Et la “Dream Team” descendit sur Barcelone…

Le coach Chuck Daly au milieu de ses hommes. Un boulot trop facile... Copyright AP.

La fédération américaine de basket-ball a communiqué, cette semaine, sa présélection de 20 joueurs en vue des JO de Londres – qui sera réduite à 12 éléments au moment des Jeux. Une liste à laquelle il ne manque pas grand monde, de Kobe Bryant (LA Lakers) à LeBron James (Miami), en passant par Dwight Howard (Orlando), Chris Paul (LA Clippers), Dwyane Wade (Miami) ou Kevin Durant (Oklahoma City).
Une liste qui, inévitablement, aussi, rappelle la première apparition des stars de la NBA, en 1992, à Barcelone, cette « Dream Team » inégalée dont on ne se lasse pas de se remémorer les exploits. Pour avoir vécu ce grand moment, je dois avouer que cela reste l’une de mes plus grandes expériences olympiques !
Jusque là, il faut le savoir, les Américains avaient toujours envoyé une équipe d’universitaires ou d’amateurs aux Jeux, comme le leur imposait la charte olympique. Et, depuis 1936, année de l’apparition du basket aux JO, ils ne s’étaient inclinés qu’à deux reprises, les deux fois face à l’URSS. En 1972, à Munich, en finale, après l’une des plus grandes controverses de l’histoire des Jeux. Et en 1988, en demi, après un parcours chaotique.
Avec la bénédiction de Juan Antonio Samaranch, la Fédération internationale (Fiba) a alors décidé, lors d’un vote effectué en 1989, que les professionnels du meilleur championnat du monde seraient admis dès 1992. On a longtemps cru que les Américains étaient derrière cette adaptation qui allait leur permettre de laver ces deux affronts et de se mettre défintivement à l’abri de ce type de mésaventure. Or, rien n’est plus faux. La Fédération américaine avait été l’une des 13 (sur 69) à voter contre ce projet ; elle craignait que la présence d’une douzaine de millionnaires représentant les Etats-Unis la pénaliserait dans la recherche de fonds pour ses autres équipes représentatives et que la trop grande supériorité de la « Dream Team » allait plomber les audiences télévisées. Quelle erreur !
La présence des superstars américaines à Barcelone, on le sait désormais, a été le vrai déclencheur de l’explosion de l’intérêt pour la NBA hors des frontières US. Réunira-t-on encore un jour une telle brochette de vedettes, les capitaines Magic Johnson et Larry Bird entourés de Michael Jordan, Charles Barkley, Patrick Ewing, Karl Malone, Scottie Pippen, Clyde Drexler, John Stockton, Chris Mullin, David Robinson et Christian Laettner (à l’époque le seul non-pro de la bande) ? Pendant les deux semaines du tournoi, ils se sont forcément promenés, inscrivant plus de 100 points lors de chaque match. Le plus « serré » fut la finale, remportée face à la Croatie sur le score de 117-85. Comme lors de toutes les rencontres, le coach Chuck Daly n’avait pas demandé un seul temps mort…
J’étais là le jour où les joueurs de la “Dream Team” sont arrivés au village olympique. Non pas pour y loger (de toute façon, les lits y étaient trop petits pour eux!), mais pour venir s’accréditer. Un spectacle inouï, que je n’avais jamais vu. En quelques secondes, une nuée d’athlètes de tous les pays et de toutes les disciplines, des garçons et des filles, des vedettes et des anonymes, ont convergé vers le bureau d’accréditation pour tenter d’arracher qui un photo, qui un autographe. De quoi comprendre très rapidement qu’ils n’auraient décemment pas eu une minute à eux s’ils y avaient résidé plutôt que dans un hôtel 5 étoiles du centre-ville sévèrement gardé.
Le grand auditoire du centre de presse avait évidemment fait le plein pour leur conférence de presse d’avant-tournoi. Un autre grand moment de la quinzaine avec Magic Johnson déclenchant volontairement les flashs des photographes en feignant à plusieurs reprises de toucher la casquette de Jordan et Barkley dans le rôle de pitre en chef. Quand on lui a demandé ce qu’il savait de l’Angola, le premier adversaire des Américains, ce dernier s’est esclaffé : « Je ne sais rien de l’Angola, je ne sais même pas où ça se trouve, mais ce que je sais, c’est qu’il va avoir des problèmes ! ».
Aller assister à un match de la « Dream Team », même avec une accréditation autour du cou, était loin d’être une sinécure à Barcelone. La presse belge n’avait droit qu’à deux places par match, pas une de plus. Par chance, j’en ai obtenu une pour cette première rencontre contre l’Angola, remportée 116-48 par les Américains. Un moment inoubliable, depuis la procession de la station de métro jusqu’à la salle de la Joventut Badalone au milieu d’une foule surexcitée jusqu’au coup de sifflet final distillé dans une ambiance indescriptible. Ce jour-là, j’ai compris que la perfection pouvait être de ce monde l’espace de 40 minutes !
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Une réponse à Et la “Dream Team” descendit sur Barcelone…

  1. David dit :

    Un grand-grand moment des JO, forcément. Je me rappelle être déjà dingue de NBA à l’époque et avoir suivi les matches en direct. J’étais abasourdi de voir les autres joueurs venir leur demander des autographes avant ou après les matches. A l’époque, la NBA a encore utilisé l’appellation “Dream Team” pour les jeux ou championnats du Monde suivants. Mais soyons clairs, il n’y a eu qu’une Dream Team, et c’était celle-ci! Quelle brochette de joueurs!! Il ne manquait peut-être que Dominique Wilkins, de l’époque…
    Cela dit, l’équipe pour les jeux de Londres a aussi belle allure. C’est peut-être même l’équipe la plus forte depuis Barcelone. Mais ce n’est pas une Dream Team.

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