Birmanie, Russie, Dubaï : y aller ou pas en 2014 ?

swedagon © AFP

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Ce sont quelques unes des destinations phares annoncées pour 2014. Point commun : toutes sont nouvelles, entendez qu’elles n’attiraient pas les foules jusqu’il y a peu mais veulent à leur tour profiter des mânes du tourisme mondial. Chacune joue une carte originale pour attirer les visiteurs. Mais peut-on vraiment s’y sentir en vacances ?

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Dubaï © Connections

 

 

Prenez les Emirats du Golfe persique : Dubaï, Abu Dhabi mais aussi Doha, au Qatar, deviennent des destinations tendance vendues par la plupart des voyagistes à grand renfort de promotions. Vanté comme l’un des « rares endroits tranquilles pour les touristes dans un monde arabo-musulman en crise », le Golfe engloutit ses pétrodollars dans une débauche d’aménagements mégalomanes. Mais manifestement attractifs…

Si Abu Dhabi mise sur le culturel avec ses annexes du Louvre ou du Guggenheim (!), Dubaï est plus emblématique encore. Autrefois désert aride habité par les bédouins et port de pêche réputé pour ses perles, ce micro-Emirat est devenu l’une des villes les plus dynamiques et cosmopolites de la planète. Connue pour cumuler les records : plus haute tour du monde (Burj Khalifa, 828 m), plus luxueux hôtels (Burj Al Arab, The Palm, The World), plus grande île artificielle (Palm Island), plus importante station de ski indoor, plus long métro automatisé… Cette cité des contrastes vous fait tout expérimenter en un jour : tranquillité du désert, agitation du souk, montagnes escarpées, dunes interminables, plages de sable chaud, parcs luxuriants, villages traditionnels, quartiers résidentiels luxueux, modernité architecturale, constructions futuristes, maisons antiques et centres commerciaux ultramodernes. En 1980, Dubaï comptait 265.000 habitants. Ils sont 2,2 millions aujourd’hui, dont 90% d’immigrés. Beaucoup sont devenus les forçats des chantiers de la démesure, comme celui du nouvel aéroport censé accueillir 15 millions de visiteurs par an d’ici quelques années. Deux mondes qui se croisent sans se voir, aux deux extrémités de l’échelle sociale.

 

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Le sourire (forcé) du Bouddha

Plus à l’est, c’est la Birmanie – pardon : le Myanmar ! – qui fait pour le moment figure de pôle d’attraction touristique, 2 ans après le retrait partiel du pouvoir de la junte militaire et le retour en grâce de la plus célèbre dissidente du monde, Aung San Suu Kyi. Le deuxième pays le plus secret d’Asie (après la Corée du Nord) attire les voyageurs qui s’y précipitent avant que l’affluence n’en défigure toute l’authenticité, comme cela s’est passé au Vietnam, au Cambodge ou, pire encore, en Thaïlande voisine. C’est peu dire que le pays des pagodes aux toits d’or n’est pas préparé à devenir un eldorado touristique. Sur les routes peu praticables, le char à bœufs reste le moyen de locomotion familier et les visiteurs pressés n’ont d’autre choix que d’emprunter de petits avions pour sillonner le pays – du moins les zones autorisées.

Le pays a accueilli 350.000 touristes en 2011, près du double en 2012 et pourrait avoir frôlé le million en 2013. Mais malgré la bonne volonté de la population, plutôt heureuse de ce qui lui arrive après 50 ans de dictature, l’infrastructure ne suit évidemment pas. Les hôtels (et même l’aéroport international de Yangon) sont sursaturés, beaucoup n’acceptent pas les cartes de crédit ni les devises froissées, internet est virtuel et les tarifs prohibitifs. Quant à essayer de photographier un stupa célèbre ou la maison de « la Dame » sans avoir d’autres touristes dans le champ, cela relève de l’exploit.

 

SochiHiver russe

S’il est une autre nation qui tente tant bien que mal d’attirer les visiteurs – hors des deux attractions phares que sont Moscou et Saint-Pétersbourg – c’est la Russie. Cet immense pays à cheval sur deux continents, héritier d’un empire fastueux et hôte d’une nature extraordinairement diversifiée, n’hésite plus à vanter les mérites de régions jadis aussi inhospitalières que la Sibérie, le Kamtchatka ou même les montagnes du Caucase, qui restent une poudrière en bien des endroits.

Mais évidemment pas à Sotchi, la perle de la mer Noire posée aux pieds du Caucase, dont les clochers à bulbe rivalisent d’éclat avec les sommets enneigés et qui accueillera bientôt les JO d’hiver. Les deuxièmes JO les plus chers de l’histoire, après ceux (d’été) de Pékin en 2008. Voilà pourquoi les autorités russes cherchent à tout prix à en faire une destination phare de 2014.

A la fois station balnéaire et de sports d’hiver, la « Riviera russe » fut aussi célèbre jadis pour avoir les honneurs de Staline en été qu’aujourd’hui pour celles de Poutine en hiver – à chacun sa datcha. Sotchi, 400 000 habitants et des infrastructures flambant neuves, c’est un peu le croisement entre Nice et Courchevel. La preuve : elle séduit avant tout les nouveaux millionnaires russes.

 © Ria Novosti

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D’autres exemples ? Dans ses must see en 2014, le National Geographic épingle notamment Arbil, la capitale kurde en Irak, ou Sarajevo, la ville martyre de Bosnie-Herzégovine. Là en revanche, on ne se bouscule pas encore au portillon.

Philippe Berkenbaum

(cet article est paru en version courte dans Le Vif-l’Express du 26/12/2013)

 

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