Thomas Van der Plaetsen, un rêve qui s’effondre

Thomas Van der Plaetsen a longtemps espéré que sa blessure à l'ischio guérirait dans les temps. Cela n'a malheureusement pas été le cas... Photo Belga.

Bonheur intense et tristesse immense. Tout au long de la saison 2011, le cœur du décathlonien Thomas Van der Plaetsen avait balancé entre ces deux sentiments diamétralement opposés. Bonheur intense dans sa vie sportive avec un titre de champion d’Europe espoir, un record de Belgique senior fixé à 8.157 points et une participation aux Mondiaux de Daegu, où il avait terminé 13e alors qu’il n’était âgé que de 20 ans, une série de performances qui allait lui valoir, en décembre, la victoire dans la catégorie Espoir lors du traditionnel référendum des « Sportifs de l’année ». Tristesse immense dans sa vie familiale avec le décès de son père, des suites d’un cancer fulgurant, survenu en août, peu de temps après son arrivée en Corée du Sud.

Là-bas, le courage du jeune athlète de Deinze, à qui son géniteur avait demandé de concourir quoi qu’il arrive avant qu’il ne s’envole pour les Mondiaux, avait forcé l’admiration. Crêpe noir accroché au maillot, soutenu par son frère Michael, son entraîneur, et sa sœur Helena, sa manager, il avait réussi à se sublimer dans les épreuves de sauts, ses spécialités. Et si, après une première journée à l’issue de laquelle il avait fini en 4e position, il avait fini par craquer, c’était presque plus mentalement que physiquement. Il y a des charges émotionnelles qui s’avèrent trop lourdes à porter, même pour ces supermen des stades que sont les décathloniens…

Dès la reprise des entraînements, à la fin du mois de septembre, il avait mis les bouchées doubles pour poursuivre sur sa lancée. Et, à la mi-octobre, alors que les autres commençaient à peine à s’ébrouer, il était parti en Afrique du Sud pour un stage de plus de deux mois. Une obligation rendue encore plus aiguë par la performance réalisée par Hans Van Alphen, quelques jours plus tôt, à Talence. En s’emparant à son tour du record de Belgique, avec un total de 8.200 pts, le Campinois imposait, de fait, à son jeune rival d’atteindre ce même total pour aller aux Jeux olympiques selon les impitoyables règlements de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

Thomas Van der Plaetsen était sûr de pouvoir relever ce défi dont il n’était éloigné que de 43 points. Et, avec lui, toute la ville de Deinze qui, depuis quelques mois, s’était rangée derrière ses épaules pour lui assurer le soutien nécessaire grâce à diverses actions.
Et puis, le 13 mai, un énorme grain de sable est venu enrayer la mécanique sous la forme d’un incident improbable. « Je disputais le concours de longueur lors d’un meeting à Merxem, lorsque la planche s’est cassée lors de mon impulsion. J’ai tout de suite ressenti une douleur à l’arrière de la cuisse. »

Longtemps, il a espéré que la blessure se résorberait rapidement avec des soins intensifs et du repos. Mais il a dû constater l’inverse. Il a d’abord renoncé, fin mai, la mort dans l’âme, au meeting de Götzis, la Mecque des épreuves multiples, où Hans Van Alphen allait affiner son record national en réussissant 8.519 pts (ce qui reste la deuxième performance de l’année derrière les 9.039 pts, nouveau record du monde, obtenus ce week-end aux sélections olympiques américaines par Ashton Eaton). Puis, ce sont les championnats de Belgique toutes catégories qu’il a laissés filer le week-end dernier. Et, ce samedi, constatant que ses douleurs à l’ischio ne lui permettaient décidément pas de défendre ses chances dans de bonnes conditions, il a annoncé qu’il n’irait pas plus à l’Euro d’Helsinki, qui démarre mercredi et qui constituait sa dernière chance de réussir les critères pour les Jeux de Londres. Adieu sprint, demi-fond, haies, poids, disque, javelot, perche, bac à sable et cinq anneaux…

A 21 ans, Thomas Van der Plaetsen, l’un des jeunes les plus prometteurs du sport belge, aurait sans doute été repêché par le COIB si les règlements l’y avaient autorisé car il avait le profil. Mais les critères de l’IAAF l’interdiront. On doute qu’il se console en pensant aux trois olympiades suivantes auxquelles son jeune âge lui permet encore de rêver. En sport, les occasions se représentent rarement. Et lui qui croyait avoir épuisé son crédit de coups durs l’an dernier, doit se sentir terriblement maudit. On le comprend et on est triste pour lui. Avec lui.

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