Systermans, le perdu de Saint-Pholien

Pholien Systermans paie-t-il ses multiples démêlés avec le monde de la natation belge? Pas impossible... Photo AFP.

Le monde du sport aime le conventionnalisme. Et, conséquemment, pas trop les têtes qui dépassent. N’est-ce pas parce qu’il est un peu considéré comme l’ « enfant terrible » de la natation belge que Pholien Systermans a vu la sélection olympique qui lui avait été initialement promise lui filer sous le nez ? On n’oserait jurer de rien…

Les faits, pourtant, sont là. La Fédération belge de natation devait communiquer pour vendredi au COIB la liste des nageurs retenus pour les Jeux pour les deux courses de relais, le 4 x 100 et le 4 x 200 m libre, toutes les deux brillamment négociées lors du dernier Euro de Debrecen. Les deux fois, elle a désigné les quatre nageurs qui avaient forcé la qualification olympique en Hongrie, à savoir Dieter Dekoninck, Pieter Timmers, Jasper Aerents et Emmanuel Vanluchene pour le premier et Timmers, Dekoninck, Louis Croenen et Glenn Surgeloose pour le second relais. Avec, comme réserviste pour les deux courses, Yoris Grandjean.

Systermans, lui, a disparu des écrans alors qu’il avait été repris dans un premier temps comme 5e homme du 4 x 200 m. Ce sont les règlements de la Fédération internationale qui, selon Philippe Midrez, le directeur technique de la Fédération francophone, ont eu raison de ce premier choix. Dans le rapport nageurs individuels-nageurs de relais, la Belgique présentait un trop gros déficit. Pour contourner une partie du problème, la Fédération belge a demandé au COIB d’inscrire Aerents sur 50, Timmers sur 100 et Surgeloose sur 200 m libre, tous les trois ayant réussi le minimum « B » (et pas les critères belges). Et comme il y avait encore un nageur de trop, elle a opté pour Grandjean comme réserviste plutôt que pour Systermans, « et ce par rapport à l’importance du 4 x 100 m qui, avec son 9e temps mondial, a des chances d’aller en finale aux Jeux, ce qui n’est pas vraiment le cas du 4 x 200 m », dixit Midrez.

L’entourage de Systermans, qui précise que celui-ci méritait sa place dans le quatre de base eu égard à son statut de 3e nageur belge le plus rapide sur 200 m libre en 2012 (et de 4e sur l’ensemble de la période de sélection qui avait démarré en mars 2011) voit dans cette décision un complot communautaire, né dès l’Euro, lorsque le Liégeois avait été écarté, sans ménagement et, selon son camp, en n’étant prévenu qu’au tout dernier moment, des séries du 4 x 200 m. On n’ira pas jusque là. S’il n’y a pas été aligné par le coach Ronald Gaastra, qui affirme l’avoir prévenu de sa décision dès la fin des séries du 200 m libre, c’estsurtout parce qu’il avait très mal nagé au cours de celles-ci, bouclant ses quatre longueurs de bassin près de 2 secondes plus lentement que lors de sa qualification, en mai, à Anvers (1.51.49 pour 1.49.70). Vu l’enjeu, il valait mieux ne faire confiance qu’à des hommes en forme. Et à la lecture du résultat final, on doit reconnaître que Gaastra a eu le nez fin…

On pense plutôt que s’il n’a pas été défendu comme il l’espérait, c’est parce que les multiples différends qu’il a eus ces derniers mois avec plusieurs personnes du monde de la natation belge (un procès, certes gagné, contre la Fédération qui lui avait interdit de porter un maillot autre que celui de son partenaire commercial aux Mondiaux de Rome 2009, une bagarre avec certains de ses équipiers de Liège Natation lors d’un stage, son forfait non annoncé en finale du 200 m libre aux derniers championnats de Belgique pour ne pas « tirer » les autres nageurs) n’ont pas incité grand monde à se battre pour sa cause. Regrettable… mais terriblement humain.

Pholien Systermans n’a, aujourd’hui, que ses yeux pour pleurer. Et sa rage pour intenter plus que probablement un procès à ceux qui ne l’ont pas défendu comme il l’entendait.

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4 réponses à Systermans, le perdu de Saint-Pholien

  1. Mazz dit :

    Participer, oui. Cela veut aussi dire “avec les autres” et pas tout seul dans son coin. Pour un chargé de projets à Centre de Compétence c’est un peu léger. Et puis quelle mauvaise mémoire. Pas top pour un formateur. Bref, une occasion perdue de se taire.

  2. Martin dit :

    Tout dépend du nom que tu portes et là alors tu peux pratiquement te permettre ce que tu veux

  3. Ex coach dit :

    L’article semble nager entre 2 eaux:
    - Soit la non sélection est une sanction disciplinaire et doit donc être annoncée comme telle, selon des procédures officielles.
    En outre, selon l’article la réputation d’enfant terrible (qui justifierait d’une telle sanction ?) est basée sur 1° un procès gagné face à la fédération (le sport est-il dès lors au-dessus des lois ?), 2° une bagarre avec des coéquipiers et 3° une décision stratégique, certes non fair-play, mais déjà punie par une amende (principe non bis in idem).
    L’article poursuit en évoquant la confirmation de la sélection de Yoris Grandjean qui ne semble pas ( ?) bénéficier de la même réputation alors qu’il était impliqué dans la dite bagarre et qu’il s’est volontairement abstenu de participer à un stage qualifié d’obligatoire par la Fédération (http://www.rtbf.be/sport/autres/detail_pas-vraiment-une-sanction-pour-grandjean?id=7745588 ). Deux poids deux mesures ?

    - Soit seuls les arguments purement sportifs sont prix en compte et il convient alors d’envoyer aux JO l’équipe composée des 4 nageurs les plus rapides dont Pholien Systermans. http://www.swimrankings.net/index.php?page=rankingDetail&rankingClubId=42463766&firstPlace=1

    Il ne peut y avoir de voie médiane.

    En outre, les règlements FINA évoqués visent à éviter un déséquilibre avec des nations présentant de nombreux relais mais aucun nageur individuel, ce qui n’est pas le cas de la Belgique. L’éventuel refus d’envoyer un ou deux réservistes pour les relais belges aux JO est sans objet quant à la sélection de Pholien Systermans puisque ce dernier devrait, selon des critères objectifs, être membre à part entière du relais en vertu des performances réalisées.

    Philippe Midrez, DT de la FFBN, cité par l’article, est bien placé pour connaître la frustration qu’engendre une sélection basée sur des motifs extra sportifs puisqu’il a lui-même vécu cette douloureuse expérience avec ses filles.
    http://www.lemauricien.org/weekend/110313/sp.htm#3
    Mais, comme il le dit lui-même dans cet article, c’est « normalement » en natation « la première (le premier ?) qui gagne »…. Ça reste à voir en Belgique !

    • Philippe Vande Weyer dit :

      La non-sélection de Pholien n’a jamais officiellement été annoncée comme étant une sanction mais bien une conséquence des réglements de la Fina. Je pense toutefois que les démêlés qu’il a eus ces deux dernières années avec certaines personnes du milieu de la natation belge – et sans juger les torts des uns ou des autres – ne l’ont pas aidé. Il s’agit de ma lecture de cette affaire et cette analyse n’engage que moi.

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