Bob Maesen, 22 ans de kayak qui s’éteignent

Bob Maesen était le kayak belge depuis plus de 10 ans. Il laisse la place aux autres. Copyright Belga.

C’est un peu l’automne au printemps pour quelques sports olympiques belges depuis un mois… Après la gymnaste Aagje Vanwalleghem et l’athlète Kevin Rans, c’est le kayakiste Bob Maesen qui, ce mardi, a mis un terme à sa carrière. A 35 ans, le Limbourgeois, mec remarquable et figure de proue de sa discipline depuis plus d’une décennie, a compris, comme ses deux collègues, que la qualification pour les JO de Londres qu’il s’était fixée comme dernière échéance était devenue trop aléatoire et qu’il valait mieux, dès lors, ranger sa pagaie.

« Tant mentalement que physiquement, je n’étais plus en état de réussir ce qui m’était imposé, admet-il. Le COIB exigeait que je figure dans le top 8 mondial de ma discipline et je n’y serais arrivé que très difficilement. Pour la première fois depuis seize ans, l’an dernier, je n’avais pas décroché ma sélection pour les championnats du monde. Il m’a fallu du temps pour prendre ma décision car, après tout, le kayak a rempli une bonne partie de ma vie, 22 années en fait. Mais même si je n’ai jamais pu décrocher cette médaille olympique qui me faisait tant rêver, je pars sans frustration, heureux de ce que j’ai accompli durant ma carrière. »

Une carrière où il a vu sa discipline évoluer en même temps que les conditions d’entraînement, l’encadrement et le soutien financier public, qui ont permis une vraie professionnalisation. « Il y a un monde de différence entre ce que j’ai connu au début et à la fin de mes années de kayakiste, reconnaît-il. Même si je ne suis pas devenu riche avec mon sport ! »

De ses 16 années en équipe nationale, Bob Maesen retient quelques moments clés, comme ses nombreuses places d’honneur en Coupe du monde, sa médaille d’argent en K2 1.000 m en compagnie de Wouter D’Haene lors des Mondiaux 2003 à Gainesville, aux Etats-Unis, ou ses trois participations aux Jeux olympiques, en 2000, 2004 et 2008. Lors de ceux d’Athènes, toujours avec D’Haene, il avait même frôlé le podium… avant de devoir au bout du compte se contenter de la 5e place. Tous ceux qui étaient, ce jour-là, au bord du bassin de Schinias, ont encore en mémoire les larmes versées par le géant (1,95 m) de Neerpelt et son équipier dans les bras de leur entraîneur de l’époque, le Bulgare Krassimir Ivanov. Des larmes qui, pour lui, étaient également provoquées par le souvenir de son frère, mort d’un cancer quelques semaines plus tôt, une épreuve qu’il avait dû enfouir pour se préparer pour le jour J…

Bob Maesen, qui a été l’image du kayak belge pendant si longtemps, ne laisse pas son sport tout à fait orphelin. Le K2 sélectionné pour Londres, composé d’Olivier Cauwenbergh et de Laurens Pannecoucke, aura, selon lui, « une réelle chance de médaille » cet été, sur le plan d’eau d’Eton. « Ce sont deux gars talentueux, très proches techniquement et très complémentaires, assure-t-il. J’espère aussi que Wouter D’Haene arrivera à se qualifier en K1 ; il le mérite. »

Après quelques semaines de repos dont il a « bien besoin », Maesen, qui est toujours membre de la commission des athlètes du COIB, ne délaissera pas tout à fait les plans d’eau. « On m’a proposé d’accompagner le projet BeGold (NDLR : un projet de détection et d’encadrement de jeunes talents en vue des Jeux de Rio). Parallèlement, je poursuivrai aussi les cours d’entraîneur que j’ai entamés. »

De quoi décrocher rapidement sa pagaie du clou !

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