Tom Goegebuer, le poids et la démesure

A Pékin, Tom Goegebuer avait terminé 13e. Copyright Belga.

Attendre. Espérer. Et souffrir. Cela fait quelques mois, maintenant, que Tom Goegebuer s’est fait une raison. L’haltérophile de Heusden devra sans doute patienter jusqu’à la dernière minute, c’est-à-dire jusqu’à la fin du mois de juin, pour savoir s’il pourra participer à ses deuxièmes Jeux, cet été, à Londres.

« Pour le COIB, je suis en ordre, pour ma fédération internationale, pas encore, explique-t-il. Je serai sans doute un peu court pour figurer dans le top 15 de ma catégorie de poids le 10 juin, date où elle arrêtera le ranking. Je devrai donc attendre le 25 pour voir si je bénéficie d’une des huit places qui seront réallouées. Comme il y a quatre ans… »

Cette incertitude est terriblement pénible à supporter. Sans avoir l’assurance d’être sélectionné, Goegebuer, qui a déjà soulevé 116 kg à l’arraché et 140 kg à l’épaulé-jeté et dont le record de Belgique des deux mouvements combinés est de 254 kg, doit continuer à s’entraîner « comme si ». Et, surtout, se préparer à entamer un régime alimentaire proche de l’inhumain. Car après avoir pris part, il y a un mois à l’Euro d’Antalya dans la catégorie des moins de 62 kilos, où il a décroché une 8e place, il va devoir «descendre» dans celle des moins de 56 kilos. Tout ça alors qu’il est déjà très «sec» et qu’il doit préserver un minimum d’énergie pour continuer à s’entraîner.

« Cela fait deux semaines que je fais attention à limiter les sucres au maximum, dit-il. Je viens de passer de 3.000 à 2.000 calories par jour. Je vais désormais me fixer, par paliers, à 1.800, 1.500 et finalement 1.200 calories quotidiennes jusqu’aux Jeux. »

Lorsqu’il arrive à cette extrémité, il est obligé de sortir la balance et la calculatrice avant chaque repas, dont il pèse tous les ingrédients. Une journée type ? Un peu de muesli au petit déjeuner, des cracottes de pain complet avec 50 grammes de filet de poulet et des légumes au déjeuner, et 300 grammes de poisson blanc, un peu de riz et des légumes au dîner. Entre les coups, un petit séjour au sauna est également le bienvenu.

Ce régime de spartiate est un véritable supplice. C’est la raison pour laquelle, Goegebuer ne « tire » que très rarement en moins de 56 kilos – une ou deux fois par an au maximum. « Chaque fois que je m’y astreins, il me faut 6 semaines pour récupérer», assure-t-il. Il pourrait, évidemment, se fixer dans la catégorie de poids supérieure ; mais cette éventualité lui ferait perdre tout espoir de figurer dans le top mondial et, donc, d’aller aux Jeux.

Ce jeudi, il partira pour dix jours de stage à Tenerife avec sa compagne, Bieke Vandenabeele, elle-même sportive de haut niveau (natation, rugby, bobsleigh), qui lui servira de coach.

« Si je me rends jusque-là, c’est parce qu’il y a un centre d’entraînement de pointe, avec beaucoup de bons haltérophiles, mais aussi pour l’environnement. Même si je m’entraîne à l’intérieur, le soleil me motive. Et malgré tous les sacrifices que je dois faire, je veux conserver la notion de plaisir quand je travaille ! »

Difficile de lui donner tort…

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