Le groupe de paiements bancaires Visa Europe a indiqué vendredi avoir réactivé son blocage des donations à WikiLeaks, après une brèche la veille dans son dispositif, le site Internet répliquant en annonçant une plainte en début de semaine prochaine à Bruxelles.
“Un acquéreur a brièvement accepté des paiements sur un site marchand lié à WikiLeaks. Dès que cela a été porté à notre attention, nous avons agi pour suspendre l’acceptation de paiements par Visa vers le site concerné”, a affirmé Visa Europe dans un bref communiqué à Londres.
Datacell, la société islandaise qui contrôle la collecte des fonds au profit de WikiLeaks, site spécialisé dans la révélation de documents secrets, avait assuré jeudi avoir reçu des paiements via des cartes Visa et Mastercard après sept mois de blocage.
Vendredi, DataCell a indiqué dans un communiqué qu’elle “protestait” contre l’action de Visa. “DataCell voit dans cette action de Visa un signe clair qu’il ne veut pas résoudre la situation. Pour cette raison, DataCell ainsi que WikiLeaks ont demandé à leurs avocats de déposer une plainte devant la Commission européenne la semaine prochaine”, écrit la société islandaise.
En décembre dernier, en pleine tempête liée à la publication de milliers de télégrammes diplomatiques américains par WikiLeaks, Visa et Mastercard entre autres avaient bloqué la possibilité d’effectuer, via leurs canaux, des donations au site fondé par Julian Assange.
WikiLeaks et Datacell ont annoncé le week-end dernier leur intention de porter trois plaintes, l’une pour abus de position dominante devant la Commission européenne, puis deux en Islande et au Danemark.
La plainte devant la justice européenne que le site WikiLeaks devait déposer jeudi avait toutefois été suspendue dans l’espoir d’un règlement à l’amiable, Visa ayant demandé un délai pour réagir, avait annoncé à l’AFP son avocat islandais Andri Sveinsson.
La plainte devrait finalement être déposée “mardi ou mercredi”, a-t-il dit vendredi.
L’avocat entend plaider que Visa et son concurrent MasterCard abusent d’une position dominante sur le marché des cartes bancaires à
l’encontre d’un site qui n’est pas illégal et est “un média comme un autre”, selon lui.
Le blocage demandé par Visa vendredi bloque de fait tout paiement par carte bancaire en coupant un portail de paiement vers WikiLeaks, a
expliqué l’avocat.