Selon une information relayée par le Spiegel le 22 août, l’ancien porte-parole de WikiLeaks, Daniel Domscheit-Berg, affirme avoir détruit plus de 3.500 fichiers obtenus de sources anonymes et qui n’avaient pas été publiés. L’information que ces fichiers contiennent serait donc perdue, irrémédiablement. Ces documents étaient stockés sur les serveurs de WikiLeaks jusqu’à la fin de l’été 2010, quand Domscheit-Berg claqua la porte de l’organisation, emportant dans ses valises les précieux dossiers.
Domscheit-Berg affirme maintenant qu’il a “détruit les documents ces derniers jours afin de s’assurer que les sources ne soient pas compromises.” L’ancien porte-parole affirme aussi que Julian Assange ne pouvait pas garantir une manipulation sécurisée des documents.
Selon le Spiegel, ces fichiers contenaient notamment la “No-Fly list” américaine, où se trouvent les noms de personnes suspectées de terrorisme qui ne peuvent pas embarquer à bord d’un avion. Assange ajoute quant à lui qu’il y avait aussi des informations sur vingt organisations d’extrême-droite.
Contacté dernièrement par Owni, Daniel Domscheit-Berg en dit un peu plus sur son geste : “nous avons décidé que les effacer était la solution la plus sûre. Je ne compromettrai pas la sécurité d’une source pour l’intérêt d’un individu ou d’un projet. La protection des sources est prioritaire, et ça ne changera jamais.”
On se rappellera en outre que Domscheit-Berg avait lancé une initiative similaire à WikiLeaks, baptisée OpenLeaks. Quant aux conséquences de la destruction des fichiers, comme l’écrit Olivier Tesquet, d’Owni, “pour beaucoup de militants de cet écosystème open source, l’effet de cette initiative un peu folle n’est pas vertueux. Il est désastreux.”
