L’affaire Gierts, la médiatisation à laquelle le hockey ne s’attendait pas

Pascal Kina a donné sa liste définitive des 23 "Panthers" pour la préparation olympique. Comme prévu, Sofie Gierts n'en fait pas partie. Copyright Belga.

Il y a un an d’ici – mettons même six mois – seul le microcosme du hockey belge avait entendu parler de Pascal Kina et de Sofie Gierts, le coach et la joueuse la plus expérimentée (oserait-on dire la plus emblématique ?) de l’équipe nationale féminine. C’est tout juste si le grand public, d’ailleurs, connaissait l’existence de cette formation. Une anomalie rattrapée, en partie, depuis le mois de mars et la formidable qualification des Red Panthers pour les JO de Londres. Rien de tel que le révélateur olympique, surtout quand il survient au terme d’une semaine de douce euphorie, pour entrer dans la lumière.

Celle-ci, toutefois, peut devenir aveuglante pour celui qui n’y est pas habitué. Après avoir vécu en vase clos pendant tant d’années (y a-t-il un autre sport où la plupart de ses adeptes ne s’interpellent que par leur surnom, de « Zoulou » à « Tchouk », en passant par « Chouchou » et « Reck » ?), l’exploit conjoint des deux équipes représentatives qui ont décroché leur billet pour Londres a changé la donne. Mais pas dans le sens qu’aurait sans doute souhaité la fédération.

En décidant, à la fin du mois d’avril, en concertation avec son staff et avec le soutien de sa hiérarchie, d’écarter Gierts de son noyau de 23 joueuses appelées à poursuivre la préparation en vue du grand rendez-vous de l’été pour des raisons de comportement, Kina a déclenché un ouragan médiatique dont il avait sans doute sous-estimé l’ampleur. Il aurait pris cette décision, il y a un an, lors de la préparation de l’Euro de Mönchengladbach, personne n’aurait rien remarqué ; ici, à quelques semaines des Jeux et un mois après la finale du tournoi qualificatif où elle avait inscrit trois buts, le grand public, qui venait de découvrir et d’adopter ce groupe, n’a pas compris.

Dans le nord du pays, essentiellement à Anvers, là où vit et joue Sofie Gierts, les mouvements de soutien et/ou de protestation et même les campagnes de presse se sont multipliés et leur intensité, après s’être un peu essoufflée, a repris de plus belle ces derniers jours. L’approche de la divulgation de la sélection pour Londres, sans doute… Mais ils n’ont servi à rien. En toute logique, pour ne pas se déjuger, la fédération est restée inflexible, estimant que ce que la joueuse appelle « des futilités », sur lesquelles on aurait très bien pu passer l’éponge, étaient bien plus que cela. Comme l’a encore calmement rappelé Pascal Kina ce jeudi, la joueuse avait eu plusieurs avertissements dont elle n’a pas voulu tenir compte. Qui a raison ? Qui a tort ? Dans ce type de conflit, c’est souvent une question de perception. Et chacun, c’est forcé, a la sienne.

L’alchimie d’un groupe, dans un sport collectif, est souvent très délicate à établir. Il y existe des codes non écrits. Celui qui les enfreint, le fait à ses risques et périls. De la même manière, si, après avoir constaté les infractions à répétition de l’un(e) de ses joueurs(euses), un entraîneur n’intervient pas, il s’affaiblit vis-à-vis du reste de l’équipe. Et il s’expose au pire.

Pascal Kina a pris sa décision. « Il est plus important d’aller aux Jeux avec le meilleur groupe qu’avec les meilleures joueuses », a-t-il redit à l’heure du coup d’envoi de la campagne olympique en rappelant qu’avec une moyenne d’âge de 22,5 ans, cette équipe belge était taillée pour l’avenir. Qui se dessinera donc sans Sofie Gierts.

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Une réponse à L’affaire Gierts, la médiatisation à laquelle le hockey ne s’attendait pas

  1. Sophie dit :

    Quels gâchis.

    C’est intéressant de voir les commentaires de l’entraîneur de l’Antwerp (cfr site de l’Antwerp) sur le comportement de Sofie dans cette équipe. Celui semble exemplaire. J’ai du mal à imaginer qu’une manière d’être bascule à ce point simplement en passant de son club à l’équipe nationale. Conflits de générations? Prenait-elle trop de place par rapport à certaines joueuses très ambitieuses?

    Quelles que soient les raison, c’est regrettable d’en être arrivé là.

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