Sven Nys, cyclocrossman tout-terrain

Sven Nys, jusqu'au bout de l'effort pour aller une deuxième fois aux Jeux. Copyright Belga.

Presque 36 ans (le 17 juin, le même jour qu’Eddy Merckx…) et une motivation intacte. Beaucoup de sportifs pourraient s’inspirer de Sven Nys. Loin de la vie pépère de roi du cyclo-cross qu’il aurait pu s’octroyer pour ses dernières années sur deux roues, le citoyen de Baal est allé se vider les tripes, ce week-end, à Moscou pour aller chercher sur le fil sa qualification olympique dans une discipline qu’il n’a réussi à apprivoiser que depuis 2005. Une dernière chance après une saison éreintante qu’il a saisie à deux mains en terminant 10e des championnats d’Europe de VTT dans la capitale russe. Quatre ans après Pékin, où il avait accroché une improbable 9e place, il va vivre ses deuxièmes JO dans un peu plus d’un mois.

« Cela a été un long chemin, mentalement très dur à gérer, dit Nys, qui a rejoint Kevin Van Hoovels, l’autre vététiste de la sélection belge. Pour Pékin, j’avais réussi à me qualifier pour les Jeux un an à l’avance, lors des Mondiaux de Fort William, ce qui m’avait permis de bien planifier ma préparation. Ici, j’ai dû me battre jusqu’au bout, enchaîner une saison complète de VTT après une saison complète de cyclo-cross sans avoir vraiment le temps de souffler entre les deux. Et, plus je mettais du temps à me qualifier, plus je mettais en péril ma saison de cyclo-cross suivante. C’est pour ça que je suis assez fier d’avoir réussi. A 36 ans. Dans un sport qui n’est pas le mien ! »

L’exemplarité, cela fait quelques années maintenant qu’il la cultive. Nys, c’est de la motivation à fleur de peau et du perfectionnisme en guise de cheval de bataille. Un sportif qui, sous la direction de Paul Van den Bosch, son entraîneur « historique », ne vit que pour « ça » et pour qui une journée sans exercice physique est une journée de perdue. « C’est presque devenu un esclavage », nous avait-il avoué avant les JO 2008.

Ce mardi, après s’être octroyé une petite journée « off », il s’est rendu chez son mentor pour discuter de son programme pré-olympique. A 45 jours du début des Jeux, il n’a plus beaucoup de temps à perdre et c’est pour cette raison qu’il privilégiera les stages de préparation aux compétitions. « Je ne pense pas que je serai au départ des championnats de Belgique sur route à Geel, le 24 juin, comme c’était initialement prévu », explique-t-il.

Venu au cyclo-cross via le BMX – « En fait, mon cœur penchait plutôt au départ pour le motocross et les idoles de ma jeunesse s’appelaient Geboers et Jobé ! » – Sven Nys avait tout gagné dans les labourés. C’est en partie pour ça qu’il a pris le risque de se remettre en question. Pour ça et pour pouvoir vivre un jour le rêve olympique que sa discipline de prédilection ne pouvait pas lui offrir.

« Outre qu’il s’agit de la plus importante compétition sportive, les Jeux procurent une émotion incomparable. Je ne savais pas quoi en penser avant de débarquer dans le village olympique, en 2008. Là, j’ai découvert un autre monde, avec ce mélange de sportifs de tous âges, venus de toutes les disciplines et de tous les horizons. »

Pour y arriver, il a dû, au départ, dompter un parcours plein d’embûches. Les premiers tests de résistance à la chaleur et l’humidité qu’il avait réalisés en condition « chinoise » au laboratoire de l’Université de Louvain dès 2005 s’étaient avérés peu convaincants parce que, au cours de ceux-ci, on avait constaté qu’il perdait beaucoup trop d’eau et de sels minéraux. Mais après un début de résignation, il a réussi à résoudre ce problème « en travaillant l’alimentation régulière en solides et liquides. »

Aujourd’hui comme hier, il ne regrette pas de s’être accroché, heureux de pouvoir vivre une deuxième expérience olympique qui permettra à son fils Thibau de mieux réaliser, à 10 ans, ce que cela représente. « Il sera là le 12 août, le jour de la course », affirme Sven. Le 12 août, le tout dernier jour des JO de Londres où, secrètement, il espère que les conditions climatiques seront typiquement britanniques…

« J’ai toujours dit que le temps londonien devrait logiquement m’être plus favorable que celui de Pékin. Mon objectif ? Une place dans le top 8 pour décrocher le diplôme olympique ! »

La passion jusqu’au bout…

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