Le Monténégro en 7 temps forts

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Passer en quelques heures des plages de rêve à la montagne escarpée, des fjords interminables aux villes marquées par l’histoire des Balkans, des monastères orthodoxes creusés dans la montagne aux parcs nationaux inscrits au patrimoine mondial de l’humanité…

C’est ce que permet le Monténégro, destination à taille humaine d’une rare diversité.

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L’arrivée par les airs sur Podgorica, la capitale, est déjà impressionnante. A travers le hublot, la même image vous fixe sur la rétine un morceau bleu azur d’Adriatique, un pan de montagne escarpée qui plonge dans l’eau cristalline, les toits rouges posés sur les murs blancs de villages au charme très Méditerranéen et toute la palette de verts, jaunes et rouges que peut offrir une nature luxuriante, selon la saison. A moins de 2h30 d’avion de Bruxelles, cette petite république en passe de rejoindre l’Union européenne offre sur un territoire grand comme… la Flandre tout ce dont le voyageur peut rêver.

Des plages à la montagne, de la nature préservée au sport aventure, de la culture à l’histoire, de la gastronomie à l’hospitalité… Le soleil en prime, et la neige en hiver – on skie dans le nord-ouest du pays. Une destination encore méconnue, beaucoup moins fréquentée que la Croatie voisine à laquelle elle n’a pourtant rien à envier, qui se visite en quelques jours à peine. La preuve par sept étapes incontournables.

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1. Affronter les gorges de la rivière Tara

Il faut à peine deux heures de voiture pour rejoindre le légendaire canyon de la rivière Tara, depuis Podgorica. Pour échapper à la chaleur un peu étouffante de la capitale, nous avons choisi de commencer par l’immersion dans la nature. Légendaire ? On le sait peu, mais la profondeur de ce site spectaculaire rivalise avec celle du Grand Canyon du Colorado : 1300 mètres ici contre 1500 outre-Atlantique. C’est le deuxième plus profond canyon du monde. Classé au patrimoine de l’Unesco, celui-ci est beaucoup moins aride… et incroyablement peu fréquenté. Les meilleurs points d’observation – les plus vertigineux ! – s’offrent au bout de magnifiques chemins de randonnée à travers bois et forêts, où l’on se perd avec ravissement. Les loups hantent encore les parages. Nous y étions à l’automne : la variété des essences est telle qu’à cette époque de l’année, les couleurs évoquent l’été indien québecquois. Mais c’est au fond qu’il faut descendre pour affronter la rivière en rafting, sport national dans la région. On trouve partout sur place des organisateurs patentés de raids fluviaux, à l’heure ou à la journée, bivouac possible au cœur des gorges. Décoiffant.

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2. Randonner dans le Durmitor et les parcs nationaux

De la rivière Tara au Durmitor, il n’y a qu’un pas, les deux forment ensemble l’un des quatre parcs nationaux du pays. Egalement inscrit au patrimoine de l’humanité, le parc de Durmitor est une région de montagnes et glaciers d’une rare beauté naturelle, qu’elle soit ou non couverte de neige. C’est le paradis des randonneurs, alpinistes, spéléologues, vététistes, pêcheurs, skieurs, bref, de tous les amateurs de sports de plein air. Ou de nature contemplative. On peut s’y promener trois jours autour de ses 18 lacs glaciaires sans croiser âme qui vive, sinon animale. On loge dans la petite ville de Zabljak, station de sports d’hiver en saison, ville morne le reste du temps. Sauf sur le plan culinaire : la cuisine aux champignons sauvages y est gargantuesque, la fricassée de cèpes ou de morilles fraichement cueillies à se damner.  C’est la porte d’entrée du parc et c’est de là que partent la plupart des itinéraires de randonnées. Parfaitement balisés, pour tous les goûts et les niveaux de difficulté. L’incontournable Boucle de Durmitor, ce sont 80 km de paysages à couper le souffle, qu’on parcourt en VTT. Ou en 4×4, pour les plus pressés.

3. Plonger dans les villages du lac de Skadar

Pas de doute, la nature constitue l’une des grandes richesses du Monténégro. Sur une superficie de 14 000 km2 – moins de la moitié de la Belgique –, cette petite perle des Balkans compte pas moins de cinq parcs nationaux, dont quatre situés en zone montagneuse et le cinquième autour d’un immense lac intérieur. S’il faut n’en choisir qu’un (après Durmitor), optez pour le lac de Skadar et ses environs. C’est le plus grand lac de l’ex-Yougoslavie, constellé par endroits d’îlots karstiques qui donnent à la brume matinale un air fantomatique. Sous une nature luxuriante qui n’est pas sans évoquer parfois la forêt amazonienne (on exagère à peine), de pittoresques villages plusieurs fois centenaires surplombent le lac à flanc de colline. Reliés par de petites routes secondaires et de jolis sentiers, plusieurs méritent autant le détour pour leur atmosphère d’un autre temps que pour la vue qu’ils offrent sur les eaux noires en contrebas. Mention spéciale à Rijeka Crnojevica et Godinje, en profitant d’une halte pour déguster un poisson grillé. Le lac abrite plus de 40 espèces. Sans parler des oiseaux : c’est aussi le paradis des ornithologues.

4. Pèlerinage à Ostrog et dans les monastères orthodoxes

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Entre les villes de Niksic et Podgorica, à 1500 m d’altitude, une immense falaise de grès surplombe la vallée de sa masse imposante. La route qui y mène serpente dans la montagne et semble aussi interminable que vertigineuse, par endroits. Tout au long du trajet, on dépasse des marcheurs, que la pluie cinglante ne ralentit pas. La ferveur guide leurs pas. C’est par centaines que chaque jour, à pieds, en bus ou en voiture, les pèlerins grimpent au monastère d’Ostrog. Venus de tous les Balkans, beaucoup campent une nuit ou plus sur des matelas posés à même la terrasse de l’édifice religieux, battue par le vent et la pluie. Creusé au XVIIe siècle à même la falaise, cet important lieu de pèlerinage orthodoxe abrite les reliques de saint Basile le guérisseur et deux chapelles troglodytes où les pénitents se pressent comme les billes d’un chapelet. Longtemps en butte aux appétits prosélytes des Ottomans, le Monténégro conserve un patrimoine religieux exceptionnel dont les innombrables monastères orthodoxes constituent le ciment. Isolés aux quatre coins du pays, ils jouaient les remparts culturels et religieux. Beaucoup sont encore en activité. Ostrog est l’un des plus spectaculaires, mais d’autres (Moraca, Piva et surtout Cetinje) sont plus anciens et abritent des fresques et icônes dues aux plus grands artistes du moyen-âge au XIXe siècle. Ou des reliques majeures comme un morceau de la croix du Christ.

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5. S’enfoncer dans les bouches de Kotor et les fjords adriatiques

C’est l’un des plus impressionnants fjords méditerranéens et le joyau du Monténégro. La Boka, comme on l’appelle ici pour désigner Boka Kotorska – les Bouches de Kotor. Un interminable bras de mer creusé dans la montagne abrupte, qui se rétrécit puis s’évase à plusieurs reprises en une succession de cirques marins plus envoûtants les uns que les autres. S’il n’est pas issu d’un glacier comme ses grands frères nordiques, il n’est pas non plus aussi sauvage mais constellé, sur ses berges et ses hauteurs, de villages pittoresques marqués par toutes les influences de l’histoire locale. Que vous l’empruntiez en venant de la mer via la Croatie voisine (Dubrovnik n’est pas loin), dans le sens du rétrécissement, ou vers l’Adriatique dans celui de l’élargissement, rares sont les points de vue qui ne vous laisseront pas sans voix. Les amateurs de voile ou de kayak de mer s’en donnent à cœur joie. Et se sentent très petits à l’ombre des gigantesques navires de croisière qui s’aventurent sans vergogne jusqu’au tréfonds du fjord pour débarquer leur flot de touristes d’un jour. Ne faites pas comme eux : prenez le temps d’en explorer les échancrures.

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6. Visiter Kotor et les anciens comptoirs vénitiens

On parlait d’influences historiques… Tout au fond de l’ultime bras de mer de la dernière baie, Kotor est la perle dont le fjord est l’écrin. On ne se lasse pas d’arpenter le lacis des ruelles de sa vieille ville. Ce véritable décor de cinéma est cerné par d’imposants remparts construits entre le IXe et le XVIIIe siècles, deux fois plus longs que ceux de la Croate Dubrovnik, qui grimpent à l’assaut d’une abrupte paroi rocheuse de plus de 300 mètres. Au sommet, les ruines de la forteresse Saint-Jean offrent une vue imprenable sur la cité, le fjord et les montagnes avoisinantes. Même si elle fut fondée par les Romains, le charme de Kotor doit beaucoup à la République de Venise, dont elle resta l’un des fleurons sur la côte dalmate pendant près de quatre siècles, jusqu’à la chute de la Cité des Doges en 1797. Entre ses innombrables églises, musées et rafraîchissantes placettes ombragées, vous ne tarderez pas à en connaître tous les recoins. Toute la Boka ayant longtemps été sous domination vénitienne jusqu’à ce que Napoléon reprenne la main avant le Monténégro, de nombreuses autres petites villes offrent un même genre de charme suranné tout autour de la baie.

7. Souffler à Sveti Stefan et sur la côte adriatique

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C’est vrai jusqu’à la côte adriatique, avec notamment la vieille ville (Stari Grad) de Budva, souvent qualifiée de « mini-Dubrovnik du Monténégro ». Aussi ravissante que les plages qui l’entourent, elle perd malheureusement beaucoup de son attrait l’été sous l’invasion du tourisme de masse – notamment russe. Heureusement, du charme, toute la côte en a à revendre. Mention spéciale à l’ancien village de pêcheur de Sveti Stefan, un îlot fortifié aujourd’hui reconverti en hôtel de luxe sans avoir rien perdu de son atmosphère historique. Tout autour, les plages de galets rouges et la mer translucide vous tendent leurs bras rafraichissants. Et dire que la montagne n’est qu’à trois heures de route…

Philippe Berkenbaum

 

Le Monténégro en pratique

Renseignements.

Pas besoin de passeport ni de visa, une simple carte d’identité suffit pour les ressortissants de l’UE.

Ambassade du Monténégro : 117 rue du Trône, 1050 Bruxelles. Tel : +32 (0)2 705 28 51 – belgium@mfa.gov.me

Langue et monnaie.

Le Monténégrin est une langue slave similaire au serbe et au croate. Anglais et français encore peu parlé dans les montagnes, mieux sur la côte. La monnaie est l’euro et les prix des hôtels et restaurants restent très accessibles, surtout hors juillet-août.

Quand partir

Hivers doux et humides, étés chauds et secs sur la côte, hivers froids et rigoureux dans le nord. La neige peut y subsister jusqu’en juin. Les randonneurs non équipés préféreront l’été. Pour la côte, mai, juin et septembre permettent d’éviter les plus fortes affluences.

Y aller.

Podgorica est à moins de 2h30 de vol. Vols Ryanair directs deux fois par semaine à partir de 36 euros/trajet. Autres compagnies : Air France, Alitalia, Austrian Airlines avec un stop.

Se loger, se restaurer.

A Kotor

Hotel Montecristo : une vieille demeure de charme tout en pierres au cœur de la vieille ville, confort et accueils soignés, bonne table et prix raisonnables.

www.montecristo.co.me – tel : +382 (0)32 322 458

A Zabljak

Hotel Soa : l’un des plus récents hôtels de la ville avec vue imprenable sur les sommets du Durmitor et joli restaurant en terrasse.

www.hotelsoa.com – tel : +382 (0)52 360 110

Zlatni Papagaj : un air de taverne de pirates pour ce Perroquet Doré, où l’on déguste les meilleures poêlées de cèpes et de morilles de la région sur d’énormes barriques de vin et sous un épais nuage de fumée de cigarettes. Un must.

www.zlatnipapagaj.me/en/ – +382 (0)69 507 608

 

 

 

 

 

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12 réponses à Le Monténégro en 7 temps forts

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  3. Ping : Toodigo! – Destination Monténégro

  4. Je suis guide privé au Monténégro et voici quelques-unes de mes photos qui résument bien le pays: http://www.branislavmilic.com/photos/montenegro

    Et ma page Facebook: http://www.facebook.com/pages/Amazing-Montenegro-Wild-Beauty/464559323677553?ref=hl

  5. gina dit :

    Sincèrement je félicite au auteur de texte ,toute écrit est vrai , personnellement je suis fier être
    origine de c’est merveille,MONTÉNÉGRO,Gina

  6. lolo 74 dit :

    je recommande fortemenent cette destination au amoureux de patrimoine et de montagnes.
    nous avons passés 2 semaines en 2011 et sommes revenus plein de bon souvenir.
    a voir absolument avant que cela devienne hors de prix, les bouches de kotor joyau de la nature et du patrimoine.
    la ville de Plav a proximité du Kosovo vaut largement le detour pour les randonneurs (une dizaine de mots en serbo-croate y est tout de même utile)
    concernant le reste de la côte je vois pas l’intéret d’y passer (un mélange de st tropez et ibiza)
    A voir tout de même ulcinje sur la côte ou la population y est a majorité albanaise et ou les boites de nuit diffuse de la musique du genre turbo folk c’est envoutant.

    au cours de mon voyage j’ai aussi pu me faire une idée plus précise sur le Méli-Mélo éthnique des balkans. au monténégro ont trouve pèle-mèle des horthodoxes, musulmans, des slaves et albanais sachant que la moitié de la population se considère comme Serbe.pas facile vu de l’extérieur.
    par exemple a Plav la majorité est musulmane-slave puis il ya des musulmans-albanais et des hortodoxes-slaves compliqué n’est ce pas.

    j’y retournerai pour sur

  7. Benoit dit :

    Une merveille !
    L’été dernier, nous y avons fait un petit détour depuis Dubrovnik où nous séjournions et nous en sommes littéralement tombés amoureux. A tel point que l’été prochain, nous y allons pour 2 semaines. Avion, voiture et appartement déjà réservés.
    Ce pays est chargé d’histoire et de paysages magnifiques. Et malgré les Balkans, nous avons trouvé les gens bien plus accueillants et souriant qu’en Croatie.

    A voir absolument…