Le plan de Bank of America pour faire taire WikiLeaks

Trois sociétés spécialisées dans le renseignement et le traitement de données ont été consultées par Bank Of America pour prévenir la menace d’une fuite promise par WikiLeaks en novembre 2010. Les stratégies proposées par ces trois firmes vont de la pression directe sur certains individus à la désinformation, en passant par la cyber-attaque.

C’est le collectif Anonymous qui, en réponse à une recherche conduite sur celui-ci par la société HBGary Federal, révèle plus de 50.000 e-mails internes de cette société. Parmi ces e-mails se trouve une proposition intitulée « La Menace WikiLeaks » et sensée répondre, comme son nom l’indique, à la menace que constituerait WikiLeaks pour Bank Of America.Cette proposition a été développée par Palantir Technologies, HBGary Federal et Berico Technologies sur demande du cabinet d’avocats Hunton and Williams, travaillant, sur recommandation du Ministère de la Justice américain, pour Bank of America.  C’est la sixième version de cette proposition qui est révélée (PDF).

Composé d’une vingtaine de slides, le document commence par retracer l’historique de WikiLeaks tout en donnant des informations sur la figure de Julian Assange. Après un organigramme détaillant les relations entre certaines personnes et l’organisation, le document s’attarde sur Glenn Greenwald, un journaliste américain connu pour ses actions en faveur de la liberté d’expression. On y voit comment les trois firmes proposent de mettre la pression sur celui-ci afin qu’il cesse de soutenir WikiLeaks, « préférant sa carrière à sa cause ».

Le document donne ensuite les points forts et les faiblesses de WikiLeaks, avant de proposer des moyens de contrecarrer l’organisation :

  • Créer des doutes à propos de la sécurité et faire croire que toute interaction avec WikiLeaks pourrait vous exposer. Créer des histoires de publications qui font scandale ;
  • Exploiter la fracture entre Julian Assange et WikiLeaks ;
  • Mettre de l’huile sur le feu et accroître l’hostilité entre les différents groupes issus de WikiLeaks. Désinformation. Créer des messages autour d’actions de sabotage ou discréditer les différents groupes. Publier de faux documents puis montrer l’erreur ;
  • Lancer des attaques informatiques sur les serveurs en France et en Suède pour obtenir des informations sur les sources des documents ;
  • Créer des campagnes médiatiques pour accentuer l’opinion publique sur la nature téméraire des activités de WikiLeaks. Maintenir la pression. Cela ne va pas changer l’opinion des fanatiques mais instiguera le doute chez les modérés ;
  • Chercher les fuites. Utiliser les médias sociaux pour profiler les comportements à risque chez les employés.

On ne sait pas si la proposition a été retenue par Bank of America. Une chose est certaine : la société prend la menace de la fuite promise par WikiLeaks au sérieux. La troisième plus grosse institution financière américaine semble prête à considérer toutes les méthodes les pour se protéger.

La fuite de ce document, comme un retour de flamme, pourrait achever de convaincre les sceptiques que certaines organisations tentent déjà d’exploiter et de détourner l’opinion publique pour contrer WikiLeaks et s’en protéger, et la fin justifie les moyens.

Damien Spleeters

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