Et Jacques Rogge se prit pour Joëlle Milquet…

Jacques Rogge a attiré du beau monde, jeudi, au Cercle de Lorraine. Copyright EPA.

Il y avait du monde ce jeudi midi sous les ors du Cercle de Lorraine, le prestigieux club de « décideurs » de la place Poelaert, à Bruxelles. A moins de trois mois des Jeux de Londres, Jacques Rogge, le président du CIO, avait trouvé une petite place dans son agenda – une performance ! – pour y être l’invité de référence du déjeuner-débat du jour et la fièvre olympique avait visiblement gagné les membres, accourus en masse. Il y avait là des chefs d’entreprise, des cadres supérieurs, des avocats, des hommes politiques, tous venus écouter la bonne parole du CEO du sport mondial.

Il y avait aussi Justine Henin. L’ex-n° 1 du tennis féminin avait été sollicitée par les organisateurs pour délivrer un petit discours d’introduction au sujet de celui qui, il y a huit ans, était aux premières loges pour suivre son triomphe aux Jeux d’Athènes. Comme d’habitude, même si on n’est pas sûr qu’elle aime fondamentalement ce genre d’exercice, son aisance verbale en public a fait merveille. « Si elle a le temps, j’aimerais voir avec elle ce qu’elle peut faire pour le mouvement olympique ! », a d’ailleurs lancé Jacques Rogge à la fin de son exposé.

Celui-ci n’a pas donné lieu à de grosses révélations. Le président du CIO était, en quelque sorte, en tournée de promotion pour son « business » et il a joué son rôle de VRP avec rigueur et professionnalisme face à une assemblée conquise d’avance. Il lui a rappelé que les défis que le sport devait relever étaient « des défis de valeur » comme la lutte contre le dopage, la violence, le racisme, la corruption, les dérives éthiques, les discriminations de toutes sortes. « Nous devons éviter d’être complaisants », a-t-il insisté.

Il a pointé du doigt « l’égoïsme et le mercenariat » de certains sportifs, ceux qui refusent des sélections dans leur équipe représentative et qui, de la sorte, « ne renvoient pas l’ascenseur ». Il a regretté l’injustice nord-sud, aussi présente en sport qu’ailleurs, avec « ce gouffre entre les pays riches et les pays pauvres que nous essayons de combler avec la solidarité olympique qui nous permet de financer des projets sportifs là où on en a le plus besoin. » « Dans l’histoire des Jeux olympiques, il n’y a que 72 pays qui ont remporté des médailles et plus de 130 qui n’en ont jamais eu ; ce n’est pas normal. » Et il a confirmé que les trois seuls pays n’ayant jamais envoyé de femmes aux Jeux – Brunei, le Qatar et l’Arabie Saoudite – devraient enfin le faire à Londres. « Nous en avons reçu l’assurance formelle de la part des deux premiers ; nous sommes toujours en négociation avec l’Arabie Saoudite ».

Les prochains JO ont évidemment été évoqués. Jacques Rogge en a rappelé le budget – 1,9 milliard d’euros pour l’opérationnel, 9 milliards de livres pour le reste (construction de sites, aménagement du territoire, sécurité, etc.) et cette lutte incessante contre le gigantisme qu’il tente de mener depuis qu’il est arrivé à la tête de l’institution en 2001. Après avoir boulonné le nombre d’athlètes (10.500), le nombre de sports (28) et le nombre d’épreuves (300), le CIO pourrait bientôt, sur son insistance, prendre d’autres mesures pour limiter les coûts.

« A Lausanne, je suis connu pour être Monsieur Non ; j’aimerais rencontrer Madame Milquet ! »

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