Et si Jacques Borlée regardait plutôt dans sa propre fédération ?

Jacques Borlée se plaint du laxisme du COIB. Et de celui de la Ligue d'athlétisme? Photo Belga.

Même si elles ont été actées, validées, tamponnées, oblitérées, cautionnées, les dernières délibérations opérées par le COIB juste avant l’établissement de la sélection définitive pour les JO de Londres – celles d’Adrien Deghelt (110m haies), Eline Berings (100m haies), Svetlana Bolshakova (triple saut), Michael Bultheel (400m haies) et Sara Aerts (heptathlon) – n’ont pas toutes été du goût de Jacques Borlée. Le père/entraîneur de Kevin et Jonathan et coach du relais 4 x 400 m, qui n’en est plus à une offuscation près, le dit à tout qui veut l’entendre depuis mardi. Et il n’a pas manqué de le répéter jeudi, lors de la présentation de la délégation « athlétisme » en partance pour Londres.

Son credo ? Il y a quatre ans, à Pékin, il avait dû se battre pour que le COIB accepte de laisser ses deux fils et Cédric Van Branteghem s’aligner sur 400 m avant le relais, une véritable aberration quand on voit ce qu’ils sont devenus. Cette année, toutes les vannes ont été ouvertes et on a repêché à la louche des athlètes qui n’avaient pas réussi les critères exigés. « Que les choses soient claires, je suis très content pour eux, car ils se sont battus pour y arriver, dit-il. Mais je demande où est la cohérence. Pour tout dire, ça me gonfle ! »

Jacques Borlée devrait savoir que, si le COIB est, au bout du compte, le seul responsable de la sélection des athlètes belges pour les Jeux, ainsi que le stipule la charte olympique, il ne le fait que sur proposition des différentes fédérations sportives. Et, dans le cas présent, c’est sur la base de dossiers présentés par la Ligue belge d’athlétisme (LRBA) que les cas précités ont été évoqués. Quoi que… Sur les cinq dossiers, seuls les trois premiers (Deghelt, Berings – qui avaient réussi le minimum « A » de leur fédération internationale – et Bolshakova – qui n’avait fait que le « B » mais qui était 24e au ranking mondial “nettoyé” de sa discipline) avaient été validés par la Ligue francophone et la Ligue flamande. Les deux autres ne l’ont été que sur la seule initiative de la deuxième citée. « Jamais nous n’avons été consultés ni n’avons donné notre accord pour que l’on présente la candidature de Bultheel et de Aerts » , soutient Christian Maigret, le directeur technique francophone.

Tous les deux, il est vrai, étaient difficilement défendables. Bultheel n’avait réussi que le minimum «B» IAAF et ne figurait qu’en 41e position au ranking mondial « nettoyé » alors que Aerts, elle aussi coincée avec un minimum «B», s’était blessée à la cuisse à deux reprises, aux championnats de Belgique et à l’Euro d’Helsinki, les deux fois sur 100 m haies… qui est la première des sept épreuves de l’heptathlon. Pourtant, à l’initiative de la Ligue flamande et d’elle seule, leur dossier a été vigoureusement défendu devant la commission de sélection du Comité olympique par leur entraîneur respectif, Rudi Diels pour Bultheel, Wim Vandeven pour Aerts. Deux entraîneurs qui, en 2008, avaient porté sur le podium olympique, pour l’un le 4 x 100 m féminin (argent), et pour l’autre Tia Hellebaut (or). Une tactique payante. Le COIB pouvait-il décemment leur refuser une faveur quatre ans après qu’ils eurent permis à la délégation belge de sauver les meubles lors du dernier week-end des Jeux ? Poser la question, c’est y répondre.

Si on peut concevoir qu’une fédération fasse tout pour envoyer un maximum de ses athlètes aux Jeux, dans le cas présent, l’ « audace » (y a-t-il un autre mot?) de la Ligue d’athlétisme, même s’il s’agit de son aile flamande, est d’autant plus étonnante qu’elle avait, elle-même, refusé en son temps à Olivia Borlée de disputer le 200 m des Mondiaux d’Osaka en 2007 alors qu’elle s’était approchée à 13 centièmes des critères… et qu’elle était sur place au Japon pour courir le 4 x 100 m ; et, l’an dernier, au 4 x 100m féminin d’aller courir aux Mondiaux de Daegu alors qu’il n’était qu’à 1 dixième du minimum (44.00 pour 43.90), ce qui sans doute provoqué en partie sa non-qualification pour Londres.

Il est évidemment facile de dire non quand on se retrouve face à ses propres responsabilités et de dire oui quand la décision doit être prise par quelqu’un d’autre. Dans l’épreuve de relais de la patate chaude, la LRBA a déjà gagné la première médaille d’or de cet été olympique !

Cette entrée a été publiée dans Sélection belge, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Et si Jacques Borlée regardait plutôt dans sa propre fédération ?

  1. Olivier Dradin dit :

    L’important n’est-il plus de participer ? Surtout dans des sports amateurs où la seule récompense est de participer à ces jeux au prix de sacrifices énormes !

  2. Debras Francis dit :

    Rien , Rien , ne changera au COIB , tant que la bande à Mr; De Smet sera en place !! Il y a presque 20 ans , j’ai vécu un refus d’ envoyer Caroline (gymnaste) à un Championnat du monde, ultime possibilité pour elle de se qualifier pour les JO. La seule raison étant le coût financier de sa participation , alors que pour la même compétition on envoyait une équipe COMPLETE de garçons , où AUCUN n’a réussi le minimum olympique requis !!! Caro était “francophone” …… dommage pour elle car la bande à De Smet avait une autre orientation linguistique !!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>