Jimmy Verbaeys, un coup de fraîcheur sur la gymnastique

Jimmy Verbaeys s'accommode du cheval d'arçons. Les anneaux, en revanche... Photo Belga.

Il y a quatre ans, à Pékin, Koen Van Damme avait mis fin à l’absence récurrente de gymnaste masculin belge aux JO depuis 1960. Le pli semble être pris. A Londres, dans un bon mois, c’est Jimmy Verbaeys qui défendra l’honneur noir-jaune-rouge à la barre fixe, au cheval d’arçons, au saut, au sol, aux anneaux et aux barres parallèles, les six agrès qu’il devra dompter. Agé de 18 ans à peine, ce qui a joué pour lui, il a été «délibéré» ce lundi soir par la commission de sélection après avoir récemment approché de 0.016 pt les critères du COIB à la Challenger Cup de Maribor tout en réussissant aux barres parallèles un total supérieur à celui du top 8 des derniers Mondiaux.

« J’ai été surpris en l’apprenant parce que je pensais que la décision ne serait communiquée que mercredi, dit celui qui, en janvier, avait décroché la place de quota pour la Belgique lors du «test event» de Londres. C’est mon père qui m’a appelé pour me l’annoncer. Je ne l’ai pas cru tout de suite. Il a fallu que mon entraîneur Dirk Van Meldert me le confirme et que j’aille voir mon nom sur le site du COIB pour que ce soit le cas! »

Outre ses performances récentes, la qualification olympique de Verbaeys est aussi venue récompenser une détermination sans faille et un sens du sacrifice, nés dès la fin de son enfance. Car après avoir apprivoisé la gymnastique à Saint-Gilles « dès mes 3 ans, en suivant mes trois grandes sœurs » , puis au Gym Phenix, à Auderghem, ce Bruxellois francophone originaire de Forest a accepté de s’exiler dès la fin de ses études primaires à Gand pour y intégrer la « topsportschool » de la fédération flamande pour tenter de percer dans ce sport à la fois si beau et si ingrat. Un déracinement imposé à l’époque par le manque de structures en Communauté française (aujourd’hui résolu), qu’il a forcément dû compléter par un cursus secondaire en néerlandais alors que, de son aveu, « c’est tout juste si, à l’époque, je savais dire bonjour et chanter une chanson en l’honneur de Saint-Nicolas ! » dans la langue de Vondel.

Si, aujourd’hui, il est logiquement parfait bilingue, s’il a bouclé ses six années d’enseignement secondaire sans jamais redoubler avant d’entamer des études supérieures d’architecture – « Je les ai interrompues en janvier pour pouvoir me concentrer sur ma préparation olympique mais je les reprendrai en septembre. Si je n’étudiais pas, je m’embêterais ! »-, Jimmy Verbaeys se souvient que ses premiers mois à Gand ont été « horribles ». « A l’école, comme je ne comprenais rien, c’était très difficile de me faire des amis. Mais je rêvais déjà des Jeux olympiques à l’époque et je me suis accroché. Grâce, surtout, au soutien de ma maman, qui n’a jamais arrêté de m’encourager. Si, aujourd’hui, je suis très heureux, je pense qu’elle l’est encore plus que moi ! »

L’apprivoisement délicat du néerlandais n’a pas été la seule cause des coups de blues du Bruxellois. Il avoue que l’éloignement et les moments en famille qu’il loupait pour cause d’entraînements, de stages ou de compétitions ont aussi plus d’une fois atteint son moral. « A plusieurs reprises, parce qu’elle était solidaire, ma maman a renoncé à ses propres vacances pour ne pas me faire mal au cœur… »

Il dit aussi s’être parfois posé des questions au cours des quatre à six heures d’entraînement quotidiennes qu’il avale depuis une bonne demi-douzaine d’années maintenant. Mais l’amour de sa discipline a fini par l’emporter. « C’est un sport qui est à la fois beau et amusant à pratiquer, assure-t-il. Et puis, j’adore la compétition. C’est elle qui me motive, me fait avancer. »

Contrairement à pas mal de ses équipiers à Gand, il reconnaît aussi avoir eu jusqu’ici la chance de ne jamais sérieusement se blesser, une récurrence en gymnastique. “A part un pied cassé, je n’ai jamais rien eu de sérieux. C’est un avantage.”

A 18 ans, Jimmy Verbaeys sera vraisemblablement l’un des plus jeunes participants du concours général masculin de gymnastique artistique à Londres et c’est surtout pour prendre ses repères pour Rio 2016 qu’il entrera dans l’arène olympique. Son rêve, dans quatre ans, sera d’emmener dans son sillage les autres membres de l’équipe nationale. “On a un groupe qui est en train de grandir et un vrai potentiel, assure-t-il. Mais il faudra être prêt dès 2014 car c’est là que commencera la longue route vers les prochains Jeux.”

Son objectif, cette année, sera de “faire mes séries les plus dures le mieux possible”. Il avoue avoir une préférence pour les barres parallèles, la barre fixe, le cheval d’arçons “et un peu le sol”. Les anneaux, en revanche, le terrorisent. “Que voulez-vous, je ne suis pas encore très musclé!”

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