Le 11h02 : “La fraude au chômage est largement tolérée”

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La fraude au chômage a augmenté de 40 % en trois ans. Comment expliquer cette situation ? Les chômeurs, victimes du système ou profiteurs ? Bernard Demonty a répondu à vos questions

La fraude a-t-elle réellement augmenté ?

« Sur trois ans, les abus à la législation au chômage ont augmenté de 40 %. Les chiffres officiels que l’Onem réclame arrivent à 68,1 millions d’euros. Ce sont des abus détectés par l’organisation même. La fraude en soi n’a donc pas augmenté de 40 %, c’est la fraude détectée qui a augmenté de cette façon. »

« L’Onem a fait des efforts de contrôle puisqu’ils ont maintenant des données informatiques. Ils ont croisé, par exemple, les banques de données du chômage avec celles de l’ONSS et de l’Inami. Ceci leur permet de savoir si une personne cumule le chômage avec par exemple, l’allocation de maladies. Donc, l’Onem a fait des efforts, et c’est ce qui explique, en grande partie, la hausse de 40 %. »

Qu’en est-il des contrôles à domicile ?

« Ils sont quasi inexistants. Du moins, beaucoup moins fréquent qu’avant. Il reste sur le terrain une fraude énorme. Il ne faut pas être hypocrite. On en connaît tous au moins un. J’ai fait le test auprès de mes collègues, ils connaissent tous une personne qui a déjà fraudé. Ca reste un comportement ultra-répandu. »

Le PS au pouvoir profite-il aux chômeurs ?

« Je n’ai pas constaté dans l’enquête des entraves politiques à la lutte contre la fraude. J’ai constaté des entraves syndicales et patronales. Notamment les patrons qui engagent au noir et de l’autre côté, les syndicats qui freinent des initiatives du Forem qui sont parfois plus proches de la traque que de la fraude. C’est sûr qu’au niveau politique, il y a un discours de lutte contre la fraude sociale. Mais sur la lutte contre la fraude au chômage, on ne peut pas dire que les moyens sont décuplés pour ce genre de problèmes. On veut peut-être y voir, en période de crise, l’envie de ne pas s’attaquer à des personnes précarisées. Toutefois, je ne sens pas que c’est un sujet politique majeur. »

Le chômage, une aberration digne d’un état providence ?

Plus un état dispose de filets de sécurité, plus cet état est humain. Je pense qu’on peut se réjouir que la Belgique ait une sécurité sociale. Et ça, on le dit de tous les bords politiques. Personne ne doute de l’intérêt d’avoir une sécurité sociale qui soit un filet de sécurité. Je pense que c’est un signe de civilisation. Une autre chose, c’est le fait que ce système génère des comportements de gens qui vivent au frais de la collectivité. Ce système doit rester une assurance. Quand vous avez un pépin, vous avez un filet. Si ce système est trop généreux, la question ne situe pas là. La question est que ce système doit être payable. Si on commence à avoir des abus dans tous les coins, ce système doit être financé et contient alors sa propre perte. C’est là qu’il faut voir l’utilité de la traque à la fraude. Elle remet en cause la viabilité du système.

Propos résumés par Gauvain Dos Santos (St.)

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10 réponses à Le 11h02 : “La fraude au chômage est largement tolérée”

  1. Philippe Delpierre dit :

    Il est idnamissible que des chômeurs fraudent pour obtenir des allocations plus élevées. C’est nous qui payons ! Je connais des chômeurs qui fraudent au domicile. Il ne faut pas être hypocrite. Qui n’en connaît pas ? C’est même très répandu. Eh bien ! Ces personnes frauduleuses empochent net tous les mois 2.090 €. Ils ont en outre, les allocations familiales majorées et sont VIPO. En comparaison, je connais des ouvriers qui peinent pour un salaire net de 1.200 € et des pensionnés qui ne touchent qu’une pension de 900 € alors qu’ils ont travaillé toute leur carrière. Comme certains l’écrivent si bien, cherchez l’erreur. En conclusion, il est tout à fait normal de lutter contre la fraude au chômage et de poursuivre les fraudeurs.

  2. Jean D dit :

    On a entrepris des études longues et couteuses l’an passé, en cours du soir, nous serons diplômés cette année et nous élevons notre niveau de qualification a “Enseignement Technique Supérieur” ce qui va changer notre vie, car nous avons eu le déclic a temps de nous prendre en main, mais nous n’avons aucune aide de la part de l’Onem, Forem et autres, car se sont des cours qualifiants du soir, et ne sont pas reconnus, car trop longs, on préfère des formations précaires qui permettent de caser un chômeur pour un ACTIVA et qui se fera virer au bout d’un an. De même, l’école n’est pas en phase avec le monde du travail, on fait n’importe quoi…

  3. Chômeur dit :

    En ces temps de crise, chercher un coupable parmi les personnes les moins à même de pouvoir se défendre est un déni de civilisation.

    En Belgique, la fraude se retrouve majoritairement dans les toutes les catégories de la population. Dans mon entourage, je connais même une fonctionnaire de l’ONEM qui engage régulièrement au noir. Les chômeurs ne font pas exception, sauf que contrairement à un entrepreneur, un restaurateur ou un médecin, ils ont beaucoup moins le choix.

    En trente ans, les allocations de chômage pour un cohabitant n’ont pas augmenté. Or, depuis 1982, les loyers, les transports, les timbres de poste ont significativement augmenté. Affirmer que les allocations soit-disant généreuses n’incitent pas le bénéficiaire à rechercher un emploi est une idiotie.

    Enfin, en Wallonie, nous sommes minimum 20 chômeurs pour une offre de travail. Cherchez l’erreur.

  4. Parmentier André dit :

    Abonné au Soir depuis très longtemps, j’ai été écoeuré par votre attaque en règle contre les chômeurs qui selon votre gros titre seraient tous des profiteurs; je partage l’avis de Melusine, Nicolas et yvano16 ci-dessus.
    Je me demande très sérieusement si je ne vais pas dénoncer mon abonnement à un journal qui confond information et calomnie racolleuse!

    • Claude, journaliste lesoir.be dit :

      Les accusations selon lesquelles Le Soir désignerait à la vindicte les chômeurs est parfaitement illustrative de la difficulté de traiter les sujets réputés tabous. Elles illustrent parfaitement qu’il est difficile de faire une enquête sérieuse, illustrées de faits et de chiffres, sans être accusé de vouloir mener une démonstration qui serait a priori scandaleuse. Poser la question sur le bon usage des allocations de chômage seraient donc indignes. Nous ne le pensons pas du tout. Nous considérons que dire qu’un petit pourcentage (ce qui a été écrit, noir sur blanc) des allocations de chômages sont indues est salutaires pour la santé du système.

  5. Mélusine dit :

    Il y aura toujours deux types de personnes et celles-ci se retrouveront partout dans la société. Les abuseurs, qui veulent le beurre et l’argent du beurre, ils doivent être combattus et les autres qui sont dans l’impossibilité de boucler décemment leur fin de mois et agissent en intelligence, préférant avoir des compte à rendre au chômage qu’aux huissiers ou se mettre sur la mutuelle pour santé défaillante suite à une alimentation de mauvaise qualité et de mauvais soins (tout bénéfice pour l’Etat). A moins que le calcul de l’Etat soit d’euthanasier indirectement tout ceux qui ne se tuent pas dans un emploi. A partit de cinquante trois ans (et moins diront certains), les chances de retrouver un emploi décent est de zéro.

  6. Nicolas dit :

    Bon…, mes loulous du journal le soir. Plutôt que de monter les travailleurs contre les chômeurs (les chômeurs d’aujourd’hui sont les travailleurs de demain et les travailleurs d’aujourd’hui ne sont pas à l’abri d’être les chômeurs de demain), pouvez-vous ne pas brûler les étapes, et abordez les questions primordiales d’abord ? D’accord donc d’après-vous +où- 5% des chômeurs sont des profiteurs, mais cela veut dire que 95% des chômeurs ne trouvent pas de travail… pourquoi ??? D’accord, les chiffres de fraudes au chômage ont augmenter de 40%, ce qui veut dire qu’un grand nombres de chômeurs ne peuvent pas vivre seulement avec les allocations…. pourquoi ??? Votre journal oublie également que beaucoup de travailleurs au noir sont des travailleurs salariés, cumulant un autre emploi au noir… pourquoi??? 1 personnes travaillant au noir = 1 personnes engageant au noir, donc des patrons pour qui ne savent pas se pailler un employé donc engage au noir…. pourquoi??? La plupart des travailleurs en noir son des endettés,…. pourquoi??? +où- 50 000 offres d’emploi pour 500 000 demandeurs d’emplois… pourquoi????? Donc journalistes du soir qui avez votre petit boulot pénard, et qui apprennent aux jeunes l’orthographe avec brio “swarado”, pourquoi ne répondez-vous pas à ces questions d’abord…. POURQUOI?????!!!!

  7. yvan016 dit :

    Comment voulez vous qu’il en soit autrement messieurs les bouffeurs de chômeurs…essayez-donc de vivre avec 400 à 1000€ par mois…! Alors que TOUT LE MONDE sait maintenant qu’il y a peut-être 40 à 60.000 emplois disponibles pour 500 à 600.000 personnes inoccupées en Belgique…!!! Et puis, c’est tellement courageux et facile de s’en prendre sans cesse aux chômeurs…………

    • Fabske dit :

      D’un autre côté, si 400 à 1000€ n’est pas suffisant, pourquoi il y a 40 à 60 000 emplois libres ?

      • BrillenOtarie dit :

        Dans les offres d’emplois, il faut en distinguer de différents types :
        -Les offres d’emplois pour rassurer clients et investisseurs sur la santé financière d’une l’entreprise : souvent des profiles irréalistes ou impossibles.
        -Les offres d’emplois impossibles ou absurdes, par protectionnisme des techniciens en places ou manque de connaissances des qualités réellement nécessaires pour remplir une position (historiquement très fréquentes en informatiques).
        -Les offres d’emplois qui n’existent que pour des raisons légales, alors que quelqu’un a été trouvé qui par ses liens avec les personnes en place occupera le poste d’office (Dans les structures étatiques, le processus de sélection pourra impliquer de multiples « épreuves » et de nombreuses heures de préparation).
        -Les offres économiquement invivables, demandant une voiture propre… pour un salaire avec lequel on ne saurait pas la faire rouler.
        -Les arnaques pures et simples qui vous proposent par exemple un job en or, à l’autre bout du monde et suite à une « formation » payée par le chercheur d’emploi.
        -Les chasseurs de têtes et sociétés d’intérim, qui seront souvent 5 à se battre pour un même contrat et postent donc chacune une offre pour ce qui au final n’est souvent qu’un seul job. (Enfin, si job il y a, et si ce n’est pas seulement pour se créer une réserve de candidats potentiels.)

        Ce qui fait qu’au final, pour 10 offres d’emplois correspondant à un profil, personnellement je considère qu’il y en a 1 ou 2 qui sont réelles.

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