Le mot à fait le tour du web, “la cyberguerre” a commencé. Si du côté des gouvernements, les tenants du mouvement anti-Wikileaks sont clairement identifiés, du côté du net, la résistance s’organise… dans l’anonymat. Le groupe Anonymous, un collectif de cybermilitants anonymes, a ainsi mis hors-service les sites de plusieurs entreprises qui avaient abandonné Wikileaks en cours de route. Résistance ou vandalisme ?
Cette agitation autour des attaques sur le web a commencé avec les attaques par déni de service (saturer un serveur par un nombre très important de requêtes) à l’encontre de Wikileaks lui-même. Le site de l’organisation a été mise hors-service durant plusieurs heures le jour précédant le début des révélations du Cable Gate. Peu de temps après, c’est sur un autre plan que Wikileaks était frappé : plusieurs entreprises américaines (Paypal, Visa, Amazon) les ont lâché, évoquant généralement des infractions aux conditions d’utilisation de leurs services.
Le groupe Anonymous, un collectif d’internautes militant pour les libertés sur internet, a alors spontanément manifesté son soutien à Wikileaks, en lançant une série d’attaques par déni de service à l’encontre de ceux qui avaient adopté, selon eux, des positions anti-Wikileaks.
Le premier a en avoir fait les frais, c’est le site du blog officiel Paypal. Ce dernier fut bloqué durant huit heures par le collectif Anonymous, qui, contrairement à ce que la majorité des médias en dit, n’est pas un regroupement de pirates ou de hackers. Il est plus que probable que seul une poignée de ces cybermilitants soient réellement au fait des techniques de hacking, ceux qui ont créé le logiciel “LOIC”, utilisé pour provoquer ces attaques.
La majorité des “Anonymes” utilisent donc des outils très simples, programmés par des hackers, pour assaillir les serveurs ennemis, mais ils ne sont pas nécessairement eux-mêmes hackers. Leur action est surtout basée sur l’attaque collective, organisée dans des délais très courts : les cibles sont identifiés souvent quelques dizaines de minutes avant que l’attaque n’ait lieu, sur Twitter ou leur channel IRC (un système de chat en ligne).

C’est précisément en cela que beaucoup interprètent cette action comme une action de cyber-résistance, et non pas comme du simple piratage (il n’y a par ailleurs aucune destruction de données).
“On peut dire que c’est comme si 100 personnes passaient devant une boite aux lettres en y mettant un petit papier portant l’inscription “Merde”, pour que le facteur ne puisse pas y déposer le courrier.”
(Jéremie Zimmerman, porte-parole du site français laquadrature.net)
Cependant, il y a un risque d’amalgame entre les moyens employés par le collectif Anonymous et les objectifs poursuivis par Wikileaks. Ces actes de nuisance risquent, par une partie de la population du moins, d’être vus comme des actes directement liés à Wikileaks alors qu’ils sont le fait de soutiens spontanés.
“Ces incidents spectaculaires risquent aussi de décrédibiliser Wikileaks, qui pourrait être vu désormais sous une autre face : une initiative visant à décrédibiliser le système, quelque chose qui est dans la subversion, voire dans la brutalité, nourrissant l’idée qu’il s’agit en fait d’irresponsables, d’anarchiste.”
(François Heinderyckx, sociologue des médias, professeur à l’ULB)
Le mot “guerre” implique souvent des destructions, ou à tout le moins des dégâts. Jusqu’ici, il n’y a pas eu d’interventions destructives sur les sites visés, pas plus que des attaques sur les services en eux-mêmes. On reste donc à un faible degré d’agression même si il est éminemment public.
Excellent billet !
“[...] quelque chose qui est dans la subversion, voire dans la brutalité, nourrissant l’idée qu’il s’agit en fait d’irresponsables, d’anarchiste[s].”
Précisons que les anarchistes ne sont ni brutaux ni irresponsables. M. François Heinderyckx doit être plus prudent dans ses déclarations.
Quoique fasse Wiki, à la création d’internet il fallait y penser.
Julian Assange est une espèce d’Arsène Lupin cybernétique, gentleman cambrioleur.
Pour moi, l’internet a tué ma profession alors: bon vent.
Excellent article paru dans le soir, intervenants intéressants!
Le groupe anonymous. Il faudrait plutôt lire le /b/ de 4chan non ?
Cya
C’est le groupe Anonymous, dont certains membres appartiennent à la board /b/, mais tous n’en font pas partie. Sur les autres articles du blog, il est précisé que le groupe est proche du forum libertaire 4Chan.
“Le groupe Anonymous”, “Le collectif Anonymous”. Pesez le poids de vos mots, car ils montrent une image biaisée de la réalité, comme si il s’agissait d’un groupe de personnes précis et organisé, alors que ce n’est ni une armée, ni un collectif, ni une organisation de quelque sorte que ce soit. Vous faites la même erreur de champs lexical que Fox News. Attention hein.
Il s’agit bel et bien d’un groupe d’internautes, c’est un mot tout ce qu’il y a de plus neutre. Nous avons déjà rédigé plusieurs articles sur lui en expliquant comment il fonctionnait, nous ne pouvons pas replacer cette explication systématiquement, surtout quand ça n’est pas le sujet de l’article. Le mot collectif est peut-être plus sujet à caution en revanche, mais nous l’utilisons précisément parce que le fait d’être anonyme renvoie au collectif. Leur slogan “We’re legion” y fait référence.
Si le groupe ne dispose d’aucune structure apparente, ce n’est pas l’anarchie non plus puisqu’il y a une communication cohérente, un site web, etc. Il y a une organisation implicite au groupe dans la mesure où il y a des donneurs d’ordre et des exécutants, ça ne veut pas dire que le groupe n’est pas ouvert à tous, mais le groupe est, d’une manière ou d’une autre, organisée, même si il repose en grande partie sur la spontanéité de ses actions.
Cela dit, si vous avez des suggestions pour d’autres termes plus appropriés, nous serons ravis d’en prendre connaissance.
Concernant Fox News, nous n’avons pas parlé de “hacker”, et à fortiori de “hacker” sous stéroïde.
Ok mais insistons bien sur le fait que ces donneurs d’ordre, ou groupuscules qui complotent des attaques (ou peu importe) ne sont jamais composés des mêmes personnes, que tout découle d’un certain chaos (spontanéité des actions, comme vous dites). “We are legion” parce que tout le monde peut devenir Anonymous le temps d’une action, d’un post sur un forum, etc. C’est juste que ce terme collectif renvoie une image très “bande de potes qui font de l’art ensemble”
On est d’accord, et vous avez raison d’insister sur les mots et termes employés. C’est pour ça que nous sommes sur un blog, pour pouvoir enrichir nos articles des connaissances des lecteurs.
N’hésitez pas à revenir si d’aventures vous aviez d’autres remarques
De la resistance
excellent travail
les voyous sont les gouvernements des Etats et les élus qui pillent les caisses, s’octroyent des salaires plantureux, votent des lois faites pour et par eux.
Resistance (A)
C’est bien que les journalistes s’intéressent enfin quelque peu à ce qui se passe dans les recoins du web.
Etonnant tout de même de constater que la plupart découvrent l’existence de 4chan presque en 2011.
Cela rejoint ce que disait Jean-Pierre Martin, journaliste qu’on ne présente plus, lors d’une conférence hier : les journalistes ont trop souvent une formation, un bagage trop restreint et tombent trop souvent dans la simple réactivité.
Je suis super déçu ! Je pensais que j’allais encore un tas de conneries de journaliste ne sachant pas faire la différence entre Anonymous/hacker/pirate/b/tard/etc et en fait non. Pas de connerie ici. On pourrait toujours ergoter ça ou là, mais c’est le premier article francophone que je lis sur le sujet qui soit si juste.
Chapeau.
Je me suis quand même permis un sourire quand j’ai vu qu’il y avait besoin de nos jour d’expliquer ce qu’est irc – protocole qui existe depuis 1988
Bravo, enfin sur le Lesoir une explication (é)clair(ée) du phénomène …j’aime à nouveau mon journal !
si wikileaks avait existé lors de l’affaire des fausses preuves d’armes de destructions massive , nous aurions surement évité des milliers de morts d’innocents iraquiens , je vois que sur wikipedia , beaucoups d’internautes téléchargent des botnet , pour mettre à la disposition leur P C aux ”anonymes ” groupe de hackers , décidé à bloquer les sites attaquant les sites hébergeant wikileaks , connaissez vous les botnet , et est ce dangereux pour ceux qui mettent ainsi volontairement leur P C à leur disposition , j’ai été prévenu d’une petition circulant sur face book , à laquelle je me suis inscrit comme beaucoup de mes amis sur Avaaz.org , ce site comporte une fenêtre ou l’on peut voir défiler les noms des personnes s’inscrivant chaque seconde du monde entier , hyper impressionnant , bravo wikileaks , dénonçants les magouilles et mensonges cachés , causant des guerres pour des intérets pétriliers ou autres , merci à l’avance pour les informations que vous pourrer me fournir sur ces botnet et leur dangers en cas de mise à disposition volontaire de nos P C
http://img843.imageshack.us/img843/9675/moot30.jpg
Le groupe n’a pas de donneur d’ordre justement. Et il serait trompeur de considérer qu’il a un site web
Si vous connaissez la série Ghost in the shell, c’est ce qui y est décrit comme un stand alone complexe.
C’est quand quelqu’un, n’importe qui, pas un leader, lance une idée. N’importe la quelle, bonne ou mauvaise (souvent mauvaise d’ailleurs), et les gens qui ont accès a cette idée décident selon qu’elle leur plaise ou pas de la suivre ou non.
Comme de toute façon, l’habitude sur les sites d’origines (/b/ mais pas seulement) est de ne pas être identifié, il est de toute façon impossible d’avoir des leaders vu qu’on ne sait pas qui parle. Certaines idées plaisent et sont suivies, voila tout.
Loic est un exemple d’idée qui a plut, mais vous pouvez être sur qu’une majorité d’attaque ont foiré, parce que la personne qui a proposé la cible n’a pas eu assez de suivant. Dans le tas, quelques adresses ont plu a assez de gens pour que les sites se retrouve down
Anonymous n’est pas ou résistant ou voyou, c’est les deux en meme temps. Parce qu’une meme idée peut etre approuvée pour différentes raisons.
Quelques exemples non exhaustifs:
Casser pour le plaisir de casser (par exemple, /b/ a déja été attaqué âr déni de service par ses propre utilisateurs avec un programme de type Loic, simplement parce que ca leur a semblé drole de s’auto attaquer, au lieu de toujours attaquer les autres)
S’en pendre a des symboles
Soutenir Assanges
Punir la réflexion comme quoi il faut rejetter quelqu’un si les USA disent que ce qu’il fait est illégal
Pour soutenir le fait de faire des révélations
Pour s’opposer a la censure
Pour équilibrer (certains ont attaqué wikileak, donc ils attaquent le camps adverse)
Parce qu’a ce moment on s’embêtait sans rien a faire
Parce que ca a parut drôle sur le moment
Par désaccord politique
…
Chercher la motivation d’Anonymous est une mauvaise approche, parce qu’il y a un très grand nombre de motivations qui peuvent faire qu’un individu trouve qu’une idée est bonne.
C’est le seul mode de fonctionnement d’Anonymous, un nombre immense d’idées sont proposées, quelques unes plaisent et sont suivies
Pour la même raison, ca n’est pas particulièrement des militants, certains en sont, et pas tous pour la même cause, mais pas tous.