas un petit, non, un sérieux coin. Une bouteille de Martini Gran Lusso, un vermouth, un produit à base de vin, que l’on a aromatisé a l’aide de plantes, d’herbes et même de fleurs. En cette année de cent-cinquantième anniversaire de la première recette, le maitre distillateur et le maître herboriste de la maison se sont inspirés des recettes originales des fondateurs. C’est très proche d’un Barolo Chinato, une curiosité arrivée en droite ligne de l’antiquité avec une petite étape au moyen-âge et une autre au dix-huitième afin de redécouvrir ce qui existait déjà. C’est remarquable, prenant même. En bouche, on trouve une amertume, une fraîcheur étonnante. Au nez, on navigue entre l’orange amère et la gentiane, en passant par un peu d’estragon, histoire de ne pas oublier que Luigi Rossi était pharmacien. Un vin de roi pour mieux aimer la galette, c’est juste parfait.
Seules 500 bouteilles sont disponibles en Belgique au prix de 25€ dans quelques boutiques hors normes.

Une bière, une galette

ET si votre galette était classique, et si vous n’aimiez pas le Martini ? Pas grave, il y a tout ce qu’il faut en rayon. Quelques jours après Noël, il traîne encore des bouteilles sur les linéaires des grands magasins, n’ayez crainte. C’est le moment de découvrir une des rares blondes de Noël. La Bonsecours de Noël est une des meilleures bières brassées durant toute l’année. La robe blond, doré surprend au premier abord, c’est que les bières de Noël sont, par tradition, des bières noires ou rouges, foncées et denses. Ici, tant au nez qu’en bouche, on joue que le côté fruité, la pâte de coings, l’abricot sec, le pamplemousse, les amandes fraîches, sans oublier une belle et longue amertume en fin de bouche, sans oublier les notes de torréfaction en fin de palais. C’est profond, mais, surtout, c’est très frais, parfait pour donner un coup de nerf à la frangipane.
La Bonsecours de Noël, chez Cora, 1,30€

Le Chiffre :

80 c’est le nombre de plantes et herbes mélangées et distillées avant l’ajout du vin. Dont, entre autres: gentiane, angélique, rhubarbe, iris, gingembre, santal, quinquina, armoise, sarriette, menthe, framboise, coriandre, cardamone, anis, genièvre, aloès, cachou, citron, orange, rose, lavande, clous de girofle, origan, marjolaine, thym, romarin, myrrhe…

1 Comment

  1. Regain says:

    Puisque le titre de l'article ne précise pas que l'on doive se cantonner uniquement aux boissons alcoolisées, pourquoi ne pas tenter un bon thé parfumé à base d'écorces d'oranges, de cannelle...?
    Et si l'envie d'alcool se fait sentir, classiquement un bon cidre brut fermier.
    Ou, en matière de vin, un banyuls, mais blanc, issu de grenache gris et blanc, comme la délicieuse cuvée "Rivage" du domaine Vial-Magnères. (comme un hommage posthume à Bernard Saperas, propriétaire malheureusement décédé accidentellement.)

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