Malgré l’intensification de la lutte antidopage, qui coûte désormais 1,6 million d’euros par an aux Communautés, le nombre de cas positifs est en baisse en Belgique… ce qui ne veut pas dire qu’on ne se dope pas. Mais le dopage chez les amateurs, surtout dans les salles de musculation et de fitness, explose grâce à l’approvisionnement via internet. Le dossier complet dans le Soir.
- Quel est le tabou ? La récente condamnation à deux ans (rétroactifs) de suspension par Alberto Contandor n’a rien fait pour arranger les choses. Pour faire des performances, les sportifs seraient forcément obligés de prendre des produits interdits. Un non-sens, même pour les plus impitoyables traqueurs de dopés. Le dopage est, certes, plus répandu que ne laissent supposer les résultats des contrôles, certains produits sont toujours indétectables, mais, dans de nombreuses disciplines, une baisse des performances a été remarquée, ce qui prouve que les athlètes font désormais plus attention qu’il y a quelques années.
- Pourquoi n’en parle-ton pas? Parce que la limite entre le geste médical et le geste dans une optique de performance est très ténue. Ils sont nombreux les sportifs à être persuadés que les produits qu’on leur donne ne servent qu’à les aider à récupérer plus vite.
- Un chiffre pour objectiver. Le nombre de cas positifs en Belgique est en chute depuis trois ans. Il est actuellement de 3% pour les contrôles effectués en Flandre et d’un peu plus de 4% pour ceux effectués en Wallonie. Cela ne veut pas forcément dire que le dopage est en recul. Des études effectuées par l’Agence mondiale antidopage démontrent qu’il y aurait environ 10% de sportifs dopés et Peter Van Eenoo, le responsable du laboratoire de Gand, estime que 15 à 20% de sportifs se dopent à un moment ou l’autre pendant leur carrière.
- La révélation de notre enquête. Le dopage dans le sport amateur prend des proportions inquiétantes dans notre pays. Le responsable de la cellule antidopage flamande estime notamment qu’il y a 50.000 personnes qui fréquentent une salle de fitness en Flandre qui prennent des produits interdits, surtout des anabolisants à la provenance douteuse, qu’ils achètent très facilement via le Net. Des chiffres que l’on peut objectiver à la lecture des interceptions d’hormones effectuées par les groupes anti-drogues de Zaventem et de Bierset (là où se trouvent les compagnies de courrier express) : 4.180 doses d’hormones diverses (nandrolone, testostérone, methandrostenolone, etc.) et 2.600 doses d’hormones de croissance (gonadotropine, Igtropine, somatropine, etc.) en 2011. La majorité de ces saisies concerne des envois en petite quantité de produits dopants. Enorme. Et en 2010, ce sont…41.363 doses d’hormones diverses qui avaient été interceptées !
- Une piste pour en sortir. A défaut de résoudre le problème, le nouveau décret dopage qui va bientôt paraître au Moniteur va clarifier la situation et permettra enfin à toutes les régions et communautés d’être en conformité avec les prescrits de l’Agence mondiale antidopage avec une plus grande professionnalisation des contrôles même si celle-ci aura un prix : en 2012, le budget de la lutte antidopage est de 1,6 million d’euros en Belgique. Le nouveau décret prévoira aussi une adaptation du système des « whereabouts » (localisation des athlètes) en fonction de la discipline pratiquée. Mais on n’éradiquera sans doute jamais le dopage malgré les campagnes de sensibilisation et les témoignages comme celui du vététiste Filip Meirhaeghe qui, 8 ans après avoir subi un contrôle positif à l’EPO qui a provoqué chez lui une terrible dépression, ressent encore toujours les conséquences de son acte.
Le dossier complet dans le Soir.
Thomas Busiau et Philippe Vande Weyer
Les chiffres des contrôles antidopage de la Communauté française
Les chiffres des contrôles antidopage de la Communauté française
Le tableau des substances détectées

Pourquoi ne pas rayer à vie les sportifs qui se dopent et infliger au club ou l’équipe et médecin un amende énorme cela serait bien plus honnête avec les sportifs qui font de leur mieux sans se doper
Moi, j’me dope à l’EPN des vétérans: l’Extrait Pur d’Orval !
Avant, pendant et après la course.
“Malgré l’intensification de la lutte antidopage, qui coûte désormais 1,6 million d’euros par an aux Communautés, le nombre de cas positifs est en baisse en Belgique…” Bizarre, comme raisonnement : Malgré la lutte, le dopage baisse…..
Une intensification de la lutte antidopage aurait dû faire grimper le nombre de cas positifs détectés, or, ce fut l’inverse !