Les syndicats freinent-ils le progrès ? “Revendiquer un emploi de qualité, c’est cela le progrès!” répond Marc Becker, secrétaire national (CSC). “Le progrès, c’est surtout de se demander si les recettes du passé sont toujours bonnes, et si on peut se les payer”, rétorque Vincent Reuter, administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE). Le résumé du chat
Quelque chose cloche manifestement dans le système. Non, le syndicalisme n’est pas dépassé, c’est la société qui est mortifère. (Mélusine)
Marc Becker (CSC) : En effet, l’exigence de flexibilité et de compétitivité accrue (souvent pour un actionnariat de plus en plus gourmand) tend à précariser de plus en plus le monde du travail. Revendiquer un emploi de qualité ; c’est cela le progrès!
Vincent Reuter (UWE) : Oui, mais qu’est-ce qu’un emploi de qualité ? Le travail garanti à perpétuité ?
M.B. : Non car la perpétuité est une condamnation. L’emploi de qualité est celui où l’on peut s’épanouir dans de bonnes conditions de travail avec en plus, des perspectives d’avenir.
V.R. : Le progrès, c’est surtout de se demander si les recettes du passé sont toujours bonnes, et si on peut se les payer.
Les syndicats sont-ils financés par de l’argent public ? (CédricCédric)
M.B. : Les syndicats sont financés par les cotisations de leurs membres et ne perçoivent aucun argent public pour l’action syndicale.
V.R. : Oui mais n’oublions pas la rétribution de l’État pour le versement des allocations.
Les grèves sauvages représentent la démocratie. Si les syndicats freinent le progrès, alors la démocratie aussi. (eili)
V.R. : La prétendue prééminence du droit de grève sur tous les autres droits est une absurdité juridique.
M.B. : Par rapport à la prétendue prééminence du droit de grève justement, le Comité Européen des droits sociaux vient encore de donner raison aux syndicats belges pas plus tard qu’hier.
V.R. : le Comité européen a aussi pointé que le droit de grève n’était pas absolu!
Ch.H. (stagiaire)
Relisez l’intégralité du chat :
M. Vincent Reuter, durant le chat, vous demandez plusieurs fois à Mélusine: “qui empêche les syndicats de s’exprimer?”. C’est une question qui amène une réponse complexe car personne n’empêche directement les syndicats de s’exprimer, et pourtant on ne sait rien de leurs revendications. Vous devez savoir qu’aujourd’hui s’exprimer n’a aucun sens quand ce que l’on dit n’est pas relayé. Or le relai est encore grandement assuré par les médias, et ceux-ci ont subi des métamorphoses non-dites mais cruciales (i.e. concentrations, privatisations, consensus éditoriaux, rareté des débats, précarité des journalistes, puissance des médiacrates etc.) Si les syndicats s’expriment librement mais que les médias ne relaient pas, ou pire relaient mal, alors les moyens d’expression des syndicats sont coupés. Et c’est exactement ce que l’ensemble du système produit. J’en veux pour preuve le recensement des Editos francophones belges depuis trois mois à propos des grèves (cf. Acrimed, deux papiers). Bonne lecture, et n’hésitez pas à me répondre ici-même.
Oui les syndicats freinent la progression de l’ultra-libéralisme !
De tout temps le terme progressiste a été lié aux idées de gauche et conservateur aux idées de droite. La notion de conservatisme n’étant pas très moderne ni très valorisante la droite l’a remplacée par réformateur. Faisant croire que réforme était un synonyme de progrès. La gauche devenait dés lors conservatrice puisqu’elle refusait d’abandonner ses acquits. Il est aujourd’hui évident que les différentes réformes décidées récemment représentent un recul social. on peut discuter sur le fait de savoir si elles sont indispensables ou non, mais ce qui est évident c’est qu’un réformateur est pire qu’un conservateur pour notre système social puisqu’il ne se contente pas de le bloquer mais diminue son action et qu’il est dés lors le contraire d’un progressiste.
je pense que les syndicats ont eu leur raison d’être, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Ils sont responsables de plusieurs faillites et delocalisation. Il est temps qu’ils ouvrent les yeux et deviennent responsable par rapport a l’époque. Je suis retraite et vois les choses avec réalité.