Un week-end comme on en redemande

Evi Van Acker / photo AP

Evi Van Acker / photo AP

La semaine dernière, déjà, les Red Lions avaient montré l’exemple en remportant le Champions Challenge de hockey en Afrique du Sud. Huit jours plus tard, avec le titre européen de cross-country d’Atelaw Bekele, la deuxième place d’Evi Van Acker aux Mondiaux de voile dans la catégorie Laser Radial, les médailles de bronze de Fanny Lecluyse, François Heersbrandt et du relais 4 x 50 m libre à l’Euro de natation en petit bassin, et les deux troisièmes places de Charline Van Snick et Dirk Van Tichelt au prestigieux tournoi de judo de Tokyo, ce sont d’autres athlètes belges, futurs « Londoniens » ou candidats à le devenir, qui ont brillé aux quatre coins du globe ce week-end.

Un hasard à un peu plus de sept mois des Jeux ? Oui et non. Oui, parce que la proximité toujours plus grande de l’échéance olympique décuple les ambitions et force les athlètes à se sublimer pour forcer leur qualification ou s’en rapprocher. Non, parce que certaines prestations étaient plus ou moins attendues et que les hasards du calendrier ont notamment voulu que trois championnats importants se déroulent en même temps.

S’il faut être prudent et ne pas tirer de conclusions hâtives, certaines évidences sautent toutefois aux yeux. Reprenons sport par sport.

En cross – disons en athlétisme, pour ne pas tourner autour du pot – Bekele, coureur qui, comme son nom l’indique est originaire d’Ethiopie, a fait preuve d’un cran étonnant en partant dès le deuxième tour à l’Euro de Velenje et en résistant sans trop de difficultés au retour ( ?) de ses adversaires. Certes, ses références sur piste sont encore très moyennes, mais ceux qui courent bien «à travers champs» arrivent régulièrement à reproduire leurs performances sur steeple, 5.000 ou 10.000 m. Si Atelaw Bekele n’aura jamais le même palmarès que son prestigieux homonyme Kenenisa, l’homme aux trois titres olympiques, on est curieux de le voir à l’œuvre cet été s’il obtient, comme on l’espère, un statut d’athlète professionnel qui lui évitera de devoir combiner son sport avec des petits boulots comme il a dû les aligner ces dernières années. Un programme d’entraînement bien structuré et des plages de repos, il n’y a rien de tel pour progresser.

En voile, cela fait au moins une olympiade qu’Evi Van Acker est au sommet de sa classe. Il y a quatre ans, aux Jeux de Pékin, une envie de trop bien faire et une maladie tombée au plus mauvais moment l’avaient confinée à une décevante (pour elle) 8e place. Depuis, la Gantoise a pris de la bouteille, a gonflé l’équipe qui l’entoure et a poursuivi sur sa lancée, remportant notamment cette année le titre européen pour la troisième fois. La semaine dernière, aux Mondiaux, elle a longtemps navigué en tête. Une mauvaise journée samedi et une pénalité dimanche l’ont finalement fait rétrograder en deuxième position, celle qu’elle occupe au ranking mondial. «Je ne peux pas être satisfaite malgré ma médaille d’argent et ma qualification pour Londres, a-t-elle dit. Je dois apprendre à être moins gentille en course, à être une «bitch» dans les moments cruciaux.» Biche ou «bitch», elle sera, quoi qu’il advienne une vraie chance de médaille l’été prochain.

De médaille, il ne faudra sans doute pas rêver à Londres pour François Heersbrandt et Fanny Lecluyse. Pas encore, en tout cas. Mais la progression, ces derniers mois, de ces deux nageurs devenus malgré eux les porte-drapeaux de leur sport en Belgique est remarquable. Heersbrandt, après deux années passées à Toulouse, semble éclater depuis son retour en Belgique. Avec la complicité de son entraîneur historique Rudi Declercq qu’il a retrouvé au Waterloo Natation (même s’il s’entraîne essentiellement à Louvain-la-Neuve et à Woluwe Saint-Pierre), le Wavrien, modèle de classe et d’équilibre, est même (presque) devenu aussi performant en nage libre qu’en papillon, même si c’est évidemment sur cette deuxième spécialité qu’il visera une deuxième participation aux Jeux. Fanny Lecluyse, elle, est déjà qualifiée depuis les Mondiaux de Shanghai, l’été dernier. Une performance due à une éthique de travail rarement vue et d’ailleurs louée par son entraîneur Horatiu Droc qui la façonne à Mouscron.

Enfin, en judo, où les règles de compétition se sont considérablement durcies ces dernières années avec, désormais, la participation de deux athlètes par pays par catégorie (au lieu d’un) et les repêchages appliqués seulement à partir des quarts de finale (au lieu du premier tour), les Belges continuent de s’accrocher. Dans ce sport qui a valu le plus de médailles olympiques à la Belgique depuis 1980 (10), Charline Van Snick (moins de 48 kg) est celle qui a sans doute le plus de chances de reprendre l’héritage, comme l’a prouvé sa 3e place à Tokyo, quatrième levée du Grand Chelem. Mais Dirk Van Tichelt (moins de 73 kg), dans une catégorie plus relevée, reste une valeur sûre sur laquelle on peut compter.

Une récente étude a récemment montré que depuis l’établissement des critères de sélection, 2011 a été la plus mauvaise année préolympique pour les Belges en termes de résultats aux championnats d’Europe et du monde, ce qui est loin d’être encourageant pour Londres. Le week-end que l’on vient de vivre n’a pas fondamentalement modifié ces prévisions mais, comme le souligne Eddy De Smedt, le futur chef de mission aux JO 2012, «si les statistiques sont importantes, il faut parfois aller plus loin dans l’analyse . Car s’il y a bien une science inexacte, c’est le sport…

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