Week-end à Rome, au cœur de la Ville éternelle

Le Colisée

Le Colisée

Rome a fêté dignement l’événement au cours d’une « nuit blanche » qui restera gravée dans les annales : depuis samedi, la principale voie d’accès au Colisée est fermée à la circulation. Seuls les piétons peuvent désormais emprunter le dernier tronçon de la célèbre avenue des Forums impériaux, qui relie la place de Venise au célèbre amphithéâtre romain. Une première étape dans l’entreprise titanesque de remise en état du Colisée, dont la dégradation atteint des proportions colossales. C’est qu’en 10 ans, le nombre de visiteurs de ce théâtre mythique, achevé en 80 après JC, est passé de 1 à 6 millions par an. En 2007, il a été plébiscité au rang des 7 nouvelles merveilles du monde. Mais dans la Ville éternelle, les merveilles sont à tous les coins de rue. Et si on y passait un week-end ? Juste le temps d’y goûter, en attendant l’occasion d’approfondir.

Place Saint-Pierre

Place Saint-Pierre, de la terrasse de la basilique

5 heures… du Vatican au Colisée

L’histoire de Rome est presque trois fois millénaire et la Ville éternelle conserve de fabuleux vestiges de toutes les époques qui l’ont fait vibrer. S’il n’en faut retenir que deux, choisissez de vous offrir un concentré de la Rome antique et impériale et un aperçu des fastes de la papauté au Vatican. En commençant par ce dernier – dès l’aube, pour éviter la foule et profiter pleinement de votre courte visite.

Le pont et le château Saint Ange

Le pont et le château Saint Ange

On accède au plus petit Etat du monde (44 ha, 450 habitants) en traversant le Tibre par le pont Victor Emmanuel II, prolongement du corso (avenue) du même nom qui traverse le centre historique. Ou, si vous êtes à pieds, par l’antique pont piétonnier Sant Angelo, qui débouche sur le célèbre castel du même nom : le château Saint Ange, mausolée de l’empereur Hadrien relié au Vatican par un passage secret, cher à l’écrivain Dan Brown (Anges et Démons).

De là, la perspective ouverte par la via della Conciliazione sur la place et la Basilique Saint-Pierre est magnifique. Si vous y êtes dès l’ouverture à 7h du matin (visites guidées possibles), vous serez à peu près seul. Visez haut en grimpant au sommet de la Coupole conçue par Michel-Ange. La terrasse du lanternon culmine à 132 m au dessus de la ville, dont vous embrasserez les toits et les merveilles architecturales sous les premiers rayons du soleil. On accède en ascenseur à la base intérieure du dôme, qui offre une vue plongeante sur la croisée et la multitude d’œuvres peintes et sculptées par les plus grands artistes de la Renaissance et du baroque, Michel-Ange et le Bernin en tête. Ensuite, plus que 330 marches étroites à gravir pour atteindre le paradis.

Le mur du fond de la chapelle Sixtine

Le mur du fond de la chapelle Sixtine

Après avoir arpenté l’immense nef, le transept, les multiples chapelles et admiré la célèbre Pièta de Michel-Ange, contournez le mur d’enceinte du siège de la papauté pour rejoindre l’entrée des musées du Vatican, qui regroupent notamment les anciens appartements de nombreux papes décorés par autant de peintres célèbres, dont Fra Angelico, Pinturicchio, le Caravage… Si votre temps est compté, contentez-vous d’admirer les plafonds de la Chapelle Sixtine (encore Michel-Ange) et les Chambres de Raphaël, du nom du peintre favori des Médicis, qui a décoré les appartements du pape Jules II de 1508 à 1520. Au passage, admirez les magnifiques jardins du Vatican où les papes aiment à se dégourdir les jambes.

Sautez ensuite dans un taxi pour remonter le temps. Direction, la colline du Capitole, centre religieux de la Rome antique, qui marque la limite nord du quartier abritant ses vestiges les plus spectaculaires. On accède à l’actuelle place du Capitole (toujours Michel-Ange) par l’escalier de la Cordonata qui permet d’en apprécier le grandiose agencement, autour de la statue équestre de Marc-Aurèle. Les palais qui la bordent sont devenus des musées et abritent les plus anciennes collections d’objets d’art du monde.

Le Forum

Le Forum

A l’arrière du Palazzo Senatorio, profitez de la vue qui s’ouvre sur les nombreuses ruines du Forum Romain, jadis bordé de temples de marbre aux colonnes étincelantes, dont celui dédié par Auguste à Jules César sur le lieu de son assassinat. Descendez ensuite les arpenter vers le sud, jusqu’au Colisée. Image d’Epinal romaine, ce qu’il reste du plus grand amphithéâtre du monde antique donne une idée assez précise de ce que devaient être les sanguinaires jeux du cirque.

S’il vous reste une demi-heure, ne manquez pas l’occasion de remonter le temps d’une autre façon originale. Empruntez la via San Giovanni in Laterano, qui conduit à la première église du monde chrétien, la cathédrale Saint Jean du Latran, résidence des papes jusqu’en 1309. En chemin, arrêtez-vous à la petite basilique de San Clemente. Elle plonge ses racines sur quatre niveaux offrant un bel aperçu des différentes périodes historiques qui font la richesse de Rome. L’église du 12e siècle se dresse sur une ancienne basilique du 4e, elle-même construite sur une maison du 1er siècle avant JC où Saint-Clément accueillait les chrétiens. Quand il n’existait pas encore d’église, dans cette ville qui en compte aujourd’hui plus d’un millier.

2 heures… pour déjeuner

Checchino dal 1887

Checchino dal 1887

Il Gelato di San Crispino

Il Gelato di San Crispino

Caffè Sant’Eustachio

Caffè Sant’Eustachio

Vous l’avez mérité ! On sait le repas sacré pour les Italiens, qui l’aiment copieux à midi et plus léger le soir. Si la ronde des services (antipasto, primo et secondo piatti) est de coutume partout, la spécialité romaine par excellence est ce que les locaux appellent le quinto quarto ou cinquième quart : les abbats. C’est dans le quartier du Testacchio, à trois pas du Colisée, où se concentraient jadis les grands abattoirs de la ville, qu’on les cuisine le mieux. Notamment chez Checchino dal 1887, considéré comme l’un des meilleurs restaurants de Rome, aussi réputé pour sa façon d’accommoder les tripes, queues et autres cervelles que pour sa cave et son choix de fromages. Goûtez aux pajata, des pâtes servies avec des intestins de veau encore gorgés de lait. Faites ensuite l’impasse sur le dessert que vous irez chercher chez Il Gelato, dont les créations glacées à base de produits de saison sont légendaires.

Si les abbats vous rebutent, suivez le Tibre jusque derrière le Capitole pour rejoindre le Ghetto, l’ancien quartier juif médiéval pour y goûter à une cuisine juédo-romaine des plus originales. Chez Piperno ou chez Da Giggetto, vous mangerez les meilleurs artichauts frits de la ville. Une autre alternative est de rallier le Panthéon, plus au nord. Bien qu’envahi par les touristes, le quartier alentour recèle de trattorias, osterias et pizzerias courues par les Romains. Da Gino pour ses classiques comme le poulet aux poivrons, ou La Rosetta, l’un des meilleurs restaurants de poissons, très fréquenté par les VIP et le monde politique (le parlement est tout proche). Ne quittez pas le quartier sans goûter aux glaces ou, mieux, aux sorbets de Giolitti, glacier le plus célèbre de Rome, ni au capuccino mythique du Caffè Sant’Eustachio.

3 heures… pour le shopping

Piazza di Spania et Trinité des Monts

Piazza di Spagna et Trinité des Monts

Rome n’est peut-être pas Milan, mais ses boutiques de mode et ses temples du chic (italien) n’ont rien à envier à ceux des autres grandes capitales européennes. Pour s’en convaincre, il faut arpenter la via dei Condotti et ses voisines, dans le quartier du Tridente, depuis la piazza di Spagna et sa magnifique fontaine au pied de l’escalier de la Trinité des Monts (crochet recommandé). Le week-end à l’heure de la rituelle passegiata – l’art de se promener en fin d’après-midi – elles sont noires de piétons. Rien à voir avec la rue Neuve : ici, ce sont les stars de la mode qui déploient leurs plus beaux atours. Valentino, Ferragamo, Fendi, Prada, Gucci, Armani ou encore Vuitton, Hermès et Dior… Les grands classiques côtoient les valeurs montantes et si les prix sont à la hauteur, les coups de cœur ne sont pas interdits.

Dans la perpendiculaire via del Corso, qui traverse le centre du nord au sud, coexistent boutiques authentiques et grandes chaines internationales. Les créateurs les plus tendances se trouvent chez Bomba, à deux pas de la piazza del Popolo, ou chez My Cup of Tea, dans cette via del Babuino qui abrite quelques adresses trendy. Comme le fameux concept store We TAD et ses 1000 m2 d’exposition, où se côtoient la mode, le mobilier, les accessoires, la musique et même un coiffeur dans le patio dessiné par Philippe Starck. Ou encore cet autre temple du bon goût : Gente, qui se fournit auprès des plus grandes marques… et dégriffe les invendus dans son outlet.

4 heures… pour flâner dans le Trastevere

Vos achats déposés à l’hôtel, à votre tour de céder au rituel de la passegiata. Choisissez pour cela de traverser à nouveau le Tibre vers le quartier bohème du Trastevere, dont les ruelles pavées étroites et sinueuses consacrent le caractère médiéval. Cette « Rive Gauche » est considérée par les Romains comme le quartier le plus authentique, même s’il cède aux sirènes du tourisme. Commencez la promenade en descendant la colline du Janicule, dont les artères verdoyantes offrent des vues spectaculaires sur la ville. Puis laissez vous porter au gré de vos humeurs. Vous croiserez peut-être la galerie Edicola Notte (23 vicolo del Cinque), la plus petite de Rome et peut-être du monde, avec ses 7 m2 où s’exposent de grands noms de l’art contemporain international, dont les œuvres restent éclairées la nuit pour les passants.

Piazza Santa Maria in Trastevere

Piazza Santa Maria in Trastevere

Si vous êtes gourmet, ne manquez pas de découvrir la Citta del Gusto (161 via Enrico Fermi), un temple entièrement dédié sur six étages à la gastronomie. Au bout du compte, vous ne manquerez pas d’aboutir à la magnifique piazza Santa Maria in Trastevere, à temps pour l’incontournable aperitivo et son cortège de crostini, bruschette, mini-pizzas et petits plats, offerts avec votre verre. Avec un peu de chance, d’excellents musiciens de rue viendront bercer ce moment de grâce, que vous passerez assis à l’une des terrasses de la place, au choix. Une fois rassasié, poussez les portes de la basilique Sainte Marie, fondée au IIIe siècle et considérée comme la première église dédiée à la vierge.

Et si vous ne l’êtes pas (rassasié), de nombreuses tables vous tendent encore les bras dans le quartier. Sabatini, sur la place même, était l’un des repères de Fellini. La Gensola, place du même nom, est le resto sicilien le plus authentique de Rome, réputé pour ses fruits de mers. Mais si vous voulez vous tourner vers l’avenir, rendez-vous au Glass Hostaria de Cristina Bowerman, grande prêtresse de la nouvelle cuisine italienne. Pour un voyage inoubliable aux pays des saveurs. Avant un petit concert chez Big Mama (18 vicolo di San Francesco a Ripa), haut lieu du blues, pour finir la soirée en beauté ?

PhB

Lire aussi : mes bons plans à Rome

Pour suivre : Modo Romae

 

 

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