Aagje Vanwalleghem, la mascotte devenue chef de file

Aagje Vanwalleghem (crédit: belga)

En 2004, aux Jeux d’Athènes, alors qu’elle n’avait que 16 ans, elle avait été bombardée mascotte de la délégation belge. Elle s’était, on s’en souvient, notamment liée d’amitié avec Justine Henin et, assise au premier rang pour suivre sa finale victorieuse contre Amélie Mauresmo, elle avait même hérité de son bouquet de championne olympique après la cérémonie de remise des médailles.

Près de huit ans plus tard, Aagje Vanwalleghem est toujours là. La gamine de l’époque est devenue une jeune femme mais elle reste plus que jamais au sommet de la gymnastique belge et sa figure emblématique, malgré les assauts de la jeune génération, emmenée par la minuscule Julie Croket, 17 ans. Un rôle qui lui va comme un gant.

«C’est une fierté, dit-elle, parce que j’ai pas mal souffert lors de l’olympiade précédente, en devant me faire opérer à trois reprises du genou gauche. Cela m’a coûté au total un an et demi d’inactivité. Et, à cause d’une préparation perturbée, m’a fait louper les Jeux de Pékin. Lors des Mondiaux de Stuttgart qui les précédaient, il m’a manqué 5 centièmes pour me qualifier. Devoir les regarder à la télévision a été un vrai calvaire.»

Un calvaire qu’elle ne compte pas revivre cette année. Avec ses 6 équipières de la sélection féminine belge (Julie Croket, Terri Grand’Ry, Gaëlle Mys, Johanna Dejardin, Lisa Verschueren et Eline Vandersteen), Aagje Vanwalleghem a embarqué ce samedi pour… Londres, où aura lieu cette semaine l’épreuve-test de qualification olympique pour les nations qui ont été recalées lors des derniers Mondiaux de Tokyo. Face au Brésil, au Canada, à l’Espagne, la France, l’Italie, la Corée du Sud et les Pays-Bas, les Belges, qui n’ont jamais été aux Jeux en équipe, devront impérativement se hisser dans le quatuor de tête. Sinon, il faudra sans doute se rabattre sur une qualification individuelle pour une seule d’entre elles, tout aussi belle mais moins amusante.

«Aller à Londres en équipe, ce serait fantastique !, s’exclame Aagje. Bien sûr, il faudra dépasser quatre pays, mais ce serait, pour moi, une belle façon de boucler mon parcours olympique. Car pour Rio, en 2016, je serai trop vieille ! »

Le Brésil, pourtant, est le pays de ses racines. Née Ana Maria Pereira Da Silva, elle n’est devenue Aagje Vanwalleghem qu’après avoir été adoptée par une mère belge établie à Wevelgem, où elle a grandi au milieu de… six autres sœurs venues, elles, d’Ethiopie.

«Le fait de provenir d’une famille nombreuse m’aide dans l’équipe belge, où je sers un peu de «grande sœur» pour la plupart des filles. J’essaye de rester calme en toutes circonstances pour les rassurer.»

A 24 ans, elle a toutefois quitté le cocon familial et vit désormais à Vlierzele (Flandre orientale) avec le perchiste Dennis Goossens. Un gros changement qui lui permet – déjà – de se projeter un peu dans sa vie future, celle de l’après-gymnastique, ce qui a plutôt tendance à la rassurer parce que «je sais qu’il y a quelque chose qui m’attend, ce ne sera pas le trou noir».

«On s’organise !, répond-elle quand on lui demande comment son compagnon et elle gèrent leur vie de sportif de haut niveau. Les moments délicats, c’est comme maintenant, quand il y a un gros stress lié à l’approche d’une compétition importante. Mais pour le reste, on ne s’en sort pas trop mal.»

Vanwalleghem, dont la grande spécialité est les barres asymétriques, sait que, quoi qu’il arrive, elle pourra regarder sa carrière avec fierté lorsqu’elle rangera sa tunique, après les Mondiaux 2013, qui auront lieu à Anvers – «Mon dernier grand objectif… si je ne me blesse pas».

Son plus beau moment ? «Quand le “Q” de qualifiée est apparu à côté de mon nom aux Jeux d’Athènes, et que j’ai pu disputer la finale olympique du concours général!»

La gymnastique est un sport terriblement exigeant et traumatisant, et ce dès le plus jeune âge. Mais Aagje Vanwalleghem, qui a aussi eu le bonheur de monter sur un podium européen et sur quelques autres de Coupe du monde, n’a aucun regret même si aujourd’hui, en se levant, elle sent parfois son corps qui craque.

«Il y a eu, c’est sûr, des moments où je me suis demandée pourquoi je continuais à m’entraîner 6 ou 7 heures par jour. Mais quand je vois ce que j’ai réalisé, je me dis que je n’ai pas fait tout ça pour rien!»

Cette entrée a été publiée dans Non classé. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Aagje Vanwalleghem, la mascotte devenue chef de file

  1. Thierry dit :

    Courage à l’ensemble des gymnastes (l”équipe filles et le garçon – Jimmy Verbaeys), de l’encadrement et de nos juges.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>