Out of Africa, cinq safaris coups de coeur

Kiss ! © PhB

Kiss ! © PhilBerki

Safari, ça veut dire voyage en swahili. En Afrique, où la nature est reine, ce mot prend toutes les dimensions. Les destinations rivalisent d’atouts pour attirer les voyageurs friands d’environnements préservés, de faune sauvage, de flore luxuriante et parfois d’aventure. Avec souvent une qualité d’accueil et d’encadrement qui confine au sublime – même s’il s’agit de camper en pleine brousse. Comment choisir ? Ce n’est hélas pas le genre d’expérience qu’on a l’occasion de multiplier, budget oblige. Alors, mieux vaut ne pas se tromper au moment de déterminer votre destination. Petit tour… d’horizons sauvages.

© PhB

© PhilBerki

1. Kenya, le grand classique

C’est le paysage mythique d’Out of Africa. « La plus belle vision de toute l’Afrique », affirmait il y a un siècle l’explorateur John Walter Gregory. C’est toujours vrai. Le Kenya concentre, sur un territoire grand comme 15 fois la Belgique mais où tout reste accessible, un condensé des plus beaux panoramas est-africains. Plaines infinies et savane brûlée, rivières et forêts équatoriales, neiges éternelles, volcans et lacs cristallins, failles de la vallée du Rift, terres rouges de latérite… Au pays des Masaï, on peut changer tous les jours de décor, profiter d’une densité et d’une variété animalière incomparables et achever son séjour sur les plages de sable fin qui bordent l’aquarium géant de l’océan indien.

© Terre d'Afrique

© Terre d’Afrique

J’aime. La variété des biotopes qui permettent, en quelques jours, d’apercevoir tout ce dont le pays regorge comme animaux dans des conditions de vie très différentes. Des éléphants rouges du parc Tsavo aux immenses troupeaux de gnous et de buffles de la Masaï Mara, en passant par les myriades de flamants roses du lac Nakuru et les fauves – lions, guépards, léopards et autres gros chats – qui s’en donnent partout à coeur joie, on n’a guère le temps de s’embêter. Surtout, la longue expérience du pays en matière de safari et la nécessité de faire face à la concurrence croissante des autres destinations en vogue lui ont permis de se renouveler. En prenant le meilleur de ce qui se faisait ailleurs pour offrir une qualité de service, d’encadrement et d’hébergement quasi irréprochable.

© PhB

© PhilBerki

Mon top. Les cimes enneigées du Mont Kenya pour les amateurs de grimpette et de randonnée. Mais surtout la grande transhumance, la migration des gnous et autres ruminants (buffles, zèbres, antilopes…) dont les immenses troupeaux de milliers de têtes venus du Serengeti tanzanien, au sud, remontent pendant l’été à la recherche d’eau et d’herbe fraîche. C’est dans les vertes prairies de la Masaï Mara kenyane qu’ils achèvent leur course. Beaucoup y laisseront la vie, entre les crocs des prédateurs qui les suivent à la trace ou dans la gueule des crocodiles tapis le long des berges de la rivière Mara où ils viennent s’abreuver.

© PhB

© PhilBerki

Mon flop. Le tourisme de masse, attiré par une destination financièrement très accessible dont la réputation de qualité et de variété n’est pas usurpée. Vu le nombre de charters qui déversent leurs flots de vacanciers sur les côtes de l’océan indien et les places limitées dans les véhicules utilisés pour parcourir les pistes des safaris, faites le compte: il n’est pas rare de trouver 10 ou 20 véhicules qui cernent en même temps la même famille de guépards blasée. Autant pour l’authenticité.

Y aller. Le Kenya se visite toute l’année, chaque saison a ses avantages et ses inconvénients. Sèche de décembre à mars et en été, pluvieuse entre les deux. C’est vers la fin de l’été qu’arrivent les hordes de gnous. Vols directs Brussels Airlines 4 fois par semaine à partir de 700€ TTC.

Les infos pratiques de Voyage Inédit sur le Kenya

 

© Terre d'Afrique

© Terre d’Afrique

2. Tanzanie, sauvage et belle

C’est la destination safari la plus vaste et étendue du continent. La plupart des voyageurs  en visitent le nord, les plaines infinies du Serengeti, les horizons escarpés du lac Manyara, le cratère du Ngoro Ngoro et son biotope unique, les cimes enneigées du Kilimandjaro, le toit de l’Afrique… Moins visité, le sud du pays recèle pourtant des merveilles dans une nature et des paysages totalement différents, où coulent les rivières entre des collines plantées de baobabs. Et où la faune est d’autant plus abondante et variée qu’elle mélange les espèces venues du nord et du sud de l’équateur.

© PhB

© PhilBerki

J’aime. L’immensité sauvage qui caractérise les grandes étendues du nord où l’on peut être littéralement coupé du monde à certains moments. Le caractère à la fois sauvage et exclusif des réserves du centre et du sud où l’on peut varier les modes de déplacement entre le 4×4, le bateau et le safari à pieds. Et pourquoi ne pas achever son séjour par quelques jours de farniente sur l’île aux épices, la légendaire Zanzibar qui émerge des eaux cristallines de l’Océan indien au large de Dar-es-Salaam, la capitale ?

© Terre d'Afrique

© Terre d’Afrique

Mon top. Le must consiste en Tanzanie non pas à regarder les troupeaux de gnous paître tranquillement à perte de vue comme dans la Masaï Mara kenyane, partie visible de l’iceberg du Serengeti, mais à en suivre la migration en camps de toile itinérants. Une façon inoubliable de participer, littéralement, à cette épopée sauvage où règnent les ancestrales lois de la nature, à commencer par celle du plus fort.

© PhB

© PhilBerki

Mon flop. Les distances, souvent grandes, qui rendent parfois pénible l’obligation de rester cloîtré dans son véhicule de safari avec interdiction d’en sortir, ou presque (comme au Kenya). Et, par corollaire, une certaine monotonie. De paysage, mais aussi d’animaux : s’il y en a à profusion au moment des grandes migrations, la variété d’espèces est relativement plus limitée qu’ailleurs.

Y aller. Si vous allez en Tanzanie pour suivre la grande migration des gnous, il est impératif de bien vous renseigner en fonction des saisons puisque les animaux bougent en quête d’eau et d’herbe grasse. Les meilleurs tour-opérateurs adaptent donc leurs itinéraires. Et vers la fin de l’été, la grande majorité des animaux sont remontés au nord, dans la Masaï Mara kenyane. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour cette partie de la Tanzanie. Vols British Airways via Heathrow ou Air France-KLM via Paris ou Amsterdam vers Dar es Salaam à partir de 850 euros.

Les infos pratiques du Guide du Routard sur la Tanzanie

© PhB

© PhilBerki

3. Afrique du Sud, noir et blanc en couleurs

Un pays si vaste et varié que vous risquez de vous y perdre dans le labyrinthe des choix possibles. Mieux vaut vous concentrer sur une région, même s’il est possible de traverser le pays en empruntant par exemple les somptueux Blue et Rovos Trains d’antan. Pour un séjour d’une quinzaine de jours pendant l’été européen donc l’hiver austral, concentrez-vous sur la province du Kwazulu Natal, le pays zoulou qui couvre toute la région au nord-est de Durban. C’est une superbe destination familiale offrant une grande diversité d’activités qui raviront petits et grands, dépaysante à souhait dans cette Afrique en noir et blanc. Elle offre aussi un excellent rapport qualité-prix.

J’aime. L’étendue des possibilités. Dans le seul Kwazulu Natal, il est parfaitement possible de combiner les safaris dans de magnifiques réserves publiques et privées, où l’on peut même louer un cottage familial et organiser ses safaris à la carte, avec les joies de l’Océan indien, ses baleines, phoques, dauphins et sa barrière de corail classée par l’UNESCO. En passant par les impressionnantes montagnes du Drakensberg et la ville de Durban, mélange entre Saint-Trop et Miami à l’ambiance à la fois festive et décontractée. Cerise sur le gâteau: la culture zouloue, dont l’esprit vous guidera tout au long de votre voyage.

© PhB

© PhilBerki

Mon top. Les cérémonies dans les villages traditionnels du Zululand. Les safaris à pied de plusieurs jours où l’on s’immerge littéralement dans la nature, accompagné de gardes armés et d’ânes, si l’on veut progresser léger. Dans Hluhluwe-Umfolozi, l’une des plus intéressantes réserves du pays, vous pourrez approcher ainsi les Big Five, et en particulier la plus forte population de rhinocéros blancs du monde, là où ils ont été jadis sauvés de l’extension. Ou encore les ‘hides’, ces cachettes aménagées près des points d’eau pour observer la faune de très près en toute décontraction. Et en silence.

Mon flop. Le Kruger National Park, la réserve phare de l’Afrique du Sud, du moins dans sa partie publique. C’est peut-être le plus grand parc national de toute l’Afrique australe sinon du continent, il concentre à lui seul quasi toute la faune africaine, mais son organisation quasi militaire et ses règles très strictes lui confèrent parfois le caractère d’un zoo à ciel ouvert, fut-il de la taille d’un pays. Pistes goudronnées, interdiction de s’en écarter, de quitter son véhicule ou de circuler la nuit… On peut même s’y faire flasher ! De quoi rendre le séjour un brin monotone et préférer les nombreuses autres réserves animalières.

© PhB

© PhB

Y aller. Climat sub-tropical et tempéré au nord de Durban, méditerranéen au Sud. On peut y aller toute l’année, mais il peut faire froid au sud pendant l’hiver austral. Vols Air France-KLM 5 fois par semaine sur Johannesburg via Paris, à partir de 800€ TTC.

Les infos pratiques du Lonely Planet sur l’Afrique du Sud

 

© PhB
© PhilBerki

4. Botswana, la nature exclusive

Le seul fleuve de la planète qui n’atteint jamais l’océan se noie dans le désert du Kalahari, au Botswana. L’Okavango forme un immense delta intérieur qui abrite l’une des biodiversités les plus riches d’Afrique australe. Un sanctuaire unique au bout du monde, où il reste possible de communier avec la nature et les (rares) populations qui y vivent. Une destination d’autant plus prisée que le tourisme y est strictement contingenté – tranquillité garantie, vous ne croiserez pas grand monde. Et qu’on peut s’y promener de toutes les façons possibles: à pied, à cheval, en pirogue, en 4×4, à dos d’éléphant… Sans rencontrer âme qui vive, parfois, pendant des jours.

© PhB
© PhilBerki

J’aime. C’est la destination nature par excellence. Et quelle nature. Zones désertiques au sud avec le Kalahari et les grands ‘pans’ (lacs asséchés) salés, plaine inondée au nord ouest avec le delta, forêt-galerie autour de la rivière Chobe, savane touffue au milieu… La faune y est abondante et variée, les infrastructures de très grande qualité, voire de luxe, même s’il ne faut pas hésiter à tenter le camping sauvage pour que la communion soit totale. Le troupeau d’éléphants, la nuit, entre les tentes, c’est plus d’adrénaline encore que les rugissements des lions !

© PhB
© PhB

Mon top. L’exploration du delta de l’Okavango de toutes les façons possibles. D’abord en mokoro, cette pirogue traditionnelle naviguant à fleur d’eau et dirigée à la perche par un pilote debout à l’arrière de l’esquif. Le silence est d’or, la nature souveraine, la déconnexion totale. Ensuite à pieds, sur les nombreux îlots inhabités qui émergent du delta et où règnent une faune abondante et une flore luxuriante. Enfin, le survol du delta en petit avion privé ou en ULM réserve un spectacle éblouissant, une palette de couleurs d’une richesse incomparable. Attention les yeux !

© PhB
© PhilBerki

Mon flop. Le manque de relief. Au Botswana, la nature est magnifique mais l’horizon est souvent plat et la végétation dense. A moins de prendre de la hauteur, le regard ne porte jamais très loin et vous n’en ramènerez sans doute pas des images de paysages à couper le souffle. L’autre inconvénient est pécuniaire : c’est l’une des destinations safari les plus chères d’Afrique, quelles que soient les conditions du voyage et de l’hébergement. Faisons contre mauvaise fortune bon cœur : tel est le prix à payer pour que cela reste un paradis. Le gouvernement de ce réel modèle de démocratie en Afrique pratique volontairement une politique tarifaire élevée pour l’accès aux parcs et réserves, histoire d’y éviter le tourisme de masse tout en permettant à la population de bénéficier des retombées financières.

© PhB
© PhilBerki

Y aller. La saison des pluies s’étale de novembre à février. La meilleure période pour visiter le Botswana va de mars à octobre, avec une nette préférence pour mai et juin, quand le niveau de l’eau est parfait, la nature luxuriante et que les femelles viennent de mettre bas. En juillet août, les ciels sont magnifiques mais les nuits (et les petits matins, à l’heure du safari) peuvent être glaciales. Septembre et octobre sont les mois chauds et secs, qui favorisent les grandes concentrations d’animaux au bord de la rivière Chobe. Vols Air France-KLM ou British Airways sur Johannesburg puis South African Airways vers Maun, à partir de 800€ TTC.

Les infos pratiques du Petit Futé sur le Botswana

 

© PhB

© PhilBerki

5. Zambie, sur les traces de Livingstone

C’est la destination qui monte, notamment depuis que le Zimbabwe voisin a perdu son accessibilité vu sa situation politique chaotique – ce qui, soit dit en passant, est bien dommage. Mais aussi parce que cette terre méconnue, même si elle fut le terrain de jeu des plus grands explorateurs comme David Livingstone, est encore préservée et offre « l’expérience ultime du safari, l’immersion totale dans un univers sauvage adapté à l‘homme », dixit Dan Leleux, fondateur du tour opérateur belge spécialisé Terre d’Afrique. Une Afrique profonde qui vous fera vibrer comme au temps des premières découvertes.

© Terre d'Afrique
© Terre d’Afrique

J’aime. La tradition des grands safaris à pieds, les rivières que l’on traverse à gué, les réserves de South et de North Luangwa qui figurent parmi les plus beaux spots de toute l’Afrique, les paysages époustouflants, les reliefs et les plaines inondées de l’immense parc de Kafue… Une faune et une flore d’une diversité incomparable, avec de nombreuses espèces de mammifères et d’oiseaux endémiques. Et la magie du fleuve Zambèze que l’on peut descendre en rafting et surtout en canoë en aval des célèbres chutes Victoria, pour un autre genre de safari le long des berges.

© PhB
© PhilBerki

Mon top. Les chutes Victoria, sur le Zambèze, à la frontière avec le Zimbabwe d’où elles sont plus impressionnantes encore (on peut traverser sans problème le pont suspendu qui forme la frontière). Des flots tumultueux précipités dans une faille géologique de 1,7 kilomètre de large pour former la cataracte la plus spectaculaire d’Afrique, que les autochtones appellent la ‘fumée qui gronde’. Amateurs de sensations fortes, osez le survol en ULM, a fortiori pour un baptême de l’air : c’est l’expérience ultime.

© PhB
© PhilBerki

Mon flop. Mais alors vraiment pour faire la fine bouche : le côté un peu ‘Grand Canyon de l’Afrique’ des chutes Victoria, autour desquelles s’organisent une multitude d’activités très éloignées de la nature, qui vont du golf à l’incessant ballet des hélicoptères, en passant par le saut à l’élastique… Mais après tout, c’est une autre façon de pimenter son voyage.

Y aller. Le pays est quasi impraticable en saison des pluies, quand les plaines sont inondées et qu’on peut à peine y circuler. Beaucoup de structures d’accueil ne résistent d’ailleurs pas à la violence des éléments et sont reconstruites chaque année, ce qui donne à l’aventure un parfum d’exclusivité supplémentaire. La meilleure période va d’avril à octobre. Vols Bruxelles-Lusaka via Londres avec British Airways à partir de 1000€.

Les infos pratiques de Continents Insolites sur la Zambie

Philippe Berkenbaum

Merci à Terre d’Afrique, spécialisé depuis près de 30 ans dans les destinations africaines. www.terredafrique.com

PS : Il reste bien entendu beaucoup d’autres magnifiques destinations africaines de safaris, à commencer par le Zimbabwe, malheureusement victime d’un despote très mal éclairé – le détestable Robert Mugabe a ruiné en quelques années les espoirs d’un peuple qui avait su sortir de l’apartheid en douceur bien avant l’Afrique du Sud voisine. On peut citer la Namibie, le Mozambique, l’Ouganda, par exemple, auxquels j’espère l’un ou l’autre post dans les prochains mois.

Vous aimerez aussi :

Cette entrée a été publiée dans Afrique, Coups de coeur, Trips & Tips, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Out of Africa, cinq safaris coups de coeur

  1. Ping : In et out of Africa, cinq destinations safaris (2/2) | voyage voyage

  2. samra dit :

    waaaw c’est vraiment magnifique

Laisser un commentaire