La Belgique demeure l’un des pays où l’économie “souterraine” prospère le plus. Manque de contrôles ? Complicité politique ? Pression fiscale trop importante ? Les raisons sont nombreuses. Mais l’une d’elle apparaît comme le vrai tabou de la fraude fiscale et sociale : le “noir” n’a pas que des points négatifs. Une soupape sociale, un tampon conjoncturel.
- Pourquoi n’en parle-t-on pas? Par définition, la fraude est socialement et politiquement inacceptable. Difficile, voire impossible, pour un politicien d’évoquer les aspects “positifs”. Le discours politique se doit d’envisager la fraude sous l’aspect de la lutte en vue de l’éradication de la fraude.
- Un chiffre pour objectiver. 17,9 %. La proportion estimée (par rapport au produit intérieur brut) de l’économie souterraine en Belgique. Soit plus de 60 milliards d’euros.
- La révélation de notre enquête. La fraude, dans des proportions “raisonnables” (quasiment impossibles à évaluer), joue un rôle de soupape sociale, évitant des troubles sociaux, et agit également comme un tampon lors des chocs économiques, en “huilant” la machine économique.
- Une piste pour sortir du tabou. Plus de contrôles mais un taux d’imposition plus bas ainsi que des lois et règlementations moins nombreuses et plus systématiquement appliquées.
Le dossier complet dans le Soir.
Joan Condijts
Quelques sources
Estimation de la fraude fiscale en Belgique (ULB)
Estimation de la fraude fiscale en Belgique (ULB)
Sous la protection de l’ombre. La croissance de l’économie souterraine
Sous la protection de l’ombre. La croissance de l’économie souterraine
The Influence of the economic crisis on the underground economy in Germany and the other OECD-countries in 2010

“Plus de contrôles”. Je me demande par quel trouble psychologique on en arrive à réclamer ce genre de chose. Laliberté vous fait-elle peur à ce point?
Brusselaar, votre distinction n’a aucun sens. Les deux sont nécessaires pour faire cette fraude. Il y a en bout de course tjrs quelqu’un pour acheter le service ou le produit. La fraude ne peut exister sans ce que vous appelez le fraudeur passif.
@Brusselaar : Il y a aussi le fraudeur passif professionnel : Celui qui n’accepte pas de travail déclaré, parce que ça ne l’arrange pas (par ex il touche un chômage) Selon votre définition j’ai déjà été fraudeur actif (en tant qu’employeur), parce que je n’ai trouvé personne acceptant le travail déclaré. Et je n’y ai pas gagné, au contraire, puisque j’ai du facturer au client final sans pouvoir déduire le salaire de l’employé. Seule solution : faire un maximum de frais (parfois superflus) pour pouvoir déduire l’équivalent du salaire non déclaré.
Il faut distinguer le fraudeur actif ( celui qui propose le travail au noir , le professionnel) et le fraudeur passif ( celui qui accepte occasionnellement ce genre de travail ) . le seul gagnant est le fraudeur actif . Dire que l’Etat a besoin de la fraude est un leurre
60 millars?! Voilà comment financer le déficit. On a besoin que du quart.
C’est peut-être un tampon mais toujours les mêmes. Les employés, on peut aller se brosser. Pourtant, on travaille aussi…
C’est l’évidence. Punir les fraudeurs est un très mauvais calcul.
Il faut au contraire permettre à ceux-ci d’exercer librement leur profession et récupérer l’argent par la taxe Tobin sur toutes les opérations financières (Lire Bernard Maris).