Des sportifs francophones suivis de (très) près

Quelques-uns des sportifs francophones sous contrat ont été réunis la semaine dernière pour un raid aventure près de Spa. On reconnaît de g. à dr. François Heersbrandt (natation), Elisabeth Davin (athlétisme) et Karen Persyn (ski). Photo Dominique Duchesnes.

Combien de sportifs francophones se sont-ils cassé les dents sur la rigidité du système scolaire ou sur la difficulté de préparer leur avenir post-athlétique au cours des dernières décennies ? Et pour combien d’entre eux, ces obstacles ont-ils constitué un frein au développement de leur carrière ?

Poser ces questions, c’est presque y répondre et c’est pour tenter d’échapper à cette double fatalité que l’Adeps, dans le cadre de sa cellule de haut niveau, a créé il y a trois ans une cellule « projet de vie ». Son objectif est d’encadrer au mieux tant les jeunes espoirs sportifs (un bon millier) que les athlètes sous contrat (une cinquantaine) afin de les décharger de ces soucis.

« En ce qui concerne les espoirs sportifs – dont le statut est strictement réglementé -, ceux-ci bénéficient désormais, dans toutes les écoles de la communauté, d’horaires allégés notamment sous la forme de 30 demi-jours d’absences justifiées pour les stages et les compétitions, explique Stéphane Dehombreux, l’un des responsables de la cellule « projet de vie ». L’évolution de leur cursus et de leur carrière est également suivie de près via un « carnet d’entraînement » qui sert de lien entre l’établissement scolaire et la fédération sportive. »

Ce système sert surtout pour les sportifs « isolés » qui peuvent désormais bénéficier de facilités d’entraînement qu’ils n’avaient pas auparavant ; l’école ne peut pas les leur refuser.

« Il est fondamentalement différent de celui que l’on retrouve en Flandre, ajoute Etienne Drion, qui s’occupe plus spécifiquement de ce dossier à l’Adeps. Au nord du pays, ils privilégient le regroupement des élites au sein des Topsportscholen. Nous pensons qu’il est plus intéressant pour l’équilibre global et l’épanouissement des jeunes de les maintenir dans un cadre de vie plus classique. Ca leur offre une plus grande ouverture d’esprit. »

Orientation, conseils, appui financier : la cellule « projet de vie » est également active pour les sportifs francophones une fois que ceux-ci ont bouclé leurs études secondaires. Elle prend langue avec les universités ou les hautes écoles (« On essaie de créer un réseau de contact dans chacune d’entre elles ») pour faciliter l’étalement des études supérieures ou le rattrapage, assure des partenariats avec les opérateurs de formation professionnelle pour une formation continue ou ont, avec ceux qui le souhaitent, une approche plus personnalisée.

« Pour notre cinquantaine d’athlètes sous contrat, nous établissons des projets à la carte, dit encore Stéphane Dehombreux. Plusieurs membres de l’équipe du relais 4 x 400 m ont ainsi bénéficié, suite à notre intervention, d’une formation (privée) en anglais et néerlandais ; l’escrimeuse Julie Groslambert, en partance pour l’Italie, pourra suivre des cours d’italien ; nous avons appuyé financièrement le brevet d’état français de la skieuse Karen Persyn ; et de nombreux sélectionnés olympiques ont également eu des cours de media training avant de partir à Londres. Notre objectif n°1, c’est surtout de mettre de l’huile dans les rouages. »

Un coup de pouce qui ne peut pas faire de tort.

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