Quel porte-drapeau belge à Londres ?

BELGA / ERIC LALMANDC’est généralement considéré comme l’honneur suprême pour un sportif de haut niveau : porter le drapeau de son pays et défiler à la tête de sa délégation lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, sous les yeux de 3 milliards de téléspectateurs. Difficile de faire mieux en termes d’exposition universelle !
Quel athlète belge bénéficiera de ce privilège, à Londres, le 27 juillet prochain ? A l’heure actuelle, bien malin qui pourrait le deviner puisque la sélection est loin d’avoir son profil définitif et que cette décision n’est prise, généralement, qu’à quelques jours du début des Jeux par le chef de mission. Cette année, c’est Eddy De Smedt, le directeur sportif du COIB, qui s’y collera. En tenant compte de plusieurs paramètres, qui vont du passé olympique à la notoriété de l’athlète, en passant par son calendrier aux JO. Car participer à la cérémonie d’ouverture, c’est s’assurer de devoir rester debout pendant plusieurs heures et d’aller dormir relativement tard (cette année, le début de la soirée a été fixé à 21 h locales). Impossible, donc, pour ceux qui entrent en compétition dans les 48 heures qui suivent cette soirée de s’astreindre à cette tâche.
A moins de six mois de l’événement, histoire d’aider un peu le responsable de la délégation noir-jaune-rouge, voici, selon moi, les principaux candidats à la succession du skipper Sébastien Godefroid, qui avait porté le drapeau à Pékin, 12 ans après avoir conquis une médaille d’argent en Finn lors des JO d’Atlanta.

Kevin Borlée

Pour. Le champion d’Europe et médaillé de bronze mondial du 400 m sera, qu’il le veuille ou non, l’un des chefs de file de la délégation belge à Londres et dans les milieux de l’athlétisme, qui reste quand même le sport olympique n°1, sa notoriété est en train de grandir. Avantage non négligeable supplémentaire : s’il venait à renoncer en dernière minute, il pourrait aisément être remplacé par son frère jumeau Jonathan. A part ses proches et quelques « insiders », personne ne se rendrait compte du subterfuge !
Contre. Les « twins » seront normalement en stage dans le sud de la France à l’heure de la cérémonie en compagnie des autres membres du 4 x 400 m. Ils ne pensent rallier le village olympique que le 30 juillet.

Kim Clijsters

AFP PHOTO/William WEST


Pour. Plus universelle et consensuelle que la Limbourgeoise, il n’y a pas. « Kimmie », amie publique n°1 et vraie star internationale, c’est la garantie d’une reconnaissance mondiale de la délégation belge. Ce serait aussi une belle manière de l’honorer pour son palmarès incontestable et l’ensemble de sa carrière qui, on le sait, prendra fin avec les Jeux ou l’US Open un mois plus tard. Et peu importe s’il ne s’agit que de sa première participation aux Jeux et si le tennis n’est pas un « grand » sport olympique ; en 2004, si elle l’avait voulu, Justine Henin aurait elle aussi défilé en tête de file pour sa première expérience olympique.
Contre. Ca sent un peu l’opportunisme. De plus, Clijsters avait décliné sa sélection pour Athènes pour des basses raisons d’incompatibilité entre son équipementier et celui du COIB et on pourrait s’en souvenir. Enfin, si la chance n’est pas avec elle, elle risque de devoir jouer dès le lendemain de la cérémonie…

Philippe Gilbert

Pour. Avec Kim Clijsters, c’est le sportif belge en activité le plus connu à l’étranger (même si son sport est moins universel que le tennis) et il a l’avantage de faire l’unanimité tant au nord qu’au sud du pays. De plus, le n°1 mondial du cyclisme, qui était déjà là (discrètement) en 2004, a fait de ces Jeux de Londres l’un des objectifs majeurs de sa saison 2012 et son allégeance mériterait récompense.
Contre. La course sur route aura lieu le lendemain de la cérémonie. Comme on ne changera plus le calendrier, Philippe Gilbert suivra plus que probablement le défilé des nations à la télé, dans sa chambre du village olympique.

Tia Hellebaut

Pour. Une championne olympique, ça ne court pas les rues en Belgique ! Quatre ans après son titre de Pékin, la seule médaille d’or ramenée de Chine, Tia Hellebaut, qui en sera à ses troisièmes Jeux consécutifs, est logiquement « la » grande favorite pour porter le drapeau le 27 juillet. C’est d’autant plus vrai qu’elle aura pratiquement deux semaines pour se remettre puisque son concours de hauteur ne commencera que le 9 août, avec les qualifications. Sa désignation serait aussi, pour le COIB, une manière de compenser son incroyable absence sur les affiches qui servent à sa campagne d’image en vue des JO…
Contre. L’Anversoise a prévu de rallier Londres le plus tard possible et sera, à l’heure de la cérémonie d’ouverture, en stage, au chaud, dans le sud de l’Europe. Se laissera-t-elle tenter par un rapide aller-retour jusqu’en Angleterre pour le simple plaisir de faire plaisir ? Cela semble vraiment peu probable…

Ilse Heylen

Pour. On a tendance à l’oublier, vu sa discrétion, mais la judokate anversoise, 3e aux JO d’Athènes, est la plus ancienne médaillée olympique belge encore en activité et elle entre donc dans les critères. La retenir serait aussi une belle manière de récompenser son opiniâtreté, elle qui est toujours revenue après de multiples blessures à l’épaule et aux genoux. Sa sélection, si elle est confirmée, sera sa troisième consécutive pour les JO. A 35 ans.
Contre. Elle n’est pas encore sûre de sa sélection et sa compétition aura lieu deux jours après la cérémonie d’ouverture. Et elle est vraiment très discrète…

Les rescapées du 4 x 100 m

Pour. Faire défiler côte à côte Olivia Borlée, Hanna Mariën et Elodie Ouedraogo, trois des quatre médaillées d’argent du 4 x 100 m de Pékin, ça pourrait avoir de la gueule. Ce serait aussi une belle manière de dire adieu à une génération de sprinteuses, puisqu’il est acquis que les deux dernières n’iront pas plus loin que Londres, et à une équipe qui a obtenu quelques fameux résultats… même si ceux-ci commencent à dater.
Contre. Il y a d’abord le côté pratique de l’histoire : vous avez déjà essayé, vous, de tenir un drapeau à trois ? Et puis, sans Kim Gevaert, ce serait un peu trahir la vérité du relais. C’est d’autant plus vrai que celui-ci est encore loin d’avoir assuré sa sélection…

Jean Michel Saive

Pour. Il ne faudra plus expliquer au pongiste liégeois comment tenir la hampe du drapeau ou lui dire avec quelle main il doit saluer le public quand il il entrera dans le stade : il aime ça et il connaît parfaitement la musique après avoir déjà assuré le boulot à deux reprises, à Atlanta et à Athènes ! En 1996, il avait bénéficié de son statut récent de n°1 mondial et de candidat avéré à une médaille, et en 2004, il avait doublé en dernière minute Justine Henin, qui devait jouer le lendemain. Je m’étais étonné, à l’époque, de ce choix car la judokate Gella Vandecaveye, double médaillée olympique, me semblait plus légitime. Mais bon… Cette fois, Saive aura pour lui d’égaler le record belge de participations aux Jeux (7) détenu par le tireur François Lafortune. On pourrait le récompenser (on n’oserait pas dire une dernière fois) pour sa fidélité aux cinq anneaux.
Contre. En même temps, il l’a déjà fait deux fois… Place à un(e) autre !

Les derniers porte-drapeaux belges
2008 Sébastien Godefroid (voile)
2004 Jean-Michel Saive (tennis de table)
2000 Ulla Werbrouck (judo)
1996 Jean-Michel Saive (tennis de table)
1992 Frans Peeters (tir aux clays)
1988 Dirk Crois (aviron)
1984 Edgar-Henri Cuepper (sports équestres)
1980 pas de porte-drapeau

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2 réponses à Quel porte-drapeau belge à Londres ?

  1. Le 13eme cavalier dit :

    J’aurai aimé porter ce drapeau si je n’étais pas couvert de honte par ce qu’il se passe dans mon pays. Aussi je suggérerais au responsable de la délégation noir-jaune-rouge de le porter lui-même. A défaut de le faire “pour le plaisir” , qu’on le fasse au moins “par devoir”…

  2. Alarme maison dit :

    merci pour ce billet ?!

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